‹ A travers l'Afrique australeChapitre 11 sur 29 · UN SYSTÈME DE TRAVAIL MONACAL · texte numérisé non relu

UN SYSTÈME DE TRAVAIL MONACAL

gentleman, et son ambition est de se faire élire membre du Parlement de la colonie. Il y arrive presque toujours. A côté de lui, il y aie I. D. B. proprement dit, qui vend en détail la marchandise volée, qui tient ostensiblement un magasin, ou qui spécule. 11 est l'intermédiaire du premier, et à son tour il emploie le courtier indigène. Celui-ci, qu'il travaille ou non dans les mines, a pour fonction d'exciter au vol ceux qui opèrent sur le terrain. Au quatrième échelon, nous trouvons le Cafre qui vole. 11 n'y a pas moins de six mille Cafres qui travaillent sous terre et sur les champs de pulvérisation, et il est clair qu'ils ont mille occasions de commettre des larcins. Attirés àKimberley par l'espoir de gagner de quoi acheter une femme, ces pauvres Cafres succombent facilement à la tentation. Ce sont eux qui payent leur dette à la loi pénale. Pendant que le respectable gentleman siège au Parlement, le Cafre, gibier de potence, s'en va grossir l'armée des convîcts.

Le Cafre est naturellement voleur ; le vol est chez lui un système, et il le pratique avec une adresse incroyable; doué d'une vue bien supérieure à celle du blanc, dès qu'il aperçoit un diamant, il sait tromper la surveillance en saisissant la pierre cotre les orteils, et il sait la cacher si habilement dans la bouche que l'exa. menle plus minutieux ne la fera point découvrir. à ses yeux le vol n'a rien de dégradant : il met

à tromper le blanc une sorte rie point d'Iionneuj et d'orgueil national, et c'est ainsi qu'il est I plu3Ulile instrument des I. D.

Quelqu'un m'a soutenu très sérieusement qw les 1. D. B. rendent de précieux services à m colonie. Pourquoi ? Parce qu'ils dépensent place ce qu'ils gagnent, tandis que le possessem légitime envoie son gain en Europe et quitte id colonie dés qu'il s'estime assez riclie. L'I. D.bS est donc un mal 'nécessaire, sinon un bienfait^ Singulier pays que ce pays des diamants 1

Pour soustraire leCafre au contactde l'I.D.B., on l'a isolé dans ces componnds muréa, où le ciel même est clos, car la cour à ciel ouvert est tendue d'une toile métallique depuis qu'on s'aperçut un jour que les noirs lançaient par-dessus les murs des paquets de diamants à des compères du dehors. Non seulement on les traite en prisonniers, on les soumet encore à lapins minutieuse et à la plus dégradante des inquisitions. Le Cafre soupçonné de vol doit, au sortir de la mine, subir une exploration corporelle : on lui visite la bouclie, Icnez, les oreilles, les cheveux, les orteils, les aisselles, les plus intimes parties du corps qui peuvent dissimuler un diamant.

Mais comment s'assurer s'iln'apasavalé le corps du délit ? Comment se livrer à une exploration interne ? Comme il n'est guère possible de

^ interne ? Comme iJ n est guère possible de ^^^^etourner la peau d'une Cafre, on enferme Iftfl ^^^^■|ûf)t soupçonné dans une cellule oi!t on le boii^H

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mot à une quarantaine et où on lui administre une potion qui fait sûrement découvrir... la vérité. Que de joyaux brillent sur les épaules des reines de la beauté qui n'ont pas d'autre acte de naissance !

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