‹ A travers cinq siécles de gravures, 1350-1903; les estampes célèbres rares ou curieuses (volume 3)Chapitre 53 sur 84 · XVIII' SIECLE · texte numérisé non relu

XVIII' SIECLE

XVIIIe SIECLE

Ayant déjà traité, avec toute l'ampleur nécessaire, croyons-nous, le xvm<= siècle dans nos précédents travaux2 et tout particulièrement dans le dernier1, nous avons hésité un instant à le faire encore figurer ici, mais voulant présenter aux amateurs un tout complet et sans solution de continuité à travers les âges, et ne pas faire mentir notre titre, nous avons jugé à propos de ne pas l'exclure de notre étude. Néanmoins, nous avons été obligé d'être plus bref et avons, à dessein, éliminé certaines pièces intéressantes, mais de second plan qui ne devaient pas trouver leur place dans une réunion de morceaux ultra sélect. Nous avons profité de la circonstance pour rectifier quelques erreurs, compléter certains renseignements, et signaler les ventes importantes de ces dernières années. Nous nous sommes aussi particulièrement étendu, comme on vient de le voir, sur l'école anglaise si en faveur aujourd'hui, et avons scrupuleusement mentionné la plupart de ses belles estampes, portraits et genre, si ardemment convoitées.

BAUDOUIN • (Pierre-Antoine, d'après)

Les Amants surpris (par ChoITart, 1767) — B 3. — Une fille est surprise par sa mère dans une chambre de ferme, demi-nue, elle pleure, la tète dans sa main; l'amoureux s'enfuit pendant ce temps-là, oubliant par terre son chapeau.

i H a paru dernièrement à Londres un intéressant travail de Lady Oilke intitulé : Frcnch Engrauers and Draughtsmen of tlie XVIII' Ccntury ; c'est-à-dire Graveurs et Dessinateurs français <ln X 17//' siècle.

ï Les Estampes ilu XVIII' siècle ; avec une préface de Paul Eudel. Paris. Dentu, 188ô : épuisé — Les Françaises du XVIII' siècle; avec une préface du baron Roger Portalis, en collaboration de feu notre ami le marquis de Granges de Surgères. Paris, Dentu, 1887.

I Dessins, gouaches, estampes et tableaux du XV1I1' siècle. Paris. Morgand. 1893.

♦ Voir le catalogue de son œuvre, par Emmanuel Bocher, Paris, 1875. — Nous avons suivi l'ordre alphabétique adopté par l'écrivain, en ayant soin de grouper cependant les pièces qui se font pendants.

Les Amours champêtres (par Choffart, 1767) — B 8. — Deux femmes, l'une assise, l'autre debout à la porte d'une ferme, regardent deux pigeons qui se becquettent ; d'une croisée au-dessus d'elles, un gars les observe.

Le Jardinier galant (par Helman, 1778) — B 25. — De trois quarts à gauche, assis près d'un puits, un jeune garçon embrasse une fillette; derrière eux, sur un perron à droite, une autre fille les épie.

Marchez tout doux, parlez tout bas (par Choffard, 1782) — B 30. — Dans une chambre de ferme, une jolie fille debout, en chemise, fait signe du doigt à un jeune gars qui entre par une croisée à droite, de ne pas faire de bruit. A gauche, une porte entr'ouverte laisse voir les parents couchés et dormant.

Suite de quatre pièces; la dernière n'a jamais de titre, il en existe une réduction en couleurs, par. Met/, intitulée L'Eveillé. La gouache originale sous la rubrique La Fille mal (/ardre, fut adjugée le 1-t juin 1900, à la vente du marquis de H., 5030 francs.

Ventes . Behague, la seconde, 61; la première, t. m.1, par Haiieston, 35; la troisième, eau-forte non terminée, avec la tablette blanche, 455; la même, avec ta lettre g. ni., '.)!); la dernière, avant toutes lettres, avec la tablette blanche, 505 — Muhlbacher, la deuxième, le' état, eau-forte pure, 225; la même, par Harleston, non entièrement terminée, 11"); la première, en 1>-'- état, 350; la troisième, eau-forte pure, 245; la dernière, 58 — Hocquart, la première, avant toutes lettres avec les armes, 50 - Decloux, la première, g. ni., 61 — Destailleur, la première, g. m., 18; la troisième, g. m., 75 — Bavard, la première, avant toutes lettres, 35; la troisième, eau-forte pure, llti; la même, avec la lettre, 7.'i; la dernière, avant toutes lettres, mais avec les armes, 340 — Bayard, la dernière, t. m., 120 — Bardin, la troisième, g. m., 70.

Le Bain (par N.-F. Regnault) B10. — Deux caméristes en train de sortir leur maîtresse du bain, celte dernière est tournée de trois quarts à gauebe ; par terre, au premier plan à droite, une éponge dans une cuvette plaie.

Pièce en couleurs à laquelle on donne comme pendant Le Lever, par et d'après Regnault. — Voir ce nom.

i La marge jouant, comm i le Mil, un grand nMc an point de vue marchand, dans 1rs

estampes du wiii siècle de l'école française, nous l'Indiquerons généralement, par tes lions suivantes : ■ m., sans marge p. m., petite marge g. m., grande marge t. m. loule marge - m, v„ marge \ I

Ventes : Beliague, les deux pièces, 190 — Wasset, les deux, 265 — Muhlbacher, Le Bain, avant toutes lettres, 385 — Hocquart, les deux, 360 — Aubin, les deux, 495 — Destailleur, les deux, 1050 — Bayard, les deux, 321 — Belenet, les deux, remargées, 405 — Josse, Le Bain, g. m., 530 — Patellier, Le Bain, 200 — Lelong1, les deux, 1500 — Leroy3, les deux pièces, s. m., 405 — Léon Boux, Le Bain seul, t. m., 580.

Le Carquois épuisé (par N. de Launay) — B 11. — Un jeune seigneur est assis à gauche sur un canapé dans une altitude alanguie, près d'un lit défait ; il cause avec une jolie jeune femme en deshabillé galant ; devant la cheminée qui est à droite, un écran ; par terre au premier plan, son épée. Sur un socle, l'amour dont le carquois est vide.

Les Soins tardifs (par N. de Launay) — B 45. — Un jeune gars el une fraîche villageoise se lutinent dans un grenier; ils sont surpris par la mère qui y monte par une échelle.

Pièces se faisant pendants. — A la vente de Goncourt, la gouache originale des Soins tardifs qui provenait de la collection Tondu (1865) fut acquise au prix de 3750 francs par M. Gaston Menier, croyons-nous. Une réplique ou le même exemplaire, nous l'ignorons, fut adjugé le 11 janvier 1900, à la vente du marquis de B., 4950 francs.

Ventes : Behague, Le Carquois, état d'eau-forte, le carquois n'existe pas, à sa place est une touffe de roses, 805; le même, avant la lettre et les armes, 380 — Les Soins tardifs, avant les armes, 389 — Muhlbacher, Le Carquois, avant la lettre, avec le cartouche blanc avant le carquois renversé ■>, non décrit, 400 — Les Soins tardifs, eau-forte, avant toutes lettres et l'encadrement ornementé, 295; la même, avant toutes lettres et avec la tablette blanche, 245 — Hocquart, Le Carquois, avant toutes lettres et avec la tablette blanche, 310; Les Soins tardifs, même état, 175 — Decloux, Le Carquois, 210 — Destaillenr, Le Carquois, état d'eau-forte, 250; le même, avec la lettre, g. m., 190; Les Soins tardifs, 2>' état, 150, avec la lettre, t. m., 182 — Kinnen, Le Carquois, eau-forte pure, 130; avant toutes lettres, 340 — Pavie, Le Carquois, eau-forte pure, 230 — Gentien ♦, Le Carquois, avant la lettre, avec le cartouche blanc, 530; Les Soins tardifs, même état, 355 — Goncourt, Le Carquois, eauforte pure, 380; avec la lettre, g. m., 275 — C. J. et G. K. s, Le Carquois, avant toutes lettres et avant le carquois renversé, non décrit, 920 — Lacroix, Les Soins tardifs, g. m., 86.

1 II n'y avait à cette vente qu'une cinquantaine d'estampes de très belle qualité et presque toutes encadrées.

s Collection vendue sous les initiales II. I,. N.. toutes les estampes étaient encadrées.

3 Qui n'existait ainsi que dans l'état d'eau-forte.

* Petite collection dont les ~ù numéros de toute première qualité, ont produit 6tl05 francs.

B Initiales de MM. Jourdier e( Kinnen. collection délicate et précieuse dont les 11.3 numéros firent lliôliSj francs.

Le Chemin de la Fortune (par Voyez Major) — B 14. — Une vieille femme soulève la jupe d'une danseuse dont la jolie jambe ravit de joie un musicien et un vieillard qui sont présents.

Ventes : Behague, lLf état, le corset de la danseuse est ouvert, g. ni., 560 — Wasset, le corset est ferme, 90 — Muhlbacher, lir état, 260 — Decloux, 2 état, loi — Destailleur, 1* état, 180 — Bayard, 1« état, g. m., 100; 2« état, 60 — Concourt, 1" état, 500.

Le Coucher de la Mariée (eau-forte de Moreau le jeune, burin de Simonet) — B 16. — Dans une chambre à coucher extrêmement luxueuse, à droite, un lit dans lequel s'apprête à monter la jeune épousée ; une femme près d'elle, lui murmure quelques mois à l'oreille ; son mari, en robe de chambre, est à ses genoux. Trois soubrettes complètent le tableau.

Ventes : Behague, avant toutes lettres avec les armes, g. m., 665 — Wasset, 1er état, eau-forte pure, 3200 — Maherault, même état, 2205 — Muhlbacher, même état, avec une note manuscrite de Moreau, pense-t-on, disant: on a tiré 2'i épreuves de cette eau-forte, 2015; 3« état, avant toutes lettres, 1220 — Decloux, avec la lettre, t. m., 310 — Kinnen, avant toutes lettres et avec les armes, 1450 — Gentien, même état, g. ni., 1800 — Pavie, eau-forte pure. 000 — Defer Dumesnil, 165 — Guyot de Villeneuve, avant la lettre et avant les armes, g. m.. 1220 — Lacroix, 241 — C. J. et G. K., avant toutes lettres, avec les armes, g. m., 1550 — Patellier, 235, marges — Leroy, 160 — Léon Boux, ni., 360.

Le Danger du tête-à-tête (par Simonet) — B 18. — Près d'une cheminée, une jeune femme est assise, la gorge découverte, clic repousse mollement l'amoureux qui est à ses pieds, dans une posture suppliante.

Ventes: Behague, avant toutes lettres et avant l'encadrement ornementé, 2' état, t*. m., 305 Destailleur, même état, .">lo Bavard, avec la lettre, 92 Gentien, 2 état, i. m., 295 Goncourt, même état, 385 — Ligaud, même état, 17.". C. J. cl (i. K., même état, 375.

L'Enlèvement Nocturne ' (par N. Ponce) - B 20. — Au pied du mur d'un couvent, se dresse une échelle au bas de laquelle un jeune homme reçoit dans ses bras une jeune Bile; sur le mur, une autre femme est à califourchon. Une voilure attelée de deux postiers attend à gauche ; deux autres chevaux avec un cavalier sont à droite.

> Le cuivre est chez Gossclln fila 57, quai dei Grand lugusUns ainsi que ceux de ; ■ ntlnelle en </<7<'"'-

Ventes : Behague, avant la lettre, t. m., 225 — Roth, 1er état, eau-forte pure, 460 — Muhlbaeher, même état, 396 — Decloux, avec la lettre, 65 — Destailleur, 2« état, avant la lettre, mais avec les noms des artistes, 420 — Pavie, eau-forte, avant toutes lettres, avant les armes, 150 — Gentien, avant la lettre, 385 — Goncourt, avant la lettre, avec les armes, t. m., 685 — Ligaud, 390 — Lacroix, avant toutes lettres, 200 — Palellier, m., 170.

L'Épouse indiscrète ' (par N. de Launay, 1771) — B 21. — Dans une chambre à coucher, l'épouse blottie à droite derrière des matelas, surprend son mari qui a renversé sur le lit sa femme de chambre.

Veilles : Behague, avant la dédicace avec le titre et les armes, 3<' état, 300 — Roth, même état, 399; avec la lettre, 155 — Wasset, eau-forte pure sans aucune lettre, 1100 — Muhlbaeher, même état, 500; 2« état, avant lettre, armes et dédicace, 500, c'est le bel état ; 3'' état, 210; le titre est alors Les Indiscrets — Goncourt, eau-forte pure, 400 — C. J. et G. K., 4'' état, 250.

Le Fruit de l'Amour secret - (par Voyez Junior) — B 23. — Une jeune femme qui vient d'accoucher, tourne le dos à un lit dont les rideaux sont fermés ; à droite, près d'une croisée, son amant auquel elle tend la main ; une amie vue de dos, la console ; la sagefemme passe le nouveau-né à un homme qui entre par une porte à gauche.

Ventes: Behague, avant toutes lettres, avant les armes, 1er état, 360 — Muhlbaeher, état non décrit avant toutes lettres, avant les armes et avant que l'expression de l'accouchée ait été modifiée, 320 — Goncourt, avant toutes lettres mais avec les armes, 2L' état, 195.

Le Goûter (par Bonnet) — B 24.

On joint cette pièce en couleurs généralement aux trois autres de J.-B. Muet : Le Déjeuner, le Dîner, le Souper, gravées par le même artiste.

Ventes : Pavie, les quatre, 450 — C. J. et G. K., 410.

Le Lever (par Massard, 1771) — B 29. — Une jeune femme demi-nue, assise sur son lit, regarde un chat qui s'y trouve près d'elle. Deux servantes l'entourent; l'une lui donne ses pantoufles, l'autre lui passe un peignoir. A droite, un paravent.

1 A la vente de Goncourt In gouache originale provenant de chez Taignon-Dijonval fut adjugée 2j1(i(i francs à M. Edmond Veil Picard.

' La gouache originale à la vente Henri Jossc fut adjugée 4650 lianes, elle reparait a la vente Muhlbaeher en 1890 où elle ne fait que 3100.

29cS ÉCOLE FRANÇAISE

La Toilette (par M. l'once, 1771) — H 48. — De profil à droite, debout devant sa toilette, une jeune femme se fait lacer son corset par sa soubrette, pendant qu'elle cause à un jeune seigneur assis à droite.

Ces deux estampes se font pendants, — En 1898, à la vente Marmontel, la gouache originale du Lever fut adjugée 11500 francs; La Toilette 10000. Un an j)lus tard, à celle de Muhlbaclier ', elles reparaissent et atteignent chacune 10000 francs —A la vente de Goncourt le croquis à la plume, lavé d'aquarelle,

avait fait 1000 francs.

Ventes : Behague, Le Lever, '!■■ état, eau-forte avant l'encadrement, le litre en capitales yrises, les noms des artistes à la pointe, 900; les deux avec la lettre, g. ni., 150 — Rolh, Le Lever avant le changement d'adresse, c'est-à-dire

avec l'adresse de M Baudin au lieu de celle de Basan, f état, g. m., 1G3;

La Toilette, 3» état, avec la tablette ombrée, le nom des artistes sans aucune lettre, 199 — Muhlbacher, Le Levée. 1" étal, eau-forte pure et avant l'encadrement ornementé, 745; état d'eau-forte plus avancé encore avant toutes lettres, 000 — Decloux, les deux pièces avec l'adresse de M11" Baudouin, !• état, 370— Bavard, La Toilette avant la lettre, t. m., C00; Le Lever, 4e état, 110 — Genlieii, les deux pièces, 4e état, 520 — Goncourt, Le Lever avant toides lettres, t. m., 730; La Toilette, 4'- état, 108 — Lacroix, les deux pièces, 1 état, 500 — Defer Dumesnil, Le Lever avant la lettre, 200 — C. J. et G. K., Le Lever avant la lettre, 1050 — Léon Houx, les deux pièces, 330.

Le Matin (par de Gbendt) — B 315. — Dans une chambre, sur un lit, couchée sur le dos, les seins nus, la chemise relevée, une femme dort ; un abbé entre par une porte à gauche, la regarde, et essaie d'en masquer la vue à l'enfant qui raccompagne, avec le pan de son manteau.

Le Midi (par le même) — 1} 33. - A l'entrée d'une serre aux riebes treillages, à gauche, une jeune femme assise, à deini-pàméc, le corps rejeté en arrière, a laissé tomber le livre qu'elle lisait, sa main gauche s'est égarée sous sa jupe; par terre à droite, son ombrelle ouverte.

Le Soir (par le même) 15 10. — A gauche, une jeune femme toute nue est en train de se faire essuyer par sa camériste, quand soudain par une porte entrouverte à droite, la tète d'un homme apparaît ; la seconde femme de chambre s'efforce de maintenir la porte en repoussant l'indiscret.

i Celle admirable collection lui dispersée <lu I.", au lf mai 1809. Bile contenait nu choix précieua des œuvres lis plus remarquables 'lu xvui' siècle : tableaux, dessins, gouaches,

miniatures, marbrei ce lui un triomphe el pour l'amateur raffiné qui :i\:iii mi les réunir el

pour i'- distingué commissaire pi I •■ ur, M. Paul Chevallier, m"' avec son habileté coulumlêra enleva son public h t ■ t produire > 1 1 vente la coquette somme de; 1.726.700 francs '■ ■

La Nuit (par le même) — 13 35. — Au pied d'un tertre, dans un parc, un homme a renversé une jeune femme sur le dos, le corsage dégrafe laisse voir le sein gauche ; l'amoureux est près de l'enlacer. A gauche sur un socle, une statue de l'amour. La lune éclaire cette scène.

Les quatre gouaches originales furent adjugées à la vente Muhlbacher 8000 francs. A la vente de Goncourt, Le Malin, aquarelle sur trait de plume, fit 7100 francs.

Ventes : Behague, les quatre avant la lettre, avec la tablette blanche ' Le Matin et Le Soir sont avant le changement, c'est-à-dire que les parties de la femme ne sont absolument pas voilées par la chemise ou la draperie, 705 — Muhlbacher, les quatre, état Behague, 495 — Mailand, les quatre, état d'eaux-fortes avant toutes lettres, deux de ces étals ne sont pas décrits pour Le Malin et Le Midi; dans Le Soir, la femme nue a un bonnet sur la tète, 3200 — Dubois du Hais, les quatre avant toutes lettres, Le Matin et Le Soir avant le changement, 510 — Ilocquart, les quatre avec les tablettes blanches, Le Matin el Le Soir avant le changement, 070 — Destailleur, les quatre pièces, état Ilocquart, 600; les mêmes, dernier état, 200 — C. J. et G. K., Le Matin avant la draperie, 145; Le Soir, même état, 115 — Patellier, les quatre pièces, 400 francs.

Le Modèle honnête (eau-forte de Moreau, burin de Simone!) — B 34. — Dans un alelier, un peintre assis dans un fauteuil, se retourne émerveillé à la vue d'une superbe fille nue et confuse qu'une vieille femme cherche à cacher de son manteau.

Ventes : Behague, avant toutes lettres, 215 — Both, eau-forte pure, 399 — Mahérault, eau-forte pure, 1510; état terminé, 170 — Decloux, avec la lettre, 65 — Destailleur, eau-forte pure, 320; avant toutes lettres, avant les armes, 2« état, 060 — Gentien, 2'- état, g. m., 510 — Goncourt, eau-forte pure, 145; 2^' état, 365 — Ligaud, 2e état, 840 — Lacroix, 4' état, avant la dédicace, 335 — Defer Dumesnil, 2" état, 410.

Mentionnons encore la jolie suite de quatre pièces: Perretle (par Guttcnberg), Marton (par N. Ponce), Jusque dans la moindre chose' (par Masquclier), Sa taille est ravissante (par Lebeau) qui, dans le bel étal avant toutes lettres, valent de 300 à 400 francs. Le Curieux (par Malœuvre) vaut, suivant état, de 250 à 300 francs, le h> état d'eau-forte pure, où le curieux a un habit boulonné et non un rabat, est rarissime, à la vente Behague elle fut adjugée 435 francs. Le Rendez-vous (par Bonnet), en imitation de pastel, pièce ravissante assez rare, fut adjugée à la vente Houx 115 francs.

1 Dans cet état. c'est /.<* Midi qui est la pièce la plus rare.

' Il existe un étal non décrit, entre le 2' et le 3'. avec la tablette ombrée et le nom des artistes, mais sans inscription dans la tablette, c'est fort rare; une épreuve passa à la vente Defer Dumesnil et fut adjugée 285 francs.

BERNARD (d'après) ?

Madame Létine (par La Live). — En busle, gracieusement tournée de trois quarts à droite, elle est vue de face dans un médaillon ovale entouré de guirlandes de roses et surmonté d'une couronne, dans un encadrement rectangulaire avec tablette inférieure. Elle est coiffée d'un petit bonnet dont les brides sont nouées sous le menton, sa robe de chambre est garnie de fourrures. A gauche, sous le trait carré: Bernard p., et à droite: La Live se... Au bas, un quatrain commençant par ces mots : Tendre, sensible, heureuse mère. . .

Délicieuse estampe d'une excessive rareté dont Veau-forte certainement d'Augustin de Saint-Aubin, fut terminée au burin par La Live de July. — Un fort bel exemplaire passa à la vente de Concourt où il fut adjugé 3CU francs.

BOILLY ' (Louis-Léopold, d'après)

Les estampes en couleurs d'après ce Maître sont en grande hausse depuis surtout quatre ou cinq ans, quelques-unes sont assez intéressantes, mais leur valeur artistique ne justifie pas toujours les prix parfois exagérés qu'elles atteignent. Elles existent toutes en noir et en couleurs', la plupart au pointillé.

La Comparaison des petits pieds (par Chaponnier). — Une femme assise à gauche, a croisé sa jambe droite sur son genou gauche pour se déchausser et comparer son pied avec celui de son amie qui, debout devant elle les seins nus, a relevé sa jupe; derrière elle, un homme à genoux se dissimule, cherchant à en voir davantage.

L'Amant favorisé (par le même). — Au fond de la chambre, un

lit de coin, et sur le premier plan à gauche, une jeune femme debout, la gorge demi-nue. se précipite sur la porte qu'elle cherche à main-

i Consulter le très intéressant volume que Lui o i o i i é M. Henry HarrlssOi Paris 1806, iui "np plus harmonieuses se palenl toujours plus cher,

tenir de ses deux mains, pendant que le galant s'esquive par celle qui se trouve à l'extrémité de la pièce, emportant souliers et vêlement.

Pièces faisant pendants, la seconde parut en juin 1792 au prix de 9 livres.

Ventes : Behague, avant la lettre, 50 — Muhlbacher, avant la lettre en noir, 95; en couleurs, 100 — Decloux, en réduction publiée chez Fillon et Valmont, m., 23G — Bayard, en réduction, 110 — Mn><= o., en réduction par Goùy, 200, g. ni. — Ligaud, en réduction par Goiiy, la première seulement 43 francs — Lacroix, la seconde avec : Ah! qu'il est joli, 220 — C. J et G. K., les deux en réduction ovale par Alix, encadrées, 810!! — Leroy, les deux pièces 490, en réduction par Alix — La Comparaison seule avant la lettre, par Chaponnier, g. ni., 135.

On la tire aujourd'hui ' (par Tresca). — Près d'une porte entrebaillée à gauche, une jolie jeune femme, la gorge demi-nue, entoure de son bras droit la taille d'un homme qui lient dans sa main une liasse de billets de loterie. Au fond de la chambre, une femme assise devant une glace se peigne.

Ventes : Behague, avec la lettre en couleurs, G2 — Muhlbacher, 31 — Aubin, avant la lettre, G2 — Kinnen, en couleurs, 100 — Ligaud, en noir, 28 — Lacroix, avant la lettre, restaurée, 52 — Boux, avant la lettre, 85.

Le Prélude de Nina (par Chaponnier). — Assise devant un piano, une charmante femme décolletée se retourne vers son accompagnateur, un jeune violoniste qui la baise sur la bouche. Au fond de la pièce, un lit.

Ventes : Behague, avant la lettre, 37 — Muhlbacher, même état, 45 — Decloux, même état, 105 — Kinnen, même état, 45; réduction ronde en bistre, par de Goiiy, 68 — Ligaud, 108 — Pavie, avant la lettre, 90 - Patellier, avec m., 135 — Boux, 45.

La Douce Résistance- (par Tresca). — Un jeune homme en costume Directoire, presse tendrement dans ses bras une jeune lille qui, une guitare à la main, le repousse mollement ; près d'eux, un pupitre renversé, et au fond de la pièce, une porte vitrée par laquelle une servante curieuse regarde ces ébats.

1 Voilà, certes une des plus jolies pièces de l'œuvre qui n'esl pas cotée à sa valeur, en revanche on paiera bêtement 276 francs et 355 francs ! aux ventes du 29 novembre 1899 et à l:i vente Ligaud : La Douce Impression de l'Harmonie et Suite de la Douce Impression de l'Harmonie, par Wolff, deux juteuses estampes s'il en fut.

5 Existe en réduction ronde par de Goùy.

.'i()2 ÉCOLE FRANÇAISE

Ventes: Muhlbacher, avant toutes lettres, les noms des artistes ;i la pointe en noir, 31 — Kinnen, en couleurs, 145 — Ligaud, en couleurs, g. m., 700 — Lacroix, 59 — l'atellier, état Muhlbacher, g. ni., 220, en noir, croyons-nous.

Citons encore, à titre de renseignement, quelques prix pratiqués à la vente Ligaud sur les pièces suivantes en couleur:

L'Amour couronné (par Cazenave), avant la lettre, 100 francs— Le Cadeau, Qu'elle est gentille (par Bonnefoy), les deux pièces, 200 — La Dispute de la Rose, La Rose prise (par Eymar et Cazenave), la première avant toute adresse, 345 — L'Evanouissement (par Tresca), 98 — L'Optique* (par Cazenave), 365, et hâtons-nous de dire que ces pièces de dernier plan ne valent pas plus de 40 à 50 francs l'une dans l'autre, et encore est-ce pour nous un grand maximum. Les Boilly n'ont jamais vu se pratiquer sur eux les luiuts prix; qui donc aujourd'hui y met le feu, nous sommes encore à nous le demander?

B0REL (Antoine, d'après)

La Bascule (par A. Leveillé, 1785). — Une foire de village ; à gauche de l'estampe, une bascule, au bout de laquelle une femme tombée à la renverse les jupes retroussées est relevée par un jeune homme. A droite dans le coin de la pièce, un groupe de quatre personnages assis.

Le Charlatan (par le même). — Devant des baraques de forains, un charlatan ayant devant lui une petite table pliante chargée de noies, débite son boniment aux nombreux personnages qui l'entourent, pendant qu'une jeune femme qui lui fait face à une certaine distance, glisse un billet au jeune homme qui est derrière elle. Très à gauche, une pièce d'eau avec une barque contenant quatre personnes.

A hi vente Mu1i1I>;icIht, les deux aquarelles originales furent adjugées 10(10 francs, elles provenaient de la vente Richard Lion où elles avaient été payées 3350 francs.

Ventes Behague, La Bascule avant le nom du graveur, 160 Muhlbacher,

les deux avec la lettre, 405 - Aubin, les deux mêmes étals, 100 Bavard, les deux avant toutes lettres, avant la bordure, 302 — Pavie, les deux, 350 — Budel, La Bascule, 250 Ligaud, les deux, 500.

i Cette pièce > la vente PaleUler vient de faire 490 franci !

B0SI0 (D.-S. d'après) ?

La Bouillotte '. — Autour d'une table, de nombreux personnages

jouent à la bouillotte ; à gaucbe, une jeune femme debout, arrange

ses cheveux dans la glace, pendant qu'un des invités lui prend la

taille, lui montrant du doigt la pendule.

Ventes : Behague, 155 — Mulilbaclier, 85 — Wasset, en noir, 30; coloriée, 80 — Aubin, 185 — Decloux, 1C5 — Kinnen, 114 — Heredia, 110 — Roux, coloriée, 250.

Bal de Société. — Deux salles de bal séparées par une colonnade;

à gauche, trois musiciens à demi-cachés par une des colonnes. Au

tond, des danseurs exécutent un quadrille. Au premier plan à gauche,

un grand monsieur demande une danse à une dame ; à droite, trois

personnages l'ont un tour de salle ; plus à droite encore, quatre jeunes

filles assises ; au-dessous d'elle, une dame et un arlequin causent

ensemble.

Ventes : Behague, t. m., 216 — Muhlbacher, 160 — Dubois du Bais, avant toutes lettres, rarissime, 350 — Destailleur, état d'eau-forte, 30.

Le Bal de l'Opéra.

Ventes : Behague, t. m., 130 — Muhlbacher, 115 — Kinnen, 152 — Baudet, 75 — Roux, coloriée, 230 ; en noir, 165.

On joint à ces pièces généralement comme formant série, L'Escamoteur el La Lanterne Magique, cette dernière, la plus rare des cinq, qui déjà ne sont pas communes, vaut de 150 à 200 francs. Elles existent en noir et coloriée -\

BOUCHER (François, d'après) 1703-1770

La Toilette de Vénus (par Janinet, 1783). — Assise de face, la déesse est nue, une colombe à ses pieds, une aulre entre les bras. Trois Amours l'entourent, l'un d'eux lui arrange sa coiffure.

1 Gosselin iils, 57, quai des Grands-Augustins, en a fait une jolie reproduction ainsi que du liai de l'Opéra, du Bal de Société et de La Lanterne Magique. Il les vend 2J francs la pièce.

2 Notons une fois pour toutes que généralement, à tort ou à raison, car ce sont un peu des subtilités. On appelle estampes en couleurs au xvnr siècle celles provenant de plusieurs cuivres, et coloriées celles obtenues autrement, c'est-à-dire à la poupée, an ponce ou au patron.

304 KCOLE FRANÇAISE

Pièce en couleurs dont l'état le plus recherché, quoique le plus commun, est celui où se trouvent les trois Amours ; celui où l'Amour qui peigne n'existe pas, est de beaucoup, cependant, le plus rare.

Ventes : Behague, avant toutes lettres, 500 — Decloux, t. m., 030 — Dcstailleur, 370 — Pavie, avant la lettre, 855 — Baudet, avant toutes lettres, encadrée, 665 — Lignud, 440.

La Bouquetière galante (par Tilliard). — Dans un jardin, au milieu de buissons de roses légèrement esquissés, elle est debout, la taille svcltc et élancée, coill'ée d'un petit bonnet, elle porte attachée à sa ceinture devant elle, une corbeille de fleurs que recouvre presque son tablier retroussé, les bras sont demi-nus, elle ofïre un bouquet. Le corsage ouvert en carré, laisse entrevoir la gorge.

Pièce de la dernière rareté, l'oit jolie.

Ventes : Behague, 250 — Decloux, G05 — Concourt, t. ni., 1000 — Ligaud, 500 — Leroy, 1010.

Madame de Pompadour (par Bonnet). — En buste, la tête penchée à droite, le corps tourné de trois quarts de ce côlé, elle regarde dans cette direction, elle est décolletée et les cheveux sont légèrement relevés et ornés.

Pièce en manière de crayons, délicieuse et de toute rareté, qui donne l'illusion absolue d'un dessin original ; une belle épreuve à la vente de Goncourt fut payée 550 francs.

Notons en passant que les Boucher interprétés en imitations de pastel par L. Bonnet, sont en train de monter fortement — voila certes un mouvement ascensionnel dont le besoin ne se faisait guère sentir — un Portrait déjeune fille, remargé, fut adjugé 1 120 francs, et une Tête de Flore, 2800, à une vente anonyme faite par Danlos, le 11 mars 1903.

GHALLE (Michel-Ange, d'après)

The officions waiting Woman ' (par Chaponnier). — Une fort jolie fille à plat ventre sur son lit, la chemise retroussée, les bras appuyés sur son oreiller, attend le lavement que va lui administrer

t La Femme de Chambré eomptaUanle, Au mole de Février isu.*>. Edmond Lorilc nous écrli iii qu'il in possédai! lu gouache originale . lignée el datée! dana le cadre de l'époque.

une accorte soubrette qui, de la main droite, fait signe de ne pas

bouger à un galant indiscret qui entre par la porte à gauche.

Il existe de cette estampe une réduction assez rare gravée par de Goùy, sous le titre Chu-u-u.

Ventes : Behague, avant la lettre, avant le nom du peintre, tirée en bistre, les figures et les chairs seules coloriées, 409, rarissime ; avant la lettre en noir, 82 — Muhlbacher, avec la lettre en noir, 41 ; coloriée, 76 — Decloux, avant la lettre, 165 — Destailleur, même état, 110 — Kinnen, épreuve coloriée, 110 — Bayard, état de la vente Behague, 155 — Pavie, la réduction de Goùy, avec Coucou, réduction de Dors, Dors de Regnault, par le même graveur, 2 pièces en couleurs, 201 — Pichon, avant la lettre et avant le nom du peintre, 130 — Patellier, avant la lettre, 170.

L'Amant surpris (par Descourtis). — Dans une luxuriante campagne, un jeune homme est assis de face en train de lire des lettres, quand soudain une femme le surprend par derrière en lui appliquant ses deux mains sur les yeux.

Les Espiègles (par le même). — Deux jeunes femmes complètement nues, viennent de prendre un bain, elles sont assises sur des rochers, près d'une cascade et lisent. Pendant ce temps, deux gamins, à l'aide d'une ligne, cherchent à leur dérober leurs vêtements ; ils ont déjà réussi à accrocher un soulier qu'ils enlèvent. Pièces en couleurs se faisant pendants.

Ventes : Saint-Geniès, avant la lettre, 305 — Muhlbacher, avant toutes lettres, seulement les noms des artistes à la pointe, 310 — Aubin, état Muhlbacher, 410 — Decloux, 255 — Bayard, 245 — Ligaud, 360 — Pichon, la première, 241 — Lacroix, pièces restaurées, 250 — C. J. et G. K., la première seule, sans marge et encadrée, 710 — Roux, les deux pièces, 810.

La Ruelle (par Malapeau). — Demi-nue et sortant de son lit, une jeune femme est lutinée par un jeune homme qui lui prend le sein gauche en cherchant à lui enlever son dernier voile, sa chemise.

Ventes : Behague, avant la chemise rallongée, avant toutes lettres, t. m., rarissime, 309 — Muhlbacher, même état, 210 — Bayard, même état, 130 ; avec la lettre, 32.

CHARDIN (Jean-Baptiste-Siméon, d'après)

Certaines pièces de l'artiste sont recherchées en épreuves d'état, mais en général l'œuvre est délaissé en exemplaires avec la lettre, il y en a cependant de charmantes parmi lesquelles nous citerons : Le Benedicite (par Lepicié) —

La bonne Education (par Le Bas) — Jeu de l'Oye, Les Tours de cartes, pendants (par Surugues fils) — La Maîtresse d'école (par Lepicié) — Les Amusements de la vie privée (par Surugue). — Voir le catalogue qu'en a dressé Emmanuel Bocher, Paris 1870.

CHARLIER (d'après)

Florissait vers 1780

Vénus en réflexion — Vénus désarmant l'Amour.

Deux pièces en couleurs, par Janinet, rares et recherchées quoique sans le moindre intérêt comme, du reste, la plupart des sujets mythologiques, valent avant toutes lettres de 150 à 200 francs.

GOCHIN1 (Noël, par)

La Foire de Guibray.

Cette très grande estampe est gravée d'après un dessin de Chauvel (1G58), cette foire avait lieu en Normandie près de la ville de Fallaize. — La pièce est d'une insigne rareté, elle fut adjugée ventes : Didot, 100; Destailleur », avec trois autres pièces, 300 — H. G., 400.

COYPEL Ch.-A. (d'après) 1694-1752

Adrienne Lecouvreur (par P.-J. Drevet). — A mi-corps, dans un médaillon lézardé reposant sur un socle, elle est de face, les yeux levés au ciel, les cheveux relevés sous un long voile avec deux tresses retombant sur l'épaule gauche, pendants d'oreilles en forme de poires, robe de velours noir décolletée. Elle serre contre sa poitrine, une urne funéraire contenant les cendres de Pompée. Dans la tablette, un quatrain : C'est peu de voir ici/. . .

I Dit Le Vieux, né 11 Troyes en 1662, mort n Venise en 1693; il s'en suit, que cette estampe aurait dû être classée au xvn ilécle et non Ici. Nous signalons cette erreur, que le collectionneur aura lui-même redressée, noi mmes convaincu.

» a lu vente de la Bibliothèque en I

On assure qu'il n'existe que quatre épreuves connues du 1<* état; le 2« état a le mot modèle écrit model dans le quatrième vers du quatrain.

Ventes : Behague, 2e état, avec la faute, 260 — Didot, l<->'' état, 1010 — Muhlbacher, avec la faute, 161 — Concourt, 3« état, 38.

DAGOTY (Le Chevalier Louis-Charles)

Trait de Bienfaisance de la Reine Marie- Antoinette.

Pièce en manière noire, rarissime, adjugée vente Behague 280 francs; vente Bardin 90 francs.

Portrait de son frère. — A mi-corps de trois quarts à droite, coiffé d'un chapeau rond à bords légèrement relevés, un col blanc souple, il regarde de face ; sa main gauche tient sa palette et la droite, trois pinceaux ; la bouche entr'ouverte laisse apercevoir les dents. En bas sous ce portrait, on lit ' : Portrait d'Edouard Dagoty inventeur de la gravure en cbleurs né à Paris Van 1745 mort ù Florece T8 maj 1783. Pcnt par Kanchsius gravé et dessiné par Lasinio - Imprimé par Labrelis.

Quoique indiqué gravé par Lasinio, on est convaincu qu'il l'est par l'artiste lui-même, il est excessivement rare; nous avons eu occasion d'en voir un superbe exemplaire chez Roblin.

Ventes : Defer Dumesnil, 1350 — Prince Waldburg Wolfegg, 1362 — Par J. Halle, à Munich, 2062.

Mme la Comtesse du Barry. d'après Drouais 5. — Assise à sa toilette, elle prend une tasse de chocolat que lui présente son négrillon Zamore.

Ventes: Muhlbacher, en couleurs, 250; en noir, 255 — Ligaud, en noir, très rare, 900, c'est un l«r état.

Marie- Antoinette.

Un portrait de la Reine, attribué à Jacques Fabian Dagoty, passa à la vente du baron F. de L., à Munich, il fut adjugé 3187 francs. Un autre portrait du personnage existe gravé par Dagoty l'aîné, en pied, debout, la

1 Nous avons respecté l'orthographe.

2 A la vente Muhlbacher en 1899 l'original attribué à Drouais fut adjugé 3020 francs.

main appuyée sur une sphère, très rare ; nous en connaissons deux épreuves, l'une chez M. Henri Béraldi, l'autre chez notre regretté ami le marquis de Surgères.

Marie-Antoinette (par J.-F. Gautier Dagoty). — A mi-corps de face, les cheveux relevés sont ornés de perles, plumes et aigrette, la tête est légèrement tournée vers la gauche, deux longues boucles de cheveux retombent sur le devant du corsage très légèrement décolleté et garni d'une guimpe. Un manteau fourré d'hermines est jeté sur les épaules.

Estampe en couleurs en imitation de pastel qui n'est qu'attribuée à Dagoty ; rarissime, mais pas belle. Un exemplaire était coté en février dernier (1902), chez M. Halle, de Munich, 2500 marks, soit 3125 francs, il était dans son cadre originale et d'une fraîcheur, paraît-il, exceptionnelle.

Marie-Antoinette (attribué au même). — De face à mi-corps, dans un ovale tronqué, la Reine regarde devant elle, les cheveux sont relevés et ornés de plumes blanches. Le corsage décolleté est agrémenté d'une guimpe et d'une guirlande de lis et de roses. Deux boucles de cheveux retombent sur les épaules que recouvre en partie le manteau fleurdelysé.

Pièce en couleurs de la dernière rareté. Les portraits de Marie-Antoinette ont beaucoup haissé depuis une vingtaine d'années, les gros amateurs qui les collectionnaient tels que : Lord Ronald Gower et MM. G. Peck, Ducoin, Behague, etc. ne s'en occupent plus ou ont disparu. Nous croyons savoir que M. Paul Debrou, conseiller général du Loiret, possède actuellement une fort belle réunion de portraits de la Heine, ainsi que H. Béraldi.

DANLOUX (d'après) 1745-1809

Princesse de Lamballe (par Ruotte). — Dans un médaillon ovale, de profil à gauche, les cheveux sont frisés, le corsage est montant avec un iichu menteur.

Pointillé en noir et en couleurs, assez rare.

Ventes: Behague, avant toutes lettres en couleurs, 200— Goncourt, même état, 91.

DEBUCOURT' (Louis-Philbert, par)

Le Juge ou la Cruche cassée (Fenaille 1) — 3 états. — Dans un intérieur rustique, à droite, une vieille femme furieuse tient au collet un jeune garçon qui vient de casser la cruche à sa fille ! ! ! Cette dernière, placée entre son père et sa mère, semble fort peu émue de l'accident. Son père montre au plus jeune des deux juges qui sont assis, l'objet fêlé en question. Très à gauche de l'estampe, au second plan, près d'une porte ouverte, deux femmes et un homme causant.

L'eau-forte seule est du Maître, et encore est-elle restée inachevée, la planche fut terminée par Leveau *. — Pièce fort rare.

Ventes : Vignères, 57 — Baudet, avec une autre épreuve plus avancée, 100 — Goncourt, 202. Tous ces prix sont pour l'eau-forte.

Suzette mal cachée ou les Amants découverts (4) — 1 état. — Au milieu d'une chambre, une vielle femme de profil à gauche et enveloppée d'un châle, écarte brusquement les rideaux d'un lit défait qui est à droite et devant lequel, en chemise et demi-nue, sa fille surprise se tient confuse, debout, les yeux baissés ; derrière la mère, le galant à genoux, les mains jointes, implore son pardon, pendant que par la porte qui est à gauche, entre le père ajustant ses lunettes.

La Porte enfoncée ou les Amants poursuivis 3 (5) — 1 état. — Au fond de la chambre à droite, une porte enfoncée par laquelle viennent d'entrer précipitamment le père et la mère de la jeune fille qui, demi-nue, s'enfuie avec son amoureux par une porte qui se trouve à gauche. La mère furieuse montre le poing aux deux coupables, le père tombé par terre à plat ventre, esquisse le même geste à leur adresse.

' Consulter le très remarquable et très complet catalogue qu'a consacré à l'artiste M. Maurice Fenaille. Paris. Librairie Morgand, Edouard Rahir et C'\ successeurs, 1899, où il signale 577 pièces gravées. Dans la nomenclature des pièces que nous donnons ici, nous suivons l'ordre chronologique adopté par l'écrivain en groupant cependant celles qui, publiées à des dates différentes se font pendants; le nombre des états mentionnés sont ceux indiqués par M. Fenaille.

2 II vient de paraître chez Durel, Paris, un fort volume sur la vie et l'œuvre de l'artiste par l'éminent écrivain d'art, M. Jules Hédou, de Rouen.

3 Quelquefois désignée sous la rubrique La Fille enlevée.

Ces deux très mauvaises aquatintes ovales en couleurs en travers, gravées en 1785, qui se font pendants, n'ont pour tout mérite que leur insigne rareté. La première en noir, la seconde en couleurs passèrent à la vente de F. ', elles y furent adjugées 2300 francs; c'est Paul Roblin, l'aimable marchand d'estampes, qui en faisait la vente; il s'empressa de nous les signaler avec sa bonne grâce habituelle sachant combien nous sommes friand de documents concernant les raretés ou les états non décrits. Ce même jour il vendit dans cette même collection, pour la somme de 575 francs, une autre pièce du Maître avant toutes lettres : Petite fille jouant avec un chat, au moins aussi rare que les deux précédentes, car nous ne la connaissions pas, et elle a échappé aux recherches si scrupuleuses de M. Fenaille. A la vente A. Josse, sous la rubrique La Fille enlevée qui n'est autre que La Porte enfoncée, cette estampe atteignit 2S00 francs. Profitons de l'occasion pour redresser une erreur que nous avons commise dans notre dernier volume : Dessins, gouaches, estampes, etc., page 144 en attribuant à Debucourt une pièce intitulée La Visite à la Pension dont on n'a pas encore jusqu'à présent réussi à découvrir l'existence; deGoncourt l'avait signalée simplement dans l'Art du XVIII* siècle comme mentionnée dans le catalogue d'une vente faite le 13 décembre 1857. C'est peut-être tout bonnement la jolie pièce du Maître : Jouis tendre Mère*— qui pourrait aussi bien par la nature du sujet s'appeler Visite à la Pension — qui a provoqué celte équivoque.

Les deux Baisers, 1786 (7) — 3 états. — De profil à gauche, assis dans un fauteuil, un vieillard, les jambes croisées, un king chartes sur les genoux, regarde avec intention la toile qui est devant lui sur un chevalet où il est représenté embrassant une jeune femme ; celle-ci qui est derrière lui, profite du moment pour glisser un billet doux au jeune peintre qui lui baise la main.

Ventes : Behague, avec la lettre, 601 — Muhlbacher, avant toutes lettres, 3000 — Aubin, avec la lettre, 920 — Decloux, même état, 2005 — Destailleur, même état, 1750 — Kinnen, même état, 1420 — Gentien, avant toutes lettres, avec le nom de l'artiste à la pointe, 9120 J — Concourt, avec la lettre, 2420 — Ligaud, 920 — C. J. et G. K., encadrée, 3300 — Baron F. de L. », 2700 — Leroy, 20X0, sans marge.

Notre Musée Dobrée de Nantes en possède une épreuve de 2° état éblouissante el telle que nous n'en avons encore jamais rencontré de pareille. En février 1787, moment de sa mise en vente, cette pièce était cotée 6 livres.

' Le 13 murs 1899 — Chose curieuse il y avait eu déjà une rente de !•'.... en avril l.ssi où ces deux pièces avalent été adjugées 200 francs ! ! Quel chemin parcouru depuis cette époque,

- Le 22 décembre 1902. à la vente du Comte de L... dont Loys Deltell étall l'expert, il a passe une épreuve d'un étal encore non signalé jusqu'Ici dans lequel Le moi jouit est écrit fout.

' c'est le plus htm/ prix enregistré en rente publique Jusqu'à ce Jour pour une estampe n nncalse.

1 Vente (rii Important! latte le 2 juillet 1903, s Munich par les soins intelligents de J. Halle, antiquaire de cette ville, il y avait la de superbes pièces de l'École française et anglaise du

XVIII" si' il.-.

Le Menuet de la Mariée, 1786 (8) — 6 états. — A la campagne, au milieu de nombreux paysans et invités, la jeune mariée esquisse un pas avec le vieux bailli, pendant que son époux, debout à droite près de son père, contemple la scène d'un air béat.

La Noce au Château, 1789 (21) — 4 états. — En plein air, à gauche, au bas de l'escalier du château, le nouveau marié danse avec la châtelaine, pendant que sa jeune femme passe son bras sous celui de son père ; derrière eux, des musiciens, et à gauche et à droite, des paysans et des paysannes. On aperçoit à gauche, près de la grille, un carrosse.

Deux estampes en couleurs se faisant pendants, la première est moins rare que la seconde. M. Fenaille a relevé pour la première fois une particularité restée complètement inaperçue jusqu'ici dans le Menuet de la Mariée c'est le grand mât dit Mai, qui s'élève à gauche et au haut duquel est suspendue une couronne au 2? état, mât qui a été supprimé au 3? comme on peut s'en convaincre par la trace très légère qui en subsiste encore dans le ciel. Le catalogueur a aussi fait remarquer qu'après la date 1786 il existe après le point réglementaire quelquefois un point ou deux en plus ', ce qui caractérise un deuxième ou troisième tirage après l'état définitif; les estampes qui ont ces points sont donc de qualité inférieure à celles précédemment tirées, d'autant plus que la planche reprise a encore subi certaines modifications, dit M. Fenaille, telles que effaçage des plis de la tente qui abrite l'estrade, retouches à la roulette de l'habit du bailli, etc..

En décembre 1896, nous eûmes l'occasion de voir chez Roblin une très curieuse petite pièce en couleurs de Debucourt qui n'est pas mentionnée par M. Fenaille, elle représentait seulement la jeune mariée et le vieux bailli esquissant leur pas; l'exemplaire superbe et à toute marge était certainement une épreuve d'essai que nous considérons comme unique. Le possesseur l'avait payée 39 francs 1 croyons-nous.

Ventes: Behague, 2? état, 3505 — Muhlbacher, Le Menuet, 1er état, 1960; La Noce, 2P état, 1605; la même, avant toutes lettres en noir, 500 — Hocquart, remargées, 1900 — Aubin, avec la lettre, 1400 — Destailleur, Le Menuet, avant toutes lettres, le nom du Maître à la pointe, 1410; la même, en noir, 340 — Kinnen, avec la lettre, 1305 — Baudet, encadrées, 1600 — Pavie, Le Menuet, avant toutes lettres et les armes, 1605 — Gentien, 2300 — Goncourt, Le Menuet, avec la lettre, 860 — Ligaud, Le Menuet, 800 — C. J. et G. K., les deux, premier tirage, la première avant les retouches dans le ciel, 2000 — Baron F. de L., les deux, 4375 * — Patellier, Le Menuet, 5e état, 680 — Roux, la première seule avec un seul point après la date, 1555 francs.

1 Cette particularité n'est pas nouvelle et Debucourt n'en est point l'inventeur. Déjà au commencement du xvnr siècle en 1723, Pierre-Imbert Drevet en avait usé dans son portrait de Bom.net.

5 Nous voyons avec orgueil l'Allemagne payer chez elle nos chefs-d'œuvre plus cher que nous ne les payons chez nous.

L'Oiseau ranimé, 1787 (9) — 2 états. — Deux jeunes femmes sont debout, près d'un lit placé à gauche dans une chambre à coucher ; celle de droite a dégrafé son corsage et regardant son amie en souriant, semble lui montrer le petit oiseau qu'elle vient de placer entre ses deux seins opulents pour essayer de le ranimer. Au premier plan à droite, une table ronde, et au fond de la pièce, un piano sur lequel un cahier de musique est ouvert.

Délicieuse pièce en couleurs de la dernière rareté, ardemment recherchée des collectionneurs; aujourd'hui un exemplaire avant la lettre, marge vierge et de toute fraîcheur, vaut 10000 à 12000 francs. Quelques catalogues de vente indiquent comme particularité que la jeune femme qui tient l'oiseau a les seins découuerts, c'est de la superfétation, ça n'existe pas autrement.

Ventes : Muhlbacher, avant la lettre, 1500 — Aubin, même état, 1800 — Decloux, 2400 — Concourt, même état, 5320 — Le 11 juin 1902, dans une vente anonyme faite par Danlos, une épreuve de 2" état fut adjugée 6200 — C. J. et G. K., épreuve habilement remargée, 4050 — Leroy, 800' — Lelong, 92001 !! et l'épreuve était loin d'être exceptionnelle.

Promenade de la Galerie du Palais Royal, 1787 (11) — A états. — La galerie remplie de nombreux personnages allant et venant, quelques-uns en costumes grotesques ; presqu'au milieu de l'estampe, se dirigeant vers la droite, un petit garçon ayant sous le bras un gros carton rond, suivi d'un chien et précédé d'une femme ayant dans la main droite un volumineux manchon. Au fond, les boutiques portant les numéros 162, 163, 16%, 165, 166. En bas, sous le trait carré à gauche, la date 1787.

Cette admirable pièce en couleurs, qui est la perle de notre xviif siècle, ne porte dans aucune de ses parties, soit le nom, soit la signature du Maître, quoiqu'étant indubitablement son œuvre.

Absolument supérieure à la Promenade publique, mais supérieure de toutes façons, et comme conception et surtout comme gravure, nous ne pouvons vraiment pas comprendre comment on lui préfère toujours cette dernière. Il y a là un manque de goût qui nous semble terriblement choquant ; nous voudrions essayer de dessiller les yeux des amateurs, mais nous craignons bien de D'être point entendu, et nous aurons la tristesse de voir continuer à payer 5000 ou 0000 francs une Promenade, quand une Galerie atteindra péniblement 2500, 3000 francs au plus. Voilà de ces anomalies singulières et malheureusement trop fréquentes chez les collectionneurs ; nous tenions à les signaler] parce que nous voudrions qu'on y portât remède, mais, hélas! les moutons de Panurge ne sont p;is morts ! et nous prêchons dans le désert.

i L'épreuve n'était pas enUére.

Les deux beaux états sont : le 1er avant toutes lettres1, et le 2e avec un seul des numéros, le 166, sur une boutique. Le dernier état, qui est de beaucoup le moins bon, porte : Imprimé par Chapiuj au lieu de Emprimé. . . et a deux points après 1737 au lieu de un seul.

Ventes : Behague, avec la lettre, 530 — Muhlbacher, même état, 1575 * — Hocquart, 2e état, 1000 — Aubin, 3e état, exemplaire superbe, 1787 — Decloux, 2e état, remargée, 1500 — Destailleur, avec la lettre, 1100 — Pavie, avant les numéros, 675 — Gentien, même état, 1400 — Goncourt, avec la lettre, 870 — Ligaud, même état, 1120 — Lacroix, 1160 — C. J. et G. K., 3° état, avec les numéros et le mot Emprimé, 2600 — Baron F. de L., 2e état, 3687, condition exceptionnelle de beauté — Vente anonyme, 14 mars 1903, faite par Danlos, 1920 — Lelong, 2450 ; un autre exemplaire, 1900.

La Promenade publique, 1792 (33) — 3 états K — De nombreux personnages se promènent dans une allée de marronniers, sur le premier plan ; à gauche, un gandin assis sur une chaise, semble tomber à la renverse en saluant; au milieu de l'estampe, une table ronde entre deux chaises, l'une est couchée par terre, sur l'autre est une rose oubliée ; à l'extrémité droite, une autre table autour de laquelle devisent un groupe d'hommes assis. Au dernier plan, légèrement à gauche, un précieux de l'époque mollement étendu sur quatre chaises. Dans le bas du coin droit et à l'intérieur du trait carré : D. B. 92.

Ventes : Behague, tout 1er état, avant toutes lettres et avant D B et 92, 900, rarissime — Muhlbacher, 2e état, avant la lettre, g. m., 1380 — Hocquart, avec la lettre, 665 — Aubin, même état, 1105 — Jacquinot, 725 — Decloux, état Behague, 5700 — Destailleur, état Behague, 6300 * ; exemplaire en noir, le seul connu, 5000 5 ; avec la lettre, 900 — Kinnen, état Behague, 5000 — Baudet, 2e état, avant la lettre, mais la signature en bas et le millésime, marge et encadré, 2465 — Pavie, 2e état, 1035 — Galichon, 3e état, 1100 — Gentien, exemplaire de Kinnen, 4020 ; le même, 2e état, 2650 ; le même, en noir, unique, 2000 — Goncourt, avec la lettre, g. m., 1675 — Ligaud, 3e état, 780 — Guyot de Villeneuve, encadrée, 1520 — Lacroix, 3e état, 1520 — C. J. et G. K., 1520 — Baron F. de L., 3275, superbe; le même, 1337 — Lelong, 2700, avec l'adresse de Depeuille.

1 D'une insigne rareté, nous n'avons jamais eu la bonne fortune d'avoir pu le rencontrer, et s'il n'était pas signalé par M. Fenaille, nous nous permettrions d'en douter.

» A une vente faite en 1862 cette estampe fut adjugée 134 francs et la Promenade publinue 121, ces prix sont follement exagérés disait à cette époque la bonne Revue Universelle des Arts...

3 C'est par erreur que nous avions signalé un état avec l'adresse de Debueourt. M. Fenaille n'n jamais eu l'occasion de relever cette particularité.

* Cet exemplaire admirable, marge vierge, avait été vendu par Gosselin 1300 francs.

5 L'acquéreur était M. Gentien, à sa vente en 1896 elle ne fit que 2000 francs ! !

Il existe de cette estampe des épreuves tirées à la poupée sur le cuivre original au commencement du xixc siècle ; elles sont infiniment supérieures à toutes les reproductions modernes, on les cote 200 francs.

Promenade du Jardin du Palais Royal, 1787 — 4 états. — Le café de la Rotonde avec ses tentes et ses arbres et de nombreux personnages allant et venant; au milieu de la composition, de trois quarts à droite et regardant à gauche, une femme portant un immense chapeau, se promène, une longue canne à la main ; à gauche, un enfant accourt nu-tête vers sa mère, tandis qu'à l'extrémité droite, un personnage coiffé d'un bicorne, prend une femme par la taille.

Cette estampe en couleurs, comme vient de le prouver M. Fenaille, n'est ni dessinée ni gravée par Debucourt. On suppose que l'auteur est Claude- Louis Desrais, et on est sûr que le graveur est Le Cœur. A la vente Destailleur en 1896, le dessin, sépia et plume, fut adjugé 4300 francs. Nous avons cru devoir porter cette pièce à l'œuvre du Maître, parce qu'elle fait partie quand même de ce qu'on est convenu d'appeler Les Trois Promenades. C'est la plus rare.

Ventes : Behague, 600 — Muhlbacher, 1300 — Hocquart, 655 — Aubin, 675 — Decloux, 1800; en réduction par un artiste inconnu, 270 — Destailleur, 705; à l'état d'eau-forte, fort rare, 105 — Kinnen, 705 — De G., réduction en manière de lavis, rarissime, 725 — Pavie, 675, état d'eau-forte pure, avant le changement dans la coitFure de la femme qui est au second plan, assise et accoudée à une table derrière le premier arbre de gauche, 84 — Concourt, 1300 — Lacroix, 1520 — C. J. et G. K., avant-dernier état, c'est-à-dire Imprimé par Aumont, au lieu de Imprimé par Landié, 2550 —

A une vente anonyme faite le 14 mars 1903, avant la retouche dans la coiffure, 2230.

Heur et Malheur ou la Cruche cassée, 1787 (12) — 3 états. — Près d'une fontaine jaillissante sur le mur de laquelle une bergère est debout et accoudée, tenant de la main gauche une cruche fêlée, un jeune gars est à genoux, la regardant d'un air tendre en saisissant la cruche. Par terre, un râteau et l'habit de l'amoureux ; à gauche de la fille, un mouton.

L'Escalade ou les Adieux du matin, 1787 (13) — 3 états. — Sur le devant d'une cour de ferme, un jeune gars s'apprête à franchir un petit mur qui est à gauche ; il y a déjà posé la main droite, enlaçant de son bras gauche la taille de son amoureuse qu'il embrasse sur la bouche. La fille dont les seins nus saillent du corsage donne un morceau de pain au chien qui est près d'elle. Au fond de la pièce, sur une poutre transversale, un chat blanc est couché.

ÉCOLE FHANÇAISE 315

Ventes : Behaguc, L'Escalade, 1" état, avant toutes lettres, avec la signature dans le coin inférieur gauche de la partie gravée, g. m., 4950, rarissime ; Heur, avant toutes lettres, avec la signature en bas à gauche sous le trait carré, 860 — Muhlbaeher, L'Escalade, avec la lettre, 500; Heur, même état, petite marge, 390 — Aubin, les deux, 1255 — Decloux, les deux en 2e état, 5500 — Destailleur, les deux avec la lettre, 1280 — Kinnen, même condition, 1250 — Baudet, encadrées, 1185 — Galichon, 1000 — Pavie, 1340 — Gentien, 2» état, belle marge, 4150 — Ligaud, Heur seule, 245 — C. J. et G. K., les deux pièces encadrées, 1150 — Lelong, les deux pièces, 2600.

Le Compliment ou la Matinée du Jour de l'An, 1787 (15) — 5 états. — Assis à gauche sur un canapé, un grand-père ' et une grand'mère tournés à droite, écoutent le compliment que leur débite un petit garçon accompagné de sa sœur, que viennent d'amener leurs parents qui se tiennent derrière eux. Au fond de la pièce, un vieux domestique en livrée portant un plateau. Un placard enlr'ouvert à gauche, laisse entrevoir des jouets, entr'autres un polichinel. Un chien gambade devant les enfants.

Les Bouquets ou la Fête de la Grand'Maman, 1788 "- (16) — 4 états. — Assise de face près d'une petite table ronde, une grand'mère se retourne à gauche pour embrasser sa petite fille qui lui apporte un bouquet, le grand-père qui est derrière la grand'mère se penche en avant, la main gauche appuyée sur le dos du fauteuil. A gauche, le père, la mère et le petit frère et à droite au dernier plan, une servante complètent le tableau.

La particularité des points après les dates, signalée précédemment, joue encore ici son rôle. — Les tirages en noir des Bouquets sont rarissimes.

Ventes : Behague, épreuve de 2>' état, 500 — Muhlbaeher, Le Compliment en 1er état, Les Bouquets en 2e, 3000 — Aubin, avec la lettre, très g. m., 710 — Decloux, avec la lettre, 450 — Destailleur, 2>- état, 1400 — Kinnen, avec la lettre, 400 — Baudet, même état, encadrées, 590 — Pavie, les deux pièces, 735 — Ligaud, Le Compliment seul, 190 — Lacroix, les deux, 985 — Patellier, les deux, rognées à l'ovale, 480 — C. J. et G. K., les deux, avant les marbrures de l'encadrement 3, 1680 — Vente anonyme du 14 mars 1903, les deux, 1000 — Lelong, Le Compliment seul, 620 — Boux, Les Bouquets, 3e état, avec un seul point après la date, 605.

1 La main droite du grand-père esl atrocement dessinée.

» Cette estampe et la précédente quand elles parurent en septembre 1788 étaient cotées 6 livres chaque.

3 Ces deux estampes sont des ovales équarris.

La Rose, 1788 (17) — 4 états. — Dans un parc, un jeune homme de profil à gauche est à genoux devant une jeune femme assise à laquelle il offre une rose que celle-ci semble repousser. On voit derrière la jeune femme, une statue de l'Amour qui s'apprête à lancer une flèche. Au bas dans la marge, 14 vers sur deux colonnes : C'est l'âge qui touche à l'enfance. . . par Le Chcr de P.

La Main, 1788 (18) — 4 états. — Au bas des marches d'un perron, dans un parc, une jeune femme assise de trois quarts à gauche, se laisse baiser la main gauche par un jeune homme, son autre main qui pend le long du corps, tient une rose. En bas, sur deux colonnes, 24 vers commençant par : Quand on aime bien, l'on oublie, par le même auteur que dans l'estampe précédente.

Estampes en couleurs, faisant pendants. — Les points après la date existent encore pour ces deux pièces.

Ventes : Behague, t. m., 1900 — Muhlbacher, 2200 — Decloux, 3500, extrêmement fraîches — Destailleur, 2300 — Kinnen, 2^ état, avec le titre et les vers, mais avant l'adresse, le nom de l'artiste à la pointe à gauche, est entre le 1" et le 2° trait carré, 3285 — Gentien, les vers ont été coupés, 2120 — Concourt, les deux pièces, La Rose en \" état, c'est-à-dire avant toutes lettres, rarissime, 3510 — Ligaud, La Main, 1000 ; La Rose, 620 — C. J. et G. K., La Main1 seule avec la première adresse, celle de l'auteur; la seconde est celle de Depeuille, 1750. — Vente anonyme du 14 mars 1903, les deux, adjugées 2200 — Lelong, La Main seule, 1600.

Almanach National, 1791 (26) — 4 états.

Au haut de la planche, au milieu de l'estampe, il existe un médaillon avec le portrait de Louis XVI, et l'inscription : Louis XVI, roi des Français; on s'est plu à raconter qu'il existait un état où le portrait du Roi avait été remplacé soit par des attributs révolutionnaires, soit par une simple marbrure du médaillon, c'est une pure invention; nous avons consulté toutes les sommités de la gravure à cet égard, amateurs et marchands, personne ne l'a jamais va.

L'explication de ce que représente cette estampe est au bas de la planche. Cet almanach n'existe pas avec le calendrier imprimé sur l'estampe elle-même, mais il existe séparément. Paul Roblin l'a possédé il y a quelques années, on le colle alors sur la place marbrée qui lui était réservée; il est rare à rencontrer.

Ventes: Rehague, 211 — Wasset, avant toutes lettres en noir, 158 — Muhlbacher, 350 — Aubin, 399 — Decloux, 555 — Destaillcur, épreuve en

i Pour La Rose, 11 existe également des épreuves avec l'adresse de Depeuille.

noir, les inscriptions sont à la pointe, 80 — Kinnen, 260 — Baudet, 550 — Galichon, 1010 — Pavie, avant toutes lettres, 505 — Leroy, 1300, sur le cartouche destiné à recevoir le calendrier on remarquait des griflbnnis et une étude de tête de vieux.

La Rose mal défendue, 1791 (27) — 4 états. — Près d'un lit, un jeune homme essaie de prendre la rose à une jeune femme qui semble résister ; par terre, le chapeau et le gant de l'amoureux ; à droite, un fauteuil qui a été renversé dans la lutte.

La Croisée (28) — 4 états.

N'ayant pu, à notre grand regret, revoir cette pièce en temps utile pour apporter certaines modifications à la description faite dans notre dernier volume Dessins... Nous renvoyons le lecteur au travail de M. Fenaille.

Disons qu'encore ici les points après les mots : Dessiné et gravé qui se trouvent à gauche sous le trait carré indiquent des tirages successifs. Ces deux pièces sont considérées comme se faisant pendants, elles marquent dans la technique du Maître un changement très notable, on sent à l'œil que le métier n'est plus le même et qu'il a été profondément modifié.

Ventes: Behague, La Rose mal défendue, avec le titre et le nom du Maître à la pointe, 245; la même, en noir, 140; la même, réduction en noir, par Bonnemain, publiée chez Depeuille, 51 — Muhlbacher, La Croisée, 1«- état avant toutes lettres, en noir, g. m., dans cet état le jeune homme est sur l'échelle, la substitution des enfants n'a point encore été faite, très rare, 605 ; la même, en noir, avec la lettre, 61; en couleurs, 152; La Rose mal défendue, avant toutes lettres, la femme a les seins découverts, en noir, 330; la même, en noir, titre et nom à la pointe, 105; en couleurs, 220; en réduction, 140 — Decloux, La Rose mal défendue, en noir, 1er état avant les retouches, 160 ; en réduction, t. m., 160 — Aubin, La Croisée, 205 — Kinnen, La Rose mal défendue, 95; en réduction, 60; La Croisée, 155 — Baudet, La Rose mal défendue, 305; La Croisée, 85 — Gentien, La Rose mal défendue, 1510 — Ligaud, la même, 290 — J. C. et G. K., La Rose mal défendue, s. m., encadrée, 660 — Patellier, cette dernière pièce 2« état mais remargée, 500 — Roux, La Rose mal défendue seule, 310; la même, en réduction, par Bonnemain, 90 — La Croisée, 2» état, avec l'adresse de l'auteur, 300; les états suivants sont avec celle de Depeuille.

Lise poursuivie (29) — 2 états. — A gauche, un jeune homme vu à mi-corps, sort d'un fossé pour s'élancer à la poursuite d'une paysanne qui se sauve, ayant une corbeille de fleurs sur la tête.

Le Songe réalisé (30) — 1 état. — Un jeune homme se soutenant à une branche d'arbre, s'approche d'une jeune fille endormie pour contempler son visage. A droite, une fontaine.

Ces pièces se font pendants et sont tirées généralement en noir, elles sont extrêmement rares; elles valent suivant état et condition de 400 à 600 francs les deux. M. Fenaille ne mentionne qu'un état aux deux pièces ci-dessus, il a omis de mentionner à Lise poursuivie celui excessivement rare de avant toutes lettres, dont un exemplaire a passé à une vente anonyme faite par Danlos le 11 juin 1002, à Paris, où il fut adjugé 400 francs.

Frascati (196) — 3 états. — Le grand salon de cet établissement célèbre, le soir ; de nombreux promeneurs élégants y circulent, et de chaque côté, des consommateurs sont assis à de petites tables. On distingue à droite quatre musiciens.

Cette estampe, très recherchée comme document de l'épocpae, devient fort rare', ce n'est plus l'ancienne manière du Maître avec plusieurs planches, mais une simple eau-forte aquatinlée et coloriée. C'est bien Debucourt qui l'a gravée, mais quoique tout porte à croire qu'il en est également le dessinateur lien ne permet de l'assurer formellement. Le dessin original, largeur 0.340, hauteur 0.245, acpjarelle sur trait de crayon figurait au catalogue Morgand n° 40 en mars 1807, il était coté 2500 francs ; il a été reproduit en couleurs dans Le Directoire, de Paul Lacroix.

Ventes : Behague, 080 — Muhlbacher, 2'' état avant toutes lettres, m., 1000 — Michelot, 3^' état avec la lettre en noir, 700 — Mailand, t. m., 910 — Destailleur, 500 — Kinnen, 555 — Baudet, g. ni., encadrée, 810 — De G., avant toutes lettres, 600 — C. J. et G. K., encadrée, t. m., 1430.

Nous pouvons encore citer comme pièces intéressantes mais de second plan cependant : L'Oiseau privé (51), gravé au pinceau, vaut de 100 à 180 franes ; // est pris ' (34) ; Elle est prise (35), les deux 300 à 400 francs, et comme extrême rareté à trouver réunies les 52 pièces coloriées in-8° : Modes et manières du jour à Paris à la fin du XVIII» siècle et au commencement du XIX» (71 à 122), gravures à l'eau-forte imprimées en noir et coloriées à la main, publiées par La Mêsangère, valant actuellement 2500 à 3000 francs la collection complète — La Réprimande* (159) — Son Altesse Royale Madame la duchesse d'Angoalême consolant l'aveugle de Sichon (333), estampe insignement rare, nous n'en connaissons que quatre exemplaires, un chez M. Fenaille, un chez M. Fould et les deux autres chez M. Maurice de la Rochcmacé, château de la Roche, a Couffé (Loire-Inférieure); c'est une aquatinte coloriée. Il existe aussi quelques fort belles pièces d'après Carie Vcrnet, tels que: Calèche se rendant au rendez-vous de chasse (181) — La Course | 156) Fin de la Course (157), etc.. qui, en bel état de conservation, et ai'imt huiles lettres, sont d'un superbe effet décoratif et valent de 800 à 1200 francs.

1 Le 1" étal a» Irait, esl dans la collection ilu baron Kdmond do Rothschild, 11 est rarissime. » Qu'il faut avoir avec le poisson dans la main droite de la Femme, ce qui prèle alors ù une. grossière équivoque.

Qui n'eel qu'attribuée suivant M. Pénalité.

Notons, du reste, que beaucoup de pièces en couleurs de la mauvaise époque du Maître — c'est-à-dire après 1792 — accusent un mouvement ascensionnel très marqué, nous ne pouvons que déplorer cette erreur que rien ne saurait justifier et qui ne peut être attribuée qu'à la pénurie de plus en plus marquée des estampes en couleurs.

C'est chez M. Gerbeau qu'il nous a été donné de voir les plus beaux Debucourt qui soit au monde, l'aimable collectionneur qui est un raffiné dans ce que le mot a de plus pur et de plus vrai, nous en a fait les honneurs avec une grâce charmante. Nous avons vu là, chez lui, une réunion d'estampes des xvnie et xix^ siècles absolument seins rivale. Ce n'est pas à la quantité que vise cet amateur au regard si fin et si exercé, c'est à la pureté de la pièce et à sa rareté; que ce soit en estampes, en japonisme ou en faïences, tout ce qu'il possède est d'une exceptionnelle beauté, qu'il nous permette de lui dire ici que nous n'oublierons jamais la matinée passée rue Poussin, et que notre œil ébloui et charmé en gardera toujours la radieuse et ineffaçable vision.

DESRAIS (Claude-Louis, d'après)

La Promenade du Boulevard des Italiens ou le Petit

Coblentz, avril 1797 (par E. Voysard). — Quinze personnes occupent

le bas de l'estampe ; au milieu, une femme assise tient sur ses genoux

un enfant, pendant qu'un autre enfant la caresse. Un petit chien est

devant elle sur une chaise, aboyant contre une merveilleuse qui tient

un éventail. A droite sur un magasin, on lit : Café Petite Glacière.

Les épreuves de 1" état, qui sont fort rares, sont avant les feuilles et le cinquième arbre à droite .

Ventes : Behague, 101 — Muhlbacher, g. m., 120 — Pavie, 1er état, 120.

Le Signal du Bonheur (par Mixelle).

Ventes: Decloux, 50 — C. J. et G. K., avant la lettre, 320, très rare. — Pièce en couleurs.

Les Nouveaux Epoux (par Mixelle).

Pièce en couleurs égrillarde, assez rare, vaut de 250 à 300 francs.

DROUAIS (François-Hubert, d'après)

Portrait de la Dubarry (par Beauvarlet). — Dans un médaillon ovale équarri, assise en costume de chasse, le corps un peu penché

en avant vers la droite, elle regarde de face ; elle a des mouches sur le visage et son jabot de dentelle légèrement enlr'ouvert laisse deviner la gorge.

Une particularité très curieuse à signaler, c'est que, contrairement à ce qui se passe toujours, ce n'est pas V avant-lettre qui est la moins commune, mais bien l'épreuve avec la lettre qui est de la dernière rareté > ; il faut l'avoir en l" état avant toutes lettres avec salissures de burin dans les marges, seul état apprécié.

Ventes: Behague, 2e état avant la lettre, t. m., 445 — Muhlbacher, 2* état, 275 — Decloux, 2^* état, 195 — Ligaud, avec la lettre, 3« état, 137 — Goncourt, avant la lettre, g. m. 455 — Defer Dume^nil, 1er état, 900 — C. J. et G. K., 2' état, 520; 1« état, 600.

Le même personnage (par Gaucher2). — Dans un tout petit médaillon ovale équarri très orné, à mi-corps de face, elle porte un peignoir décolleté et regarde de face.

Les deux seules épreuves connues du l«r et du 2* état eau -forte pure et eauforte plus avancée sont chez M. Béraldi. Les avant toutes lettres seules désirables valent 500 à 600 francs.

DUGOURE (d'après) ?

Le Lever de la Mariée (par Trière). — Intérieur Louis XVI, une soubrette ouvre les rideaux d'un lit. Au milieu de la composition, la mariée assise près de son père et de son mari ; deux servantes mettent de l'ordre sur la table de toilette. Entre la jeune femme et la soubrette qui est à gauche, un chat ronronne.

Cette estampe sert quelquefois de pendant au Coucher de la Mariée, de Baudouin, dont elle est loin d'avoir le charme et la valeur. On la paye de 150 à 400 francs suivant état et conditions.

' Quoique la meilleure marché.

s Les premiers états seuls de ce graveur sont de beaux tirages, les cuivres mous dont il avait l'habitude de se servir baissant de suite, les derniers sont sans valeur. — Voir les l'rançuises du XVIII- siècle. Paris. Dcntu, 1887. écrit en collaboration de notre cher et regretté ami le marquis de Granges de Surgères.

EISEN (Charles, d'après) 1720-1778

Le Jour (par Patas). — Dans un luxueux intérieur, une vieille femme est assise, vue presque de dos de trois quarts à droite, elle regarde sa fille sans doute, qui debout au milieu de la composition, donne sa main à baiser à son fiancé ; derrière eux, trois autres personnages. A droite, sur le tout premier plan, un chien est couché. Au bas, deux vers : Egards, tendresses. . .

La Nuit (par Patas). — Un lit au fond à gauche, et assis au milieu de la composition, les nouveaux époux. Une femme de chambre est en train de deshabiller la mariée. A droite, une table de toilette près de laquelle une seconde soubrette ramasse une robe. En bas, deux vers : La Nuit du mariage. . .

Ventes : Behague, avant toutes lettres, 505 — Muhlbacher, même état, 415 — Aubin, même état, t. m., 1600 — Decloux, t. m., 345 — Destailleur, Le Jour, avant toutes lettres, 270 — La Nuit, avant la lettre, 300; les deux avec la lettre, 140.

Les Désirs satisfaits — La Vertu sous la garde de la fidélité (par Patas).

Pendants assez recherchés, mais seulement en avant lettre, valent alors 250 à 300 francs.

Comtesse de Mareilles de Létancourt (par deLongueil, 1765 — Panhard, 40). — Une femme habillée à l'antique — Vénus sans doute — est assise sur une balustrade au pied d'un socle sur lequel est un brûle-parfum, elle tient entre ses mains, un médaillon qu'elle enguirlande de roses et dans lequel est le portrait de la jeune comtesse. Au dernier plan, un temple grec, et au-dessous du portrait, deux Amours — dont l'un tient une torche renversée — supportant des écussons accolés de Mareilles et de Létancourt recouverts en partie d'un voile funèbre et timbrés d'une couronne ducale. Sous le trait carré à gauche : Ch. Eisen del 1764, et à droite : De Longueil sculp 1765. En bas, huit vers sur deux colonnes : L'art ne peut exprimer. . .

Nous ne connaissons d'état de cette remarquable et fort rare estampe que celui décrit ci-dessus. Une épreuve passa à la vente de Goncourt et y fut adjugée 200 francs.

FICQUET' (Etienne)

Artiste d'une habileté énorme et d'une préciosité qui n'a de comparable que celle de Grateloup. Son œuvre est considérable, il a été admirablement analysé par Portalis et Béraldi. Dans son catalogue, Faucheux mentionne 176 portraits, plus deux douteux ou apocryphes. Parmi les chefs-d'œuvre du graveur, citons tout spécialement les suivants, au hasard de la pensée, et sans nous préoccuper d'un ordre chronologique quelconque, et profitons-en pour relater aussi quelques portraits dont certaines particularités ont échappé à Faucheux, particularités relevées dans la collection Guyot de Villeneuve, réunion superbe de 87 pièces en deux volumes, adjugée à sa vente 14000 francs :

Madame de Maintenon, 1759 (93) s ; deuxième planche, chef-d'œuvre de l'artiste, les épreuves recherchées sont sur papier double — Eisen (51), le bel état o la perruque et « la main blanche, ainsi que celui non décrit avec la signature au bas à droite : E. Ficquel 1761, au lieu de E, Ficquet sculpsit. — Boileau (18) — Van der Meulcn (96) — Louis V (89), avant le nom du dessinateur Boisot, inconnu a Faucheux — Molière (101), les noms des artistes sont en gros caractères, épreuve dite à la grande lettre, état inconnu à Faucheux — La Mothe Le Vayer (84) — La Fontaine (61), le bel état au ruisseau blanc — Louis XV (91), rarissime — Chencviérc (31), 1" état, à l'eauforte, dans un ovale avant l'encadrement, état inconnu à Faucheux — Hossuet (20), il y i états au lieu des 2 mentionnés par Faucheux, les épreuves avec la lettre sont les plus rares, le nom de Rossuct est sur la tablette, mais sans le nom des artistes — Madame de Mironton (100), avec la tablette blanche, état inconnu à Faucheux — Crébillon (37) — Jean-Jacques- Rousseau (132) — Jean-Baptiste-Rousscau (131) — Pierre Corneille (34) — Descaries (39), etc., etc.

Mettons en garde les amateurs contre les portraits suivants, dont les cuivres existant à Paris, il est fait des tirages au fur et à mesure des besoins de la vente, planches éreintées ou revirginisées : de Chennevières, Cicéron, Corneille, Crébillon, Descartes, La Fontaine, M'"? de Maintenon, Molière, Montaigne. Regnard. J.-B. Rousseau, J.-J. Rousseau, Vadé et Voltaire.

• Son catalogue a été fait par Faucheux. Paris. 1804. il y avait joint la description des œuvres de Savart et Grateloup. Cette monographie originale est devenue trèl rare, heureusement que publiée dans la Revue l'niverselle des Arts, on en a fait des tirages spéciaux paginés comme la Remit' elle-niénif.

' Numéro du catalogue Faucheux. — La classement des étala est souvent furt difficile, l'artiste i n ;ibusall un peu, certaines pièces en avalent jusqu'à huit.

FRAGONARD ' (Honoré, d'après) 1759-1806

L'Armoire (eau-forte du Maître). — Deux amoureux cachés dans une armoire, y sont surpris par leurs parents courroucés; la fille pleure, et le gars tout penaud baisse les yeux, ramenant contre lui son large chapeau à la hauteur de la ceinture.

Elle existe en contre-partie gravée par Robert de Launay, et en manière de lavis par Campion ». Cette pièce qui par le nom de son auteur et son sujet, semblerait devoir être très recherchée, laisse le collectionneur assez froid ; il faut l'avoir tout au moins avant l'adresse de Naudet ; suivant état elle vaut de 30 à 200 francs. — Le dessin original provenant du cabinet Varanchon est actuellement chez le baron Edmond de Rothschild.

Les Hasards heureux de l'Escarpolette ' (par N. Delaunay). — Une jeune femme dans une escarpolette, installée dans un arbre aux puissantes ramures, est balancée par son vieux mari qui est derrière elle et ne voit pas, tapis dans le feuillage par terre, un amoureux qui profile de l'envolée des jupes pour jeter un coup d'œil indiscret; une mule s'est échappée du pied droit de la femme.

Les états à rechercher sont suivant nous : le 2e avant toutes lettres et avant les armes ; le 3e, avant la dédicace ; le 4e, avec la dédicace et la faute au mol escarpolette, écrit escarpolettes comme du reste à l'état précédent. Tous ces états sont avec la planche carrée.

Ventes : Behague, 3e état, 700 — Roth, avec la faute sans autre désignation, C00 ; 5e état, 326 ; avec la planche ovale, marge vierge, 230 — Walferdin, G15 — Muhlbacher, eau-forte pure, avant toutes lettres et avant le fleuron où sont les initiales de Fragonard, 1000; 3* état, 700 — Decloux, avec la faute et avant YH avant Fragonard dans le bas à gauche, 700 — Gentien, 3" état, 900 — Goncourl, eau-forte pure, avant toutes lettres, 240 — Lacroix, avant la lettre et bien avant le fleuron, 685; avec la planche carrée, 540; une autre du même état, 390 — Patellier, 3e état, avant la dédicace, 800 ; la même, avec la faute, 4e état, doublée, 355 — Leroy, t. m., 980 — Roux, m., 665.

1 Consulter le remarquable ouvrage du baron Roger Porlalis. Honoré Fragonard, Paris. J. Rothschild. 1889.

2 Uyaunétat rarissime, avant toutes lettres où lechapeau indispensable cependant n'existe pas.

3 M. Henry Lemoine, 17. rue Pigalle, l'a fait regraver avec infiniment de perfection.

La Fontaine d'Amour — Le Songe d'Amour (par Regnault).

Estampe se faisant pendants ; la première est charmante, quant à la seconde, c'est d'un style pompier de première classe, aussi est-elle absolument délaissée. A la vente Lacroix, les deux pièces furent adjugées 480 francs. Le Songe était avant la lettre ; deux autres exemplaires avec la lettre grise atteignirent 245 francs.

L'Amour — La Folie (par Janinet).

Petites fadaises qui se payent encore assez cher, malgré qu'elles soient dénuées de toute valeur artistique.

Ventes : Muhlbacher, avant toutes lettres, les noms des artistes à la pointe seulement, 565 — Destailleur, avec la lettre, 420 — Bayard, 441 — Gentien, g. m., 700 — C. J. et G. K., très g. m., fraîcheur immaculée, 1910 — Lelong, 1950.

La Chemise enlevée ' (par Guersant). — Une jeune femme demi-nue sur son lit, auquel un Amour cherche à arracher sa chemise, son dernier voile ; la femme est couchée sur le flanc gauche. Au pied du lit, une torche renversée.

Nous n'avons jamais rencontré cette estampe qu'avec la lettre.

Ventes : Behague, g. m., 550 — Muhlbacher, g. m., 430 — Decloux, 155 — Pavie, g. m., 280 — Concourt, 60 — Lacroix, remargée, 42.

Ma Chemise brûle (par Legrand).

Cette estampe existe aussi coloriée, elle vaut suivant état de 60 à 180 francs. En 1898, à la vente du marquis de Chenue vières le dessin original à la sépia fut adjugé 16600 francs.

La Gimblette (par Bertony). — Couchée demi-nue sur un lit en désordre, une petite femme à l'air émoustillée tient sur ses jambes en l'air et demi-ployées, un carlin.

Ventes Muhlbacher, avant toutes lettres, avant les armes et avant la draperie qui cachent les parties de la femme, 121; avant toutes lettres, mais avec la draperie, 100 — Kinnen, avant la draperie, 107— L. Galichon, avant la draperie, 127 — Pichon, une pièce en couleurs la rappelant, signée à la plume Albane Dagoty, 2100, rarissime; celle de Bertony, 50 — Concourt, avant les armes et avant la dédicace, 35.

i Quand cette estampe parut en juin 1787. son prix de publication ctail de 3 livres.

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A noter encore comme pièces gracieuses et très connues du Maître, mais atteignant des prix relativement modestes: La bonne Mère, par N. de Launay; Le Verrou ' — Le Contrat (par Blot) — Le Verre d'eau — Le Pot au lait (par Ponce) — Les Pétards — Les Jets d'eau (par Auvray). Il y a aussi une suite « tout à fait charmante de cinq pièces ovales équarris en travers intitulées : Les Beignets — Le petit Prédicateur — L'Education fait tout — Dites donc s'il vous plail — L'Heureuse fécondité, toutes gravées par Nicolas de Launay; il faut tâcher de les avoir avant la dédicace, le cuivre est alors dans sa fleur et les épreuves en sont souvent éblouissantes. Il existe en agrandissement des épreuves en couleurs de Dites donc s'il vous plait, par Gautier Dagoty, elles sont d'une rareté extraordinaire. Un exemplaire passa à la vente Delacroix, où il fut adjugé 480 francs. A la vente de Goncourt le dessin original en bistre de cette gravure fut payé 12000 francs par M. Gaston Menier, croyonsnous. A noter encore deux pièces : La Curiosité et La Nature gravées toutes deux par Gérard et qui sont introuvables.

FREUDEBERG (Sigismond, d'après)

Dessinateur de la première série du célèbre Monument du Costume (1774) dont voici les douze titres 3 avec les noms de leurs graveurs :

Le Lever (Romanet) — Le Bain (Romanet) — La Toilette (Voyez Major) — L'Occupation (Lingée) — La Visite inattendue (Voyez Major) — La Promenade du Matin (Lingée) — Le Boudoir (Malœuvre) — Les Confidences (Lingée) — La Promenade du Soir (Ingouf) — Soirée d'Hyver (Ingouf Junior) — L'Evénement au Bal (Duclos et Ingouf Junior) — Le Coucher (Duclos et Bosse).

Cette première suite est inférieure au point de vue artistique aux deux autres de Moreau le jeune qui la complètent. La pièce détachée est toujours intéressante, mais au point de vue du collectionneur c'est l'acquisition en bloc de la série qui s'impose; si on est patient on pourra néanmoins attendre l'occasion pour la former, mais c'est quelquefois long, songez donc, trente-six pièces à acheter une à une...

1 Le dessin original provenant de la collection Varanchon est actuellement chez le baron Edmond de Rothschild.

* On peut y joindre encore du même graveur et du même format : La Gaieté conjugale — La Félicité villageoise d'après Freudeberg — L'Enfant chéri — Le Bonheur du Ménage d'après Le Prince — Le Poète Anacréon d'après Haudouin — La Gaieté de Silène d'après Bertin — L'Abus de la Crédulité d'après Aubry — Les Regrets mérités d'après M"' Gérard — C'est Papa d'après Van Gorp. Ces 14 estampes figuraient au catalogue Morgand, n* 40, en mars 1897. dans une demireliure oblongue du xvm* siècle, elles y étaient cotées 500 francs.

3 Quelqufois on joint au Monument du Costume de Moreau le jeune, édition de Neuwied-surle-Rhin, L'Heureuse Union (Bosse) et Les Mœurs du Temps (Ingouf aîné), cette dernière estampe quand le privilège et la bordure ont disparu prend le titre de La Surprise.

Mentionnons à titre de curiosité — car c'est en dehors de notre programme — les prix de quelques-uns des dessins originaux passés dans les ventes de ces dernières années : Le Bain, à la sépia, vente Josse 5400 francs ; L'Occupation, une première pensée à l'encre de chine, vente Decloux 1050; La Visile inattendue, sépia rehaussée de blanc, vente Josse 2100 francs!! il l'avait payée à celle de Mailand 4550; Le Boudoir, bistre sur traits de plume, vente Concourt 6000; Soirée d'Hijver, sépia rehaussée de blanc, vente Josse 2150, il l'avait achetée à Mailand 2220; L'Evénement au Bat, sépia, adjugée vente Josse 1250, à celle de Behague il l'avait payée 1550; Le Coucher, bistre sur traits de plume, adjugé, à la vente de Concourt, à M. Muhlbucher 7100 et revendu à la vente de ce dernier 8200; Les Mœurs du temps, gouache, adjugée vente Josse 1250, elle avait été payée 4000 à la vente Behague '. — Voici les prix obtenus pour les trois suites (Freudeberg et Moreau le jeune) dans les ventes importantes de ces dernières années :

Behague, la première suite avec quinze feuilles de texte, titre compris, avant les numéros, texte et estampes, marges vierges, 2100 ; la deuxième suite avec le privilège, marge vierge, 1700. A la vente de la bibliothèque de ce même amateur, la première suite, texte et gravure avec la tablette blanche, t. m., 6520; la deuxième et la troisième suite, texte' et planche avant la lettre, 17100 — Roth, première suite, avant les numéros, t. m., 7000; la deuxième suite, avec le privilège, t. m., 2810; la troisième suite, avec la lettre, 505 — Muhlbacher, première suite, avec quinze feuilles de texte... c'est-à-dire état Behague, 4000; la deuxième suite, avec le privilège, marge vierge, 2450; la troisième suite, avec le privilège, marge vierge, 3200 ; vingt-six pièces — deuxième et troisième suites — de l'édition de N'euwied-sur-le-Rhin, 700 — Aubin, première série, avant les numéros, 1100 — Marquis3 les trois suites, épreuves reliées de toute fraîcher, 14800 — Destailleur, les trois suites en un volume avec le texte, les Moreau sont avec le privilège, on y a joint Les Mœurs du temps et l'Heureuse Union, 12000; la deuxième suite réduite, avec le titre, 1015 — Millier, les trois suites, exemplaire non rogné, les Moreau avec le privilège, les Freudeberg avant les numéros, 10200 — Le Barbier de Tinan, la deuxième suite en réduction, avec le privilège, et le quatrain, 1205 — De la Béraudière, la même, exemplaire broché, non rogné et le titre gravé qui est rarissime, 1000 — Bardin, deuxième et troisième suites, avec le privilège, non ébarbées, 4750 — Guyot de Villeneuve, les trois suites dans un seul volume maroquin rouge avec dentelles, dos orné reliure de Cuzin, non rogné, avec le litre si rare de la troisième suite, les Freudeberg avant les numéros, les Moreau avec le privilège, 21000'; même vente, la deuxième suite en réduction, 905.

Le Petit Jour (par N. de Launay). — Dans un élégant intérieur, une jolie jeune femme, la gorge demi-nue, est debout le dos tourné à

' A la venu de la bibliothèque en issu (celle îles estompes ont Hou on 1877). » On ne connaît que i exemplaires contenant le texte si rare de la S* lutte.

\ ente telle en îton.

* Cet exemplaire d'une fraîcheur et d'une conservation exceptionnelles resté dans les couvertures ortgtnalei fut trouvé chez un marchand Hollandais.

la cheminée, en train de se faire habiller par sa camériste, pendant qu'un jeune seigneur assis devant elle les jambes croisées dans un fauteuil, lui tient des propos galants.

Ventes : Behague, eau-forte avant toutes lettres et avant les armes, les panneaux du fond décorés d'ornements supprimés dans la suite, 700; avant la lettre, avec la tablette blanche, les noms des artistes à la pointe, 480 — Wasset, avec la lettre, 200 — Muhlbacher, eau-forte état Behague, 710; avant la dédicace, 481 — Hocquart, avec la lettre, g. m., 210 — Decloux, 200 — Kinnen, 195 — Bayard, 200 — Gentien, 480; une autre épreuve, 255 - Patellier, 305.

La Leçon de Clavecin — La Leçon de Guitare (?)

Pièces au trait et coloriées, extrêmement rares. — Le dessin original à l'encre de chine de La Leçon de Clavecin fut adjugé, à la vente Decloux, 1100 francs ; il était encadré.

Ventes : Muhlbacher, 400 — Decloux, 310 — Destailleur, 160 — Baudet, 327 - De G., 135 - Josse, 340 - Pavie, 315 - C- J. et G. K., 300 - Leroy, 220.

GARNERAY (F.-J., d'après) 1787- ?

Le Roman (par Mixelle). — Près d'un feu qui flambe et protégée par un paravent qui est derrière elle, une jeune femme accoudée sur une table, lit un roman ; entre ses jambes, que la jupe relevée laisse voir, un chat la queue en l'air gratte de sa patte le pied droit de sa maîtresse.

Le Matin (par Mixelle). — A cheval sur un bidet et coiffée d'un bonnet, de profil à gauche, une femme se livre à des soins de toilette intime.

Pièces en couleur, rarissimes, surtout à rencontrer réunies, la première parut en septembre 1789.

Ventes : Muhlbacher, Le Roman est avant le jupon rallongé, 210 — Aubin, état Muhlbacher, 200 — Decloux, Le Roman en noir, 85 — Baudet, épreuves encadrées, 600 — Josse, état Muhlbacher, 710 — Ligaud, Le Roman seul avant le jupon rallongé, 310 — Pavie, état Muhlbacher, 1000 — Pavie, même condition, 860 — Leroy, 720.

GAUCHER' (Charles-Etienne)

Couronnement de Voltaire sur le théâtre français, le 30 mars

1778 (P et B 18).

Le bel étal est celui avec les armes, la dédicace à M">« de Villette et l'adresse chez l'auteur rue Saint-Jacques, etc., à rejeter celui portant adresse de Naudet. Cette estampe est un bijou ainsi que : Charles Le Kormanl du Coudrai] (98) — Fortunée Briquet (29) — Madame du Barri/ » — Baronne de Xoyelles (125) — Comtesse de Carcado (34) — Marie-Antoinette (110), adorable vignette, d'après Moreau le jeune, pour les Annales du régne de Marie-Thérèse, par Fromageot, 1775 — Madame Roland (Ml). — Toutes ces pièces se recommandent d'une façon très particulière à l'attention de l'amateur, étant donnée la valeur exceptionnelle du Maître qui les a gravées et dont la spécialité était le portrait, mais surtout la vignette.

GRATELOUP3 (Jean-Baptiste de)

Les portraits de Grateloup sont d'absolues merveilles de finesse, aucun artiste non seulement ne l'a égalé, mais aucun ne l'a même approché; ses estampes — si l'accouplement de ces mots ne semblait pas hurler — ont pour l'œil l'aspect d'adorables miniatures en manière noire*.

Grateloup cessa de graver en 1771, comme l'atteste sa correspondance en mars 1809 avec M. Joly, conservateur des Estampes à Paris; il tirait lui-même ses cuivres, trouvant que les imprimeurs ne le faisaient pas à sa satisfaction. On peut dire que son procédé est resté inconnu, il gravait sur acier, croit-on, et la dimension de ses planches ne dépassait pas celle d'une grande carte de visite.

L'œuvre ne se compose que de neuf portraits que voici, avec le numérotage du catalogueur Faucheux :

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