‹ A travers cinq siécles de gravures, 1350-1903; les estampes célèbres rares ou curieuses (volume 3)Chapitre 33 sur 84 · XLVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XLVIII PREFACE

et Vever, la partie rétrospective était plutôt faible, les écoles française et anglaise du xvme siècle principalement ne pouvaient être plus piteusement représentées; il eut été bien préférable, selon nous, de ne pas faire d'exposition, on eut ainsi évité de fausser l'esprit du public, car en lui mettant sous les yeux ces méchants résidus de portefeuilles, on ne pouvait que lui donner une piètre idée d'un art auquel on était censé vouloir l'initier — Le Centenaire de la Lithographie, 1795-1895, très belle réunion — extrêmement instructive — d'estampes françaises cl étrangères fort bien groupées ; elle eut lieu au Champ de Mars et contenait 1.531 numéros, représentant les œuvres d'environ sept cents artistes; on y avait adjoint une section relative à la litbograpbie industrielle qui la complétait fort heureusement — En 18% eut lieu, à l'Ecole des Beaux-Arts, VExi>osilion Nationale de l'Eau-forte Moderne, rien de particulier à y signaler, elle élail même, disons-le franchement, très banale. Enfin, en mai 1902, dans le même bâtiment, nous eûmes la liés belle Exposition de la Gravure sur Bois.

En l.SUcS, à Londres, au South Kensington Muséum, on avait réuni une merveilleuse collection de 2.254 lithographies françaises et étrangères obligeamment prêtées par tous les amateurs de marque tels (pie: M. et Mme Atherton Curtis. MM. .1. Pennell, T. Way, A. Reid, W. Simpson, Legros, F. E. Hulme, W. Day, F. Goulding, W. Strang, F. L. Emanuel, F. Vincent Brooks, Montagne Marks, Ch. Iloline, etc., etc., ainsi que par The Art National Library; The Company of the Butterfly avait envoyé, une sélection de Whistler absolument hors ligne: tous avaient tenu à honneur de rehausser l'éclat de celle exposition en confiant aux organisateurs les pièces les plus précieuses de leurs portefeuilles.

Terminons par un souhait respectueusement exprimé, celui de voir un peu plus d'élan en France dans les sphères officielles pour tout ce qui touche à la gravure, nous ne voudrions ici incriminer personne, mais nous somme forcé de constater qu'on utilise bien peu nos immenses richesses artistiques; il serait pourtant bien facile de faire de temps en temps des expositions - au quai Malaquais par exemple de l'œuvre des grands Maîtres-Graveurs français et étrangers. MM. Benedite et G. Gain semblent heureusement vouloir entrer dans cette voie, aussi, leur adressons-nous nos plus sincères compliments, ainsi que ceux des amateurs dont nous nous faisons ici le chaleureux interprète. Serait-ce devenir trop exigeant (pie de demander aussi aux grands Cercles artistiques de Paris, qui comptent tant de personnalités distinguées, d'organiser à l'instar du Burlington Fine Arts Club, de Londres, des expositions' annuelles d'artistes vivants, ces derniers s'en montreraient particulièrement flattés et seraient heureux de mettre à la disposition du Comité les pièces les

i Celles faites jusqu'ici par ce Club i :;■••-» 1 1 presque touli - affectées .i des Maîtres anciens,

PRKFACE XUX

plus précieuses de leur œuvre; nous sommes persuadé que ces expositions seraient bien accueillies et qu'elles aideraient puissamment à la création de nouvelles couches de collectionneurs.

Record des prix en ventes publiques. — Voici les pièces qui, dans chaque école, ont obtenu jusqu'à ce jour le prix le plus élevé soit en France, soit à l'étranger :

Ecole Allemande :

Saint-Gérome au Saule, de Durer (B 59), vente Cornill d'Orville 15.000 francs.

Ecole Néerlandaise :

Rembrandt au Sabre et à l'Aigrette de Rembrandt (B 23), vente Holford 50.000 francs.

Ecole Italienne :

Pierre Arélin, par Baimondi (B 513), vente Howard 19.500 francs.

Ecole Anglaise :

Afrs Carnac, par J.-B. Smith (Sm 31), vente Edgcumbe 30.450 francs.

L'Oiseau ranimé, de Debucourt (F 9), vente Lelong 9.200 francs.

Ecole du XIX* siècle :

L'Abside, de Méryon (W 22), vente de Salicis 3.125 francs.

Au sujet de la vente publique d'une collection vraiment importante et précieuse — nous ne parlons pas, bien entendu, des fatras qu'on rencontre si souvent en Province — qu'on nous permette de donner le conseil de faire toujours la vente à Paris et non dans sa ville ; si l'on agissait autrement, les marchands avertis se rendraient bien à la vente, mais sentant qu'ils ne trouveront pas de contre-partie chez les amateurs — ces derniers n'existant pas dans la région, ou ayant hésité à se déplacer dans la circonstance — ces marchands, disons-nous, s'arrangeraient entre eux pour ne pas se concurrencer et révisionner ensuite ; vous recevriez de ce fait un coup de fusil de première classe qu'il faut éviter à tout prix et contre lequel nous avons cru de notre devoir de vous mettre expressément en garde.

Etat du marché. — A l'heure qu'il est, voici, pour employer un terme commercial — car, après tout, l'estampe est une marchandise comme une autre — la physionomie de son marché.

L PREFACE

On ne recherche plus dans les écoles anciennes que les pièces originales, c'est-à-dire celles des primitifs et des peintres-graveurs; l'école italienne a cependant, il faut bien le reconnaître, considérablement baissé, l'allemande et surtout la néerlandaise tiennent la corde; le XVIIe siècle français, un instant délaissé, commence à remonter vivement. On se porte plus que jamais sur le xvin" fiançais et anglais, ce dernier a fait un bond ascensionnel énorme depuis quatre ou cinq ans; on s'arrache les romantiques, et les contemporains, entrant carrément en scène, sont vigoureusement recherchés, c'est le moment de les recueillir, car certains s épuisent et le Ilot monte avec la rapidité d'un cheval au galop.

Ecole Allemande

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ALDEGREVER (Henri)

Né à Soest, en Westphalie, en 1502, est mort vers 1558. Elève de Durer, le plus fameux des petits Maîtres ', a gravé tous les genres ; ses ligures rappellent souvent celles du Maître, mais où il a surtout excellé, c'est dans la gravure d'ornementation et dans la reproduction des pièces d'orfèvrerie.

La collection Mariette était particulièrement riche en son œuvre, plus de 289 pièces ; sur ce nombre figuraient une centaine de vignettes. Il a aussi fait quelques très rares bois.

Hàtons-nous de dire que les quelques pièces que nous allons mentionner ici, sont généralement recherchées, et que la plupart sont d'une très grande finesse et fort intéressantes.

La Vierge assise, l'Enfant Jésus dans ses bras(Barlsch55). — La Vierge est au pied d'un arbre, à droite ; en bas sur une pierre, du même côté, le monogramme et la date 1527.

Ventes? : Fischer, 187 — En avril 1893 et en mai 1900, par H. -G. Gutekunst, 219 et 162.

Tarquin et Lutèce (72). — Tarquin violentant Lutèce. En bas à droite, le monogramme et le millésime 1539.

Le 1er état est fort rare, il est avant le nom de G. Pencz qui se trouve au-dessus du monogramme dans le 2fi état — A la vente Angiolini, un 1er état fut adjugé 104 francs.

1 On a coutume de classer sous la dénomination de petits Maîtres de l'école de Nuremberg et de la Basse-Allemagne les artistes dont les noms suivent : Aldegrever, Altdorfer, Ilans Scbald Beham, Barthélémy Beham, Jacob Binck. Virgile Solis, Henri Gœrting et Pencz ; ils étaient ainsi appelés, parce que tout d'abord, ils imitaient les grands maîtres et qu'ensuite les formats des pièces qu'ils gravaient étaient fort réduits. Nous n'avons fait qu'indiquer les principaux ; beaucoup d'autres, dont certains connus seulement par des monogrammes. peuvent être encore rangés dans cette catégorie,

- Faisons observer une fois pour toutes que, pour les estampes qui ont passé par une série de ventes successives, nous ferons suivre le nom du vendeur purement et simplement du chiffre obtenu à cette vente sans y ajouter le mot franc, qui par sa répétition deviendrait fastidieux en surchargeant inutilement notre texte. Disons aussi que le prix indiqué est celui de l'adjudication en salle, c'est-à-dire sans la majoration d'un pourcentage variable et toujours payable par les acquéreurs.

La Nuit (180). — Sur un lit, dans une pose abandonnée, une femme nue est endormie. En liant à droite, le monogramme et la date 15Ô3. On lit aussi : Nox cl Amor. Au bas, une tablette avec le litre : Die Nacht.

Pièce rarissime qui est une eopie en contre-partie de l'estampe de II. -S. Beham.

Guillaume, duc de Juliers (181). — De trois quarts à droite, à mi-corps, âgé de 24 ans. En haut à droite, ses armoiries; du même côté, à mi planche, le monogramme de l'artiste. En haut, on lit :

Von (jolies. . . et sur une pierre, au bas de l'estampe : Bis duo lustro. . .

Pièce capitale et de toute rareté : 1"' état, celui décrit — 2e, dans le bord supérieur de la pierre on lit: In imaginent... — 3e, on a ajouté au bord inférieur de la pierre des mots grecs.

Ventes: Liphart, .'illi— Angiolini, 1er état 388.

Le Poignard au couple nu (2">(.)). — Un poignard dont la poignée et la gaine sont ciselées; sur cette dernière, à gauche, un homme nu tenant un écusson ; à droite, une femme également nue, une sorte de trompette de Renommée à la main.

Morceau de tout premier ordre adjugé vente Vico 120 francs, l'épreuve avait ses témoins; à une adjudication des doubles de Berlin, en mars 1886, un exemplaire fut payé 164 francs.

Portrait de Knipperdoling (183). — A mi-corps et de trois quarts à droite, lui haut, on aperçoit une main armée d'un glaive dans une couronne de laurier. En dessous, le monogramme de l'artiste. En haut dans la marge; Waerlutftich . . . et au bas ; Ignotus millis... et le millésime 1536.

Ce morceau foH rare a été copié par Jean Muller et par le Maître au monogramme N. N W.

Il existe des épreuves avant la retouche, c'est-à-dire avant le trait vertical échappé sur le bonnet, ce sont celles-là qu'il Faut rechercher de préférence.

Veides: Liphart, 313 — Didot, 2â() — Knowles. (wniil la retouche, 501, épreuve provenant de la collection Mariette avec sa signature au verso et la date 1669,

Citons encore : Le Souvenir de la Mort (134) - Portrait du Moitié à 55 ans d.S'.i) et Titus Manlius (ï'i), curieuse pièce où ligure une guillotine, ce qui prouve une fois de plus, el comme on le croil souvent à tort, que ce n'est poinl le Docteur Guillotin qui fut l'inventeur «lu fatal instrument.

ALTDORFER (Albert)

Né en Bavière, à Aldorf en 1488, mourut à Ratisbonne en 1538. On l'appelle quelquefois le petit Albert. 11 a gravé sur bois et sur cuivre environ 100 pièces. Il fait partie des petits Maîtres. Son monogramme est presque semblable à celui de Durer dont il fut l'imitateur. Il appartient à l'Ecole de Nuremberg ou de la Basse-Allemagne.

Génie sur un cheval de bois (Bartsch 46). — Un enfant ailé esl

à cheval sur un bâton qu'il tient de la main gauebe, ayant un fouet

dans l'autre main; il se dirige vers la droite et semble galoper.

A droite, le monogramme.

Extrêmement rare, un exemplaire fut adjugé, en avril 1894 par II. -G. Gutekunst, à Stuttgart, 1G8 francs.

La grande Fortune (59). — Debout sur une boule qui porte le monogramme de l'artiste et le millésime 1511, une femme nue, ailée, soutient un enfant qui, les yeux bandés, s'apprête à monter sur des échasses.

Vente Straeler, 2G0 : pièce d'une extrême finesse et superbe de condition.

Paysage aux deux grands Pins (70). — Un pays de montagnes aux pieds desquelles on voit des arbres et des usines. Vers la droite, au premier plan, mais presque au milieu de l'estampe, se profilent deux sapins très rapprochés. En haut à gauche, le chiffre de l'artiste.

Pièce de toute rareté, adjugée en 1894 par H. -G. Gutekunst, 296, et à la vente Angiolini, 156.

L'Orgueil. - Presque de face, une femme est assise sur un dragon, elle tient dans la main droite un miroir dans lequel se reflète son visage, et dans la gauche, une sorte de corne d'abondance. Sous le pied gauche de la femme, le monogramme de l'artiste.

Estampe inconnue à Bartsch, mais signalée par Passavant (99), extrêmement rare, adjugée en 1894 par H. -G. Gutekunst, 419 francs.

La Femme au Chandelier (P 104). — A mi-corps et nue, les cheveux en coup de vent sur la droite, une femme tient dans la main gauche un chandelier qu'elle semble éloigner d'elle. Sous le chandelier, le monogramme.

Rarissime, adjugée en 1894 par H.-G. Gutekunst, 500 francs

L'Enfant ailé à l'Ecusson. — Ramassé sur lui-même el penché à droite, un enfant ailé tient dans ses mains un écusson sur lequel est gravé le monogramme du Maitre.

Rarissime, adjugé à la vente précédente 500 francs. Inconnu à Harlscb et Passavant.

La Foi. — Assise de profil, à droite, près d'une maison qui fait le fond de l'estampe, une femme tient île la main gauche un ciboire qu'elle appuyé sur ses genoux. A droite à ses pieds, le monogramme et du même côté, dans le coin supérieur, la date 1506.

Cette petite pièce, d'une exquise linesse, qui mesure 01 millimètres en hauteur et 37 en largeur, est de la dernière rareté, sinon unique. Elle a échappe, croyons-nous, à tous les iconographes et est par conséquent, non décrite avant nous. En avril 1894, 11. -G. Gutekunst en adjugea un exemplaire 575 trams.

AMMAN (Jost)

Né à Zurich en 1538, mort à Nuremberg en 1591? Dessinateur extrêmement fécond, a laissé un œuvre gravé considérable, près de 1300 pièces, l'oit intéressant au point de vue documentaire sur son époque. Il avait quatre ou cinq monogrammes différents dans lesquels entraient toujours les lettres A et J ou /. Il a, croit-on, gravé lui-même ses bois.

Le catalogue de son œuvre a été dressé par C. Becker en 1854, et par Andressen.

Jacqueline de Montbel. comtesse d'Entremont. — La deuxième femme de Coligny est vue jusqu'aux genoux, dans une bordure ovale, entourée d'emblèmes mortuaires. En bas, la date 1583.

Ce portrait, qui fait pendant à celui <le Gaspard de Coligny, est d'une extrême rareté sinon unique, il a été gravé dix ans plus tard que ce dernier, il passa à la vente Behaguc où il fut adjugé 1000 lianes.

Il est demeuré inconnu à Bartsch et à Passavant, nous ignorons si Becker el Andressen l'ont signalé.

Vue de la place Saint-Marc, à Venise (Bartsch 27). — La vue est prise au moment où le Doge assiste à une procession avant de monter à boni du Buccentaure pour procéder aux cérémonies des épousailles de l'Adriatique.

Celle grande pièce gravée sur bois et composée de 11 morceaux réunis est d'une extrême rareté, un exemplaire l'ut payé à la vente Didot 260 francs.

BALDUNG (Hans)

Ne en Souabe vers 1470, mort à Strasbourg en 1552. Ami de Durer, dont il rappelle la manière, a surtout gravé sur bois — 80 pièces environ — et 7 ou 8 eaux-fortes ; il appartient à l'école de la Haute-Allemagne. On l'appelait aussi Grùn.

Hercule et Omphale Passavant (5). — Tous deux sont nus et assis l'un près de l'autre sur un banc: Hercule tient sa massue de la main droite et enlace Omphale de son bras gauche qu'il a passé autour de sa taille.

Pièce sans signature, mais attribuée à l'artiste d'une façon presque positive. Celte eau-forte rarissime fut adjugée 225 francs à la vente Liphart, et 625 le 16 mai 1900 par H. -G. Gutekunst ; elle provenait de chez Mabcrly et était d'une irréprochable condition.

Le Christ en croix. — A droite de la croix, la sainte Vierge soutenue par saint Jean ; à gauche la Madeleine à genoux essuyant ses larmes. Dans le coin droit, une tablette portant le monogramme de l'artiste H. B. G.

Cette gravure sur bois, dont un exemplaire admirable figurait à l'Exposition de la gravure sur bois en 1902, est d'une insigne rareté, elle est imprimée en clair obscur, sur fond brun, et mesure H. 372 mm — L. 260"»". Une épreuve passa à la vente Didot où elle fut adjugée 1030 francs.

BEHAM (Hans-Sebald)

Né à Nuremberg en 1500, mort a Francfort en 1550, frère et élève de Barthélémy. Artiste de grand talent, mais libertin. Ses dessins d'ornements étaient extrêmement précieux pour les orfèvres de son temps. Il avait deux monogrammes, l'un avec les initiales H. S. P., l'autre avec H. S. B., ce qui a établi quelque confusion dans son œuvre. Il grava sur bois presque autant que sur cuivre, son œuvre se compose d'environ 271 burins et 207 bois. Il reçut des leçons de Durer. — Il a été catalogué par Aumûller en 1881.

La Vierge à la tête de Mort (Bartsch 20 — Aumûller 22). — La Vierge présente le sein à l'Enfant-Dieu endormi sur une table, elle est à mi-corps et de profil à gauche, près d'elle une tète de mort et un sablier.

Estampe très rare qui est une copie d'après celle de Barthélémy. Une épreuve fut adjugée en avril 1894 par H. -G. Gutekunst, 237 francs.

Cimon nourri par sa fille (B 75 A S4). — Enchaîné et assis par terre, Cimon prend le sein que sa fille lui présente en le pressant de la main droite. Sur une colonne à droite de l'estampe, on lit : Ich leb von der. . . En haut à gauche, une lahlelte au monogramme avec la date 154 'i.

Cette estampe est une copie d'après celle de Barthélémy. Il y a des épreuves avant l'inscription sur la colonne, l'une de celles-ci s'est vendue 125 francs à la vente Angiolini. Il existe ."> pièces de cet artiste portant le même titre, mais de dimensions et de conception toutes différentes.

Lucrèce (B78 — A87). — Tenant le poignard qu'elle va se plonger dans le sein, Lucrèce assise à terre et nue enlace de son bras droit le tronc d'un arbre qui se trouve à gauche. En haut à droite, une tablette avec la date lôlO et en bas à terre, du même cote, le mono-

Une épreuve du 1« état dit au fond blanc, c'est-à-dire avant que les bâtisses de droite n'aient été indiquées, fut adjugée à la vente Angiolini, 200 francs ; pièce de toute rareté.

La Vierge au Perroquet (B 19 — A 21). — L'Enfant Jésus est soutenu par sa mère qui est assise, il regarde un perroquet qu'elle a sur la main droite auquel elle présente une pomme. En haut à droite, on lit: S. Mario, et à gauche, le monogramme et lô'i'.K

Cette pièce a été gravée d'après Barthélémy, mais en contre partie. Mlle est fort recherchée en l'r état, c'est-à-dire ai\mt le pointillé dans les chairs et

les contre-tailles dans les ombres des plis de la robe.

Ventes: Knowles, 89 — Seldoesser, 69 — Oppermann, 84 — Vico, 39. —En avril 1891 par II. -C. Gutekunst, 102.

Trajan et la Veuve (B 82 A *.il). Au milieu de l'estampe, une femme prosternée devant l'Empereur à cheval, vient l'implorer en lui demandant de châtier le meurtrier de son fils. Sur la tablette «lu haut de l'estampe on lit: Imp. Traianas... Ccesar..., le monogramme et la date 1537.

11 existe des épreuves (ouait le millésime, elles sont d'une insigne rareté. l'une d'elles fut vendue en avril 1891 par H.-G, Gutekunst, 110 francs.

Combats des Grecs et des Troyens (B 69 A 7.S). - Les uns à pied, les autres à cheval se combattent armés de piques et de

KCOLK ALLKMANDK

massues. A gauche, ou lit : Krichen ; à droite : Droioner. Eu haut à

droite, le monogramme.

Cette pièce, une des plus belles de l'œuvre, est une copie dans le même sens, du Maître au monogramme Rv. B. Un exemplaire du 1er état, avant les troisièmes tailles sur le fond, fut adjugé 116 francs à la vente Vico.

La Femme se baignant les pieds (B 207 — A 225). — Nue et assise sur un banc, elle se regarde dans un miroir suspendu à gauche sur un mur, elle vient de retirer son pied gauche d'un baquet. Deux enfants sont près d'elle, l'un d'eux tient dans sa main droite une branche de feuillage. En bas à gauche, le monogramme.

Copie d'après Barthélémy, à laquelle l'artiste a ajouté les deux enfants; elle est de la dernière rareté.

Ventes : Vico, 310 — En mai 1900 par H. -G. Gutekunst, 350.

Les trois Baigneuses (B 208 — A 226). — Dans une étuve, trois femmes nues ; l'une, très grosse, est assise à droite, le pied gauche dans un baquet.

De toute rareté ; copie d'après Barthélémy. Un exemplaire vente Vico, 309 francs.

La Femme nue couchée sur le dos (B 215 — A 71). — Elle est comme l'indique son titre, près d'elle un enfant, au loin un homme sauvage rampant. En haut à gauche : S. Iohanes Chrisostomus, plus bas, le monogramme.

Cette estampe est quelquefois rubriquée La Pénitence de saint Chrysostome. Un exemplaire vente Vico, d'un 1" état, avant l'inscription, le monogramme et le nuage, de la plus insigne rareté, fut adjugé 225 francs; à la même vente, un 2e état, avant le monogramme et le nuage, 38 francs.

Les trois Médailles sur fond noir (B 222 — A 282). — La première, un écu, ou l'agneau1 bondissant; la seconde, partie fusée et au lion ; la troisième, un cor de chasse. Le monogramme est placé entre la deuxième et la troisième médaille.

Pièce de la plus insurpassable rareté, qui manque à presque toutes les collections. Un superbe exemplaire provenant de la collection Peter Lély fut adjugé à la vente Vico 626 francs. Il existe aussi une autre planche sur fond noir de trois petites Armoiries (Passavant 271) qui sont de la même rareté, elle figurait à la vente Vico également.

i lit non le cheval, comme le dit Bartsch.

La Mort surprenant une femme endormie (B 14(3 — A 159). — Au fond à droite, la mort vient surprendre une femme couchée et nue sur un lit, dans une pose très abandonnée. En bas à droite, on lit : 0 die Stund ist aus. En haut, le monogramme et la date 1548.

Copie en contre -partie d'après Barthélémy.

Ventes : Knowles, 114 — En mai 1900 par H. -G. Gutekunst, 281.

Les sept Planètes (inconnu à B — P 1S1-187 — A 223-229). — Voici la description très sommaire, mais suffisante pour les distinguer, de ces sept planètes :

Le Soleil, un roi traîné dans un char à deux chevaux ; Saturne, par deux dragons; la Lune, par deux jeunes filles ; Mars, par deux loups ; Mercure, par deux coqs ; Jupiter, par deux paons ; Vénus, par deux colombes.

Tous ces bois portent clans le 1^ état des vers allemands et la première adresse de : Albrecht Glockendon Illuminist Prima Augusti 1531.

Dans cet état qui est rarissime, une seule pièce passa à la vente Angiolini; elle y fut adjugée 625 francs.

Des épreuves postérieures ont paru sans les vers. Ne pas confondre ces pièces, avec celles des sept Planètes plus un titre (15 120) sur cuivre de composition absolument différente.

Nous allions cité et mis en vedette les pièces les plus typiques et les plus rares de l'œuvre, quand nous aurons encore signalé : J.es petits Danseurs de noce (B 166-177 — A 179-190), suite de 12 pièces difficiles à trouver réunies ; Adam et Eve (B 1 — A 1) avec le ciel sans contre-tailles et La Mélancolie (B 144) qu'il faut avoir avant le millésime 1539 et le monogramme.

Une Exposition de l'œuvre des Bchain eut lieu au Burlington Fine Arts Club en 1877.

BEHAM (Barthélémy)

Né à Nuremberg en 1502, mort à Rome en 1540. Cet intéressant et fort habile petit Maître a travaillé à Rome chez Raimondi. Il était peu prodigue de son monogramme, son œuvre d'environ 80 pièces n'est pas très commun.

Il a été catalogué avec soin par Aumuiler en 1881.

Génie tenant un écusson (Bartsch 52 — Aumuiler 66). — Un Génie ailé sonne du cor en soutenant un écusson de la main gauche. En haut, une tablette blanche.

Petite pièce rare et délicate, adjugée en mai 1900 par II. -G Gutekunst, 687 lianes.

Les trois Femmes nues et la Mort (B 42 — A 53).— La Mort a saisi par les cheveux celle qui se trouve à droite ; ces femmes sont des sorcières.

Adjugée en mai 1900 par H.-G. Gutekunst, 131 francs.

L'Amour en postillon (B 32 — A 25). — Assis sur un globe dans l'espace et se dirigeant vers la gauche, le petit Dieu tient dans ses mains un bâton qui doit lui servir d'aviron pour traverser le ciel. En haut à droite, 1520.

Très rare.

Ventes : Liphart, 75 — Vico, 112.

Portrait de Charles V (B 60 — A 100). — Il est en buste de trois quarts à droite, coiffé de la toque et ayant au cou le collier de la Toison d'or. En haut à gauche le monogramme ; en bas dans la tablette : Progenics divum, etc.

Très rare et très recherchée. 1" état avec le fond blanc ; 2e avant le monogramme ; 3e avec celui-ci, état décrit.

Ventes : En avril 1893 par H.-G. Gutekunst, avant le monogramme, 711, rarissime — Knowles, 1» état, 390 — Schloesser, 251 — Oppermann, 250 - Seymour Haden,250, de chez Alferofï— Straeter,256 — \Valdburg\Volfcgg,462.

L'Avare et la Femme qui avorte (B 38 — A 48). — Un homme est nu, debout, un crapaud sur l'épaule ; il tient une bourse de chaque main ; près de lui, une femme se lamente de la naissance d'un avorton. En haut de l'estampe une tablette dans laquelle on lit : Ecclesiast. 6. Spricht, etc. . .

Les premières épreuves n'accusent pas les muscles des reins de la femme. En avril 1893, adjugé par H.-G. Gutekunst, 275 francs.

Le Cours du Monde (B 3!) — A 49). — A gauche de l'estampe et demi-nue une femme, la Justice, dort enchaînée, à ses pieds un agneau, à ses côtés un enfant ; à droite un renard ou un loup, une épée dans la gueule, donne la chasse à une oie. Dans le haut du milieu de l'estampe, on lit : Der Welt Lauf 1525.

En avril 1893 à Stuttgart, H.-G. Gutekunst vendit un exemplaire avant l'inscription, 600 francs. Cet état est d'une insigne rareté.

Un graveur anonyme a fait une copie de cette pièce avant l'inscription et avant le millésime.

Cléopâtre (B 12 — A 16). — Près d'un arbre, dans la campagne, Cléopàtre demi nue se fait piquer par un serpent. En haut à droite, Cleopatra, et plus bas, /.ï2f.

1" état avant le millésime et le nom ; 2fi avec le nom sans le millésime ; 3c celui décrit.

Ventes : Vico, '!<■ état, 101 — Fischer, même état, 26.

A mentionner encore : Les quatre Tètes de Mort (H 28 — A 38), très rare ; Le Paysan dansant et la Paysanne (H 72 — A C0), très rare.

BINGK (Jacob)

On ignore le lieu de sa naissance, on suppose cependant qu'il reçut le jour à Cologne vers 1490 et qu'il mourut à Kœnigsberg vers 1560. On sait peu de chose sur sa vie, il habita, dit-on, assez longtemps Copenhague. Son œuvre est d'environ 1 12 pièces, dont deux bois. D'un talent très simple, il copia en s'assiniilant avec une curieuse fidélité toutes ou presque toutes les œuvres de ses devanciers et des Maîtres ses contemporains. Sa taille originale quand il ne copie pas est un peu grêle et maigre. — Son monographiste est Aumùller.

Le Sauveur (Bartsch 14). — Debout, tenant dans sa main gauche l'évangile ouvert, il bénit de la dexlrc, à ses pieds le globe terrestre. A gauche le monogramme, en bas de l'estampe, sous le globe. En haut, à droite et h gauche, des ornements dans les coins.

Forl belle et rare pièce adjugée en avril 1894 à une vente faite à Stuttgart par II. -G. Gutekunst, 644 francs.

Saint Georges à cheval (23). - Tenant un drapeau, armé et revêtu de sa cuirasse, saint Georges à cheval se dirige vers la gauche ayant à ses pieds le dragon qu'il vient de tuer ; ce dernier gît sur le dos. lui haut, le monogramme.

Pièce délicate et rare adjugée vente Vico, 151 lianes.

La jeune Femme et le Fou (Passavant 117). -- Une jeune femme se défend contre un homme qui, placé à sa droite, essaie de lui passer la main sous les jupons. En haut, le monogramme.

Restée inconnue à Bartsch, un exemplaire fut adjugé en avril 1893 par

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