INGRES (J.-D
Notons pour mémoire et à titre de simple curiosité la seule eau-forte qu’ait gravée le Maître :
Gabriel Cortois de Pressigny» archevêque de Rennes, ambassadeur de France à Rome en 1816.
Elle a passé à la vente Defer-Dumesnil où elle fut adjugée à M. Kennedy 410 francs, elle était avant toutes lettres et portait seulement sous le trait carré à gauche tracé à la pointe : J. D. Ingres fecit Romæ.
ISABEY (Jean-Baptiste)
Né en 1767, mort en 1855. Peintre et lithographe ayant apporté une couleur dans ses planches qui a été rarement dépassée, nous n’en voulons pour exemple que :
Radoub d’une Barque à marée basse. — Sur le bord de la mer, au pied de hautes falaises à pic, des chaumières et deux barques à sec. Au fond de l’estampe, à gauche, une autre barque que des pêcheurs sont en train de flamber pour la radouber.
Admirable pièce devenue extrêmement rare.
Le Retour au Port. — Entre deux estacades, par une mer houleuse, quatre barques rentrent au port ; trois d’entre elles ont encore leur voile, celle du tout premier plan a amené la sienne.
La plus belle épreuve connue est, croyons-nous, chez M. Béraldi. A la vente Moignon elle fit 200 francs, à celle de Mène, une admirable épreuve d’essai signée, ayant deux croquis dans les marges, atteignit 325, dernièrement, à la vente Mallet elle fut adjugée 200 francs, elle fut acquise par M. Alfred Bcurdeley, c’est lù qu’il nous a été donné de la voir.
M. A. Bcurdeley peut être considéré à l’heure actuelle comme possédant une des plus riches collections du monde en xixe siècle; on peut presque affirmer que rien ne lui manque, nous n’exagérons pas en disant qu’il y a là enfoui dans scs cartons 10 à 12000 pièces, toutes triées sur le volet et de qualité irréprochable.
Nous ne parlons pas de ses dessins qui, eux, appartiennent à tous les temps, à toutes les écoles, depuis les primitifs jusqu’aux contemporains; les murs de l’escalier de son hôtel de la rue de Clichy — quatre étages — ainsi
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que ceux de ses appartements en sont tapissés, ils sont tellement rapprochés sur certains panneaux qu’on ne saurait loger entre eux un timbre-poste. C’est là encore, que durant de longues heures, nous nous sommes documenté, aidé de la plus intelligente et cordiale façon par le maître de céans, un passionné doublé d’un érudit auquel rien de ce qui se passe dans le monde des arts ne demeure étranger. Qu’il reçoive donc ici l’assurance «le notre profonde et affectueuse gratitude pour les jouissances inoubliables qu’il nous a procurées.
Quelques pièces d’Isabey ont été lithographiées à la manière noire par L. Sabatier et imprimées à Paris chez Cattier, elles se faisaient remarquer par leur vigueur et la beauté de leurs noire.
JAGQUE (Charles)
Né à Paris le 23 mai 1813, mort en mai 1894. Peintre et graveur de sujets champêtres, animaux, scènes de cabaret et paysanneries. Son œuvre gravé, très apprécié, est considérable et dépasse 500 pièces. Il y en a de charmantes, de véritables perles, surtout dans les petits formats. L’artiste, extrêmement habile manque, suivant nous, d’originalité, nous le trouvons infiniment supérieur connue peintre où, alors, il est lui-même et tout simplement merveilleux.
Les trois plus belles collections existantes de l’œuvre du Maître sont chez M. Giacomelli, le délicieux peintre des oiseaux, chez M. Charles Chincholle ', l’aimable directeur-propriétaire de L'Estampe, un fanatique du graveur, et à la Bibliothèque Publique de New-York, don de M. Avery, cette dernière réunissait 920 pièces.
Le catalogue de l’œuvre, très dur à faire, a été établi par J.-J. Guiffrey, Paris M DCCC LXVI, avec supplément par un anonyme, Paris M DCCC LXXXIV ; les classifications laissent beaucoup à désirer, la préface, en revanche, en est intéressante ainsi que les descriptions d’états. Voir aussi IL Béraldi, tome VIII, Paris 1889.
Une exposition de l’œuvre, ou plutôt d’une très petite partie de l’œuvre, de Ch. Jacque eut lieu en 1881 chez Durand Ruel, et en 1894 on faisait la vente de son atelier qui produisit la somme de 391464 francs, disons en passant que le catalogue était très mal fait au point de vue des gravures, car on avait complètement négligé de mentionner pour chaque estampe le numéro correspondant, soit de Guiffey, soit de Béraldi; or, comme beaucoup de pièces portent les mêmes rubriques, la lecture du catalogue laissait absolument dans l’ignorance de l’eau-forte signalée, le collectionneur éloigné de Paris qui aurait voulu la commissionner. En 1898, M. Keppel faisait de son côté, à New-York, une fort belle exposition de l’œuvre gravé de l’artiste où figuraient beaucoup de pièces uniques et non cataloguées.
1 Le regretté collaborateur (lu Figaro est mort dans la nuit du 2â au 2(i août 1901 ; c’est une sympathique physionomie parisienne qui disparaît.
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Le Tueur de Cochon (Guiffrey 26). — Pendu à gauche sur un mur, un cochon vient d’être ouvert par un charcutier ; sous la tête de l’animal est un billot, et derrière l’homme une échelle est appuyée au mur. 18 H.
Troupeau de Porcs (85). — Au pied d’un tertre, au sommet duquel on aperçoit quelques arbres, s’étend un champ de truffes, qu’un troupeau de porcs est en train de fouiller ; leur gardien est près d’eux. A droite, une palissade à demi démolie. A gauche, l’horizon que masquent des arbres. Dans le ciel nuageux, un vol d’oiseaux. 1845.
Cette pièce, très connue sous le nom de La Truffière, est considérée connue le chef-d’œuvre de Jacque, il la faut avoir en b>’ état, c’est-à-dire avec le porc noir au premier plan et les initiales C. J. sur l’avant-dernier animal ; très rare.
A la vente Mène, deux épreuves d’état ail porc noir furent adjugées 260 francs, à la vente Dreux, cette pièce sur chine avec Femme faisant rentrer les porcs (86) les deux pièces 14 francs, à cette même vente La Souricière (162), sur chine, avec 5 autres pièces furent payées 10 francs.
Le Soir (94). — Un pastour conduit ses cinq vaches sur une chaussée avoisinant une mare plantée de roseaux qui abritent des canards. La nuit vient. Dans le ciel, un vol d’oiseaux. En haut, à gauche : Ch. Jacque 1850.
La Grande Bergerie, 1859 (161). — Un berger à gauche, au milieu de l’étable, est occupé à prendre de la paille pour la litière dans un râtelier suspendu au plafond par des cordes. L’éclairage vient par deux fenêtres au fond à droite, l’étable est pleine de moutons ; au presque premier plan, un baquet près duquel est une poule. Le long du mur, à gauche, la mangeoire. — Pas de signature.
Voici la pièce la plus incontestablement célèbre ,de tout l’œuvre, la seule qui atteignit ce qu’on peut appeler relativement un gros prix pour une estampe contemporaine, c’est-à-dire 800 à 1000 francs. Elle a été tirée exactement à 129 exemplaires en y comprenant les 27 épreuves d'essai, la planche est détruite. Le hr état est une eau-forte pure.
A la vente Mène, une épreuve d’essai, signée au crayon, fut adjugée 910 francs. Nous n’éprouvons pas pour cette estampe l’engouement général, c’est une belle pièce, mais c’est tout : nous la trouvons sans grande couleur et d’un prix absolument surfait qui détonne vraiment avec ceux beaucoup plus modestes qu’atteignent les autres pièces de cet œuvre. Une épreuve de condition et d’état exceptionnels est exposée dans la salle d’entrée du Département des Estampes.
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A la vente Casimir Périer en 1898, l’œuvre du Maître — un des plus beaux connus, disait le catalogue — compose d’environ 922 pièces, lut adjugé en bloc à la Bibliothèque Nationale pour la somme de 1020 francs!! Ça ne les remet pas à 40 sous l’exemplaire; il est vrai de dire — chose très singulière — que la maîtresse pièce, La Grande Bergerie, brillait par son absence, elle était remplacée par une réduction au procédé sans aucune espèce de valeur.
A la vente Moignon, une épreuve avant la lettre, toute marge, fort belle paraît-il, fut adjugée 420 francs.
A la vente Monnerot en 1884, un fort bel œuvre du Maître de 428 pièces fut adjugé en bloc 790 francs.
L’Orage (249). — Sur le bord d’une mare, près des quelques arbres qui l’entourent, un cheval blanc s’est mis à l’abri, la tête est tournée à droite ; il pleut à torrent. 1848.
A la vente de l’atelier de l’artiste, un 1er état, eau-forte pure sur hollande fut adjugé 1G0 francs. Cette petite pièce est de toute rareté car elle n’a été tirée qu’à 6 exemplaires, elle n’est pas gravée tout à fait dans la manière ordinaire du Maître.
La Forge aux deux Ouvriers (256). — A droite, une forge, devant laquelle un ouvrier est debout, une barre de fer à la main, il est vu de dos. Près de lui, son compagnon trempe dans un seau la pièce qu’il vient de marteler sur l’enclume qui est près de lui ; à gauche une cloison, et sur le devant deux marteaux. 1848.
Charmante petite pièce tirée à 20 exemplaires seulement. Au ln état il n’existe qu'un seul marteau ; dans les épreuves postérieures il y a un fort joli travail de roulette, instrument dont abusait un peu l’artiste; c’est vrai qu’il s’en servait si bien!
Moulin de la Butte Montmartre (260). — La nuit tombe ; sur la butte que deux femmes gravissent, on aperçoit à gauche le moulin ; le milieu de l’estampe est occupé par une grande construction.
Il n’a été tiré que 15 épreuves.
L’Hôtellerie (269). — Dans une cour d’auberge, un voyageur, vu de dos, est éclairé par le falot d’un garçon d’écurie qui est à droite en train de donner à boire à ses deux chevaux. Les jambes de devant de l’un d’eux sont en pleine lumière. 1864.
Cette scène de nuit est fort remarquablement interprétée.
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Troupeau de Moutons (27Ü). — Sur un tertre, un berger est assis à gauche sous un saule ; il est tourné à droite, appuyé sur un bâton, regardant paître le troupeau de moutons qui est à ses pieds.
Charmante petite pièce.
La Petite Ville (Supplément n° 63). — Une église et un donjon se profilent sur le ciel clair ; sur la rivière, à droite, deux chalands avec leurs voiles, et au milieu de l’estampe, sur le tout premier plan, deux laveuses. En bas : Ch. Jacque 1818.
Fort délicate pointe sèche.
M. H. Giacomelli possède un millier de pièces de cet artiste en superbes épreuves.
JAZET (J.-P.-M. par) 1788-1871
La Promenade au Jardin Turc (d’après J. -J. de B' '). —
A gauche de la composition, de vastes bâtiments aux murs élevés et une terrasse plantée d’arbres sur laquelle à droite s’élève un pavillon chinois, de nombreux personnages circulent ou sont assis ; tout à fait à gauche, une petite voiture dans laquelle sont deux enfants, se dirige vers la droite, puis un portail à grilles au fronton duquel on lit en lettres gothiques : Jardin Turc ; c’était par là, sans doute, qu’on accédait à la terrasse. A gauche, au bas de l’estampe : A Paris chez Rolland, place des Victoires, n° 10.
Pièce coloriée très recherchée et devenue rare aujourd’hui, nous ne la connaissons qu’avec la lettre.
Ventes : Behague, t. m., 2CÛ — Muhlbaeher, 305 — Aubin, 300 — Decloux, 420 — Destailleur, 250 — Kinnen, g. m., 310 — Pavie, 260 — Lacroix, encadrée, 330 — Roux, 375.
> Lisez : Jean-Joseph de liez ; c’est M. Fenaille qui a découvert enfin le nom si longtemps resté iynori de ce dessinateur ; c’était un peintre de paysages médaillé en 1824, et c’est sous son nom que la gravure qui nous occupe a été déposée à la Bibliothèque Nationale.
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JEANNIOT (Pierre-Georges)
Les Modistes. — Dans une boutique, au milieu de carions et de chapeaux posés sur leur champignon, deux vendeuses debout ; à gauche, une cliente assise près d’une table sur laquelle est un chapeau, elle a une ombrelle dans la main gauche. — Eau-forte en couleurs à 25 épreuves.
Sur la Plage. — Trois femmes sont assises à l’abri de deux tentes en toile rayée, près du rivage où on aperçoit une quatrième qui sort du bain ; entre les deux femmes du premier plan, une chaise sur laquelle une ombrelle est déposée. — Eau-forte en couleurs à 25 épreuves.
La Malade. — Une jeune femme de profil à gauche est assise dans un fauteuil en bois recourbé, un pied sur le barreau de la chaise qui est devant elle, et la main gauche appuyée sur le bras du siège.
Cette description est celle du l«r état au fond blanc — tiré à 5 épreuves en noir — les états suivants sont en couleurs avec fond, palissade, arbre, bord de mer et petit bateau à la voile. — Eau-forte à 25 épreuves.
Devant la Glace. — Une jeune femme debout de profil à droite, décolletée et bras nus, un gros bouquet passé dans la ceinture, est en face d’une glace en train d’arranger son chignon ; l’air songeur, une amie est assise près d’elle, le menton appuyé dans la main gauche.
Charmante épreuve en couleurs, d’une touche délicate et discrète, tirée à 25 exemplaires ; le l<=r état en noir ne l’est qu’à 5.
Mentionnons encore la belle eau-forte du Bataillon en marche; et Angèle — La Cigarette — Dans l'Escalier, bois au canif en couleurs plein d’originalité.
L’artiste a obtenu une médaille d’or à l’Exposition de 1900.
JOURDAIN (Francis)
Naguère. — Une verte prairie bordée par une rivière le long de laquelle se promène une vieille dame, l’éventail fermé à la main ; elle se dirige vers la gauche, porte le costume de 1830, el sa silhouette
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complètement de profil à gauche se reflète dans l’eau. Au fond de l’estampe, un bois sombre dont la cime s’échancre vigoureusement sur un ciel clair.
Eau-forte en couleurs que nous considérons comme la pièce maîtresse de l’œuvre ; tirée à 25 épreuves, au bout de quelques jours elle était épuisée.
L’artiste qui est très jeune — il a à peine 27 ans — a horreur du banal et du convenu, aussi apporte-t-il dans son art une distinction native et une originalité de métier qui séduit et captive ; nous sommes donc convaincu que, le temps aidant, on ne tardera pas à l’inscrire parmi les Maîtres les plus intéressants de notre heure.
Environs de Blois. — Au fond de l’eslampe, sur un terrain légèrement penté, on aperçoit quelques maisonnettes ; devant elles, passe la route blanche. A gauche, au premier plan, un arbre isolé.
Pointe sèche en noir du début de l’artiste — vers 1897 — tirée à 10 exemplaires comme du reste toutes ses premières pièces en noir; celles en couleurs sont tirées à 25 ou 30. Il y a eu plusieurs études portant ce même titre, mais toutes sont différentes de composition.
A noter encore : Lever de Lune — Daine de Jadis, dite au Châle rouge (épuisé) — Le Coq blanc — Le Coq noir — Le Coup de Vent — L’Eglise de Benerville — Maisons à Saint-Pierre de Manneville, etc., etc. — Le Studio de mars 1901, sous la signature de Gabriel Mourey, lui a consacré un article.
KŒPPING (Karl)
Peintre-graveur de Dresde, d’un très grand talent, a exposé souvent à nos Salons annuels de Paris, entre autres à la Société Nationale des Beaux- Arts, les eaux-fortes originales suivantes :
Idylle d’Eté, 1893 — Tristesse, 1895, tirée à 17 épreuves — Souvenir, 1896 — Femme nue assise, 1897.
Il a aussi exposé à La libre Esthétique de Bruxelles dont M. Octave Maus est le très distingué directeur. En 1897, y figurait un de scs plus beaux morceaux : La Forêt et le Soleil. — L’artiste est Grand-Prix de gravure à l’Exposition de 1900.
KOLLWITZ (Mme Kate)
La Carmagnole. — A l’entrée d’une rue étroite où sont dressés les bois de justice, des hommes et des femmes demi-nus dansent ensemble la carmagnole, pendant qu’à gauche de l’estampe, un tambour bat le rappel. — Eau-forte.
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La Conjuration. — Dans une salle de cabaret, autour d’une table violemment éclairée, des ouvriers sont assis ; l’un d’eux, celui de gauche, se penche vers ses camarades pour leur parler. Sur la table, des verres ; au plafond, une lampe est suspendue. — Eau-forte.
Cette scène a été traitée également en lithographie, mais avec quelques modifications.
Les Paysans. — Dans les airs, une femme nue appelant à la révolte des paysans qui se dirigent vers la droite en suivant un drapeau, les bras tendus vers celle qui personnifie pour eux leur idéale. — Eau-forte.
La Révolte des Tisserands. — Dans une pauvre et misérable mansarde, une mère abîmée de douleur est penchée, la tête dans ses mains, sur le lit de son enfant mort. Au fond, une lucarne par laquelle entre le jour. — Lithographie.
Ces scènes — dont l’auteur est, croyons-nous, la femme d’un docteur de Berlin — sont empreintes d’un réalisme âpre et cruel qui n’est pas sans grandeur. Au point de vue métier, c’est plein de couleur et d’énergie, et on ne peut les regarder sans éprouver quelque chose, comme une impression de saveur nouvelle. En raison même de la puissante personnalité qui se dégage de ces œuvres, elles ont droit de figurer à côté des pièces les plus typiques de notre époque.
C’est en décembre 1901, chez Charles Hessèlc, 13 rue Laffitte, que nous eûmes l’occasion de voir ces estampes — pour lesquelles nous fîmes même spécialement le voyage de Paris — ainsi que celles de Aimer, Greiner, Jettmar, Klinger, Overbeck, Stauffer-Berne, Wolff, Paczka, etc., tous graveurs de race germanique.
A ce sujet, qu’il nous soit permis de féliciter hautement ici l’intelligent marchand d’estampes et de le remercier vivement de mettre ainsi les amateurs à même de connaître un peu les artistes étrangers ; on a voulu lui en faire un grief, en alléguant qu’en France on devait avant tout favoriser l’art français, c’est vrai, et personne n’est plus chauvin que nous à cet égard, et personne n’apprécie mieux que nous à sa haute valeur notre admirable Ecole Nationale de gravures, la première du monde à l’heure présente ; mais de là à exiger qu’il faille impitoyablement frapper d’ostracisme tout ce qui n’est pas français, jamais ! nous serons au contraire à ce sujet d’un internationalisme enragé, parce que nous estimons qu’en agissant ainsi, on excitera, en la créant, une émulation aussi salutaire que féconde. Ch. Hessèle l’a parfaitement compris, et dernièrement encore, en février 1899, il faisait, au Ivunsthalle de Bâle, une exposition d’estampes originales où brillaient en vedette les noms de nos premiers artistes qui s’appellent : Buhot, Bracquemond, Jeanniot, Desboutin, Lepère, Boilvin, Béjot, Hclleu, Fantin-Latour, etc., montrant ainsi combien il avait à cœur de prouver à l’étranger la valeur de nos compatriotes.
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Sous la signature de Clément Janin, l’éminent et distingué écrivain d’art, la Gazette des Beaux-Arts de février 1902 a publié un article consacré à l’exposition des artistes allemands désignés en tête de cette note.
Terminons en disant que les catalogues que Ch. Hessèle publie pour scs expositions sont fort intéressants, et qu’ils sont à conserver ainsi que les cartes d’invitations illustrées qu’il a coutume d’envoyer pour la circonstance.
KOOPMAN (Augustus-B.)
Artiste américain de valeur qui avait exposé chez Georges Petit en 1898 une très intéressante série de pointes sèches et de monotypes, parmi ces derniers que nous ne mentionnons qu’à titre de curiosité, car ce n’est pas à proprement parler de la gravure, nous citerons : L’Aube — Les Amoureuses — Femme Joyeuse — La Lumière — Le Bain — Le Crépuscule, et dans les pointes sèches : Cabaret à Volendam — Dame à l’Ombrelle — Port de V Atlantic City.