II. -G. Gutekunst, 362 francs
Charles Quint. — Il est en buste et tourné de profil à droite, la lèvre et le menton sont proéminents. En bas, en gros caractères : Carolus Cœsar, et dans le haut du coin gauche, le monogramme.
Celte estampe qui n'avait pas encore été décrite avant nous, est restée inconnue à Barlsch, Passavant et Aumïïller; elle est de la plus insigne rareté et mesure H. 36"»" — L. 29'"™. Une épreuve fut adjugée en avril 181)3 par H. -G. Gutekunst, 225 francs.
La Vierge et l'Enfant Jésus.
Celte pièce, inconnue des iconographes, est extrêmement rare; dans l'auréole qui nimbe la Vierge on lit : Nostra Siniora de Belen ; elle mesure H. 100'"»' — L. 61'""'.
En mai 1900, H. -G. Gutekunst l'adjugea en vente publique, 108 francs.
L'Autel (B56). — Un jeune homme nu est assis de profil à droite au pied d'un autel antique sur lequel un enfant et une femme viennent de poser deux vases remplis de fleurs. Entre les jambes de l'homme, une tablette avec le monogramme de l'artiste Jacques Binck.
Pièce ronde, gravée parait-il, d'après un dessin de Raphaël sous la direction de Marc Antoine.
A la vente du prince Waldburg-Wolfegg en 1902, un exemplaire fut adjugé 336 francs.
C'est par erreur que le catalogue a porté cette estampe comme étant gravée par Hans Sebald Beham et comme inconnue à Bartsch ei à Passavant. Le monogramme dont elle est revêtue ne laisse aucun doute à cet égard. Bartsch, Hubert et Rost ainsi que Le Blanc la classent du reste à J. Binck à qui elle appartient réellement. Aumùller sous le n« 211 et Pauli sous le n° 1387 l'ont à tort également attribuée à H. -S. Beham. Nous tenions àfaire cette rectification qui a son importance, d'autant que les monogrammes des deux artistes en cause, sont faciles à distinguer l'un de l'autre ; il n'en est pas de même de celui de Baldung Grûn qui peut facilement être pris pour celui de Binck.
Mentionnons encore de l'artiste les belles pièces suivantes: La Justice (B 57) ; Le Vendeur d'œufs (B 70) ; Le Berger (B 76).
BOGHOLT (Frantzvon)
On ne sait rien de sa vie, on le croit né à Bocholl vers 1134, on ignore quand il mourut. Très habile graveur, il est peut-être même le maître de Mecken. Il imita souvent Martin Schône qu'il copia et fut un rellet de l'école de Van Eyck. Son œuvre, très rare, comporte une soixantaine de pièces, qu'il
signait souvent de ses initiales F. V. B. ; quelques-unes évoquent comme métier le souvenir ilu Maître de 1466.
Le Jugement de Salomon (Bartsch 2). — Au milieu de l'estampe, assis sur son trône, le Roi tient son sceptre de la main gauche, il vient de prononcer la sentence qu'il souligne de la main droite. La mère qui est à droite est agenouillée devant l'enfant mort, l'autre donne la main à l'enfant vivant. Le Roi est environné de ses courtisans.
Celte gravure, tle la dernière rareté et qui manque même au Département
des Esttimpcs, est considérée comme une des pièces capitales du xv siècle.
Ventes : Vico, 1025 — Holford, 2500; exemplaire superbe, de la collection Esdaile — Ângiolini, 1201. — En mai 1900 par II. -G. Gutekunst, 975.
L'Annonciation (3). — A gauche, la Vierge à genoux; près d'elle à droite, l'ange, un sceptre dans la main gauche et bénissant de l'autre, lui annonce qu'elle va être mère du Sauveur. Au fond une chambre, à droite un siège et à gauche un rideau. En bas au milieu de l'estampe, les initiales F. V. B.
Au moins aussi rare (pie la précédente, si ce n'est davantage, manque à presque Imites les collections publiques, même à la nôtre. — A la vente Liphart, un exemplaire fut adjugé 1937 francs.
Saint Georges (33). — Le saint armé et cuirassé galope à droite, l'épée haute pour achever le dragon qui gît à ses pieds, transpercé par la lance qui s'est brisée en le frappant. Au fond, un paysage où l'on aperçoit une femme et un mouton.
Pièce fort rare; le V* état porte les initiales /•". V. II. et le 2' la signature de Israhel van Meckenen ; un exemplaire de cet étal futadjugé en avril 1894 par H.-G. Gutekunst, 1002 francs.
Mentionnons encore: saint Mathieu (12), rarissime gravure adjugée à la vente du prince Waldlnirg-WoHVgg, 537 francs, el saint Christophe, pièce inconnue à Bartsch, dont le British Muséum possède un exemplaire.
BURGMAIR (Hans)
Le Vieux ci le Jeune
Les œuvres de ces deux artistes — le père et le fils — se confondant les unes avec les autres, on considère ces deux graveurs comme ne luisant qu'une seule et même personne. Le père naquit vers 1171 el mourut en
1543? Le fils vivait en 1550, ils sont bien plus intéressants par leurs bois que par leurs eaux-fortes. — Ch. Le Blanc mentionne 644 bois.
Maximilien Ier (Barlsch 32). - - L'Empereur, armé de toutes pièces, est à cheval et tourné vers la gauche. Au-dessous du pied droit de devant du cheval, on lit : Jost de Negker. La date qui est sur la banderolle à terre, sous le ventre de la moulure, n'est exprimée qu'avec trois chiffres : 15 8. C'est 1508 qu'il faut lire. Dans un cartouche blanc en haut de l'estampe, on lit : Imp. Cœs. Maxime. Aug.
C'est un clair obscur dont la couleur dominante est le rouge brique. Pièce capitale extrêmement rare.
Ventes : Lipbart, 1250 — Didot, 1025 — Oppcrmann, toute première épreuve, avec adresse et millésime, d'un ton vert jaunâtre, 4388, probablement unique ; dans les secondes épreuves en camaïeu rouge, on voit à la place du 0 du millésime, un trait en biais de la grandeur des autres chiffres, trait qui dans les derniers tirages a été transformé en chiffre 1.
Femme montée sur le dos d'un homme (73).
A la vente Emile Galicbon, un très bel exemplaire de ce bois, avec marge et entouré d'une bordure , particularité qui a échappé à Bartsch et à Passavant, fut adjugé 215 francs.
Saint Georges (231). — Saint Georges à cheval se dirigeant à droite. En haut : Diims Georgius. . .
Une très curieuse épreuve de ce bois si rare, passa à la vente Holford, elle était sur parchemin, retouchée et rehaussée d'or; elle fut adjugée 3000 francs, et provenait de la collection Esdaile.
Jeune Femme poussant des cris et fuyant la Mort qui tue son amant (40).
Très rare, clair obscur à trois planches, adjugé, vente Liphart, 437 — vente Scbloesser, 750; il provenait de la collection Liphart, élait en brun et portait au bas l'adresse de : Jost de Negker :u Augspurg. Vente Fischer, 375.
GRANAGH LE VIEUX (Lucas Sunder, dit)
Né a Kronach en 1472, mort à Weimar en 1553 ; ses œuvres, des bois surtout, se confondent avec celles de son fils, qui lui est de beaucoup inférieur. Leur monogramme était un dragon, dont les ailes étaient verticales pour le père, et horizontales pour le fils ; ils y ajoutaient quelquefois leurs initiales L. C, séparées ou entrelacées, qu'ils plaçaient souvent aussi dans
14 ÉCOLIî ALLEMANDE
une tablette. Nous ne pouvons malheureusement pas ici, cela dit une l'ois pour toutes, reproduire les monogrammes ou entrer dans les détails de leurs descriptions, nous renvoyons le lecteur aux dictionnaires de Brulliot ou de Xagler. — A été catalogué par Schuchardt.
Le repos en Egypte (Barlsch 3). — Assise au pied d'un arbre, la Vierge entourée d'anges, donne le sein à L'Enfant Jésus. En bas à droite, une tablette avec le dragon, les initiales et la date 1509.
Bois extrêmement rare qui existe aussi en clair obscur à 2 planches. Ventes : Didot, 185 — Schloesser, 256, et en clair obscur, 337 — Angiolini, 17.
La Confrérie de sainte Ursule. — Au milieu de l'estampe, le Christ sur la croix, et sur la poutre transversale de celle-ci, deux plateaux suspendus ; dans celui de gauche le démon, dans le droit un groupe d'âmes humaines. En haut à droite, quatre anges avec des instruments de torture, à gauche un prêtre officiant. Au milieu en bas, un navire avec des saints et des dignitaires ecclésiastiques, et devant eux, une table avec hosties et calice; à droite un évêque, à gauche un prince en pied, au-dessus les armes de Saxe. Sous l'estampe, un texte allemand de quinze lignes, se terminant par ces mots : Solicite lôbliche, etc. ; c'était les régies et privilèges de la confrérie de Branau, en Bavière.
Ce bois d'une iiisi</nc rareté, s'il n'est pas unique, n'a été décrit nulle part, il mesure II. 575mB1 — !.. l.'iô""». Un exemplaire fut adjugé à la vente Angiolini, 1600 francs.
Vénus accompagnée de l'Amour (113). — La déesse es! nue et regarde Cupidon qui essaye son arc. Une inscription : Ad Imaginent Venais.
Ce bois de 1505 est au l" étal, avec la ligne droite sur l'épaule gauclic de Vénus, ligne retouchée et arrondie dans les épreuves postérieures.
Ventes . Howard, 32 — Liphart, 37 — Didot, en clair obscur à 2 planches, 720, très rare — Fischer, l" état, 20.
Martin Luther (6), Le réformateur esl en buste, de profil à gauche, coiffé d'un haut bonnet.
Cuivre, donf les épreuves sont rarissimes.
Ventes Mai 1000 par II. -G. Gutekunst, 406 - Schultze, 705.
Saint Christophe (58). — Le saint revêtu d'un ample manteau, porte l'Enfant Jésus sur son épaule, il vient d'atterrir sur la rive gauche ; il a dans sa main une branche d'arbre qui lui sert de bâton. Derrière lui, des rochers et la campagne, et à gauche, un arbre dans les branche duquel trois écussons armoriés sont suspendus. Tout à fait à droite, un ermite sort de sa retraite, une lanterne à la main.
Ce bois superbe figurait à l'Exposition de la gravure sur bois en 1902.
Mélanehton. — En buste, de trois quarts à droite. A gauche et au-dessus de son épaule, le monogramme au dragon. Dans le haut : Viva imago. . . En bas, vingt-deux vers latins, sur deux colonnes, signés : Henricns Mollerus Hessus 1560.
Cette très rare estampe sur bois, qui est positivement de Cranach le Jeune, a échappé à Barlsch, Passavant et Hcller, elle est par conséquent non décrite ; elle mesure H. 237 mm — L. 190mm. Un exemplaire passa à la vente Didot où il fut adjugé 105 francs. Ne pas confondre cette pièce avec celle décrite par Passavant sous le ;i" il, où le personnage est revêtu d'un vêtement avec fourrure.
DURER (Albert)1
Né à Nuremberg le 20 mai 1471, mort dans cette ville le 6 avril 1528. C'est le plus grand génie de l'Allemagne. Aucun pays, aucune école ne peut mettre en ligne un aussi sublime artiste. Ses burins ont un éclat et une souplesse merveilleuse. Les cuivres et les encres dont il se servait donnaient à ses épreuves un reflet argentin très particulier que ne purent jamais obtenir les plus habiles graveurs de son époque, tels que les Martin Schône, les Lucas de Leyde, etc. Il fut un des premiers en Allemagne à se servir de l'eau-forte dont l'inventeur est peut-être Wenceslas d'Olmutz, ou plutôt un vieux maître néerlandais à monogramme, dont le nom est resté ignoré.
Son œuvre se compose de 110 à 115 pièces sur cuivre et d'environ 220 bois, qu'il dessina mais qu'il ne grava pas- Dans ses débuts — ceci est un critérium — la lettre A de son monogramme avait presque la forme ordinaire de cette lettre, ce n'est que plus tard qu'il adopta l'écartement des jambages, qui lui permit de remplacer le petit d qui s'y trouvait primitivement intercalé, par sa majuscule.
Les premières épreuves étaient généralement tirées sur papier filigrane à la tête de bœuf, à la grande couronne, aux deux tours, et à la balance dans le cercle.
1 Consulter : Œuvre de Albert Durer, reproduit et publié par Arnaud Durand, texte par G. Duplessis, à Paris, chez Rapilly.
L'artiste voyagea beaucoup ; à 35 ans il partit pour l'Italie et à 49 ans pour les Pays-Bas ; il a laissé des relations de ses voyages.
Parmi les nombreux ouvrages consacrés au glorieux artiste, les plus importants sont ceux de : Ileller 1831, B. Haussmann 1861, Ralf von Belbergi 1871, et Moriz Tbausing traduit par G. Gruyer en 1878. MM. E. Galiclion et Charles Ephrussi ont également écrit de très remarquables études dans la Gazette des Beaux-Arts sur ce peintre-graveur.
Trois expositions île l'œuvre du Maître sont a noter : la première, en 1869, eut lieu au Burlington Fine Ails Club, en même temps que celle de Lucas de Leyde ; la seconde, en 1889, au Muséum Fine Arts de Boston, exposition fort complète extraite des collections de M. H. -S .Sewal, de New- York, et de celle de Gray, appartenant au collège de Harvard ; le catalogue était précédé d'une savante notice de feu M. S.-R. Kœbler, le distingué conservateur de ce musée, et enfin la troisième, au Grolier Club de New-York en 1897, peut-être la plus remarquable des trois, dont le catalogue illustré, devenu introuvable aujourd'hui, fut strictement limité au nombre des membres de ce cercle; il se vendait 10 dollars.
Les plus belles collections formées de l'œuvre du Maître furent celles de Verstollc île Soelen, llebich, Rctberg, Didot, et très dernièrement celle de Cornill d'Orvillc2; toutes sont aujourd'hui dispersées.
Les Offres d'amour(Retberg2 — Bartsch93 — Heller891).— Dans la campagne, assis l'un près de l'autre et tournés à droite, un vieillard tête nue entoure de son bras droit la taille de la femme qui est à ses côlés ; celle-ci avance la main gauche, sollicitant l'argent que va lui donner son compagnon. Derrière eux un château situé sur une colline, et à droite de la composition, un cheval attaché à un arbre. Au bas et au milieu de l'estampe, le monogramme du Mailre.
Cette pièce est quelquefois rubriquée Juda et Thamar ou encore Berlhold Tacher et Anna Pfinzing, allusion à un vieux scandale qui eut lieu à Nuremberg; la lettre A du monogramme est étranglée à son sommet, comme nous l'avons déjà fait remarquer plus haut, dans les premières pièces gravées — Il en existe une copie en contrepartie.
Ventes : E. Galiclion, 300 — Didot, 150 — Knowlcs, sur papier au P gothique, 312, provenant de chez Alferoff — Oppermann, 63 — Cope>, 170 — Cornill d'Orville, papier au 1' gothique, 100.
i C'est l'ordre chronologique adopté par cet écrivain que nous avons suivi dans la nomenclature des pièces que nous citons.
s Les 448 numéros qui la composaient, bois compris, atteignirent près de 180.000 francs.
s La collection de l'.dw in n. Cope, de Philadelphie, lui vendue par les soins Intelligents de M. Stnnlslaus V. Henkcls en mal 1896; c'était une des plus importantes collections d'Amérique, ses trois cal ilo " contenaient 3187 numéros. Il n'y avait pas. a proprement parler, de pi< ces rares ou hoi ligni niais parmi cell cl trouvait une réunion il'' portraits de Napoléon I" cl de Washington telle qu'li serait impossible d'en reconstituer une semblable aujourd'hui.
La Sainte Famille au Papillon ' (R 3 — B 44 — H 643). — Assise sur un rustique banc de bois, ayant derrière elle fleuve, bateau, montagne et maison, la Vierge de face regarde à gauche. Elle tient l'Enfant Dieu sur son bras droit, et l'élevant à la hauteur de sa tète, semble lui parler. En haut de l'estampe, sur les nues, le Père Eternel cl le Saint-Esprit, dans un rayonnement au-dessus de la tète de la Vierge. En bas au milieu de l'estampe, le monogramme, et tout à fait à droite par terre, un papillon.
Cette estampe fut très probablement gravée par l'artiste en 1494, lors de son voyage à Venise. E. Galichon est absolument d'accord avec Retberg pour la considérer comme un.e des premières gravures signées du Maître, qui n'a pas encore acquis la souplesse de burin qu'il nous montrera plus tard. — De la série des Vierges, au nombre de 16, nous signalerons seulement les plus rares et les plus recherchées.
Ventes : Howard, 210 — Didot, 200, avant la planche retouchée, c'est-à-dire avec l'ombre sur la joue de la Vierge — Knowlcs, 115 — Oppermann, 77 — Hebich, 250 — Straeter, papier à la tète de bœuf, 219 — Cornill d'Orville, papier au P. gothique, 425.
Meckenen l'a gravée en contre-partie et l'a signée.
L'Enfant prodigue (R 5 — B 28 — H 477). — Dans une cour de ferme, un genou en terre, les mains jointes, de profil à droite, les yeux désolés et levés au ciel, le personnage est au milieu des pourceaux qu'il garde ; au fond les bâtiments de la ferme, et en bas de l'estampe, le monogramme de l'artiste.
Il existe une copie trompeuse, qui est plus rare que l'originale, et qui lui est peut-être supérieure ; elle est très facile à reconnaître, en ce que tes trois lucarnes de la haute maison, à droite de l'arbre, se trouvent toutes sur une même ligne horizontale, ce qui n'existe pas dans l'originale, où elles chevauchent légèrement.
Cette estampe, encore de début — vers 1500 — présente une très grande incorrection de dessin dans la jambe droite, qui est pliée ; on se demande comment elle se rattache au tronc. — Le dessin original à la plume est au British Muséum.
Ventes : Didot, 510, de la collection Brentano — Knowles, 187 — Schloesser, 250, sur papier au P gothique — Oppermann, 125 — Griffiths, 231, des cabinets Mariette et Beckford — Buccieuch, 475 — Artaria, 240 — Straeter, 325 - Cornill d'Orville, 419 — Stern, 1469, de la collection Enzenberg.
1 Ou encore ci /« Sauterelle.
Saint Jérôme en pénitence (R 8 — B Gl — H 776). — Aux pieds de rochers abrupts que couronnent des arbres et une chapelle dont on aperçoit le toit et le clocher, le saint le torse nu, à gauche de l'estampe, est à genoux de trois quarts à gauche, priant devant un crucifix planté dans le rocher; sa main droite serre un caillou dont il va se frapper la poitrine. Son lion fidèle est couché à droite. En bas au milieu de l'estampe, le monogramme.
Cette pièce lui gravée en 1514. Il en existe des copies trompeuses, une entre autres, dans laquelle la touffe d'herbe de droite, qui se trouve sur la pierre qui est au premier plan à gauche, compte 5 brins d'herbe, au lieu de 3 ou 4 qui existent dans l'originale.
Ventes : E. Galichon, 220 — Didot, 325, avant la retouche, c'est-à-dire avant le trait sur la montagne de droite, elle était sur papier au P gothique et provenait de la vente Debois où elle fut adjugée 101 francs — Sehloesser, 300 — Oppermann, 182, au P gothique — Grifflths, 212 — Straeter, état Didot, 375 — Cornill d'Orville, 156 — Hansen, 106.
La Vierge aux cheveux longs liés avec une bandelette '
(R 9 — B 30 — H 489). — Sur un croissant et dans un rayonnement, la Vierge, la tête penchée à gauche, les cheveux épars sur les épaules et retenus sur le sommet par une bandelette presque invisible, tient l'Enfant Jésus nu sur le bras droit. En bas sous le croissant, le monogramme.
l'ni' des plus séduisantes pièces de la série. — Il existe des copies. La meilleure est celle où l'on distingue nettement les cinq doigts de la main gauche que l'Enfant Jésus a placée sur la pomme, alors que l'originale n'en laisse voir que trois.
Ventes : Didot, 2120, peut-être la plus belle connue ; elle provenait de chez Verstolk de Soelen — Knowles, 875, sur papier à la tête de bœuf; elle provenait également de chez de Soelen ; était-ce l'exemplaire de Didot, nous l'ignorons. Constatons néanmoins l'énorme écart sur deux pièces superhes vendues à deux ans de distance!! Sehloesser, sur filigrane à la tète de bœuf, 012 — Oppermann, 25 — Fischer, 1275 — Cornill d'Orville, sur papier à la haute couronne, 575.
La Vierge allaitant l'Enfant Jésus (R 52 — B 34 — H 5(54). - Assise dans la campagne, de lace la lête penchée à droite, la Vierge donne le sein à l'Enfant Dieu qu'elle enveloppe d'un regard plein de tendresse; sur l'un des montants de la barrière à laquelle elle est
1 Ou /." i terge au Croissant sans la couronne.
adossée, à droite, un petit oiseau'; à gauche, sur une tablette suspendue, le millésime 1503-, et en bas, sur la pierre qui est au premier plan, le monogramme.
Il existe au Cabinet de Berlin une épreuve antérieure sans le millésime.
Ventes : Guichardot, 980 — Didot, 800 — Knowles, 1125, elle provenait de chez Guichardot et passe pour une des plus belles connues— Schloesser, 276 — Oppermann, 100 — Buccleuch, 325 — Fischer, 1150 — E. Galichon, 245 - Artaria, 1180 — Cornill d'Orville, 750 — Prince Waldburg Wolfegg, 3150.
Les Armoiries à la tête de Mort (R 53 — B 101 — H 1022). — Dans un écusson, une tète de mort de face penchée à gauche et timbrée d'un casque tourné à gauche et surmonté d'un vol, accompagné de lambrequins; à gauche debout, une femme les yeux baissés que cherche à embrasser une sorte d'homme sauvage appuyé sur une trique dans la fourche de laquelle est passée une lanière de cuir qui soutient les armoiries. Sur la pierre où repose l'écusson, le millésime 1503, et sur celte pierre à droite, une tablette avec le monogramme.
C'est une admirable pièce fort recherchée, à laquelle on donne quelquefois, mais rarement, le nom de la Fiancée mourante. La main droite de la femme qui relève sa robe est très mal dessinée, on dirait que la première phalange des quatre doigts est coupée. — Il existe une copie très trompeuse, mais facile à reconnaître ; dans la bande de la partie presque horizontale avoisinant l'ouverture du casque, il y a cinq têtes de clous dans l'originale, tandis que dans la copie on en compte six.
Ventes : E. Galichon, 2150 — Liphart, 375 — Didot, 920 — Oppermann, 1470, sur papier à la haute couronne — Griffiths, 387 — Hebich, 1387 — Buccleuch, 1450 — Seymour Haden, 1275 — Fischer, 1050 — Holford, 1875, sur papier à la haute couronne — L. Galichon, 500, de chez Didot — Destailleur, avec les Armoiries au Coq, 401 — Artaria, 340, papier à la tète de bœuf — Hollandt, 194 — Straeter, 2781, la perte de la collection, provenait de chez Holford — de Sallet, 1443 - - Cornill d'Orville, 2037 - Defer Dumesnil, 400 — Schultze, 250.
La Nativité3 (R54 — B2 — H 127). — Dans une maison en ruine, à droite saint Joseph remplissant un vase avec le seau d'eau qu'il vient de tirer du puits ; à gauche, dans la partie du logis qu'a respecté
1 Ce qui. quelquefois, fait appeler celle pièce La Vierge au Chardonneret.
- A l'exception de la date 1497 inscrite aux quatre Femmes nues (R 21). Cette date est la première remarquée sur les estampes du Maître. ' Dénommée quelquefois aussi La petite Treille.
la démolition, la Vierge à genoux adorant l'Enfant Jésus. Tout en haut à gauche, suspendue à une potence, la tablette avec le monogramme et le millésime 1504.
Dans son journal de voyage au Pays-Bas, l'artiste appelle cette pièce Noël. L'épreuve du Département des Estampes de Paris est éblouissante — Il existe des copies: celles de Jérôme Wierix (1566) et de J. Hopfer sont les plus remarquables, ainsi que celle d'Adrien Muber; Montagna l'a gravée aussi, mais en contre-partie, elle est loin d'avoir la linesse de l'originale.
Ventes : E. Galichon, 700 — Lipbart, 374 — Didot, sur papier à la tête de bœuf, 305 — Knowles, .'!75 — llebich, 544 — Buccleuch, 800 — Fischer, 1225 — Angiolini, 250 — Artaria, GG0 — Straeter, 3200, la seconde perle de la collection, le plus bel exemplaire connu — Cornill d'Orville, 787.
Adam et Eve (R. 55 — RI — H 116). — Dans le paradis terrestre, debout el nus le corps de face, ils se regardent : Adam à gauche, Eve à droite; celle-ci présentant de la main droite la pommeau serpent enroulé autour de l'arbre du bien et du mal. Sur la branche feuillée où Adam appuyé la main droite, est un perroquet au-dessous duquel est suspendue une tablette sur laquelle on lit : Albert? Durer Norîcus Faciebat, et le monogramme. Le monogramme très petit est à gauche du millésime 1504 et sur la même ligne. A leurs pieds, des animaux; au fond, des arbres et des rochers.
C'est une des pièces capitales de l'œuvre, elle est devenue excessivement nue.
La découverte de la statue de l'Apollon du Belvédère qui eut lieu à la lin du xv siècle en Italie, produisit une immense excitation; l'artiste en fut lui-même fortement impressionné et le dessin de son Adam s'en ressentit.
Au premier état, l'écorce de l'arbre sous l'aisselle gauche d'Adam n'a pas encore une crevasse longitudinale de 1~> millimètres, à droite de la grande fente qui descend jusqu'au pied du tronc. A Vienne, dans la collection Albertine (?) et au British Muséum, il y a une ('preuve non terminée, c'est-àdire qu'il n'y a d'achevé que la jambe droite d'Adam el nue partie du fond, le reste esl au trait1 ; on a dit aussi qu'il existait un état avant l'inscription sur la tablette, mais ceci nous paraît fort douteux ; malgré nos recherches nous n'avons pu découvrir de collections possédant un semblable exemplaire.
Les belles épreuves sont sur papier </ la tête de bozu) , celles sur celui aux deux tours sont généralement inférieures.
Il existe des copies.
Ventes: Howard, superbe épreuve, 1475 E. Galichon, sur papier à la tête
(ii- bœuf, 2990 ■ Lipbart, loi état à la tète de bien!', un des /dus beaux
i Cctlc épreuve provenant <!<■ In collection Ottlej . lut acquise en 1836 par le British Muséum.
connus, 2500 - Didot, à la tête de bœuf, 3100 - Knowles, 212 — Schloesser, 1<* état à la tète de bœuf, 812 — Oppermann, 2'' état a la tête de bœuf, 962 — Griffiths, 4750 du cabinet Verstolk de Soelen — Hebich, 1« état, 2110; 2e état également à la tête de bœuf, 525 — Buccleuch, 825 — Seymour Haden, à la tète de bœuf et avec la signature de Mariette, 2500 — Fischer, sur papier à la tête de bœuf, épreuve d'une exceptionnelle beauté, 10250, provenait des collections Barnard, Maberley et Hawkins — Holford, 2500 — Destailleur, 460 — Artaria, 1er état papier à la tête de bœuf, 1220 - Straeter, 1700 — Bàttig, 731 — de Sallet, filigrane tête de bœuf, 4000 - Cornill d'Orville, 2^ état même filigrane, 1075 — Defer Dumesnil, 2^ état, 720 — Loyd, épreuve doublée, 1000.
La Vierge au Singe (R 88 — B 42 — H 628). — La Vierge nimbée est assise sur une sorte de banc de bois; l'Enfant Jésus nu, sur ses genoux, joue avec un oiseau ; à leurs pieds, un singe accroupi est enchaîné ; un fleuve bordé de montagnes s'étend derrière eux, ainsi qu'une petite construction. En bas au milieu de l'estampe, le monogramme.
C'est de beaucoup, selon nous, la plus remarquable pièce de la série des Vierges ; Durer l'a gravée, croit-on, en contre-partie d'après un dessin de Wolgemut. Marc Antoine l'a copiée d'après Durer, en reproduisant sans pudeur, le monogramme de l'artiste.
Le premier état se reconnaît au museau du singe qui est très noir ; le second aux deux traits échappés, l'un sur le ne: du singe, l'autre presque perpendiculaire sur son dos; le cuivre existe encore, mais nous ignorons qui le détient à l'heure actuelle.
Ventes: E. Galichon, 1» état sur papier à la tète de bœuf1, 510 — Guichardot, 615, provenant du cabinet de .1. Saint-Aubin — Didot, 300 — Schloesser, 337 — Oppermann, 256 — Griffiths, 187, de chez Pierre Vischer, où elle fut adjugée 152 en 1852 — Fischer, 475 — Gutekunst, 714 — Destailleur, 541 - Cope, 120 — Straeter, à la tête de bœuf, 1875, sans doute le plus bel exemplaire connu — Cornill d'Orville, 2012, superbe épreuve.
L'Oisiveté (R 116 — B 76 - II 854). — Sur un siège élevé, la tète reposant sur un coussin, un homme sommeille tandis qu'un démon à l'aide d'un soufflet lui glisse dans l'oreille des pensées lubriques, que viendra encore aiguiser à son réveil une femme nue placée près de lui. En bas à gauche, un enfant ailé — l'Amour — s'essaye sur des échasses ; au milieu de la partie inférieure de l'estampe, le monogramme.
• Il existe des premières épreuves sur papier filigrane <i /a croix : particularité qui a échappé à Hausmunn.
Cette pièce est quelquefois désignée sous la rubrique Le Songe ou Le Songe du Docteur. Rainiondi l'a encore copiée en y mettant le monogramme de Durer. Cette estampe fort joliment gravée, n est jamais vendue à sa valeur.
Ventes : E. Galichon, 500, au recto et au verso on lit la signature de Mariette — Liphart, 220 — Didot, 335 — Knowles, au filigrane de la tète de bœuf, 213 — Oppermann, 115 — Retberg, même filigrane, 650 — Fischer, 300 — Artaria, 200 — Straeler, 202 — Cornill d'Orville, papier au V gothique, 314 — Schullze, 537.
Saint Georges à cheval (R 120 — I? 54 — H 746). — Arme de pied en cap le saint à cheval est tourné vers la droite et de profil, la télé dans un rayonnement, l'étendard en travers de la selle incline à gauche, le dragon est étendu à ses pieds, sur le dos, la lête dirigée vers la droite. En bas au milieu de l'estampe, une tablette avec le monogramme et la date 150S qui primitivement était 1505.
Il y a des copies trompeuses — Il existe, croyons-nous, chez le baron E. de Rothschild un pastiche en contre-partie, dans lequel le dragon ne figure pas et où l'on distingue en bas à gauche, sur le terrain, un monogramme aux lettres R. A. M.
Ventes : E. Galichon, 460 — Didot, 510, de chez J. de Saint-Aubin — Knowles, 12G — Oppermann, 170 — Straeter, sur papier à la liante couronne, 500 — Cornill d'Orville, 037.
Cette estampe est fort rare.
La grande Fortune (R 124 — B 77 — H 839). — Sur un nuage, au-dessous duquel dans un pays montagneux se déroule un Oeuve sur le bord duquel est bâti un village — celui d'Eytas patrie de Durer dit la légende — une femme nue ailée de profil à droite est montée sur un globe, elle tient dans la main droite un vase ressemblant à un ciboire et dans la gauche une bride et des mors, le long voile dont elle est enveloppée passe sous son bras gauche et flotte au vent derrière elle. Dans le bas du coin droit, le monogramme.
Ce 1" état esi caractérisé par un trait perpendiculaire échappe qui se trouve au-dessous du pont, el |>:n- une série de points dans le ciel à gauche; dans le 2« état, ce Irait n'existe plus, mais dans les belles épreuves on distingue encore la suite de points entre les deux Ilots du voile à gauche, points qui devaient sans doute indiquer les contours d'un nuage, et qui dans les dernières épreuves ont complètement disparu.
Celte estampe, dont on ne s'explique guère le sens allégorique, est quelquefois encore dénommée : Némésis ; La Pandore . /." Tempérance. On la rencontre assez fréquemment, mais les belles épreuves sont encore
assez raies; celle du Département des Estampes, qui est avec le trait échappe . est admirable. — Il existe des copies en contre-partie.
Ventes : Howard, 394 — Liphart, 600 — Dklot, sur papier à la grande couronne, 515 — Retberg, même filigrane, 515 — Buccleuch, 250 — Fischer, 575 — Ilolford, 450 — Aylesford, 394 — Hollandt, 506 — Gutekunst, 862, très bel exemplaire — Hollar, 200 -- Destailleur, 255 — L. Galichon, 305 — Artaria, 170 — Straeter, papier à la haute couronne, 375 — Cornill d'Orville, à la grande couronne royale, 1»' état, 575 ; même papier, 2° état, 437, avec la signature de Mariette — Hérëdia, même filigrane, 610.
Enlèvement d'AniYmone (R 125 — B 71 — H 801). — Au pied d'une vaste colline hérissée de châteaux forts, la mer; Amymone nue est couchée sur le dos d'un Dieu marin qui l'enlève nageant vigoureusement vers la droite; à gauche sur le rivage, le père désespéré accourt les bras étendus vers elle. En bas au milieu de la marge, le monogramme.
Dans son journal, Durer l'appelle la Merveille de la mer [dus MeeranmderJ . Cette estampe est fort belle et peut être obtenue à des prix relativement doux. Dans les premières épreuves, on dislingue des égratignures dans le ciel.
Veilles : Guichardot, 135 — E. Galichon, 135 — Didot, 92 — Oppermann, 200, avec les égratignures — Hebich, sur papier à la haute couronne, 90 — Fischer, 225 — Cornill d'Orville, 387.
Les effets de la Jalousie (R 126 — B 73 — H 815). — Au bas de l'estampe à gauche, au pied d'un bouquet d'arbres, une femme nue est couchée entre les jambes d'un satyre qui tient de la main droite la mâchoire d'un animal quelconque ; tous les deux regardent à droite une femme debout, qui un bâton levé s'apprête à les frapper ; un homme nu coiffé d'un coq va parer le coup; à droite encore un enfant, l'Amour sans doute, s'enfuil un oiseau à la main, transparente allusion d'une virginité perdue. Au fond de l'estampe, montagnes et château fort. En bas au milieu de la composition, le monogramme.
Cette pièce est quelquefois aussi appelée Le grand Salyrc ou Le grand Hercule ou même simplement Hercule, comme la désigne l'artiste lui-même dans son Journal de voyage aux Pays-Bas. Il existe à Vienne, dans la collection du duc Albert de Saxe, une épreuve d'essai dans laquelle le bouquet d'arbres et la femme debout sont seuls termines, le reste n'est esquissé qu'au trait. Le sujet est toujours reste inexpliqué, quelques-uns y voient une allégorie sur le cocuage.
Il a été fait de cette pièce des fac-similés en photogravure pour la Société Internationale de Chalcographie.
Ventes : Howard, 262 — Galichon, 360 — Didot, 495 — Hebich, sur papier à la haute couronne, 250 — Fischer, 144 — Aylesford, 262 — Schloesser, 162 — L. Galichon, 73 — Angiolini, 70 — Bouillon, 125 — Straeter, 255 — Cornill d'Orville, sur papier à la haute couronne, 210.
Saint Eustache (R 127 — B 57 — H 727). — Au bas d'une colline boisée que couronne un cbâteau fort, le saint en costume de chasseur, son cheval arrêté près de lui, est à genoux de profil à droite, les bras levés en signe d'admiration à la vue d'un cerf qui se dirige vers lui, l'animal a an crucifix entre ses bois. A gauche un cours d'eau avec une petite passerelle en pierre. Sur le tout premier plan, quatre chiens, et sous celui du milieu, le monogramme.
Cette estampe — la plus grande de l'œuvre — est souvent aussi désignée sous la rubrique de saint Hubert, mais comme l'artiste l'a lui-même dénommée, saint Eustache, dans son Journal de voyage aux Pays-Bas. Nous ne voyons pas pourquoi on se permettrait de la débaptiser; nous lui avons donc conservé ce titre.
Les belles épreuves sont extrêmement rares; elles ont été tirées sur papier à la grande couronne, au pichet et à la tête de bœuf. Il existe des copies trompeuses — En 182G, le cuivre original était aux mains de M. Joseph Redtendarher de Kirelulorf.
Ventes : E. Galichon, 25,")0 — Liphart, sur papier à la haute couronne, deux exemplaires, l'un à 025, l'autre à 750 — Didot, même filigrane, 1700 — Knowlcs, 875 — Schloesser, 1000 — Oppermann, 205, à la haute couronne — Grifiiths, 2025 -- llebich, 1056 — Retbcrg, à la haute couronne, 1202 — Buccleuch, 342 — Hulot, 600 — Fischer, à la haute couronne, 1200 — Holford, 3700; exemplaire superbe — Aylesford, 325 — Destailleur, 400 — L. Galichon, l'exemplaire de Didot, 1850 — Copc, 438 — Artaria, 500 — Bouillon, l'exemplaire de Schloesser, 560 — Straeter, 1012 — Cornill d'Orville, à la haute couronne comme le précédent, 825 — Lacroix, une épreuve tirée sur soie, 205 — Ilansen, 381.
La Véronique (R 167 — B 64 — H 167). - La sainte debout et de face, la tête auréolée, tient de ses deux mains écartées le voile qui a gardé l'empreinte des traits du Sauveur. En haut dans le coin gauche, le monogramme, el au-dessus 1510.
Celte toute petite pièce n'es! connue que par deux exemplaires existant en originaux, l'un se trouve à l'Albertine, l'autre est à Dresde dans la collection du Roi de Saxe, Fréderik Auguste II ; c'est d'après Thausing la première pointe sèche qu'ail gravée l'artiste.
Il en existe une copie sans valeur, gravée par Aloys l'etiak. - Passavant affirme à tort que celle pièce est un nielle; c'est une erreur, car ni le monogramme, ni la date ne sont renversés à l'impression.
Saint Jérôme (Il 196 B59- Il 770). Dans une anfractuosile de rochers, le sainl de profil à gauche esl assis, les mains jointes tournées vers un crucifix à gauche, son coude repose sur des livres placés sur la planchette qui lui sert d'appui. A droite un saule, et à
ses pieds un ruisseau sur le bord duquel à gauche est couché un lion endormi. Sur le rocher de gauche, le monogramme, et tout en haut au milieu de l'estampe, le millésime 1512.
Celte estampe, dite aussi le saint Gérôme au Saule, est une des plus admirables planches de l'œuvre, c'est une pointe. sèche renforcée de burin ; les exemplaires avec les barbes sont pour ainsi dire introuvables. Au British Muséum on en conserve une épreuve tirée avant Vébarbage, dans laquelle le monogramme est pour ainsi dire illisible, ce qui a l'ait dire à Passavant qu'il n'existait pas, parce qu'il avait disparu sous les barbes. Bartsch, à tort, considère cette pièce comme une eau-forte, le doute n'est cependant pas permis ! Dans les dernières épreuves, la planche est tellement usée que le crucifix a disparu. — Il existe une copie trompeuse.
Ventes : Didot. 4500, un des plus beaux exemplaires connus fut acheté par M. Meder — Oppermann, 25, de chez Gawet — Fischer, 1575 — Aylcsford, 210 — Destailleur, G00 — De Sallet, 575 — Cornill d'Orville, une éblouissante épreuve pleine de barbes, 15000.
Les Armoiries au Coq (R 198 — B 100 — H 1020). — Un écusson au lion rampant, timbré d'un casque tourné à droite, entouré de riches lambrequins, est surmonté d'un coq aux ailes déployées et chantant. En bas à droite, le monogramme.
Cette pièce, bien supérieure suivant nous aux Armoiries à la tête de Mort', malgré sa moindre importance, est peut-être le morceau le plus admirable de l'œuvre; i7 est impossible d'aller plus loin comme métier, nulle pièce ne lui est comparable, il faut avoir vu la merveilleuse épreuve du Département des Estampes, et surtout celle de la vente Cornill d'Orville, la plus belle connue, pour se demander par quel prodige l'artiste a pu arriver à donner à son casque ces éclats de métal qui en font une œuvre d'art qui ne sera jamais surpassée. On ignore l'année où l'ut gravée cette estampe ; Retberg suppose qu'elle le fut vers 1512 et Thausing en 1503.
Ventes : Liphart, 2G9, sur papier filigrane à la cruche, avec la signature de Mariette, Paris 1775 — Didot, 300, de chez Marshall — Knovvles, sur papier à la haute couronne, 125; un autre exemplaire, sur papier à la cruche, 250 — Schloesser, 213 — Oppermann, 201, de chez Schloesser — Buccleuch, G75 — Fischer, toute première épreuve avant la planche nettoyée et avant le renforcement du trait carré, 500 -- Holford, 325 — Destailleur, avec les Armoiries éi la tête de Mort, 101 — L. Calichon, 295, de chez Didot — Angiolini, 291 — Artaria, à la haute couronne, 100, et un autre exemplaire, 430 — Bouillon, 2uo, de chez Donnadieu — Straeter, 294, de chez Koller — De Sallet, 381 — Cornill d'Orville, sur papier à la haute couronne royale, 4850, précieux et admirable exemplaire — Schultze, 287 — Dreux, 800 — Stern, 350.
1 Et pourtant, comme on peut s'en convaincre, elle se vend incomparablement moins cher que Les Armoiries d la tête <!<■ Mort, niais ça ne se raisonne pas, c'est de tradition. Oh ! tradition, que d'idioties on commet en ton nom ! ! !
Le Cheval de la Mort (R 203 — B 98 — H 1013). — Dans un site rocheux et planté d'arbres rabougris, un guerrier casqué et armé se dirige à cheval vers la gauche, derrière lui à droite un animal fabuleux tenant du cerf et de la licorne l'accompagne, serrant dans sa griffe une hallebarde. A gauche, la Mort à cheval le regarde et lui montre un sablier que surmonte un cadran. Entre les jambes du cheval du guerrier un chien et un lézard. Tout au fond de l'estampe, un château fort couronne une colline escarpée. Dans le bas du coin gauche de l'estampe sous une tête de mort, une tablette portant le monogramme, au-dessus duquel le millésime 1513 précédé de la lettre S.
Une des pièces capitales de l'œuvre, extrêmement recherchée. Quant à la lettre S qui précède la date, aucune explication satisfaisante jusqu'ici n'a pu être donnée; on y a vu, les uns l'initiale du baron de Siekin^en ou de Sleplian Paumgârtner, les autres la première lettre de Sanguineus ', car on suppose aussi que Durer avait eu l'intention de faire une série de planches représentant Les quatre Tempéraments, théorie très à l'ordre du jour a cette époque, et que. les deux autres estampes La Mélancolie et saint Jérôme dans sa cellule faisaient partie de celte suite; nous estimons pour notre part que ces suppositions sont puremenl gratuites, et nous préférons tout naïvement admirer ces productions merveilleuses, plutôt que de cherchera en éclaireir le côté resté mystérieux.
Cette pièce est encore connue sous les dénominations : Le Mariage , L'Homme mondain , Le Chevalier, la Mort et le Diable ; ou tout simplement sous la rubrique l'n Cavalier qui lui fut donnée par Durer lui-même dans son Journal de voyage aux Pays-Bas — Il existe des copies.
Ventes : Liphart, deux exemplaires, dont l'un, d'une qualité exceptionnelle, fut vendu seul 1600 — Didot, 560 — Knowlcs, une des plus belles existantes, 2126 — Oppermann, 177.") - Schloesser, 1637, superbe — Griffiths, 562, de chez Mariette — Hebich, 925 — Retberg, 1150 avec les témoins' — Buccleueh, 1312 — Seymour Eïaden, 1775, de chez Brooke — Fischer, 2500, de chez Saint-Aubin ■ Holford, 3625 Aylesford, 237 - Destailleur, 900 — Angiolini, 1250 — Artaria, 780 Straeler, 12(52 — De Sallet, 1023. provenait de chez Liphart — Cornill d'Orville, 562.
La Vierge au pied de la muraille (R 205 — B 40 — H 610). — Adossée au pied des remparts d'une ville forte, à gauche de laquelle serpente un cours d'eau, la Vierge est assise de trois quarts à gauche
i Ou celle de Sm/m.s.
» Particularité extrêmement rare ;i rencontrer dans les estampes des vieux Maîtres. Durer, m| mi avait coutume de tirer ses cuivres en j laissant de grandes marges ; mais le goût de l'époque était toujours de les abattre el même de rogner jusqu'au irait carré ces estampes.
tenant l'Enfant Jésus serré dans ses bras, elle porte un trousseau de clefs à sa ceinture. A droite sur le pan du mur à mi-hauteur de l'estampe, 1514 et le monogramme.
La pièce est extrêmement poussée. — Se défier des copies, d'une tout particulièrement, qu'on ne peut guère reconnaître qu'en ayant sous les yeux l'originale pour la confronter; dans la copie, le i du millésime est plus petit et différent de forme, le D du monogramme est également moins grand, il n'y a pas aussi de parties ombrées dans la portion de l'écriteau qui est sous le monogramme.
Ventes : E. Galichon, 280 — Didot, 110, avec la signature de Mariette datée de 1660 — Oppermann, 56 — Schlocsser, 262 — Fischer, 269 — Angiolini, 380 — Cornill d'Orville, 319.
Saint Jérôme dans sa cellule (R 208 — B 60 — H 756). — Au fond de la pièce qui reçoit le jour de gauche par deux vastes croisées à verres ronds le saint est assis, écrivant sur un pupitre posé sur sa table de travail, sa tète est dans un rayonnement et son épaule droite vivement éclairée. Derrière lui un sablier et son chapeau pendu au mur; des coussins, des sandales, des livres, une tète de mort... un renard et un lion couchés et dormant sur le premier plan complètent le tableau. Sur le parquet à droite, le monogramme et 1514.
On a accusé avec juste raison l'artiste ne n'avoir qu'un seul plan et d'avoir absolument négligé les valeurs ; reconnaissons ici cependant, que la profondeur de la pièce est assez scrupuleusement accusée. Disons aussi en passant, que la dénomination dans sa cellule est impropre, le mot cellule impliquant l'idée d'une pièce petite et nue ; or, ici ce n'est nullement le cas, car la pièce est spacieuse, presque luxueusement meublée et de ce fait extrêmement intéressante au point de vue de l'ameublement de l'époque.
Les premières épreuves sont tirées sur papier à la haute couronne et les dernières sur papier filigrane au pichet (ou à la cruche). Les copies sont nombreuses. Heller en signale, croyons-nous, treize.
Ventes : E. Galichon, 400 — Liphart, 525 — Didot, 300 — Knowles, 2125, épreuve absolument hors ligne, une des plus belles connues ' — Schlocsser, 437 — Oppermann, 451 — Hebich, 462 — Buccleuch, 919 — Seymour Haden, 2750 — Fischer, 412 — llolford, 3250 — Aylesford, 412 — Destailleur, 360 — Artaria, 610 — Straeter, 656 — Cornill d'Orville, 1000 — Schultze, 1500, provenait des doubles de Berlin — Hausen, 756 — Stern, 1912.
i La collection de cet amateur avec celles de Seymour-Haden, llnlford, Retberg et surtout Cornill d'Orville peuvent être considérées comme renfermant les plus beaux Durer connus; elles étaient cependant inférieures encore à celles de Verstolk de Soelcn qui acquit les siens en 1824 à la vente du comte de Vries ; cette réunion de Durer avait été originellement formée par Abraham Ortelius qui. a sa mort en 1598, la légua à son héritier Jacques Collius.
Les écarts énormes des prix ci-dessus montrent à quel point ta belle épreuve est appréciée ; il y a là un enseignement qui, plus aujourd'hui que jamais, a sa valeur et peut se résumer en ces mots : N'hésitez jamais à payer le gros prix l'épreuve exceptionnelle; si vous êtes spéculateur, vous y trouverez profit tôt ou lard ; si vous êtes simple collectionneur, une grande satisfaction en songeant qu'on vous enviera la perle que vous n'avez pas voulu laisser échapper.
La Mélancolie (R 209 — B 74 — H 840). — Songeuse la tête laurée de profil à gauche, une femme ailée est assise au milieu d'instruments de toutes sortes, le coude gauche est appuyé sur son genou, sa main droite tient un compas ouvert, un chien est couché à ses pieds; près d'elle à sa droite un enfant assis, écrit; tout à fait à gauche en haut de l'estampe, la mer avec une comète qui semble y sombrer, un arc-en-ciel et une chauve-souris fantastique tenant une banderolle sur laquelle on lit : Melencolia S I. Sur la marche où la femme est assise, le monogramme, et au-dessus 1~>11 peu apparent.
On trouve assez facilement cette pièce en bonne épreuve, c'est ce qui explique pourquoi, quoique merveilleusement belle, elle n'atteint jamais les prix de certaines estampes inférieures de qualité, mais infiniment plus rares.
Il y a plusieurs copies trompeuses, entr'autres une fort remarquable et presque aussi belle que l'originale, elle est gravée par un inconnu et ne porte ni monogramme, ni signature, mais on la reconnaît facilement en ce que la grande clef du trousseau qui pend à la ceinture a quatre croisillons au panneton, tandis qu'il n'en existe que trois dans l'originale. Dans la copie de Jérôme Wierix, le signe ressemblant à un S qui se trouve entre le mot Melencolia et le / n'existe pus.
On croit reconnaître dans ce portrait, la femme de l'artiste, Agnès Frey merveilleusement belle, mais inquiète et violente.
On a cherché aussi ce que pouvait signifier le signe /. Thausing y voit le numéro 1 de la première planche pour la suite des quatre Tempéraments; Passavant mieux inspiré, croyons-nous, donne la seule explication plausible en considérant ce signe comme un /, ce qui voudrait alors dire : Mélancolie fuis; /étant la seconde personne de l'impératif du verbe latin Ire qui signifie aller, fuir.
Au temps de Durer, cette estampe avec sept autres composant une
feuille entière se vendaient un QorinlM
Ventes: Howard, épreuve d'une incomparable beauté, 1000 E. Galichon, 960 - Liphart, 568 - Didot, 1000 Knowles, 1312, provenait de chez Howard Oppermann, 120 — Hébicb, 500 — Buccleuch, 650 — Fischer, 975, de chez Woodburn — Holford, 1550 Hollar, 17;> — Destailleur, 120 — L. Galichon, 600 - Àngiolini, 305 — Artaria, moi - Straeter, 1000 — De Sallet, 269 Heredia, 308 - Cornill d'Orville, s 1 1 — Schultze, 319 — Ilansen, 629.
La Sainte Famille (R 222 — B43 - H 648). — De face, assise au milieu de l'estampe sur un banc gazonné, la Vierge tient sur ses genoux l'Enfant Jésus nu ; à gauche au second plan, saint Joseph vu à mi-corps. Derrière la Vierge à droite, trois autres personnages; tout au fond de l'estampe au trait, une montagne avec tour et maison. Ni date, ni monogramme.
Celle pièce exécutée à Venise pendant son voyage se ressent de l'influence italienne ; c'est une pointe sèche dont les bonnes épreuves sont extrêmement rares, le cuivre ayant été très superficiellement attaqué ; une des caractéristiques des beaux exemplaires, est la vigueur des traits de la tour.
Le 1« état est avant les rayures sur le visage de la Vierge.
Ventes : Liphart, lL,r état, 1100 — Didot, même état, 000, de la collection Arozarena où elle fut adjugée 655, elle était avec toutes ses barbes — Hebich, 156 — Hulot, 1m état, 900 — Fischer, 1025 — Mol lord, 2755 — Gutekunsl1, exemplaire d'une insurpassable beauté, 4250 — Artaria, 1er état, 520 — Cornill d'Orville, 219.
La Vierge couronnée par les Anges (R226 — B39 — H 547). — Assise sur une large pierre dans la campagne et adossée à une forte barrière, la Vierge de face la tête penchée à droite, tient l'Enfant Jésus sur ses genoux et une pomme dans la main droite. Deux anges descendus du ciel s'apprêtent à lui poser une couronne sur la tête. En bas dans le coin droit de l'estampe, le monogramme et 1518.
Ventes : E. Galichon, 225 — Didot, 100 — Schloesser, J26 — Cornill d'Orville, 906.
Thausing fait remarquer que cette estampe appartient à la mauvaise période de Durer (1513-1520) qui négligeait ses gravures, trop occupé par les dessins de ses bois pour la publication de l'Empereur Maximilien — La série des Vierges de petit format sont moins faciles à rencontrer que celles de format supérieur, pour celte raison que les premières furent pour la plupart intercalées dans les livres d'heures d'où elles ne sortirent plus.
Le Crucifix (R 227 — B 23 — H 435). — Sur la croix, la tête penchée à droite dans un rayonnement, le Christ est entouré à droite par la Vierge et deux saintes femmes, à gauche par saint Jean derrière lequel est un homme d'arme portant un bouclier. A genoux, la Madeleine tient embrassé le pied de la croix. Ni monogramme, ni date.
Très petite pièce ronde rarissime dite : le Pommeau d'épée ou la Plaque de chapeau de l'Empereur Maximilien /•' . C'est un nielle sur plaque d'or ; c'est
i Vente faite en avril 1894.
la plus petite pièce gravée par le Maître. Klle mesure 37 millimètres de diamètre. On suppose qu'elle fut exécutée en 1518. Les lettres INEJ sont renversées comme dans toutes les nielles. La copie qui en existe est si remarquable, qu'on la confond souvent avec l'originale. Du reste, Bartsch et Passavant ne sont pas d'accord sur celle qui est l'original ou sur celle qui est la copie.
Venles : Liphart, original de Passavant, 2887 — Didot, 300, avec un autre exemplaire original de Bartsch, 200 — Hébich, 756 — Retberg, 1025 — Buccleuch, 925 — Holford, 150; dans ces cinq ventes, sont les originaux de Passavant — Artaria, de Passavant, (illO ; de Bartsch, 120 — Cornill d'Orville, de Bartsch, 131 — un autre exemplaire d'une exceptionnelle beauté, original de Passavant, provenant de chez Verstolk de Soelen, 1237.
Le Crucifiement (R 253 — Passavant 109 — H 2250). —Au milieu de l'estampe, le Christ de face sur l'arbre de la croix, à droite saint Jean debout les mains jointes et les j'eux levés au ciel, à gauche la Vierge entourée des saintes femmes. La Madeleine est agenouillée au pied de la croix qu'elle tient embrassée, près d'elle tète de mort et ossement. Au fond de l'estampe Jérusalem, et à droite des rochers couronnés par un château fort, dans le ciel des anges. Près de la tête de mort, le monogramme de l'artiste, sur le terrain presque au milieu un peu à droite.
Cette pièce, d'une insigne rareté, est inconnue à Bartsch ; elle est gravée au trait pur et semble être le décalque d'un dessin et une préparation de planche. Retberg, Passavant et Ephrussi la croient de Durer; Heller et Thausing la répudient.
Passavant nous apprend qu'une copie en a été faite par Xussbiegcl, et qu'il y a deux étals : l'un avant le monogramme, l'autre avec le monogramme; mais ce dernier n'esi pas placé comme dans l'original, il est à gauche, près du manteau de la Vierge.
Ventes : Didot, 75 — Retberg, co/iie avant le monogramme, C2 — Cornill d'Orville, sur papier au petit globe, 02 — Defer Dumcsnil, l« état avant le monogramme et sur papier aux armes d'Amsterdam, 150.
Cette estampe au point de vue artistique est sans valeur.
Erasme d'Amsterdam (R 206 — B 107 — H 1047). — Dans son cabinet de travail entouré de sis livres, vêtu d'un ample vêtement et coiffé d'un bonnet qui lui cache les oreilles, Erasme debout vu à mi-corps de trois quarts à gauche, écrit sur on pupitre, la main gauche tient un encrier. Sur la table à gauche, un vase avec des fleurs el en haut du même côté une large tablette où on lit : Imago Erasmi... MDXXV1 el le monogramme en dessous.
Ce portrait est superbe et supérieur de beaucoup à tous les autres faits par Durer ; tout porte à croire que c'est un des derniers cuivres qu'il a gravés, peut-être même le dernier.
Faisons remarquer que le portrait de Joachim Patenicr (B 108) n'a jamais été gravé par l'artiste, mais bien d'après son dessin par Cornélius Coït ' ; on ne s'explique guère qu'on ait voulu attribuer celte pièce de tout second plan au grand artiste ; elle est tellement éloignée de sa manière que le doute n'est pas permis.
Ventes : Guieliardot, 150 — Liphart, sur papier aux deux lys dans un écu, 750 — Didol, 810 — Oppermann, 200 — Bucclcuch, 500 — Fischer, 446 — Hollandt, 381 — Aylesford, 194 — Artaria, 590 — De Sallet, 394 — Cornill d'Orville, 1112 — Schultze, 256 — Prince Waldburg Wolfegg, 275.
Saint Jérôme (R supp'3 — B 62 — H 782). — Un genou en terre, la tête dans un rayonnement, le saint de trois quarts à droite, prie devant un crucifix ; derrière lui son chapeau et ses vêtements sont accrochés, à ses pieds son lion fidèle. Au dernier plan à droite, on aperçoit une petite maison qui semhle renversée tant elle est penchée à gauche. La lumière vient de droite.
Cette petite estampe ronde de la dimension d'une pièce de deux francs n'est qu'attribuée au Maître. Bartsch, Heller et Passavant la croient gravée par l'artiste, Haussmann en doute, Thausing et Betberg supposent que Durer n'en a fait que le dessin. Quoiqu'il en soit, ce nielle, car c'en est un, est d'une insigne rareté, on n'en connaît que cinq originaux qui sont à Paris, Dresde, Amsterdam, Brème et Vienne à l'Albertine. — Il y a plusieurs copies qui sont sans valeur, une entre autres est de Aloys Petrak, de Vienne, il l'a du reste signée : A. Petrak Cop.
Ne pas confondre cette pièce avec celle de même titre, ronde également, mais un peu plus grande (R supp1 12 — B 115) qui est gravée sur bois et représente le saint la tète auréolée, à genoux tourné à gauche, il est au pied d'un arbre où sont appuyés un christ et un livre, dans la campagne derrière lui son lion est couché, et tout à fait au fond de l'estampe à droite, on aperçoit un cerf debout. Cette estampe est rarissime ; à la vente Cornill d'Orville elle fut adjugée 650 francs.
Le Jugement de Paris (R supp' 4 — B 65 — H 793). — Dans la campagne, demi couché à gauche de l'estampe et semblant assoupi, Paris armé en guerre — ce qui n'est guère le fait d'un berger — semble peut se soucier des trois déesses nues qui sont à sa gauche ; un vieillard placé derrière, lui présente une pomme. La lumière vient de droite.
' Thausing émet un avis opposé, il croit que le graveur est Egidius Sadeler.
Ce nielle de petite dimension et de forme ronde reste toujours discute, Bartsch, Ileller, Passavant et Haussmann l'acceptent ; Retberg et Thausing
le rejettent. Le seul exemplaire original connu est à l'Albertine de Vienne. Petrak en a fait une copie tju'il a signée. Il y a eu aussi une gravure sur bois de cette pièce avec linéiques modifications (B 134), elle est fort rare et fut adjugée à la vente Cornill d'Orville le prix coquet de 2000 francs.
Le titre même donné par Bartsch à cette estampe est certainement erroné, ca ne peut être en effet le berger Paris, puisque le personnage représenté ici est un guerrier, c'est plutôt comme le dit Passavant un incident de la légende du moyen âge relative à Alfred III, roi de Mercie. On raconte que dans une visite que ce dernier fit à Guillaume d'Albanac, il remarqua ses trois filles merveilleusement belles, le père croyant s'apercevoir qu'il désirait faire de l'une d'elles sa maîtresse, les fit venir toutes nues et força le Iioi à en prendre une pour épouse ("est la scène reproduite dans l'estampe que nous venons de décrire.
Le grand Courrier (I\ supp1 5 — B 81 — H 1098). — Sur un cheval, lancé à plein galop vers la droite, un homme coiiïé d'un bonnet se retourne un fouet dans la main gauche. Au dernier plan à droite, une montagne sur le sommet de laquelle se silhouette un clocher pointu.
Encore une pièce douteuse qui est considérée par ceux qui l'admettent comme une des toutes premières estampes du Maître, elle est en tous cas extrêmement peu intéressante comme métier et comme sujet, Bartsch y voit la même technique que dans Le Violent (B 1 — B 92 — H 893).
11 n'y a que deux originaux de connus, l'un est à la Bibliothèque Impériale de Vienne, l'autre à Dresde où il est classé aux anonymes. Petrak en a fait une copie qu'il a signée de son monogramme A. P accolés.
Nous avons mentionné les cuivres les plus rares et les plus recherchés du .Maître, nous allons maintenant indiquer quelques bois, mais comme nous envisageons surtout l'œuvre de Durer au point de vue gravure et non au point de vue dessins, nous passerons rapidement sur les bois qu'il n'a fait que dessiner en confiant, connue on le sait, l'exécution à un praticien habile et consommé qui se nommait Jérôme Heseh dit Hieronymus.
La Colonne (U supp!' 14 — H 129). Grande pièce sur quatre feuilles, la hase représente deux Génies ailés et le haut un chapiteau sur lequel est assis un suivre.
Celle estampe, d'une insigne rareté, a échappé, croyons-nous, aux
investigations de Thausing; elle manque à presque toutes les collections
publiques ou privées, elle a p.issé à la vente Cornill d'Orville et y fui adjugée 3312 francs; elle était ili\nc beauté merveilleuse et rappelait par sa netteté et sa tinessc un dessin à la plume. Le papier était filigrane au chien.
Elle était sans date, ce qui caractérise une toute première épreuve ; celle de Berlin est avec le millésime de 1517.
L'Apocalypse de saint Jean (R 27-42 — B 60-75 — H 1652-1667).
Rare et admirable suite de 16 pièces qui furent adjugées à la vente Cornill d'Orville 7837 francs ; c'était la première édition publiée en 1498, de condition et de beauté exceptionnelles. Le titre n'apparut pour la première fois que dans l'édition de 1511.
La Vie de la Vierge (R 63-82 — B 76-95 - H 1692-1711).
Suite de 20 pièces qui peuvent être considérées comme le chef-d'œuvre des bois de l'artiste. Passavant semble croire que Durer s'y consacra de 1501 à 1510. Il existe trois éditions : le premier tirage, sans texte, fleur de bois est d'une insurpassable beauté, les exemplaires bien complets sont pour ainsi dire introuvables, même dans les collections les plus célèbres ; les estampes sont tirées sur papier à la grande couronne et à la balance dans un cercle. — Voici quelques prix pour de toutes premières épreuves :
Ventes : Didot, 2020 — Galichon, 1600, de chez John Barnard — Artaria, 580 — Straeter, superbe exemplaire relié en maroquin, provenant des collections Stosch et sir Joshua Reynolds — De Sallet, 1443 — Çornill d'Orville, 3375, état et condition exceptionnels.
Durer parle souvent de la vente de ces pièces dans son Journal de voyage, il cédait quatre suites pour un florin ! ! La grande Passion, L'Apocalypse se vendaient sur le même pied.
A remarquer que les belles premières épreuves de bois sont toujours exemptes de ces petites piquelures blanches qui proviennent des trous de vers ; celles qui en présentent, sont à rejeter.
Les Saints Patrons de l'Autriche (R 219 — B 116 — H 1880). - Ils sont au nombre de huit debout l'un près de l'autre, leurs noms en latin au bas de l'estampe sur une banderolle sont les suivants en allant de gauche à droite : Quirin, Maximilien, Florian, Sévérin, Coloman, Léopold, Poppo et Otto. Ni date, ni monogramme.
Cette pièce est d'une insigne rareté en 1" état, c'est-à-dire avant que les deux saints Poppo et Otto aient été ajoutés ; elle manque à presque toutes les collections. Le 2? état, après l'adjonction des deux saints, porte en tête une inscription commençant par ces mots : Ad Sanctos Austriœ. . . puis un poème latin de 10 lignes, c'est l'édition de 1517.
A la vente Cornill d'Orville, un superbe exemplaire de 1er état fut adjugé 1325 francs.
Le Triomphe de l'Empereur Maximilien (R 218 — B 139).
Superbe suite de huit planches que l'on croit avoir été dessinées sur le bois même par Durer. On en compte quatre éditions qui sont : i™ édition de 1522 sans le Privilège.
2c — avec le Privilège : Cum Gralia et Privilegio Csesaree Maiestatis. 3'- — 1523, avec explications latines.
4e — 1589, dernier tirage sur les originaux. L'édition de 1609 de Ileller, publiée à Amsterdam, est une copie exécutée par Liefrinck.
On connaît les principaux graveurs qui travaillèrent à cette suite, leurs noms ayant été consignés au dos des blocs de bois à cette époque, ce sont : Jérôme Andréa, Claus Seman, Wolfgang Resch, William et Cornélis Liefrinck, Hans Franck, Jan de Bom, Alexius Lindt et Jost Necker.
On exécuta à Vienne, ces dernières années, des retirages sur les bois originaux, et en 1886, au Musée de Boston, on en fit une exposition.
Ventes : Didot, exemplaire admirable de la première édition, 4050 — Cornill d'Orville, deuxième édition, 2612; exemplaire de toute fraîcheur.
Mentionnons encore quelques gros prix obtenus pour les très beaux et très rares bois suivants, passés à la vente Cornill d'Orville :
Les Armoiries de Durer (15 160) ; dans un écusson, un triple monticule sur lequel repose une porte ouverte à deux battants, l'écu est timbré d'un casque au-dessus duquel, dans un vol, se profile à droite le buste d'un nègre coiffé d'un bonnet ; le tout est surmonté d'un cartouche contenant le monogramme accompagné du millésime 1523; de riches lambrequins entourent l'écu; pièce rarissime adjugée 1137 — Saint Sébald sur une colonne (P 185), 2375 — La Tête du Christ couronnée d'épines (P 192), 875 — L'Homme attaqué parla Maladie vénérienne (P 198), 2750 — Le Christ présenté au Peuple (P 174), grande estampe représentant le Sauveur debout de face à mi-jambes, attaché à une colonne, les mains sont enchaînées, il est entre deux bourreaux qui, brutalement, entr'ouvent le manteau dont il est revêtu. En haut du coin droit, la date 1521 ; pièce de la dernière rareté, adjugée 4075.
FALGK (Jérémias)
Artiste habile, né à Dantzig en 1629, mort en 1729, a gravé un peu de tous les genres — 150 pièces environ — nous ne retiendrons de lui que le beau et rarissime portrait de :
Copernic.
Un exemplaire superbe fut adjugé à la vente Behague, 100 francs; il était avant toutes lettres.
Nous pouvons encore citer: Louis XIII, en habit de chasse et à cheval, adjugé à la même vente, 99 francs.
FURSTENBERG (Théodore Gaspar de)
Tête de saint Jean-Baptiste sur un plat (Smith 1). — La tète du saint est de trois quarts à gauche, les yeux sont clos et les cheveux bouclés. Du centre du nimbe qui est à gauche part un rayon en forme de vrille dirigé perpendiculairement vers sa lète. En bas
dans le coin gauche, on lit : Theod. Casp. à Furstenberg. Pinxit et sculpsit.
Manière noire de la dernière rareté dont un exemplaire fut vendu le 23 avril 1894 par H. -G. Gutekunst, 631 francs.
HOLBEIN (Hans le jeune)
Né à Augsbourgi vers 1497, mort à Londres de la peste en 1543. Un des artistes les plus considérables de l'école allemande, a gravé ou plutôt dessiné nombre de morceaux pour l'illustration de livres, bordures, ornementation de lettres, marques d'éditeurs, etc., mais s'est surtout immortalisé par son impérissable Danse des Morts dont les bois ont été gravés par Hans Lùtzelburger, quoique certains d'entre eux portent la signature du Maître. — A noter que les bois gravés en Angleterre par les artistes de ce pays sont de beaucoup inférieurs à ceux gravés à Baie.
Signalons le beau portrait suivant, d'après le Maître, gravé par H. Lùtzelburger dit Franck graveur hors pair.
Erasme de Rotterdam (Passavant 57). — Ce catalogueur le décrit ainsi : Figure entière, debout, tourné vers la droite et tenant la main droite sur un Terme, au-dessous d'un arc richement orné. Du haut, pend une tablette avec, l'inscription : E R. ROT. Dans un compartiment au-dessous, une inscription imprimée en caractères mobiles, qui varie suivant les différents états, savoir :
1er état 2 lignes de texte.
2« — 4 lignes de texte.
3e — 4 lignes de texte, mais avec d'autres caractères et au-dessous : Erasmi Rollerdami effigies. . . Indication souvent enlevée pour truquer la pièce et la faire passer pour un 2= état.
4e — Epreuve moderne sans inscription, le bois est au Musée de Bâle.
Ventes : Schloesser, 2e état, 26 — Oppermann, 70.
HOLLAR (Wenceslas)
Né à Prague en 1607, mort à Londres, en prison en 1677. Dessinateur et graveur dont les eaux-fortes sont souvent très poussées et très finies. Il eut pour maître, Mérian. De son vivant ses estampes se vendaient mal et ce fut toujours un besogneux. Il se distingua d'une façon très marquée dans le rendu des
1 D'autres disent à Bâle, ce qui nous semble plus vraisemblable. Il a généralement pour monogramme deux H séparés et sur le même plan, ou deux H presque accolés avec une seule barre horizontale les rassemblant, formant comme un (rois en chiffre romain coupé par une barre horizontale, ou enfin un H sur la barre transversale duquel est à cheval un autre petit H.
fourrures, dans les coquillages, les animaux, les insectes; ses figures étaient moins bonnes. Son œuvre qui se monte au chiffre considérable d'environ 2800 pièces fut catalogué par Virtue de Londres, d'abord en 1745, puis une seconde fois en 1759, et enfin par Parthey, à Berlin, en 185.'i ; il y a dans ce dernier volume, 2'Xi pièces de décrites. Les deux premiers sont en anglais, le troisième en allemand.
En somme, artiste tiès remarquable, très probe, très sincère de métier, très recherché de nos jours, surtout en Angleterre, mais n'atteignant jamais cependant de gros prix. Une exposition des pièces les plus intéressantes de son œuvre eut lieu en 1875 au Burlington Club de Londres.
Le plus bel œuvre existant actuellement est celui du British Muséum, il est à peu près complet et fut acheté en grande partie à sir Hans Sloan, qui le tenait de la veuve île l'artiste.
Le Portail de la Cathédrale d'Anvers (Parthey 824). — Une procession rentre dans l'église ; sur la place à gauche, une fontaine près de laquelle se hallent des chiens; quelques personnes disséminées sur la place; jusle en face la porte de l'église, un carosse à deux chevaux se dirigeant vers la droite.
Celle très belle pièce, grand in-folio en hauteur, doit être recherchée surtout en 1" état, c'est-à-dire, avant les conlrc-lailles sur le toit de la maison qui est a droite, et avec une seule ligne au bas de la planche : Prospectus turris... et à gauche en bas: Wenceslaus Ilollar delineavit et fecit lli'i'.). Aux épreuves postérieures il y a trois lignes commençant par : Anterpiae. . .
Ce cuivre a passé en Angleterre, la marge du bas a été coupée et on lit dans le haut: The Cathedral Chwch of Antwerp.
Ventes: Behague, 1" état, 200 — Oppcrmann, même état, 201 — Bouillon, 115— Loyd, 125.
La Nef de la Chapelle Saint-Georges (P 1079). C'est un bijou île /inesse qui est devenu très rare.
Une Anglaise en costume d'hiver (P 1999).
I He rare épreuve de cette estampe, une des meilleures de l'artiste fut adjugée à la vente Angiolini, 81 lianes.
Le Lièvre pendu (P 2058). - Il est pendu par une patte de derrière près d'un panier de gibier, à droite un chien vient le flairer. D'après Pierre Boel.
Pièce presque célèbre qu'il faut avoir en /" état, c'est-à dire avec le nom de l'artiste et le millésime 16t9. Au 2» état on a substitué au nom du Maître celui de J. Le l'outer e.v. Au 3" état le nom de l'artiste a été rétabli, mais sans l'année.
LadY Catherine Howard (P 1721).
De toute rareté ; elle est appuyée sur une lable, à mi-jambes. — Il en passa un exemplaire à la vente Seymour Haden avant le terrain ombre et avant tontes lettres. C'était une des quatre épreuves connues. Dans les états postérieurs la planche a été coupée.
LadY Elizabeth Sherley (P 1503).
Gravé d'après Van Dyck, d'une excessive rareté dans tous ses états. Le British Muséum en possède deux épreuves non terminées et une autre avec le nom et l'adresse de Stent.
Jeune Homme jouant de la mandoline. — Le musicien est assis près d'une croisée ouverte à travers laquelle on aperçoit une tour et quelques navires. »
De la plus insigne rareté ; c'est peut-être la pièce la plus séduisante de l'œuvre. Il n'en existe que deux exemplaires connus, l'un est au British Muséum, l'autre chez M. A. Morrisson. — Parthey ne la connaissait pas.
Mentionnons encore pour en terminer : L'Ecce Homo, d'après Le Titien ; Le Christ en croix, d'après Van Dyck ; sa série des Manchons (P 1945-1952) ; des Coquillages (P 2187-2221) qui sont d'exquises merveilles et de plus de grandes raretés ; Les quatre Saisons, en pied (P 60G-609), ne pas les confondre avec celles à mi-corps qui sont bien inférieures.
KRUG (Louis)
Mort à Nuremberg vers 1430, a gravé une vingtaine de pièces, signait souvent d'une cruche entre ses initiales L et K, ce qui le fait désigner sous la rubrique le Maître à la cruche.
L'Homme de Douleur. — Jésus-Christ debout, à mi-corps, sur un fond parsemé d'étoiles ; il est couronné d'épines et lient un roseau dans ses mains croisées. En haut à droite : Ecce Homo. En bas au milieu de l'estampe qui est entouré d'un encadrement, le monogramme.
Bois inconnu à Bartsch et à Passavant, mais mentionné par Leblanc. Un exemplaire adjugé C30 francs à la vente Delacroix.
La Nativité (Bartsch 1). — Sur le tout premier plan au milieu de l'estampe, un berceau dans lequel est couché l'Enfant Jésus et autour duquel sont agenouillés la Vierge, saint Joseph et des anges. Un berger vient d'arriver à gauche et s'arrête appuyant ses deux mains sur son bâton. Au fond, une construction en ruines à travers
l'arche de laquelle on distingue sur un petit tertre, bergers et moutons. Sur un pilier à droite, le monogramme au-dessus de la tête de la Vierge, et l'année 1516.
Nous croyons, sans toutefois l'affirmer, avoir vu un exemplaire sans le millésime. — Le cuivre existe et il y a des retirages.
MAIR DE LANDSHUT (Nicolas-Alexandre)
Né, croit-on, en Bavière et mort vers 1520. Très fin graveur, mais en somme de second plan, qui, dit Passavant, couvrait ses estampes d'une teinte gris verdàtre ou brunâtre pour les rehausser ensuite par des lumières à l'aide de couleurs opaques blanches ou jaunes, cherchant ainsi à rendre l'aspect de ses propres dessins.
Certains de ses bois en clairs -obscurs rappellent beaucoup ceux de Pilgrim. Son œuvre est très difficile à se procurer, ce n'est guère la que son seul mérite.
Samson portant la porte de Gaza (Bartsch 2 — Samson se dirige à gauche vers la montagne d'Hébron, ayant sous chaque bras un des battants de porte de la ville de Gaza, il est poursuivi par deux soldats armés de piques. En bas à gauche : MAIR.
Pièce de toute rareté ; une épreuve provenant de la collection Durazzo fut adjugée à la vente Angiolini 676 francs.
MAITRE (L: g 1466
Dit le Maître de U66', parce que inconnu autrement, ses estampes portaient ce millésime. Les uns le croient originaire de Cologne, d'autres de Salins, de Valencicnncs, de Lorraine ou même des Pays-Bas ; Nagler opine pour qu'il soit né à Munich ; la vérité est, qu'a l'heure actuelle, on n'en sait absolument rien. On a dit aussi qu'il s'appelait Engelbrechtzen, ou Stcrn, ou Stechm ou encore Erhard Schoen, à cause des initiales gothiques E. S. dont il usait souvent, lui somme, même mystère pour son nom que pour sa naissance, l'n fait se dégage, dont on s'est encore exagéré L'importance, c'est la question des papiers filigranes dont il se servait et qui provenaient de la Haute-Allemagne : à la tête de bœuf avec L'étoile sur la tige ; à la tète
i II y n on encore de nombreux autres Maîtres au millésime; les principaux sont ceux dp : MU 1423 1430 1437 1489 1441 1451 1457 1458 1481 1484 (dit aux BanderoUes) iit'.i 1480 (du Cabinet d'Amsterdam) 1511 1515. Hais les deux plus Importants
sont, sans conteste, ceux de 1 188 el i i • ■ I ISO.
de bœuf avec la rose sur une tige ; la grappe de raisins ; la grappe avec une croix; l'ourson; le P. gothique; le soleil, etc.. mais là encore, la certitude que les deux contrées Allemagne et Pays-Bas, usaient souvent des mêmes filigranes, ne permet pas d'en tirer de sérieuses conclusions quant à la nationalité de l'artiste.
Ses pièces datées 1465 et 1467 sont très inégales, parce qu'on suppose qu'un certain nombre devaient être exécutées par ses élèves, tels que le Maitre au jeu de cartes, le Maitre à l'alphabet, etc.. Souvent peu correct, il est d'une naïveté pleine d'originalité et on peut dire de lui qu'il est le premier artiste dont les œuvres aient eu de la séduction ; d'un métier bien à lui, dit Bartsch, il faisait les nez minces, les prunelles claires, les cheveux serpentants, les doigts et les pieds très allongés, les vêtements bordés d'un rang d'étoiles entre deux bandelettes ; ses arbres étaient en forme de boule, taillés comme autrefois les orangers en caisse qui bordaient nos pelouses. Un fait à noter: il ne croisait jamais ses tailles en losange. Somme toute, très grande figure d'artiste, burin extraordinairement net faisant ressembler certaines de ses pièces à de fins dessins à la plume.
Son œuvre comprend 200 et quelques pièces, c'est le cabinet de Munich qui en détient la plus riche réunion avec celui de Dresde. Ces estampes sont très rares et fort cher.
Saint Jean-Baptiste (Passavant 165). — Nous empruntons la description de cette patène à Passavant, n'ayant pu voir la pièce :
Il est assis dans un paysage rocailleux, au milieu de l'estampe, entouré d'un cercle. On voit autour quatre médaillons avec les symboles des évangélistes et quatre avec les pères de l'église, tous bordés de riches rinceaux et de feuillages. Dans les banderolles qui contiennent les noms des évangélistes, on voit encore le signe s, et dans le médaillon de saint Jérôme, le millésime 1466.
Les belles épreuves doivent avoir une marge, les exemplaires postérieurs ont le millésime entre deux traits perpendiculaires qui forment pour ainsi une parenthèse non cintrée.
Cette pièce ronde d'une insigne rareté, est possédée par le British Muséum, YAlbertine de Vienne et le Cabinet de Dresde.
Ventes* : Fischer avant les deux traits perpendiculaires, 875, du cabinet Maberly — Vico, 1100 — Angiolini, 625 — de Sallet, 1312.
Le Bouffon. — Sur un petit tertre rocailleux, un bouffon coiffé du bonnet traditionnel est debout et de face — il louche — et gesticule. Le bras gauche est revêtu d'une manche presque collante, tandis que
1 En 1852 à la vente Pierre Vischer de Baie, une épreuve fui adjugée 1000 francs, nous constatons avec surprise que les prix pour cette estampe n'ont pas suivi la marche ascensionnelle, générale.
celle de l'autre bras présente un long pli tombant orné en bas d'une petite boule ; à sa ceinture, est passé une bourse et une flûte ; par terre à ses pieds, un petit chien et une cornemuse. Au-dessus de sa tète, une banderolle aux deux extrémités roulées.
Cotte pièce qui mesure II. 125™'" — L. 73»"" est non décrite et de la plus grande rareté . un exemplaire avant l'inscription sur la banderolle, et un l«w état sans doute, fut adjugé à la vente Vico, 550 francs, la conservation en était parfaite.
Un Quatre de la couleur des fleurs.
Telle est la rubrique donnée à une pièce représentant quatre fleurs différentes et faisant partie du grand jeu de caries dont parle M. Max Lehrs (page 17, n« 17) dans son ouvrage sur les jeux de cartes des vieux Maîtres allemands conservés dans le Cabinet île Dresde.
Celte pièce restée inconnue a Bartscb et à Passavant est d'une insigne rareté, elle fut adjugée à la vente Vico, 600 francs.
La Sainte Famille (P 106). — Dans une sorte de tryptique à
portion cintrée qu'encadrent deux colonnes torses, on aperçoit au milieu la Vierge et sainte Anne assises sur un petit tertre jonché de fleurs où se voient des oiseaux. A gauche debout, saint Joseph portant une branche de lys ; à droite également debout, saint Joachim. Sur le premier plan de proportion réduite, un chartreux et un religieux agenouillés; le premier a un livre ouvert à la main; le second vêtu d'un long manteau, lient un rosaire. Au tout dernier plan dans un paysage à gauche un château, et à droite une mosquée profilent leur silhouette. Les quatre personnages et l'Enfant Jésus sont auréolés.
Une épreuve d'une rare beauté et probablement unique provenant de la collection Heimsôth passa à la vente Vico et fut adjugée (>:i7 francs. Elle était en !•' étal, at'tinl les inscriptions dans les auréoles et avec une belle marge.
Le musée Wallraff-Richartz à Cologne en possède une épreuve de 2- état avec les inscriptions.
La Vierge debout avec l'Enfant Jésus marchant sur le Serpent.
Pièce non décrite mesurant II. 1 12""" — !.. 77""", adjugée vente Vico, 50 IV ; elle portait encore des traces d'ancienne enluminure.
Saint Jean l'Evangéliste. Debout, un calice à la main.
Pièce n<m décrite de foute rareté mesurant II. Iii2'"'" -L. SB""»; vente Vico, 250 francs.
La Véronique (P 178). — Debout, de face et nimbée, la tète entourée d'un turban, le corps légèrement penché à gauche, la sainte femme les yeux baissés tient devant elle le mouchoir qui porte l'empreinte de la face du Sauveur. Deux anges agenouillés à droite et à gauche en soulèvent les coins.
En avril 1891, à Stuttgart, H. -G. Gutekunst en adjugea en vente publique un exemplaire d'une irréprochable beauté, 5950 francs.
Jésus dépouillé de ses vêtements par deux soldats, à droite la Vierge et saint Jean.
Petite pièce ronde mesurant 3 centimètres de diamètre, non décrite ; elle fut vendue par II. -G. Gutekunst de Stuttgart, 67 francs.
Le Sauveur (B 84). — A mi-corps de face, revêtu de son manteau,
la tète dans un rayonnement et légèrement penchée à droite, le divin
Maître tient dans sa main gauche le globe terrestre surmonté d'une
croix, et bénit de la dextre, dont l'index et le majeur sont levés. Sur
la ligne à la hauteur des yeux, on lit : Sanctas Salfjldor et tout en haut
dans la partie cintrée qui encadre la gravure, le millésime 7467 entre
les deux lettres E. S.
A la vente Angiolini une épreuve d'insigne rareté et de beauté exceptionnelle fut adjugée 4000 francs.
Le Saint Suaire (B 86). — Deux saints soutiennent le précieux suaire, celui de gauche est revêtu d'un manteau bordé d'étoiles. Au milieu de l'estampe en haut, les clefs de l'église que surmonte une tiare. En bas entre les deux lettres E. S., le millésime H67. Ventes : Angiolini, 2125 — Hulot, épreuve doublée, 450.
Le Guerrier et la Femme à l'Étendard (B 91). — Ils sont sur le même plan et debout tous les deux ; la femme à gauche presque de face, la tête ornée de feuillages, légèrement penchée à droite, tient dans la main gauche le casque du guerrier et dans l'autre un étendard dont la hampe repose à terre. Le guerrier qui est à droite, tourné à gauche et vis-à-vis de sa compagne, soulève de sa main droite légèrement la jupe à longue traîne de cette dernière et appuie son autre main sur son bouclier qui touche à terre. Les jambes de ce guerrier revêtu de son armure, sont très écartées.
Pièce de la dernière rareté dont un exemplaire de la plus grande fraîcheur atteignit à la vente Angiolini le prix énorme de 7012 francs.
La Visitation (P 119). — Sur un sol jonché de cailloux et de fleurs, sainte Elisabeth saisil la main de la Vierge qui est à gauche de l'estampe. Au fond à droite, se profile un château fort et on aperçoit au tout dernier plan, un tertre sur lequel est un arbre mort. Les deux femmes sont vêtues de longs manteaux, se font face et leurs têtes apparaissent dans un rayonnement.
Dans cette estampe, les bras et les mains sont d'une maigreur de décharnées. — Un exemplaire à la vente Angiolini fut adjugé 3687 francs.
La Vierge (P 139). — Dans une chambre ornée à droite d'une sorte de lavabo et d'une tablette, on aperçoit à gauche près de la fenêtre d'un autel, la Vierge en prières. En haut deux écussons armoriés et le millésime 1467 entre les deux lettres E. S.
Vente : Angiolini, un exemplaire d'une éblouissante beauté 32f>() francs.
La Vierge (P 143). — Assise et auréolée presque de face, la tête légèrement penchée à droite, sous un riche baldaquin la Vierge tient l'Enfant Dieu nu sur ses genoux et tourné à gauche, il porte le monde dans la main gauche et la hampe d'un étendard dans la droite. De chaque côté du trône trois anges, l'un à droite agenouillé soutient un des pans du manteau de la Vierge. En haut de chaque côté sur le chapiteau de la colonne droite, deux autres anges de dimension plus réduite soulèvent le rideau du baldaquin. Au-dessus de la tête de la Vierge, une couronne royale que surmonte une colombe, personnifiant le Saint-Esprit. Dans la partie cintrée de l'estampe tout en haut du baldaquin, le millésime 1467 entre les lettres E. S.
Fort belle pièce et rare estampe, dont la tète de la Vierge qui est démesurément grosse gâte l'harmonie. En la décrivant, Passavant a omis de mentionner la présence de l'Enfant Jésus sur les genoux de sa mère.
A la vente Angiolini une épreuve d'une insurpassable beauté fut adjugée G387 francs.
Saint Jean dans l'île de Pathmos (P 161). — Dans la campagne, assis et tourné de trois quarts à gauche, saint Jean écrit, la tête légèrement relevée, semblant chercher l'inspiration, un aigle est près de lui à gauche. Au second plan derrière lui à gauche, une montagne à pic au sommet de laquelle est bâti un château fort ; à droite un bois épais où se jouent un lion et un cheval. Au dernier plan au bas d'un
tertre, saint Cristophe ' portant l'Enfant Jésus sur ses bras, s'apprête à traverser un fleuve. Tout en haut de l'estampe un peu à gauche, dans un rayonnement, la Vierge tenant l'Enfant Dieu dans ses bras, à droite le millésime 7467 entre les initiales E. S. Vente : Angiolini, 4062 francs.
Saint Michel tuant le Dragon. — Il tient dans sa main droite son épée et dans la gauche un étendard, le dragon gît à ses pieds. Le saint est revêtu d'un justaucorps sur lequel est jeté un large manteau.
Pièce non décrite, mesurant H. 134>nra — L. 83m'", adjugée à la vente Angiolini 987 francs ; très rare.
Saint Judes Thadée et saint Simon (P 72). — Saint Simon lit, la main droite posée sur une scie, tandis que saint Judes a le bras gauche appuyé sur une croix.
Pièce rarissime adjugée à la vente Louis de Paar, 1512 francs.
Ars moriendi : Tentation diabolique.
Pièce inconnue à tous les iconographes et sans doute unique, adjugée vente Didot, 980 francs. — Attribuée au Maître.
A noter encore : Les Marie d'Einsiedlen (B 35 et 36), pièces capitales ainsi que Samson tuant le lion (B 5).
Le Cabinet de Vienne — collection du Prince Charles commencée vers 1787 — possède une Nativité représentant : à terre au milieu de l'estampe dans un rayonnement l'Enfant Jésus, et à genoux près de lui à droite la Vierge, à gauche saint Joseph, derrière eux deux bœufs dans une étable, au fond à gauche, deux femmes dont l'une tient une lanterne. Dans le lointain Bethléem et dans les airs un ange avec une banderolle. Pièce unique, croyons-nous.