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Extraite des vertèbres cervicales d'un Waterbuck

3' - Extraite d'un buffle, chez qui après avoir traversé le crâne, les tissus du cou dans tovite sa longueur, s'est arrêtée sur une omoplate.

4' - Extraite de l'omoplate d'un lion traversé de part en part.

4"a - 4"b - Extraite des poumons d'un buffle (seul le plomb subsiste).

(poids approxim. de la bête : 90 kg)-

(poids approxim. de la bête : 180 kg).

(poids approxim. de la bête : 1,000 kg).

(poids approxim. de la bête : 160 kg.)

(poids approxim. de la bête : 1,000 kg).

André Pilette. A travers l'Afrique Éqiiatoriale.

APPENDICE 42g

Les balles expansives sont de constitution très variable suivant l'effet que l'on. désire obtenir; elles varient souvent suivant les vues des armuriers dont elles sont la conception. Il serait trop long de parler de toutes ; je m'en tiendrai à la pointe en plomb non trouée qui est la plus commune. Fabriquée à peu près comme la lisse, la chambre de maillechort ne monte pas jusqu'au sommet, si bien qu'une pointe en plomb la termine. Le diamètre de la base de cette calotte est toujours, dans une bonne balle, inférieur à celui du canon, afin que, dans son glissement, le plomb ne touche pas ses parois ni même les rayures (i).

En principe, quand cette balle touche une matière résistante, seule sa pointe malléable s'écrase, lui donne la forme d'un champignon et occasionne une blessure d'un diamètre supérieur à celui du projectile avant le tir. En pratique, les résultats sont variables (i) ; il se peut qu'elle traverse entièrement une bête sans s'épanouir et ressorte, tout comme une lisse, du côté opposé à la pénétration, sans déformation aucune. Mais ce cas est plutôt rare car, sur des centaines de grands mammifères que j'ai tués, je n'en connais guère que quelques exemples. J'ai pu constater trois déformations bien distinctes : la première champignonne suivant les prévisions ; la seconde se déforme totalement, la chambre de nickel s'étant rompue, elle a été pétrie dans le plomb ; enfin, la balle a totalement changé de forme, le plomb s'est échappé du nickel qui s'est perdu, arrêté dans les tissus. Ces résultats différents proviennent, en grande partie, de la résistance des matières que les projectiles ont touchées durant leur pénétration, qui ne s'est faite que plus ou moins en ligne droite, le chemin suivi étant souvent modifié suivant les obstacles qui se sont présentés. Le plomb, vu sa malléabilité, cède sous l'opposition successive de la peau, des

(i) Voir tableau des projectiles.

tissus et des os. Le projectile, après écrasement, change parfois brusquement de direction et, au lieu de suivre sa trajectoire dans le corps des animaux, il y voyage de façon bizarre et imprévue.

Venons-en à la carabine qui doit vous permetti"e d'attaquer avec chance les bêtes de forte taille. Je considérerai que votre intention est de faire choix d'une seule arme à balle pour tous les gros mammifères. Quelle serait celle qui conviendrait le mieux ? Il ne faut pas vous imaginer que vous ne pourriez pas, avec une même carabine, chasser avec succès une timide antilope ou un monstrueux éléphant. Avec un calibre très petit, tel qu'une 260 (6.5 m /m) (i), vous jetteriez sur place l'un et l'autre dans l'espace d'un instant, à condition que l'arme ait été construite en conséquence, qu'elle tire une balle appropriée et que cette dernière atteigne la bête en un endroit très sensible. Il faut que cette arme soit de construction modei-ne, qu'elle comprenne les derniers perfectionnements ; la plupart des fusils de guerre tirant des balles lisses et couvertes de maillechort suffiraient pour abattre avec certitude n'importe quel animal.

Cependant si l'on a créé des calibres différents, tirant des

(i) Le calibre des carabines est, en général, exprimé en millimètres (m /m), dans les pays où le système métrique est en usage. En Angleterre et aux États-Unis, le pouce (inch) est le plus usité et des mentions telles que 260, 303, 450, 577... pour le calibre des carabines signifient que le diamètre du projectile qu'elles lancent mesure 260/1000, 303/1000, 450/1000, 577/1000... de pouce (25 m/m). Comme cette mesure tend à se répandre chez nous, que son emploi, dans le cas qui nou'; occupe, est plus aisé que le millimètre, et que, de plus, nombre de catalogues, même français, mentionnent en millièmes de pouce le calibre des armes, j'emploierai le pouce en parlant des balles de carabines ou des calibres des armes. Il est aisé de convertir des millimètres en millièmes de pouce et vice- versa ; il suf&t de multiplier ou de diviser par 40.

balles diverses, et que les systèmes multiples se disputent la suprématie c'est que chacun de ces modèles a ses avantages. On ne pourra pas, cependant, en emporter un de chaque espèce. Il faudra choisir une arme qui synthétise le plus possible les avantages des unes et des autres.

Pourquoi pas un petit calibre tel que la 256 (6.5 m /m) ou la 303 (7.575 m /m) ? Parce que, chez beaucoup de gros animaux, elles provoquent une mort trop lente à cause du diamètre restreint des blessures. Parce qu'elles n'arrêtent pas la charge offensive de ces animaux, quand on ne les atteint pas à un endroit vulnérable, tel que le cerveau ou le cœur.

Pourquoi pas une 450, 577 ou même un calibre 12 ou 8 ? Parce que ces armes manquent en général de haute précision, qu'elles sont trop pesantes et n'ont même parfois qu'une pénétration insuffisante, à cause du diamètre trop grand de la balle (j'en ai la preuve certaine). Il faudrait donc posséder une arme d'un calibre intermédiaire. Je la choisirais entre 360 (9 m /m) et 400 (10 m /m) ; le diamètre de sa balle sera suffisant pour causer aux plus gros animaux une blessure entraînant une mort rapide, à condition que sa pénétration soit considérable. Celle-ci dépendra du poids, de la vitesse initiale et de la forme du projectile. La cartouche qui chargera cette carabine devra lancer une balle de 25 à 30 grammes ; la charge de poudre qu'elle tirera devra fournir au projectile une vitesse initiale de 700 à 800 mètres et plus à la seconde et sa pointe devra affecter, de préférence, une forme conique.

Mais, pour obtenir semblable résultat, il faudrait que cette cartouche tirât une charge de poudre excessive à laquelle peu de verrous de carabines à répétition résisteraient.

Ce serait l'arme qui se rapprocherait le plus des caractéristiques que je cite plus haut, que je choisirais de préférence si j'avais l'intention de chasser en Afrique, et si je ne pouvais en emporter

(ju'une. Elle me permettrait — et c'est un grand avantage, — de tirer à balle lisse, indistinctement, des plus petites gazelles aux plus gros éléphants. Pour les antilopes (en-dessous de 300 kilos), elle les traverserait de part en part et serait d'un résultat efficace immédiat, la blessure leur étant faite (son diamètre serait d'un centimètre), dans toute la largeur du corps. Toutes les bêtes en-dessous de 300 kilos, auxquelles elle ferait pareille blessure aux poumons — les perforant donc en quatre endroits quand on les vise aux flancs, — tomberaient dans un délai de quelques secondes. A toutes celles qui, par leur taille énorme (de 300 à 7000 kilos), ne seraient plus transpercées de part en part, seule la balle lisse convient car, tant que le projectile ne ressort pas, il n'y a pas eu perte de forces ; il a donné son maximum de rendement par sa plus grande pénétration. Dans ce cas, ce serait une erreur d'employer des balles expansives, celles-ci ne doivent être utilisées qu'à partir du moment où une balle lisse traverse totalement une bête, allant terminer l'effet de sa puissance à l'extérieur. C'est pour éviter cette perte de puissance qu'on a permis aux balles, par certains artifices de fabrication, de s'épanouir dans le corps des bêtes. La résistance augmentant, elle a moins de chance de sortir des animaux et utilise la totalité de sa force à causer, en s'épanouissant, des ravages plus grands dans les tissus traversés. Mais cela est nécessaire pour les armes de très petit calibre ; il serait superflu, pour les antilopes, de faire faire expansion à une balle de dix millimètres. Un lion blessé par un projectile semblable pourrait vous inquiéter, et encore faudraitil qu'il fût très près de vous.

On s'imagine à tort que les carabines, même de tout premier ordre, de tiès gros calibre ont une pénétration considérable, c'est justement leur défaut. Leurs balles, d'un diamètre trop grand, offrent trop de résistance pour pénétrer profondément dans les chairs aussi fermes que celles de certains gros pachydermes.

L'avantage de leurs projectiles, quand ils touchent une bête, c'est de lui donner une commotion formidable. J'ai, à plusieurs reprises, jeté à terre — et fait tomber les tout gros au moins sur les genoux, — des éléphants dont je n'avais qu'effleuré le cerveau en leur envoyant une 465 (11.625 m /m). J'ai, avec des expansives 465, jeté des buffles les quatre pattes en l'air, mais ces bêtes se relevaient et étaient souvent perdues pour moi, si je ne parvenais pas à les achever du second coup en les touchant en un point vital. Ce sont des carabines excellentes pour briser la charge d'un de ces monstres, charge qui est toujours à redouter. C'est une arme dont il faut vous munir si vous pouvez vous l'offrir ; mais, c'est que vous êtes décidé, dans ce cas, à vous spécialiser dans la chasse et alors une carabine ne suffit pas. Munissez-vous également, si vous êtes décidé à devenir un chasseur, d'un petit calibre, car la 360 à 400 (g à 10 m /m) — que je préconise comme le type de l'arme à acheter et qui, je crois, sera assez difficile à trouver dans le commerce, — ou la 450, 577, 600, etc., tirent des cartouches d'un poids exagéré ; il ne serait pas pratique de les transporter si vous deviez en emporter deux ou trois mille, quantité qui vous serait nécessaire pour une longue et fructueuse expédition.

Cette troisième arme sera d'un calibre variant entre 240 (6 m /m) ' et 320 (8 m /m). C'est d'elle que vous vous servirez le plus souvent ; ce sera l'arme la plus précise que vous emploierez pour tirer à 200 et même à 300 mètres. Cependant, quoique la trajectoire de sa balle se rapproche le plus de l'horizontale — car c'est dans ce modèle d'arme que l'on a obtenu les plus grandes vitesses initiales, — j'y ferais mettre une hausse à 50 mètres, ainsi qu'à toutes mes autres carabines. Car certains coups, quoique tirés à courte distance : 10, 25 et 50 mètres, exigent souvent beaucoup de précision.

En résumé, trois armes à balle pour les spécialistes : Petit cahbre à répétition 240 à 320 (6 à 8 m /m) ;

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Calibre moyen, 360 à 400 (9 à 10 m /m) ;

Gros calibre, 450 ou 577.

Toutes les trois doivent être des armes modernes les plus puissantes et les plus perfectionnées que l'on ait faites jusqu'à nos jours.

Il serait à recommander d'emporter de réserve un second calibre moyen au cas où il vous arriverait un accident mettant hors d'usage l'une ou l'autre de ces carabines.

Examinons maintenant pour quel animal l'on donnera une préférence à l'une ou à l'autre de ces armes, et pour quelles bêtes, suivant l'organe visé, on peut les employer.

Le petit calibre tirera à balle expansive les animaux peu dangereux qui ne dépassent pas 300 kilos, c'est-à-dire toutes les antilopes, exception faite pour le Waterbuck, le coudou et l'élan (Taurotragus), bien qu'à défaut d'autre arme, vous pourrez obtenir un résultat assez satisfaisant en les chassant avec ce calibre. A balles lisses — ces armes sont en général très précises et ont une pénétration énorme, — vous attaquerez de très gros mammifères en tirant seulement au cœur ou au cerveau, même pour l'éléphant.

Le calibre mo}'en à balle expansive sera choisi de préférence pour les toutes grosses antilopes : gros Waterbuck, coudons, élans. Mais, pour certains adultes de ces espèces, les lisses ne seront pas trop pénétrantes. Pour les lions, l 'expansive sera excellente, tandis que la lisse s'emploiera pour tirer au flanc des pachydermes (le buffle y compris, quoiqu'il n'en soit pas un). Pour l'éléphant, il faudra, pour arriver à un résultat assez rapide, que cette arme ait une pénétration considérable ; elle sera obtenue si ses données se rapprochent de celles que je mentionne pour la 360 à 400 préconisée.

Enfin, une 450 à 600 ne servira qu'à tirer sur les tout gros animaux et à chercher à arrêter leur charge, le cas échéant. Seule,

sur le buffle, l'cxpansive pourra être utilisée et encore est-elle à déconseiller. La lisse devra toujours être employée pour l'hippo, le rhino et l'élcphaut. Chez ce dernier, à bien des places, aux défauts de l'épaule, par exemple, je ne lui reconnais pas assez de pénétration pour entraîner une mort certaine ; aussi, je la déconseille. Si vous désirez tirer au flanc d'un de ces pachydermes, prenez une balle plus effilée qui donne, par sa grande pénétration, un résultat parfois plus lent mais qui atteindra les poumons et les trouera avec certitude.

Je ne dis pas qu'il faudra, pour faire usage de vos armes, vous en tenir rigoureusement à cette classification sommaire ; du reste, lorsque vous aurez vos carabines en main depuis quelque temps, vous pourrez juger de leur effet, et vous saurez choisir rapidement, en chasse, celle à employer Cependant, souvenez-vous que l'on apprend tous les jours et que l'effet des balles sur les animaux ne peut être connu par quelques essais.

Les lunettes télescopiques (voir photogravure), que l'on a employées ces dernières années, ne me semblent pas devoir donner ce que l'on en avait espéré. J'ai utilisé, durant deux voyages sous les tropiques, une lunette de première marque ; elle m'a permis de juger qu'elle n'était pas indispensable au tir durant le jour.

Je résume brièvement les avantages et désavantages que je lui ai trouvés : elle permet, au clair de lune, à 30 ou 40 mètres, un tir précis; pour l'affût, elle est excessivement précieuse. Durant le jour, elle donne un tir de haute précision, à condition de pouvoir appuyer l'arme, ce qui est rarement possible ; elle permet, par son grossissement, de mieux distinguer, dans les herbes, les animaux qui s'y dissimulent. Pour ceux qui trouvent difficilement leur ligne de mire, ils n'ont plus qu'un point à envisager : c'est une simplication. Par contre, elle a des désavantages très marqués : non appuyée, elle ne m'a jamais permis de tirer plus juste qu'avec les moyens ordinaires ; quand un animal est à la course..

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on le trouve difficilement dans le champ visuel ; par temps de pluie, elle est inutilisable.

Que le chasseur tire en employant une lunette ou un guidon ordinaire, il doit toujours avoir recours à ses hausses de 100, 200, 300... mètres suivant la distance qui le sépare du gibier. Plus la vitesse initiale du projectile est grande, moins l'emploi des hausses a d'importance dans la justesse du tir, et en général pour les petits calibres, 275 par exemple, dont la balle approche parfois 900 mètres à la seconde, de vitesse initiale ; jusqu'à 300 mètres on emploie la même hausse, la trajectoire du projectile se rapprochant de l'horizontale, la flèche de l'arc qu'elle décrit est si minime que, jusqu'à 300 mètres, elle n'influence guère le résultat du tir. Mais, dans la plupart des armes, la vitesse initiale étant moindre, surtout pour les gros calibres, la flèche de l'arc de la trajectoire grandit suivant l'augmentation du poids du projectile et l'abaissement de sa vitesse initiale, si bien que des hausses sont utiles de 100 en 100 mètres et même de 50 en 50 mètres. Il est nécessaire, avant de tirer, de mettre la hausse qui convienne et, pour cela, il faut juger exactement de la distance qui vous sépare du gibier. C'est dans cette approximation que le chasseur se trompe très souvent, même celui qui a une certaine habitude de la brousse. Cause évidente d'insuccès quand on tire sur une cible assez éloignée (200, 300 et 400 mètres), avec des armes de vitesse initiale peu considérable. Pour ceux qui commettraient des erreurs assez sérieuses dans l'estimation des espaces, l'emploi d'un télémètre devient indispensable. Certains télémètres constniits pour la chasse donnent les distances exactes presque instantanément, de 0 à 500 ou 600 mètres, avec approximation de 25 en 25 mètres. Ce sont des lunettes à prismes assez volumineuses (voir figure), et d'un prix assez élevé, qui fait souvent hésiter l'amateur. EUes peuvent servir également à estimer la largeur d'une rivière, d'une vallée, des longueurs de routes, etc. Je n'en donnerai pas la descrip-

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