‹ A travers cinq siécles de gravures, 1350-1903; les estampes célèbres rares ou curieuses (volume 3)Chapitre 46 sur 84 · état. — Hauteur 126 ■""> — Largeur · texte numérisé non relu

état. — Hauteur 126 ■""> — Largeur

3e état. — Hauteur 126 """ — Largeur 176 ""»

Les belles épreuves ont leurs barbes. — 11 existe une copie moderne en contre-partie.

Ventes: Didot, 3010, de chez Esdaile1 — Schloesser, 1510, de chez Alferoff — Buccleuch, 1470, de chez Didot, 50% de baisse!!! — Hulot, 92."), elle provenait de chez Arozarena — adjugée 401 — qui la tenait de la vente Férol — Artaria, 1000.

Toutes ces épreuves étaient du 2? état.

Le Moine dans le blé (B 1S7 — Cl 184 — W 184 — Bl 152 — D 184). — Dans les blés, une sandale s'étant échappée de son pied, un moine dans une posture qui l'ait supposer qu'il ignore complètement le commandement de Dieu : L'œuvre de chair ne désirera qu'en mariage seulement; à gauche de l'estampe, une cruche, et au tout dernier plan, la silhouette d'un paysan qui s'éloigne. Sans signature.

Toute petite pièce sans aucune valeur, si ce n'est sa 1res grande rareté, pavée des prix vraiment scandaleux. Le catalogue de Burgy (1755) l'a rubriquée : Le joli manœuvre du Moine dans le bled. — Il faut l'avoir avec ses barbes. — Il en existe une copie, reconnaissable à une ligne qui est parallèle au bas de l'estampe.

Ventes: Didot, 1900 — Hebich, 700 — Buccleuch, 720 — Hulot, 445 — Artaria, 450

L'Espiègle (B 188 — Cl 185 — W 185 — Bl 153 — D 185). — Au coin d'un bois à gauche, une bergère est assise gardant son troupeau et tressant une couronne ; à ses pieds, couché à plat ventre, un patour, un hibou sur l'épaule, joue de la flûte, jetant un regard indiscret sous les jupes légèrement retroussées de la femme; le berger a posé sa houlette contre un vieux tronc d'arbre. Au milieu du bas de l'estampe : Rembrandt f 16i2.

1" état. — Avant le nom et l'année et avec l'ombre au-dessus du chapeau

de la bergère.

2e état. — Avec le nom et l'année, l'ombre ell'acée. 3e état. — L'ombre est rétablie.

4e état. — I.a tête, qui existe aux trois dais précédents, et que l'on voyait dans les arbres, à la hauteur de la houlette, a disparu.

i Cette épreuve avall prlralllvem par les cabinets J. Ilnrnan! et Hlbbert, elle fui

adjugi .in de i Andréa.

Cette pièce, très rare, est extrêmement poussée. — Il existe des copies en contre-parties.

Ventes : Liphart, 712 — Didot, 720 — Schloesser, 1225, provenant de Liphart — Oppermann, 125 — Hulot, 1300, de chez Didot — Artaria, 4e état, 300 — Hansen, 62 — Prince Waldburg Wolfegg, 1612.

Toutes ces épreuves sont du 2? état, à l'exception de celles d'Artaria.

La Femme devant le poêle (B 197 — Cl 194 — W 194 - Bl 161 - D 194). — A gauche de l'estampe, tout le haut du torse nu, une femme de profil à droite, les yeux baissés, le bras droit appuyé sur sa chemise, est assise près d'un poêle, la tête nue. Sur le tuyau on lit : Rembrandt f 1658.

La pièce n'est pas fameuse, le nu étant le seul point faible de Rembrandt ; elle est cependant assez recherchée, mais il faut l'avoir avant la clef* au poêle et avec le bonnet, ou tout au moins, avec le bonnet et avec la clef.

Ventes: Liphart, sur japon, avant la clef avec le bonnet, 487 — Didot, même état sur japon, 870 — Schloesser, même état, 751 — Oppermann, sur japon, 326 — Buccleuch, même état, 1100; sans le bonnet, 425, toutes deux de chez Hawkins — Webster, sans la clef, 412; sans le bonnet, 425 — Hulot, état Liphart, sur japon, 500; avec la clef et sans le bonnet, 410 — Artaria, état Liphart sur japon, 800 — Heredia, sur japon, 200 — Prince Waldburg Wolfegg, 2512.

La Femme à la Flèche (B 202 — Cl 199 — W 199 — Bl 166 —

D 199). — Complètement nue, vue de dos, assise sur sa chemise, la tête légèrement tournée à gauche, la jambe droite ramenée sous elle, une femme tient dans sa main droite levée une flèche la pointe en haut ; à ce bras est un bracelet ; à gauche de l'estampe une draperie. Dans le coin gauche en bas : Rembrndt (sic) f. 1661, la lettre a manque el le d est renversé.

Rovinsky donne les trois états suivants :

1er état. — Avant les contre-tailles sur la joue gauche.

2« état. — Avant les contre-tailles sur le bas de la chemise.

3<= état. — Avec ces contre-tailles.

Cette estampe est rarissime, c'est la meilleure figure nue de Rembrandt ; dans le 1er et le 2e état le nom et la date sont à peine visibles. Cette pièce est la dernière qu'ait gravée le Maître.

Ventes: Didot, 280 — Knowles, fort chargée de barbes; 1er état, le nom de Rembrandt, repris plus tard à la pointe sèche, est à peine lisible, 806, de

i La clef D'apparait qu'au 4' état.

chez Vv'olterbeck — Schloesser, même état que Knowles, 476 — Buccleuch, 1er état, 1250 — Webster, 787, de chez le comte de Fries et de Verstolk — Seymour Haden, état vente Knowles, 1050 — Artaria, 1" état, 581 ; 2e état, 375; 3' état, 350.

Vue d'Omval (B 209 — Cl 206 — W 206 — Bl 312 — D 206). — A gauche de l'estampe, un bouquet d'arbres au pied duquel deux personnages sont assis et difficiles à distinguer dans la pénombre ; à droite au second plan, occupant tout le reste de l'estampe, un fleuve devant lequel un homme est debout tournant le dos et regardant passer un bateau qui se dirige vers la gauche, abritant sous sa tente des personnages. Sur la rive opposée, maisons, moulins et barques. En bas dans le coin droit : Rembrant (sic) f 1645.

Estampe très remarquable, difficile à rencontrer en belle épreuve; le cuivre a mal mordu et certaines parties reprises à la pointe sèche donnent des noirs vraiment par trop accusés qui nuisent à la beauté de la pièce. Au 1" état, tout en haut dans le coin, on remarque des essais de pointe qui ont presque disparu au 2" — de toute rareté.

Rovinsky dit qu'il existe des dernières épreuves où les deux personnages de la pénombre ont été remplacés par un enfant qui fait des bulles de savon et une carte sur laquelle est écrite : Leven-2.

Ventes : Hume, 1100, de chez Barnard — Didot, avec le fond et les bords sales, 950, de chez Marshall — GrifTiths, de chez Debois et Brook, 375 — Buccleuch, 1100, toute première épreuve — Webster, 900 — Hulot, avant la planche nettoyée, 500 — Holford, 8000, épreuve admirable — Artaria, état avec les essais de pointe dans le coin du haut, et des barbes sur le nom de Rembrandt, sur papier à la folie, 2000, provenait du cabinet de Festeticsz — Bouillon, 170 — Straeter, 2875, de la collection Hebich — Reiss, 1100.

Le Paysage aux trois Arbres (B 212 — Cl 209 -- W 209 -

Bl 315 — D 209). — Au premier plan à droite d'un paysage plat au clair horizon qui forme le fond de l'estampe, mais au ciel chargé d'orage à gauche, trois gros arbres mêlant leur feuillage se détachent sur un tertre sombre au pied duquel, dans une mare à gauche, un homme et une femme pèchent à la ligne ; à travers les arbres on aperçoit une charrette se dirigeant vers la droite. Dans le haut du coin gauche, «les rayons exécutés au tire-ligne simulent une pluie d'orage. Sous la touffe de joncs de la mare, au tout premier plan, on lit très difficilement à gauche : Rembrandt /'. 1643.

On distingue, en y prêtant beaucoup d'attention, tout à Fait à droite dans la pai tie basse la plus ombrée <lr l'estampe, diin personnages assis. Quant au prétendu fantôme, i ensé vu dans la partie claire du ciel presqu'au milieu de

l'estampe, c'est une pure fantaisie de cerveau malade qui l'a créé, est-ce qu'on a pas toujours fait dire aux nuages et aux cloches tout ce que l'on voulait ! I il n'y a donc rien dans cette pièce que ce que Rembrandt y a voulu mettre, car, à son époque, on n'avait point encore inventé le petit jeu de : Où est le chat :' et : Cherchez la bergère !

Cette estampe admirable est le plus merveilleux paysage qu'ait gravé le Maître, et il est ajuste titre célèbre entre tous. Il n'existe qu'un seul état, mais les exemplaires sont souvent très différents de beauté, le tirage jouant, on le sait, un grand rôle dans la qualité de l'épreuve, les premiers présentent des barbes dans le ciel.

Quoique cher, elle n'est pas payée à sa valeur, quand on la compare à certaines autres pièces très inférieures et qui, malgré cela, atteignent des prix très sensiblement supérieurs. L'épreuve du Déparlement des Estampes acquise en 1816 fut payée 150 francs ! Rovinsky affirme que le fond et les ombres sont teintées à la fleur de soufre, l'éminent directeur du Cabinet des Estampes d'Amsterdam, M. van der Kellen, opinerait plutôt pour la pierre ponce douce ; quant à nous, ayant examiné à la loupe différentes épreuves, nous n'hésitons pas à croire que ces teintes, extrêmement légères, ont été obtenues à l'aide d'un grain de résine ou de fleur de soufre, elles n'existent du reste que dans les toutes premières épreuves, et encore d'une façon fort peu marquée.

Ventes: Howard', 1675 — Liphart, 3812 — Hume, 3000 — Didot, 2000 — Knowles, 2625, de chez Marochetti — Schloesser, 2137, un des plus beaux connus — Griffiths, 3125, de chez Maberley — Buccleuch, 4125, de chez Hawkins — Webster, 2225 — Seymour Haden, 3700 — Hulot, 1000 — Holford, 4250 — Angiolini, 981 — Artaria, 1400 — Straeter, 6000, admirable exemplaire de chez Hebich — Miller Whitehead, 2000 — Battig, 3075», de chez Buccleuch, sur papier à la folie — Defer Dumesnil, 2100, épreuve doublée — Rosenberg, 2262, sur papier aux fleurs de lys — Reiss, de la collection Johnson, 5875.

Il existe de nombreuses copies par Novelli, L. Maroy, Baillie, R. Byron, etc.

L'Homme au lait (B 213 — Cl 210 — W 210 — Bl 316 — D 210). - A droite de l'estampe, sur une route, un homme portant à l'aide d'une traverse qui est sur ses épaules deux bidons de lait, un chien court près de lui, il est vu de dos et s'éloigne ; à sa droite la mer sans borne avec des navires ; en contre-bas à gauche de l'estampe, bouquet d'arbres, chaumière et mare avec un canot ; de ce même côté gauche à l'horizon, une légère silhouette de collines. Sans signature.

Pièce rare et recherchée avec ses barbes. — Il n'existe que deux états :

1" état. — Avant les collines indiquées à l'horizon — rarissime. 2e état. — Avec les collines.

' Un fait curieux à signaler, c'est que dans cette collection très remarquable, il n'existait que ce seul échantillon du Maître.

5 Acheté par le docteur Elischer de Budapest.

Ventes : Hume, 2° état. 682 — Liphart, 2e état, 625 — Didot, même état, 1720, superbe exemplaire de chez Bôhn — Knowles, 1050 — Schloesser, 1625 — Buccleuch, le» état, 5125, de chez lord Aylesford et Hawkins; 2e état, 1000 — Webster, 1025 — Hulot, 925, sur japon, de chez Esdaile — Holford, 1" état sur japon ', 3625, de chez lord Aylesford; 2« état (?) — Angiolini, avec barbes sur japon, 812 — Artaria, 1er état, 310!!! 2>- état, sur papier à la folie, 882.

Il existe des copies.

Le Paysage aux trois Chaumières (B 217 — Cl 214 — W 214 —

Bl 318 — D 214). — Sur le bord d'une route qui occupe la gauche de l'estampe, trois chaumières presque sur la même ligne perpendiculaire; à droite sur le lout premier plan du même côté, un grand arbre très feuille et très branchu. Dans le bas du coin gauche : Rembrandt f. 1650. Le cuivre est cintré par le haut.

Voici les états :

1er état. — Le devant de la première chaumière n'a qu'une seule taille perpendiculaire et la pièce n'est pas terminée; il y a des parties blanches sur la route — rarissime.

2e état. — La pièce est terminée, il y a une contre-taille sur le toit de la troisième chaumière.

3e état. — Contre-taille sur le devant de la première chaumière.

Encore un des meilleurs paysages, rare et très recherché qu'il faut avoir, inutile de le répéter, comme toutes les pointes sèches avec ses barbes. M. A. Lcgros dit que cette pièce peu! être du Maître, mais néanmoins il laisse planer un doute sur son authenticité. — Il existe des copies: une ancienne, est surtout particulièrement trompeuse.

Ventes: Guichardot, 1280 — E. Galichon, 1200 — Liphart, 912 — Hume. 825 — Didot, .> état très chargé de barbes, 1000 - Schloesser, 1000 — Hebieh, .'(•■ état, 12(in - Buccleuch, l ■■' état, 6875, de chez Hawkins — Webster, 3« état, 1250 — Ilolfonl, 1er étal, 6S75; 2« état, 2500, toutes deux de chez lord Aylesford — Artaria, 2« élat, 870 — Stracter, 1er état sur japon, 5500, de chez Weber.

Le Paysage à la Tour carrée (B 218 — Cl 215 -- W 215 — Bl 319 I) 215). — Au milieu d'un petit hameau — Baarep, sans doute — (jui s'étend sur la gauche, on aperçoit une cour carrée ; une barrière de bois montant sur le premier plan à droile, occupe plus des deux tiers de l'estampe. Dans le bas du coin droil : Rembrandt f. KiôO.

C'est une pièce rare et très recherchée, nous la notons à ce litre, éprouvant pour elle fort peu d'emballement ; du reste, nous croyons qu'on en revient

i i [uol < de 1500 francs pour te mime extmptàlrt 7 Cruelle énigme 1 1

un peu et, à moins de qualité exceptionnelle, les prix auraient plutôt tendance à fléchir.

Le l'-r état, dans lequel le mur de l'arche du pont qui est à droite de la tour présente une partie claire et une partie ombrée, n'existe qu'à trois exemplaires ; ils se trouvent au Brilish Muséum, au Musée d'Amsterdam et, croyons-nous, chez le baron Edmond de Rothschild.

Ventes : E. Galichon, avant le trait échappé qui coupe le nom de Rembrandt aux lettres br, 850 — Liphart, 512 — Hume, 446 — Didot, 610, très chargé de barbes — Knowles, 375 — Schloesser, 462 — Buccleuch, 1" état sur japon, provenant de chez Hawkins, 7375 — Huloi, 300 — Holford, 1er état, 3250, de chez lord Aylesford — Artaria, 670, dernier état — Bouillon, 420, avec la planche sale — Straeter, tout le mur est ombré, 2e état, 544, de chez Camberlyn, où elle fut adjugée 251 — Hansen, de chez lord Aylesford et Chambers Hall, 862.

Ne pas confondre cette estampe cintrée par le haut avec Le Paysage à la Tour (B 223) dont nous nous occuperons tout à l'heure.

Le Canal (B 221 — Cl 218 — W 21S — Bl 322 — D 218). - Quelques chaumières entourées d'arbres sur le milieu de l'estampe, et une à gauche, derrière laquelle on distingue un bateau à la voile ; sur le devant, un petit canal qui fait le coude à gauche ; dans le fond à l'horizon, un village avec son église. Sans signature.

Pièce très rare, très cher, mais d'un médiocre intérêt ; Middleton et von Seidlitz la croient gravée vers 1652. Le 1« état est nu fond sale et à la planche non ébarbèe ; le 2<= est ébarbé. — Il existe des copies.

Ventes : E. Galichon, épreuve hors ligne chargée de barbes, 2000 — Didot, 980 — Oppermann, 100 — Hebich, 1000 — Buccleuch, 3000, de chez Hawkins — Wesbster, sur japon, une des plus belles connues, 3125, du cabinet Verstolk de Soelen — Hulot, 405 — Artaria, 16S0 — Straeter, 1887, de chez Weber — Reiss, 1500.

Le Paysage à la Tour (B 223 — Cl 220 — W 220 — Bl 324 -

D 220). — A droite d'un bouquet d'arbres peu élevés, une chaumière, et au dernier plan une tour surmontée d'un dôme ; au pied de cette tour à gauche, est accolée une construction plus basse. Le tout premier plan à droite de l'estampe, vide de travaux. Sans signature.

Très rare, très cher, très apprécié. — On croit que c'est le petit village où naquit la seconde femme de Rembrand ; c'est cette raison sans doute qui fait rechercher la pièce, plus encore que sa véritable valeur artistique. Nous n'ignorons pas que tous les paysages de Rembrandt sont très chers , mais il n'est vraiment pas rationnel de voir payer cette petite pièce des prix atteints difficilement par l'admirable Paysage aux trois Arbres; on devrait cependant comprendre qu'il n'y a pas de comparaison possible entre ces deux estampes, et que la dernière que nous avons mentionnée

16cS ÉCOLE HOLLANDAISE ET FLAMANDE

est de cent coudées supérieure à La Tour , mais tous les raisonnements tombent devant l'entêtement du collectionneur qui est un peu — honni soit qui mal y pense, car nous sommes de la confrérie — très fortement mouton de Panurge en consultant beaucoup plus le goût du jour que le sien propre; on arrive ainsi, par une obstination que rien ne saurait justifier, à maintenir des cotes tout à fait hors de proportion avec la valeur de l'objet.

Etant donné les gros prix pratiqués, nous croyons devoir donner les différents états de cette estampe pour payer au moins avec connaissance de cause :

1er état. La tour est surmontée d'une petite coupole terminée en pointe, dans le ciel à gauche de longues hachures zèbrent la planche et une tache d'acide ronde apparaît dans le coin droit.

2e état. — La coupole existe encore, mais les taches noires et longues produites par les hachures ont été effacées ; elles sont encore un peu visibles cependant.

3e état. — Coupole et taches ont disparu.

Ventes : Kalle, 3« état, 1287 — Hume, 2« état, 5750 — Didot, 2<= état, 730 — Hebich, 2- état, 510 — Schloesser, 3<= état, 500 - Grimths, 1er état, hors ligne, 7500, achetée par M. Dutuit — Buccleuch, 1« étal, 6500; 3e état, 1175 — Webster, 3? état, 825 — Seymour Haden, 1er état sur fin japon, 4550 ; 3e état, 1275, de chez Kalle — Hulot ('?), 700 — Artaria, 3e état sur papier à la folie, du cabinet Verstolk, 1400 — Straeter, 3e état, 006, de la vente Debois où elle fut adjugée 166.

11 existe des copies.

La Chaumière et la Grange à foin (B 225 - Cl 222 — W 222 —

Bl 327 — D 222). — Au milieu de l'estampe, une chaumière, à gauche de laquelle se trouve une grange à foin vide, sous laquelle est remisée une charrette ; à droite de la chaumière, un petit pont, que traversent une paysanne et son chien. Un enfant assis pèche dans le ruisseau sur lequel le pont est établi, près de lui un autre enfant tient un panier. Au fond, très légèrement silhouettés, un château et des arbres ; à gauche, une ville avec moulin et clochers. En bas dans le coin droit : Rembrandt f. Ui'il.

Ventes Kalle, 800 — E. Galichon, 1510 - Hume, 2021 — Liphart, 511 - Didot, 1420 — Hebich, 1150 — Schloesser, sur papier à la Heur île lys, un des plus beaux connus, 1875, provenant de chez Debois, adjugé 272, qui le tenait du cabinet Poggi - Oppermann, 762 — Buccleucb, 1750, de chez Hawkins — Webster, 2100, superbe — Seymour Haden, 950 — Fisher, 1275 — Holford, 1875 — L. Galichon, riiC> Artaria, épreuve de 13""" plus haute que les épreuves courantes, pleine de barbes, 1170 — Bouillon, 280 — Straeter, une des />liis belles connues, 5500, de chez Hume — Dcfcr Dumcsnil, 050 — Rosenberg, 2000, de chez Verstolk, Barnard et Buccleuch — rlansen, 687 — Dreux, 1550.

Très belle pièce dont il existe des copies.

Le Verger et la Grange (B 230 — Cl 227 — W 227 — Bl 330 —

D 227). — Tout à fait à gauche, une maison couverte en chaume, puis un verger à droite de cette maison ; également à droite, dans une allée indiquée par des piquets, un homme un bâton sur l'épaule s'éloignant. Tout au fond et dans le berceau formé par les arbres, un personnage à cheval, très difficile à distinguer. Sans signature.

Estampe rarissime, ne figurant même pas à l'exposition qui fut faite de l'œuvre du Maître en 1899, au British Muséum. — La planche au 1" état mesurait en largeur 204™"i\ et au 2e 162ra">; quant à la hauteur, elle n'a pas variée et est restée de 90""» dans les deux états.

Ventes : Didot, 2" état, 1980 — Schloesser, 2500, de chez Didot — Holford. 4250, de chez lord Aylesford.

Le Moulin de Rembrandt (B 233 — Cl 230 — W 230 — Bl 333 —

D 230). — A gauche de l'estampe, un moulin à vent sur le premier plan; au second plan, presque accolée, une chaumière carrée couverte en tuiles ; à droite, la campagne nue. Dans le bas du coin droit : Rembrandt f. 1641.

Nommé à tort Le Moulin de Rembrandt, ce n'est point là que naquit le Maître, mais bien à Leyde. Dans toutes les épreuves on remarque des craquelures dans le ciel, cela tient au vernis qui a crevé pendant la morsure, ces craquelures s'atténuent au fur et à mesure du tirage, dans les toutes premières épreuves elles sont plus accentuées.

Il existe plusieurs copies; l'une, entre autres, gravée en 1844 par une femme amateur atteint une telle perfection qu'elle donne, dit Maberley, l'illusion de l'original.

Ventes: E. Galichon, 600 — Didot, 410 — Schloesser, 263 — Oppermann, 126 — Hebich, 400 - Grifflths, 305 — Buccleuch, 650 — Webster, 300 — Seymour Haden, 1725 — Holford, 525 — L. Galichon, 195 — Artaria, 900, les craquelures sont très apparentes et il y a des barbes sur la date et le nom de Rembrandt — Bouillon, 175 — Straeter, 1150 — Rosenberg, 250 — Hansen, 1462, de chez Verstolk et Buccleuch.

La Campagne du Peseur d'or (B 234 — Cl 231 — W 231 —

Bl 334 — D 231). — Grand paysage plat en largeur, sans caractère, à gauche à l'horizon, un village avec une église qui le domine; très à gauche du rideau d'arbres qui occupe le milieu de l'estampe, une tour ronde surmontée d'une girouette. Dans le bas du coin gauche : Rembrandt 1651.

C'est la campagne de Uytenbogaert, l'ami de Rembrandt; c'est une grande esquisse fort recherchée et extrêmement rare, traitée d'une façon très sommaire à la pointe sèche. Il y a des tirages sur japon jaune chargés de

barbes qui sont très beaux; nous trouvons la pièce lia peu surfaite, surtout quant au prix.

Ventes : E. Galichon, 700 — Liphart, 1312— Didot, 1100 — Knowles, 825 — Hebich, 630 — Scbloesser, 1000, une des plus belles connues — Oppermann,

chargée de barbes, 1062 — Buccleuch, sur japon, 5250, de la collection Hawkins — Webster, 2800, sur japon, chargée de barbes — Holford, même condition, 1S0O — Artaria, 660 — Straeter, 975, de chez Coppenrath — Rosenberg, 1181, sur papier aux Qeurs «le lys, de chez Camesina, Coppenrath et Straeter — Rciss, 1725.

Citons encore pour mémoire les paysages suivants qui, malgré leur moindre importance, sont dune extrême rareté : Le Paysage a la Vache (B206). — Les deux Maisons avec pignons pointus (B214) que l'on ne rencontre guère que lavé à l'encre de chine, ce qui avait fait croire un instant que celte pièce, ainsi que quelques autres, étaient des dessins originaux; il en résulta même qu'au début de leur apparition ils furent vendus comme tels. On alla jusqu'à dire que c'était une supercherie de Rembrandt exécutée dans le but bien déterminé de tromper les amateurs; ceci n'a jamais été prouvé et reste à l'état de pure hypothèse. — La Terrasse (B 216). — Le Canal à la petite Barque iB 210). — Le grand Arbre iB 241). — Le Pécheur dans une liarquc iB 243). — Le Paysage au Canal (B 241). — La Maison basse sur le bord du Canal' (B 245). — Le Pont de Bois (15 246). — Le Paysage aux Palissades (B 247». — Le Paysage non fini (B 255). — Le Paysage aux deux Pécheurs, signalé dans le catalogue Denon et inconnu à Bartsch et à Blanc; disons encore en un mot que presque tous les paysages de l'artiste sont très rares et très chers.

Faustus (B 70 — CI 2fi7 — W 272 — 151 84 — D 2Ô9). — Debout dans son laboratoire, tourné vers la droite, coiffé d'un bonnet, vivement éclairé et vêtu d'une longue robe, le docteur légèrement penché en avant, les deux mains appuyées sur sa table, interroge anxieux les signes cabalistiques qui lui apparaissent sur la fenêtre placée au milieu du fond de l'estampe. Derrière lui, une lèle de mort, et devant lui sur le premier plan, un globe terrestre, des papiers et un gros livre à fermoir. Sans signature*.

Superbe pièce dont le cuivre existe encore. — Le 1«' état est avant la troisième taille sur le livre à fermoir et le travail de pointe sèche sur l'épaule droite.

Ventes : E. Galichon, 1« état sur chine, 850 — Kallc, 637 — Liphart, 812 — Didot, 550 — Schloesser, 251 — Oppermann, 2» état. 350 — Buccleuch. sur ■apon, 1375, de chez Hawkins Webster, 600 — Fisher, 210 — Gutekunst,

i II n'en existe, parall a. que troti exemplaire, l'un :iu liritislt Muuum, l'autre o Amsterdam, et un troisième adjuge- t la vente Webl 1er 0000 francs, il provenait tic chez lord Aylcsford.

1 i.i plupart du temps on assigne des dates aux pièces qui n'en ont pas, nais les avis sont si

partagés et 1 [uelquel ni entre les différents catalogueurs, que nous crayons

m préférable di te les relater Ici, tellement cela noue semble hypothétique!

2e état, 310 — L. Galichon, 380 — Artaria, très chargée de barbes, 820 — Straeter, 1262, provenait du cabinet de Fries — Rosenberg, 2<-- état, 375.

Toutes les épreuves ci-dessus sont de 1er état, sauf indication contraire.

Il existe une copie.

Le vieux Haaring (B 274 — Cl 271 — W 276 — Bl 178 — D 261). - Assis de face dans un fauteuil, la main droite ramenant son manteau à la hauteur de la ceinture, et l'autre pendant négligemment, le vieil homme aux chevaux bouffants et grisonnants recouverts d'une calotte regarde de face. Il est vêtu d'un justaucorps avec un large col blanc serré par une cordelière d'où pendent deux glands. Derrière lui, est une large croisée grillée avec un rideau à gauche. Ni signature, ni date '.

Il y a trois états :

1" état. — Epreuve d'essai unique qui se trouve à VAlbertine de Vienne, provenant de la collection Barnard. Ce n'est guère qu'une esquisse; le rideau, à gauche, tombe droit sans empiéter par un pli sur la croisée, l'expression du visage n'est pas la même que dans les états suivants.

2e état. — Avant le châssis qui se trouve au milieu de la grille de la

croisée et avant l'empiétement du rideau. 3« état. — Avec le châssis et avec le rideau émergeant sur la croisée. C'est sans conteste le plus beau des portraits, c'est le chef-d'œuvre des chefs-d'œuvre du genre, laissant loin derrière lui celui de l'avocat Tholing que nous allons mentionner tout â l'heure. 11 est extrêmement rare en 2« état.

M. Alphonse Legros, l'éminent peintre-graveur, consulté par nous sur ce portrait, n'hésite pas à le déclarer carrément faux; nous nous contentons d'enregistrer son opinion, désolé de notre désaccord.

Ventes : Hume, 6375 — Didot, 2900, une autre épreuve sur parchemin, du même état, peut-être unique dit le catalogue, 300! — Hebich, 2'- état, 5500 — Buccleuch, 1750, de chez Hawkins — Holibrd, 4750 — Angiolini, 2e état (?), 8515 — Artaria, 2740 — Straeter, 2? état, 6625, de la collection Danby Seymour, l'épreuve était exceptionnelle.

Les épreuves ci-dessus dont l'état n'est pas indiqué étaient, croyons-nous, du dernier état. — Il existe une copie.

Jean Lutma (B 276 — Cl 273 — W 278 — Bl 182 — D 265). - Tournant le dos à une croisée, assis presque de face dans un fauteuil sur le bras duquel il s'appuie, la tète coiffée d'une calotte de velours, le célèbre orfèvre tient dans sa main droite une statuette; sur la table

' Date présumée, lOôf».

à droite, on aperçoit un marteau et un plat d'argent ; la tète souriante et fine se détache suprêmement distinguée. A droite dans le haut de la croisée : Rembrandt f. 1656, et au-dessus de la tahle du même côté : Joannes Lutma. . . écrit par une main étrangère.

Le 1« état, très rare, est avant la croisée, les noms de Rembrandt, de Lutma et la date; le 2« état est avec la croisée et les inscriptions ci-dessus mentionnées. C'est un pur chef-d'œuvre et un des plus beaux, et surtout un des plus séduisants portraits gravés par le Maître; malheureusement cette admirable planche a été abimèe, et on en a fait ce qu'on appelle le 2<? état qui n'est pas, affirme M. A. Legros, de la main de Rembrandt. Il y a encore un 3<" état très mauvais, mais excessivement rare, dont il existe une épreuve au Musée d'Amsterdam, elle provient de la planche réduite à 185'""", elle faisait initialement en hauteur 198»"".

Ventes : K. Galichon, 1" état sur japon, 3600 — Hume, même état, 3875, de chez Ilibbert — Didot, même état sur japon, 3'.)(>0, venait de chez Camberlyn, où elle fut adjugée 2005 — Knowles, 1« état, 4400, de chez Hawkins; 2» état, 750 — Webster, sur vélin fin, 1« état, 800, de chez Hawkins — Seymour Haden, 1er état, 4250 — Fisher, 3» état, 105 — Hulot, 1" état sur japon, 3700. provenait de chez Didot — Holford, 1«' état non terminé, l'eau-forte ayant mal mordu, dit le catalogue, 425, de la collection Rarnard ; le même état, 4500 — Angiolini, 1" état, exemplaire superbe, 0250 — Artaria, 1" état, 2000; 2« état, 121) — Bouillon. l«r état, chargé de barbes, 2620 - Straeter, 1" état, 1375, des collections Six et Festcticsz — Defer Dumesnil, 2'- état, 590, épreuve signée au verso P. Mariette, 1008 — Rosenberg, 2« état, 225 — Hansen, 2fi état, 315.

Ephraïm Bonus (H 278 — Cl 275 — W 280 — Bl 172 — D 256). - Coiffé d'un chapeau à larges bords, le manteau sur l'épaule laissant voir un ample col blanc, portant moustache et barbiche, Ephraïm Bonus descend se dirigeant vers la droite un escalier, sur la rampe duquel il appuie la main droite dont l'index est orné d'une bague. En bas du coin droit . Rembrandt f. \GM .

(".cite estampe est dite aussi Le Juif éi In rampe, elle est célèbre et rare, mais c'est une réputation usurpée et, suivant nous, c'est un des moins bon portrait gravé par l'artiste. M. A. Legros trouve la planche très lurfule, mais ne tu croit pas de Rembrandt. Du l,r état, dont la caractéristique la plus marquante est la bague noire, il n'c\isic que trois exemplaires connus, ils sont actuellement: l'un au British Muséum, acquis en 1817, à la vente Verstolk de Soelen, pour 1650 florins, soit environ 3,.it>u lianes, après avoir passé par les cabinets Denon, Wilson; l'autre au .Musée d'Amsterdam, quand au troisième, il passa à la vente Holford en lN'.Hi.

('.h. Blanc reste plein d'admiration devant la réflexion que ce portrait a suggérée à Wilson dans le catalogue qu'il a fait de l'œuvre du Maitre où il dit : ■ // semble réfléchir sur la maladie d'un de ses clients i, el il ajoute, diézant encore la note : On dirait, en effet, qu'il délibère s'il ne remontera

pas l'escalier! » Nous ne partageons pas l'emballement de l'éminent écrivain d'art sur ce morceau que nous trouvons raide et sans accent.

Les prix suivants donneront cependant raison sur nous à l'ancien directeur des Beaux-Arts.

Ventes : Kalle, 1700 — Liphart, 1437 — Hume, 2300 — Didot, 1550 — Schloesser, 850 — Hebich, 1375 — Griffiths, 1900, de chez Maberley — Prince LobanotT, 2940 — Buccleuch, 3000 — Webster, 2500, superbe épreuve provenant de Verstolk — Seymour Haden, 2170, de chez Gevers — Holford, 1er état, 48750, de chez lord Aylesford — Gutekiu.st, 450 — Angiolini, 1875 — Artaria, 1490 — Straeter, 2002, provenant de chez Alferolf, c'est un des plus beaux exemplaires connus ; il avait passé successivement par les collections Camesina, Wolterbeck, de la Motte-Fouquet, van den Zande, Godefroy de Caen, Molasse, et enfin Alferoif, d'où elle provenait en dernier lieu.

Cette estampe n'a jamais été tirée sur japon.

Jean Utenbogardus (B 279 — Cl 277 — W 281 — Bl 190 — D 272). — Dans un ovale sur un cuivre octogonal, assis dans un fauteuil, presque de face, coiffé d'une calotte, le cou entouré d'une fraise, le célèbre prêcheur lient de la main gauche le livre ouvert qui est sur une table. A droite on distingue plusieurs volumes posés les uns sur les autres sans symétrie. En dehors de l'ovale à gauche en haut: Rembrandt /'., et à droite: 1635; en bas quatre vers latins : Quem praemirari plèbes. . .

Voici les différents états signalés par M. Sidncy Golvin :

1er état. — La planche est rectangulaire mesurant 249 »»» sur 186 m'"; le col est presque blanc, l'expression de la bouche et des yeux est grave et triste, la face modelée par des ombres légères.

2e état. — Unique, de nombreux travaux ajoutés dans la face viennent altérer l'expression de la bouche et des yeux, le col est terminé.

3« état. — L'épreuve est terminée et le cuivre rogné en octogone ; les travaux additionnels, qui ne sont pas de la main du Maître, consistent principalement dans les ombres portées sur le rideau et dans la partie à gauche et la plus basse de la planche. La signature et la date apparaissent dans les deux angles du haut, ainsi que les quatre vers de Hugo Grotius dans la marge du bas.

On ne connaît du 1er état que trois exemplaires: à Amsterdam, au British Muséum et le troisième qui passa à la vente Buccleuch; cet état n'a pas été tiré sur japon.

Ventes : Didot, dernier état, 710 — Buccleuch, 1er état, 32000 — Schloesser, 1712 — Oppermann, 350, sur japon — Artaria, 600 — Straeter, '.'AVJ. — Rosenberg, 450, de chez Seymour Haden, Aylesford et Straeter.

Utenbogaert (B 281 — Cl 278 — W 283 — Bl 189 — D 271). — De trois quarts à gauche, la tête tournée à droite coiffée d'une large toque et portant un vêtement garni de fourrures, Utenbogaert est assis devant une table, au-dessus de laquelle une balance est suspendue ; sur cette table des sacs d'écus et un livre ouvert sur lequel il écrit. Il remet de la main gauche un sac à un jeune garçon, qui un genou en terre près de lui va remplir le baril qui est à sa droite. Au fond, on aperçoit deux personnages à mi-corps. Sur le premier plan, une malle et des barils. Dans le bas de l'estampe à gauche et en dehors de la partie gravée : Rembrandt f. 1639.

Cette pièce est aussi dénommée Le Peseur d'or ou Le Banquier. Nous ne nous associons point à l'enthousiasme que professe pour elle Bartsch qui la qualifie a d'un des plus beaux et des plus rares portraits qu'ait fait Rembrandt, très fini dans toutes ses parties et dont l'etfet est admirable. » D'abord il n'y a de gravé par l'artiste que la tête et les épaules, le reste est, tout porte à le croire, l'œuvre de Bol, nous ne nous expliquons guère que l'œil de Bartsch, si exercé, n'ait pas senti l'énorme différence qui existait entre la technique du Maître et celle de l'élève.

Dans le 1er état, dit au visage blanc, la tète du receveur n'est exprimée qu'au trait. Cet état est extrêmement rare ; au 2= état la tête est ombrée ', une copie en a été faite par le capitaine Baiîlie, on lit dans la marge du bas : Scilieel unprobte... et son monogramme W. B. entrelacés à droite. Le3e état ne-porte ni la date ni le nom, ils ont été effacés; il y a eu, dit Blanc, des épreuves tirées sur un faux japon très cassant.

Bovinsky affirme qu'il y a eu des '>- états falsifiés. — Le cuivre existe encore. — Un anglais, Jacques Hazard, a fait une copie différente de l'original, en ce que le livre sur lequel écrit le peseur d'or ne présente aucune écriture.

Ventes: Lipharl, 331 - Hume, 2' étal sur japon, 572 — Didot, l<w état, 6500, de ehe/ Marshall, la même, retouchée par Baillie, 305 Sçhlocsser, 2' état, liés veloutée, sur vieux japon, 1750 - Grifflths, 825 (le Mabcrley — Buccleuch, 1" état, 4000, de Chez Hawkins - Webster, sans nom ni date, provenant de chez Hippisley, 650, probablement unique dit le catalogue» — L. Galichon, avant les tailles perpendiculaires entre les jambes du jeune garçon agenouillé, 590 -- Arlaria, même état, 260 — Bouillon, même état, C10 - Sliaeler, 2« étal. [062, ,1e chez Allen. If.

Le Grand Coppenol (B 283 - CI 280 - W 28.') -- Bl 17Ô D 258). — Assis et vu à mi-corps, de trois quarts à ilroilc, coiffé d'une calotte, large col blanc souple, il regarde presque de face; ses deux

' Les bonnes épreuves Boni chargées </•' barbes.

! C'est, croyons-nousi l'exemplaire aul a ûguré au Burlington luit' Arti ('.lui' en 1877.

mains tiennent une feuille de papier blanc, une plume d'oie est passée entre l'index et le majeur de la main droite, son manteau entr'ouvert laisse voir son justaucorps. Derrière lui se profile une colonne à gauche. Sans signature, ni date ; on suppose en 1661.

1er état. — La planche mesure 335""» en hauteur sur 281 """ en largeur; elle n'est pas terminée et est au fond blanc et avant l'achèvement de la manche droite et des deux mains.

2e état. — Terminée; un rideau forme le fond à gauche, remplaçant la colonne, la manche est ombrée, mais demeure plus claire que le reste du corps.

3e état. — Le bras et la manche ont reçu de nouvelles tailles qui les ont assombris.

4* état. — A droite, dans le haut du rideau, les plis ont été retravaillés.

5e état. — La planche est coupée et les vers hollandais calligraphiés en l'honneur du Maître et du modèle ont disparu.

Clausin a dit qu'au 1er état la colonne qui est à gauche n'est légèrement ombrée que jusqu'au milieu de sa hauteur — ce qui laisse clairement entendre que le reste est demeuré blanc — or, semblable particularité n'a encore jamais été confirmée, c'est une erreur qu'a rééditée Ch. Blanc et qu'il importe de détruire complètement. Cette pièce n'est intéressante que dans le 1er état — dont Basan a fait une copie moins haute d'un centimètre environ que l'estampe originale — et dans le 2»' état.

Il n'existe du 1« état que deux exemplaires connus, l'un au Département des Estampes, provenant de la collection Beringhen, l'autre à Amsterdam, sortant de chez Verstolk de Soelen à la vente duquel il fut adjugé 2687 francs.

Ventes : Liphart, 3c état, 369; un autre état sur japon, 887 — Hume, 5e étal, 1275 — Didot, 4e état, 650; 5e état, 30 — Schloesser, 3e état, marge de 5lul" aux trois côtés et 14"»" en bas, les bords sales, 987, de chez Ackermann, Festeticsz, Arozarena et Kalle — Buccleuch, 2e état sur japon au fond blanc, 29750, des collections Esdaile, Verstolk et Hawkins ; 3e état, 3250; 4e état, 2125 — Webster, 4e état, de chez Barnard, Hibbert et Willcox — Fisher, 4e état, 625, de Howard et Danby Seymour — Holford, 2e état, de Wilson, 33975, mais réellement le 1er, dit le catalogue, provenait de la collection Aylesford — Artaria, 225, de chez Faccioli, avant la planche coupée — Reiss, sur japon, 4e état, 875, de chez Esdaile — Loyd, 3e état, 1950.

L'avocat Tholinx1 (B 284 — Cl 281 — W 286 — Bl 188 — D 270). — Assis de face dans un fauteuil, il regarde d'un air songeur ; la tête, recouverte d'un chapeau à larges bords légèrement relevés, est un peu enfoncée dans les épaules ; le large col est blanc et la barbe du menton taillée en carré. Il a devant lui une table chargée de

Ou encore le Docteur l'etrus van Toi, ce qui semble plus vraisemblable.

livres, dont l'un est ouvert ; il tient un lorgnon de sa main droite qu'il ramène vers lui, les deux avant-bras sont appuyés sur les montants du fauteuil. A droite derrière lui, on aperçoit trois bouteilles; sur le justaucorps du personnage un vêtement fourré. Le fond de l'estampe est blanc. Sans signature, ni date.

If état. — La barbe est irrégulière et divisée en deux parties, le coude

droit n'est pas arrondi.

2° état. — La barbe a été régularisée et taillée en carré. 3« état. — La partie claire qui se voit sur la poitrine est ombrée de

deux tailles.

De tous les portraits — une des plus belles planches de Rembrandt, nous écrit M. A. Legros — c'est incontestablement et de beaucoup le plus rare', on peut même dire qu'à l'heure actuelle il est absolument introuvable, toutes ou à peu près toutes les épreuves sont encore chargées de barbes, la planche, perdue croit-on, ayant été fort peu tirée. Cependant — et voilà qui va sembler infirmer cette assertion — il passa à la vente Didot une fort mauvaise épreuve, elle avait été payée 20 francs par lui et avait appartenu au comte de Noé.

Du tir état on ne connaît que quatre exemplaires: au British Muséum, don du Hev. C. M. Cracherode en 17'J'J; au Musée d'Amsterdam; au Département des Estampes, provenant de la collection Peters, et enfin celui adjugé à la vente du Rev. John Griffiths, qui avait successivement passé par les cabinets Rechberger, de Frics et Six.

A la vente Verstolk de Soelen une épreuve du lir état fut adjugée 330 florins, et un autre exemplaire «le 2» état, aux bords raboteux et chargé de barbes, 1800 florins, il provenait de chez Harnard et Pôle Carew ;, à la vente de ce dernier elle avait été adjugée 5500 francs.

On suppose que cette estampe fut gravée entre 1654 et 1056, on n'en connaît qu'une seule épreuve sur japon. — 11 existe plusieurs copies, une entre autre extrêmement remarquable par le capitaine liaillie.

Ventes : Hume, 12750 — Didot, 1120, épreuve faible, celle achetée 20 fr. —

Griffiths, 1er état, 38000— Buccleuch, 2- état, 2 , de chez Hawkins — Hulot,

780, provenant de chez Didot — Holford, 13250, de chez lord Aylcsford.

Le bourgmestre Six (B 285 - Cl 282 W 287 151 184 - D 2G7). — Il est debout, presque de face, en culotte courte, et adossé à une croisée entourée de rideaux d'où vient la lumière ; il lient dans ses deux mains sa tragédie I.<i Médée, qu'il lil avec attention , ses cheveux gris et bouffants s'épandenl sur ses épaules, les cordons à glands de son col sont dénoués. A sa droite dans l'ombre, on aperçoit

' Notre Mu en possède une superbe épreuve. - il l'ovnll achetée en 1809, ■■* lo vente Hlbbert, u

son épée et son baudrier ; en face de lui sur une chaise à coussin à glands, quelques livres sont posés. Sous le trait carré à droite en bas de l'estampe : Rembrandt f. 1647, et à gauche : Jean Six JE 29.

1er état. — Il existe à la croisée une sorte d'appui venant à la moitié de la hauteur de l'épaule du modèle, et il n'y a ni nom, ni date.

2« état. — L'appui a disparu, et dans la date 1647 les chiffres 6 et 4 sont renversés, on lit à droite, le nom de Rembrandt sous le trait carré près de ces chiffres.

3e état. — Les chiffres sont redressés et dans la marge à gauche, on a ajouté : Jean Six, JE 29.

Le 1er état n'existe qu'à deux exemplaires, à Paris, acheté 864 francs à la vente du comte de Chabannes en 1755, et à Amsterdam. Ce portrait est célèbre, le personnage étant un ami de Rembrandt.

Nous ne partageons pas l'enthousiasme du public relativement à cette estampe, parce que nous estimons que dans la circonstance le Maître n'est pas resté lui même, il a momentanément abdiqué son indépendance, et pour plaire au modèle il a, n'en doutez pas, obéi à des instructions qui ont paralysé sa liberté en le faisant descendre au simple rôle d'ouvrier exécutant, l'outil domine dans ce portrait, et la tête seule — partie certes la plus intéressante du morceau — tout admirablement modelée qu'elle soit, est loin de nous donner, comme l'a judicieusement fait observer M. Dutuit, la physionomie d'un homme de 2.9 ans, c'est bien plutôt un vieillard que nous présente l'artiste, ce seul fait est une tare qui vient corroborer nos critiques.

On rencontre de fort belles épreuves, même en 3e état, celle par exemple du Département des Estampes, est superbe.

Le cuivre existe encore dans la famille, et se trouve actuellement chez le professeur Jhr. Dr. J. Six, Heerengracht à Amsterdam, il figura même à une exposition qui y fut faite en 1876, croyons-nous.

En février et mars 1892, au Cincinnati Muséum Association, un des plus beaux exemplaires connus fut exposé.

Il y a quatre ou cinq copies, entre autres une de Basan et l'autre de François Novelli ; cette dernière que nous n'avons pas vue est, paraît-il, supérieure. — Marcelin Desboutin l'a aussi, croyons-nous, gravé.

Ventes : Liphart, 3« état, 650 — Hume, 3e état, 6750, superbe épreuve provenant de chez Josi — Didot, 2e état, 17000', elle provenait de la vente Arozarena où elle fut adjugée 5251 francs, elle portait au verso la signature de dom Artaria, et sortait du cabinet de Férol où elle fut vendue 5150 francs, c'était un exemplaire de qualité exceptionnelle — Schloesser, 3« état, 1876 — Griffiths, 2'- état, 12625, de chez Harding et Maberley — Buccleueh, 2« état, 12500, de la collection Hawkins — Seymour Haden, 3" état, 9750, de chez Hume - Holford, 2- état, 9500, de chez Lord Aylesford ; 3" état, 6375 - L. Galichon, '!•■ état, 12050, la plus belle connue dit M. Dutuit dans son manuel, provenait de chez Arozarena et Didot — Artaria, 3« état, 900 — Beiss, 3" état sur japon, 13500, des collections Barnard, Astley, Hibbert et Aylesford

' En 1S60, Didot l'avait payée C250 francs ; voilà ce qu'on peut appeler un placement de père de famille.

La grande Mariée Juive (B 340 — Cl 330 — W 337 — Bl 199 —

D 329). — Assise presque de face, quoique légèrement tournée vers la gauche, tète nue, ses longs cheveux épandus sur les épaules et retenus sur le front par une bandelette, la femme de l'artiste — car on suppose que c'est elle — tient dans sa main gauche un rouleau de papier, tandis que l'autre s'appuie sur le bras du fauteuil où elle est assise ; à gauche, une table chargée de livres. Tout à fait sur le côté gauche de l'estampe et parallèlement au trait carré qui est perpendiculaire, on lit avec une extrême difficulté en écriture renversée : R 1634 ou 1635, il est absolument impossible de savoir si c'est un 4 ou un 5 ; on opine généralement cependant pour 1634.

Très beau morceau, très rare et très poussé, tout porte à croire que des élèves de Hembrandt ont travaillé à ce cuivre. — M. A. Legros affirme que ce portrait n'est pas du Maître, quelques-uns veulent y reconnaître Saskia van Ulenburg, la seconde femme de l'artiste, la jolie frisonne qu'il avait épousée en 1634.

Dans le 1" état, tout le vêtement et le bas de la planche sont restés blancs ; ni les mains, ni les jambes du personnage n'existent encore, il n'est vu que jusqu'à la ceinture, et le bas de la planche est complètement vide de travaux, le buste et le haut du fond sont seuls terminés, toute la poitrine est restée blanche et l'ombre projetée par le personnage est très accusée ; cet état est superbe, mais d'une insiyne rareté, une épreuve a figuré au Cincinnati Muséum Association, en février-mars 1892. — Il y a une trentaine d'années, croyons-nous, sir Seymour Haden en paya un exemplaire 4000 francs à Clément.

Ventes : E. Galichon, 3« (?) état avec le point noir très apparent sur la joue gauche, 640, de chez Arozarena — I.iphart, 575 — Hume, 850 — Didot, 1" état, 1005, provenait de chez Bernard ; 3'' état, 1500, de chez Esdaile — Knowles, 443, sur papier à la fleur de lys, de chez Brentano — Schloesser, sur papier à l'aigle impérial, 051 — Buccleuch, 1« état, 3750; 2'' état, les mains et la robe sont blanches, extrêmement rare, 6500, les deux exemplaires venaient de la collection Hawkins — Webster, 3« état, 825, de chez Didot, prés de 50 °/o de baisse!! — Seymour Haden, 1« état, 1500, de chez llippislc ■> Holford, 1'' état, 1375 — L. Galichon, 3« état, 260 - Artaria, les assises ou ciment des pierres sont marquées sur le pilier droit, c'est un l'- état, 260 — Rosenberg, 175.

Nous eussions pu allonger considérablement la liste que nous venons de produire mais nous estimons que les 56 pièces décrites suffiront amplement à donner la physionomie exacte de l'œuvre admirable dont elles sont L'expression exquise et délicate. Si, cependant, il nous était loisible de choisir parmi les joyaux qui constituent cet écrin, voici les trois diamants de toute première grandeur que nous n'hésiterions pas à en détacher: La Pièce aux cent florins Le Paysage aux trois arbres — Le Vieux Haaring, qui synthétisent merveilleusement les trois genres : scène biblique, paysage et portrait auxqui I adonna l'artiste avec une égale maestria,

RUBENS (Pierre-Paul)

Né en 1577, mort en 1640. Des graveurs de premier ordre travaillèrent sous sa direction, les plus célèbres furent Bolswert, Pondus, Worslermann Suyderhoff, Soutmann, Witdouck, etc.. Cette école, dite de Rubens, produisit plus de 500 planches. C'étaient surtout les dessins plutôt que les tableaux qui étaient interprétés par ces Maîtres. Un œuvre très remarquable et absolument irréconstituable aujourd'hui fut mis sur table à 30000 francs à la vente de l'ancien marchand d'estampes Henri Lacroix, en février 1901, n'ayant pas trouvé acquéreur il fut retiré ; il est actuellement au Musée de Berlin. Il y avait là également des œuvres des Maîtres de son école, Van Dyek, Jordaens, etc., au nombre de 1480 pièces renfermées dans 23 portefeuilles.

Notons pour mémoire, à cause de sa rareté, car elle est à nos yeux sans valeur, la seule eau-forte qu'ait, dit-on, gravée le maître lui-même :

Sainte Catherine (Dutuit 15). — Debout sur les nues et vue de face, la sainte appuie la main gauche sur le glaive qui est posé sur la roue de son martyre, la droite tient une palme.

Ventes : E. Galichon, 130 — Didot, S0 — Angiolini, 91 — Rosenberg, 45.

Le catalogue des estampes gravées d'après Rubens a été fait par R. Hecquet en 1751, et par C. Cr. Woorhelm Schneevoogt en 1873.

RUYSDAËL (Jacques)*

Né en 1630, mort en 1681 à Harlem. On ne sait rien de sa vie. L'artiste a signé une douzaine d'eaux-fortes pittoresques fort recherchées.

Voir ses catalogueurs : Bartsch, Weigel, et Emile Michel qui publia sur le Maître et son école une brochure en 1890 à la Librairie de l'Art.

Voici les quatre pièces les plus remarquables de son œuvre.

Le Petit Pont (Bartsch 1). — A gauche adossée à des arbres, une chaumière au toit à demi défoncé, devant celle-ci est une mare dans laquelle est tombé un tronc d'arbre à droite; du même côté au second plan, un petit pont, que traverse un homme suivi de son chien se dirigeant vers la droite. A la porte de la chaumière, on distingue une

' Consulter : Eaux-fortes de Jacques Ruysdaél reproduites et publiées par Arnaud Durand, texte par Duplessis, à Paris, chez Rapillv.

femme à mi-corps et de profil à gauche ; dans le ciel à droite, un vol de six oiseaux. Sous le trait carré et à la hauteur du tronc d'arbre tombé : ./. Riujsdaël f.

Cette estampe, qui est loin d'avoir la célébrité des Voyageurs dont nous allons parler tout à l'heure, est certainement une des plus intéressantes de l'œuvre, et supérieure suivant nous et de beaucoup, à celle que nous venons de nommer.

Ventes : Liphart, 15, du cabinet Esdaile -- Knowles, sur papier à la folie, 250, de chez Kat — Oppermann, eau-forte pure avant le ciel et avec la planche sale, 376; autre état, avant que les travaux à la pointe sèche aient disparu, 125.

Les Voyageurs (4). — Venant de gauche deux hommes et une femme précédés d'un chien — on les distingue à peine — se dirigent vers la droite, côtoyant un terrain inondé et boisé. A gauche de l'estampe, un gros chêne aux fortes ramures, et à droite près des voyageurs, un arbre à moitié déraciné, incliné à gauche et dont les branches baignent dans l'eau. Dans le coin inférieur de l'estampe: Ragsdaël.

Pièce célèbre plus encore, suivant nous, par sa rareté que par sa valeur d'art. Il est très curieux de noter combien il est difficile de faire revenir le public amateur sur le jugement porté sur une estampe, si une pièce de second plan est cotée de premier, c'est pour toujours. La contre-partie existe également, et l'on peut suivre dans les ventes des morceaux de premier ordre délaissés et obtenus à vil prix : anomalies que rien ne saurait expliquer I

Il y a deux états bien caractéristiques1 : dans le 1«, le ciel a droite n'est indiqué que par de légers travaux, et le nuage ovale ombré de hachures n'existe pas, tandis qu'il apparaît au 2''. — Il y a une copie.

Ventes : Liphart, sur papier à la folie, 675 — Knowles, 2» état, 1ÛÛÛ, de chez Dupper — Straeter, avant le nuage, 2562, c'est le plus bel exemplaire connu, il provenait de la collection Detmold.

Le Champ de Blé (5). — A gauche un champ de blé, à droite des arbres, dont l'un très grand et très touffu se détache très vigoureusement presque au premier plan. Tout en haut dans le coin droit : Ruysdaël je, et en bas du même côté: F. V. W. excud,, c'est-à-dire

Francisais van WyiHjaerde excudit.

Estampe très recherchée et fort rare surtout en premières épreuves, c'est-à-dire sans nom, ni adresse.

» Notre Ifu Dobi I Nantei po séde un exemplaire de chaque état; le premier, avant U nuage, lui ncqul . en 1856 A la vante Hli de la Salle el payé 980 franoi, il eet tuperbe.

Ventes : Liphart, avant nom et adresse, 700 ; avec ces mots, 625 — Knowles, état intermédiaire entre le 1er et le 2e état avec la bordure fine mais avant le nom et l'adresse, 751 — Schloesser, eau-forte pure, 1" état avant la bordure. le nom du Maître et l'adresse, 425 — Oppermann, même état et condition, 750 — Straeter, même état, 1937 — Bâttig, 500 — Defer Dumesnil, 120, mauvaise épreuve.

Les Trois Chênes (6). — A gauche d'un tertre couronné par un bouquet de trois chênes, une mare sur laquelle nagent deux canards ; au pied de ce monticule, du bois abattu. Au milieu de la marge du bas : J. Ruysdaël in. f. 1649. Le 4 est à l'envers.

Très rare. — Il existe une copie trompeuse dans laquelle la letttre n de in est un u.

Ventes : Lipbart, 539 — Didot, 101 — Oppermann, avant le ciel nettoyé, 330 — Fisher, 52, épreuve un peu coupée — H. G. Gutekunst, en 1894 adjugé 215 — Straeter, superbe exemplaire, 2000, de la collection Kalle.

SAGHTLEVEN (Hermann)

Né à Amsterdam en 1609, mort à Utreeht en 1685, élève de van Goyen, s'est particulièrement distingué comme paysagiste et peintre de mœurs rustiques.

Son nom est orthographié aussi quelquefois des manières suivantes : Saft-Leven, Zaehlleven ou Zaftleeven.

Le Grand Arbre (Bartsch 28). — A droite de l'estampe, un grand arbre très touffu qui penche vers la gauche ; sur un tertre occupant le milieu de la pièce, un homme est assis parlant à un autre personnage qui traverse le chemin devant lui, l'homme assis étend la main droite, il a près de lui un compagnon qui s'appuie sur un bâton.

Cette rare estampe est la pièce capitale de l'œuvre.

Ventes : Knowles, 375 — Oppermann, 257 — Angiolini, 162.

La Porte des Femmes blanches à Utreeht (29). — Une petite rivière à une entrée de ville; à droite, des arbres et des maisons; à gauche au deuxième plan, séparé des maisons ci désignées, un chàleau. Au tout premier plan, un homme faisant baigner deux chevaux, il est monté sur l'un d'eux. Dans le coin gauche inférieur sous le trait carré , le monogramme ; au milieu la rubrique de l'estampe : De Wittervroawen - poort, et à droite : A° 1646.

A la vente Knowles, un fort bel exemplaire de ce rare morceau fut adjugé 225 francs, il était en !"■ état, c'est-à-dire avant le ciel chargé de nuages.

SEGHERS (Hercule)

Né à Utrecht vers 1590, mort en 16 10 ' croit-on? Elève de Gillis de Conincxloo d'Amsterdam, absolument méconnu de son temps et fort peu répandu du nôtre, est un artiste paysagiste qui trouva la manière d'imprimer ses œuvres en couleurs. Decamps dans sa vie des peintres hollandais raconte qu'un jour il porta à un marchand une planche où il avait mis tous ses soins à graver un admirable paysage, et que ce dernier n'eut pas honte de lui en offrir le prix du cuivre, lui conseillant de faire de sa planche des boites à mettre du tabac à fumer. Découragé, il s'adonna à l'ivrognerie et se tua un jour en tombant dans son escalier.

Il n'usait, nous apprend M. Sidney Colvin, le distingué conservateur du British Muséum, que d'une seule planche et d'une seule couleur bleue, verte, brune ou blanche et produisait de très riches effets de ton en tintant ses papiers, soit avant, soit après l'impression, il se servait de papiers coloriés jaune, brun ou gris bleu et couvrait aussi son papier blanc ou chamois d'un fond lavé d'aquarelle ; ses méthodes de coloration variaient avec chaque impression. Rembrandt l'admira et l'étudia beaucoup.

A la vente de W.-P. Knowles qui eut lieu à Francfort-sur-le-Mein en 1879, l'estampe suivante de cet artiste, d'après Elsheimer :

■i Tobie traînant un poisson de la main gauche est accompagné par un ange. Ils » dirigent leurs pas vers la gauche et descentlent une petite colline, au second plan » un paysage laisse entrevoir un horizon coupé par une rivière et renfermé entre » deux montagnes garnies de bouquets d'arbres ».

fut adjugée 5000 francs à Clément pour un amateur dont nous respecterons ici l'anonymat.

Cette estampe n'existe qu'à deux exemplaires, l'autre est à Amsterdam. — A la mort de Seghers le cuivre fut acquis par Rembrandt qui s'en servit pour sa Fuite en Egypte (B 56) ; il enleva les figures de Tobie et de l'ange et les remplaça par celle de la Vierge montée sur un àne à côté duquel marche saint Joseph, en ajoutant nu deuxième plan une grande touffe d'arbres.

Au 1" état, on aperçoit très bien encore des repentirs qui ne sont autres que les ailes de l'ange. La montagne et la partie occupant le devant à gauche n'ont pour ainsi dire pas élé modifiées.

Le Masée de Dresde possède 20 pièces de l'artiste, et le Dritish Muséum, 11 ; ces dernières furent acquises en 1835 de la collection Sheepshanks.

SIEGEN DE SECHTEN (Louis)

Hollandais de naissance, mais allemand d'origine, naquit en 1609 et mourut vers 1680, il est l'inventeur incontesté maintenant, du procédé dit manière noire ' qu'il découvrit vers 1610 et qui fut exploité par le Prince Rupert.

i Dates absolument (neerfainef, car d'autres biographe! le font naître en 1825 el mourir eu îfiT.v i Manière noire se dit en anglais tltixollnlo el en allemand Schabkuiut. — Lire: Histoire de la gravure en manière notre, pai Léon de] tborde, i l Inslquc la préface el les note»

er Smith ;Bj Itoto portraits, etc., i vol., Londres, 1878-1883.

Nous ne pouvons nous étendre longuement ici sur le procédé en luimême, nous sortirions de notre programme, disons simplement que la planche est grainée au moyen du balancement d'un instrument qu'on appelle berceau, et que les lumières s'obtiennent à l'aide d'un outil dit racloir qui opère sur le cuivre comme le ferait un crayon blanc sur une feuille de papier noir. L'ancien graveur procédait par ombres, de Siegen au contraire procède par clairs ; l'un, a-t-on dit judicieusement et pour établir nettement par une comparaison la différence de la technique, se servait du crayon blanc, l'autre du crayon noir.

Ce procédé, tout nouveau qu'il fut, prit difficilement son essor et ce n'est guère, chose curieuse à enregistrer, que près de cent ans plus tard qu'il commença à être remis en honneur, surtout et très particulièrement en Angleterre — ce qui fit même qu'on l'appelle souvent manière anglaise — tant il s'y était vigoureusement implanté en établissant une suprématie définitive sur tous les autres pays. C'est surtout de 1750 à 1810 qu'il y battit son plein, du reste nous y reviendrons lorsque plus tard nous nous occuperons de l'École anglaise et que nous signalerons ses artistes.

Contentons-nous de dire qu'en dehors de ce pays il n'y eut que l'Allemagne et les Pays-Bas à utiliser le nouveau procédé.

La France ne compte guère que : Sébastien Barras, André Bouys, Louis Bernard, Henri Gascar, Sarrabat et L. Lombart, tandis que l'école néerlandaise possède, en suivant à peu près l'ordre chronologique, des artistes de premier ordre, tels que : Wallerant Vaillant, Abraham Blooteling, Gérard Valck, Jan van Somer, Peter Schenck, Dirck Maas, Carel de Moor, Nicolas Verkolje, Jacob Gole, Cornelis Dusart, A. van Halen, Picter Louw... et l'Allemagne : prince Bupert, Gaspar de Furstenberg, Jean van der Bruggen, David Loggan, Jean-Jacob Kremer, Jodocus Bickart, Hermann- Hendrick Quiter, Paul Multz, Benjamin Block, André Wolfgang, Henri Popp, Christoph Lederwasch, Christoph Veigel, Christoph Heiss, Bernard Vogel, George Kilian, les Haid, etc., pour ne citer que les plus marquants de ces deux nations.

On peut compter dans toutes les écoles environ 350 artistes qui usèrent du procédé, parmi ceux-ci une soixantaine employèrent des monogrammes, lesquels bien entendu, se détachent toujours en blanc dans la gravure.

L'œuvre de Siegen se compose, croyons-nous, de 9 pièces, toutes extrêmement rares ; voici celles qui nous ont semblé les plus dignes d'attirer l'attention :

Amélie-Elisabeth Landgravine de Hesse (Smith 1). — En buste, le corps tourné de trois quarts à gauche et regardant de face, les cheveux bouclés sont épandus sur les épaules que recouvre une large collerette unie et empesée, le derrière de la tête est couvert par un voile de crêpe retombant sur le dos. Au-dessous du portrait, un texte de cinq lignes commençant par ces mots: Amelia Elisabetha. . ., puis en bas à droite de cette légende : Ao Dnj cIo.Io.c.xlil. Le cuivre est cintré par le haut.

C'est le premier portrait gravé par ce procédé. Siegen le data de 764? et en tira un nombre d'épreuves extrêmement limité qu'il offrit à ses amis et à quelques hauts personnages : c'est le 1" état, qui est de toute rareté. L'année suivante, la planche fut livrée à l'éditeur qui, pour la rajeunir, si nous pouvons nous exprimer ainsi, au moment de sa publication, ajouta un /, ce qui la millésima 1643 : c'est le 2' état, qui est encore assez rare ; un exemplaire de cet état passa à la vente Griffiths et fut adjugé 325 francs; précédemment, à la vente Didot, une épreuve de 1« état avait été payée 205 francs.

Eléonore de Gonzague (2). — En busle, le corps de trois quarts à gauche et regardant de face, décolletée, une broche damier avec un pendentif est fixée sur une berthe de fine guipure, à la naissance des seins, au cou un collier de grosses perles à un simple rang. Cheveux frisés avec boucles retombant sur le cou. Sur la tète, une couronne posée très en arrière avec un bijou en l'orme de poire revenant sur le front, à la naissance des cheveux et de la raie.

Cette estampe, gravée en 1643, est rarissime mais peu séduisante. — Un exemplaire fut adjugé en avril 1894, à Stuttgart, par M. H. -G. Gutekunst, 1750 francs ; c'était un 1« état, avant l'inscription et les boucles de cheveux sur le front.

Guillaume, prince d'Orange, comte de Nassau (3). — Très jeune, à mi-corps, de trois quarts à droite, il regarde de face, on aperçoit le haut de l'armure du bras droit, les cheveux très épais couvrent presque le front et viennent par derrière s'épandre sur un large col blanc garni d'une fine guipure. Au bas de l'estampe, sur une seule ligne occupant toute la largeur, un lit : Guilhelmus D. G. princeps... MDCXLIIII.

Superbe portrait, très rare, adjugé .'(125 francs par 11. -G Gutekunst, en avril 1894

Augusta-Maria. fille de Charles Ier d'Angleterre (4). — A mi-corps, décolletée, presque de face et regardant légèrement à droite, les cheveux sont bouclés et retombent de chaque côté sur les épaules, le chignon comme le cou est orné d'un rang de perles. Un bijou avec pendentif en forme de poire est fixé sur le devant de la berthe, à la hauteur de la poitrine. Au bas de l'estampe, sur une seule ligne occupant la largeur du cuivre : Augusta-Maria-Caroli. . .

Rare. — Un exemplaire fut adjugé en avril 1801, par H. -G. Gutekunst, 3375 francs ; le modèle n'est pas séduisant

Citons encore les autres pièces gravées par Siegen : L'Empereur Ferdinand III qu'il faut avoir en l" état, c'est-à-dire avant le monogramme et la répétition du millésime 1654 ; saint Bruno ; La Sainte Famille ; saint Jérôme et saint Ignace de Loyola.

Les gravures en manière noire ont un peu le même aspect que celles obtenues par l'aquatinte ; la technique est, on le sait, essentiellement différente, et un œil tant soit peu exercé ne pourra se tromper sur le procédé.

Parmi les pièces de divers autres artistes, de la dernière rareté, mentionnons : Sir Thomas Isham, d'après Lély, par David Loggan, 3 exemplaires connus. — Barbara, duchesse de Clcveland et sa fdle, par Henri Gascar, 5 exemplaires. — Princesse Anne-Sophie de Hanovre, par Bernard Lens, 2 exemplaires.

SUYDERHOEF (Jonas)

On ignore la date de sa naissance et de sa mort, on croit cependant ne pas trop s'éloigner de la vérité en leur assignant les années 1600-1670. On ne sait également rien de sa vie ; c'est à Leyde probablement qu'il naquit. Il était élève de Soutmann.

Graveur habile, son catalogue fut dressé par J. Wussin en 1862, et traduit en français en 1863, par M. H. Hymans, le très distingué conservateur de la Bibliothèque Royale de Bruxelles, auquel nous sommes heureux d'adresser ici nos respectueux remerciements pour l'amabilité et le savoir avec lesquels il a bien voulu répondre aux renseignements que nous lui avons demandés dans maintes circonstances.

Wussin relève 130 pièces ; 101 portraits et 29 sujets divers. — Çh. Le Blanc en mentionne 136.

René Descartes (Wussin 23).

Nous mentionnons ce portrait parce que à la vente Didot il en passa un état non décrit, avant l'adresse de P. Goos, il fut adjugé 235 francs ; très rare.

Jean Koets (48).

Un l«r état non décrit, avant le nom R. Koets Pins, en bas à gauche de l'ovale, adjugé à la même vente 150 francs ; très rare.

Les Syndics (102). — Les quatre syndics coiffés de chapeaux à larges bords sont assis dans une salle ornée de niches avec statues, lorsqu'entrant à gauche, le chapeau dans la main droite, l'avocat Corneille van Davelaer vient anoncer l'arrivée de la reine de France.

Cette belle estampe servait à illustrer un volume publié à Amsterdam en 1639, intitulé : Blyde Inkomst. . . van Maria de Médicis, etc., elle fut gravée d'après Keyser. — Au Cabinet des Estampes, il existe une épreuve de l"état

avant les noms des artistes, quatre exemplaires seulement sont connus, le nôtre fut acquis en 1812 à Amsterdam, moyennant 600 francs.

Ventes : Liphart, 82 — Oppermann, 100 — Griffiths, 78 — Bouillon, 18.

La Paix de Munster (103). — Debout, autour d'une table recouverte d'un lourd lapis, les très nombreux plénipotentiaires et ambassadeurs se trouvent réunis, attentifs à la communication d'un texte qui va leur être donné, car les deux personnages qui tiennent ce texte ont encore la boucbe fermée. Les personnages qui sontàgaucbe ont levé la main droite. Sur la table, différents objets dont un coffret ; sur le mur tout à fait à gauche, une planche rectangulaire est accrochée et on y lit : Pax optima rerum. En bas, en dedans du trait carré à gauche : Geraert ter Durch pinxit. A droite : Jouas Suyderhoef scnlpsit. En dehors du trait carré, dans toute la longueur de l'estampe sur trois lignes : Icon exactissima, qua ad vivum. . .

Grande et belle pièce célèbre, malheureusement tirée unpeusec et presque toujours trop encrée. 11 faut tâcher de l'avoir en l«* état avant toutes lettres, ou en 2'" état avec la lettre, mais avant le nom des artistes.

Ventes : Behague, 1000, le plus bel exemplaire connu — Bouillon, 76, de chez Esdaile — Dcfer-Dumesnil, 165.

Les Joueurs de trictrac (123).

A la vente Guichardot, un exemplaire de 1« état avant toute adresse fut adjugé 230 franes ; la pièce est gravée d'après van Ostade.

VAN DE VELDE (Adrien)

Né à Amsterdam en 1637 où il mourut en 1692; habile graveur animalier et paysagiste. — Son œuvre compte une vingtaine de pièces.

La Porte du bourg (Bartsch 18). — La place d'une bourgade avec sa porte occupe le milieu de l'estampe ; à gauche quatre paysans sont assis à la porte d'un cabaret, près d'une grande table, ils semblent saluer un homme, une femme et un garçon qui arrivent accompagnés «le deux àncs et de deux moulons, la femme est moulée sur l'âne, l'homme et le jeune gars sont à pied, lui haut à gauche: A, V. Velde /'. 1653 . le 3 est renversé.

Une épreuve fort belle fut adjugée en 1894 par H. -G. Gutekunst, 500 francs; C'est de toute rareté.

Le Paysan à cheval (21). — Un paysan à cheval, enveloppé de son manteau et coiffé d'un large chapeau rond, se dirige vers la gauche, il est suivi d'un autre paysan qui a son bâton sur l'épaule et derrière lequel marchent bœuf, mulet et trois personnages ; au fond, une chaumière entourée d'arbres devant laquelle passe un berger avec son troupeau. En haut à droite : A. V. Velde 1653.

Très rare.

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