‹ A travers cinq siècles de gravures, 1350-1903. Les estampes célèbres, rares ou curieusesChapitre 11 sur 20 · FORAIN (J.-L · texte numérisé non relu

FORAIN (J.-L

Le Bain. — Au fond à gauche une baignoire, à droite un lit et sur le tout premier plan une fille nue qui a encore la jambe droite chaussée de son bas noir, elle est debout en train de retirer l’autre ; près d’elle à terre, une pantoufle. Dans le coin droit inférieur : F.

» The Century illustrated de New-York a consacré, sous la signature de William A. Collin, dans son numéro de décembre 189G, un intéressant article sur M. S. P. Avery qui est une des physionomies les plus connues et les plus sympathiques de New-York.

DIX-NEUVIÈME ET VINGTIÈME SIÈCLES

Très rare lithographie, tirée à 12 épreuves. — L’artiste est une de nos célébrités contemporaines ; dessinateur merveilleux, il sait, dans une admirable synthèse, en deux coups de crayon, vous croquer une scène, vous camper un personnage. — Son œuvre demeurera, comme ceux de Daumier et de Gavarni ; n’oublions pas de noter ses légendes à l’emporlepièce qui viennent encore, dans leur brièveté, donner un colossal relief à un graphique cependant singulièrement expressif par lui-même.

La Saisie. — Une femme vue de dos en chemise et rajustant son pantalon; près d’elle, un huissier, la serviette sous le bras, s’apprête à sortir en lui jetant un coup d’œil lubrique.

Curieuse et fort rare lithographie qu’il faut avoir avant la légende : Ah! si tous les huissiers étaient comme vous!! délicieuse dans sa profonde naïveté. A noter encore : A l’Audience, rarissime, tirée à 10 épreuves.

Le Quart d'Heure de Rabelais. — Dans un cabinet particulier, un garçon aide un client à remettre son pardessus, pendant qu’à gauche dans la glace, une femme rajuste sa voilette.

Eau-forte devenue introuvable. — Voir le numéro de L'Album consacré à l’artiste, avec préface de Lucien Puech.

FOREL (Alexis)’

Saint-Prex. — Une rue au fond de laquelle se détache sur un ciel merveilleusement clair, un modeste clocher de village. On aperçoit à l’extrémité de celte rue, deux paysans. En bas à gauche : A. Forel, et à droite : S'-Prex 1884-,

Le Moulin à Vent. — Dans le Finistère, un moulin dont les ailes sont tournées à droite et au pied desquelles est un cheval. A gauche au premier plan, un talus. Pas de signature.

Moulin à vent d’Esquibien. — Sur un tertre dominant la mer, un moulin à vent ; dans le ciel à gauche, le soleil voilé par un petit nuage noir — sorte de stratus — éclaire la mer de ses rayons. A droite, une colline. Pas de signature.

1 Né à Lausanne en Suisse.

DIX-NEUVIÈME ET VINGTIÈME SIÈCLES

La Lande. — Au milieu d’une lande, dont le tout premier plan est une mare bordée de roseaux, deux chaumières entourées d’arbres malingres et rabougris. Au fond à gauche, se profilent des sapins. Dans le coin droit inférieur : A. Ford 85.

Les pièces que nous venons de décrire ont été traitées par l’artiste avec un sentiment d’une exquise poésie. Il a su rendre à miracle le charme si pénétrant et si mélancolique à la fois de notre chère Bretagne. Il y a là des qualités de morsure et de couleur absolument remarquables ; les ciels surtout sont peut-être les plus merveilleux qu’ils nous aient été donnés de voir en gravure; nous ne connaissons pas un artiste qui lui puisse être comparé pour ce détail.

Des raisons de santé ont rappelé M. Forel en Suisse, sa patrie ; l’ayant perdu de vue de ce fait, nous ignorons s’il a continué à graver. — A recueillir encore dans son œuvre : La Lande par un grand vent — Les deux Routes — Vue d’un Quai de Paris < — La Cathédrale de Lausanne.

L’artiste a exposé aux Peintres-Graveurs français en 1890. — Voir H. Béraldi, tome VI, Paris, 1887.

FORTUNY (Mariano)

Né en Espagne en 1838, mort à Rome en 1874. — Œuvre très peu considérable, 29 eaux-fortes seulement, dont nous ne retiendrons que les suivantes qui sont très remarquables :

Arabe veillant le corps de son ami (Béraldi 1) — Kabyle mort (2).

A la vente Concourt, ces deux pièces furent adjugées 245 francs; deux superbes exemplaires dans la collection du comte Matheus.

Anachorète (16).

Vente Courtry, sur japon, avec les marges sales, 80 francs. — Un exemplaire hors pair, collection comte Matheus.

A la vente Courtry, 29 pièces, c’est-à-dire l’œuvre complet de l’artiste, sur chine volant, en épreuves d’essai, avant lettre ou titre à la pointe, fut adjugé 360 francs. — Vente Mène, l'œuvre, 260 francs.

Mentionnons encore : Idylle (4) — La Victoire (3).

Voir : II. Béraldi, tome VI, Paris, 1887 — Baron Davilliers, Paris, 1887.

1 Autrement dit : !,e petit bras rie la Seine nu du quai des Grands- Augustins (1884).

DIX-NEUVIÈME ET VINGTIÈME SIÈCLES

FULLWOOD (John)

Peintre-graveur très colé en Angleterre, peu connu à Paris où il a rarement exposé ; il est difficile de se procurer son œuvre en France et même quelquefois en Angleterre, beaucoup de ses cuivres ayant été publiés en Amérique.

Parmi les pièces les plus désirables, nous mentionnerons :

A Scollisli Twilight — The Siualloiu’s Haunt — A Gipsy Camp (vue prise près de Paris) — A Thames Backwater (publié en Amérique) — The Sony of Autumn, admirable eau-forte dont il fut tiré seulement 40 épreuves imprimées sur japon lin, après quoi le cuivre fut brisé en autant de morceaux que d’épreuves, et chaque pièce vendue était accompagnée d’une de ces fractions.

L’œuvre est assez considérable et doit se monter à environ 150 à 180 pièces.

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