‹ A travers l'Afrique equatorialeChapitre 81 sur 86 · POUR CHASSER · texte numérisé non relu

POUR CHASSER

Pour ceux qui seraient désireux de chasser en Afrique, ils trouveront dans ce paragraphe des renseignements sur le choix des armes (1914), qui conviennent pour les différents gibiers africains, c'est-à-dire de l'inoffensif lapin ou perdreau jusqu'au plus gros pachyderme. J'indiquerai également les places vitales à atteindre, les balles à employer ainsi qu'un aperçu sur le pistage.

Deux armes bien distinctes apparaissent immédiatement : c'est le fusil de chasse qui tire à plomb ou à ballettes et la carabine qui tire à balle.

Le fusil de chasse ne peut généralement servir qu'à chasser le petit gibier, tels les oiseaux et les petits manmiifères. Suivant la taille de ceux-ci, la grosseur des plombs doit varier, et, à ballettes, il peut servir, à petite portée, à abattre des animaux tels que cochons, antilopes, léopards, voire même des lions. Mais là n'est pas son but. Pour les gros animaux, il faut s'en tenir, le plus pos-

sible, à la carabine, qui tue à longue portée et dans un laps de temps plutôt court, qui varie suivant la puissance de l'arme, la dimension de la bête et l'organe atteint.

Pour le fusil de chasse, le calibre 12 me paraît le mieux approprié, c'est le plus répandu et poiu" lequel on trouve le plus facilement des munitions. Si vous abattez perdreaux et faisans, lapins et lièvres avec du plomb 6, il faudra retenir, quand vous vous approvisionnerez de cartouches pour cette arme, que la plupart des animaux qui composent le petit gibier d'Afrique dépassent en tailh et en vitalité ceux qui peuplent nos bois et nos champs d'Europe. Il faudra, en conséquence, prendre des cartouches d'un plomb plus gros, tel que du 4 et du 3. Le double et le quadruple zéro ne seront pas trop gros pour abattre, à 40 ou 50 mètres, d'assez gros singes ou des oiseaux qui atteignent, debout, un mètre et davantage, tels le marabout ou le héron Goliath. Le 8 et le 10 pour les jaquets, les bécassines, les cailles et bien d'autres petits volatiles qui se lèvent presque dans vos jambes. Les animaux que je cite sont des exemples typiques des variétés nombreuses que l'on rencontre en Afrique. Dans certaines régions, ce petit gibier est excessivement abondant, mais le chasseiu" le néglige souvent ; il n'a garde d'alarmer, par des fusillades, le gros gibier qui pourrait se trouver à proximité de son campement et que les bruits inaccoutumés éloigneraient.

Je n'msisterai pas davantage sur les fusils de chasse à deux coups : ce sont des armes trop connues de tous pour s'y attarder plus longuement. Il y a des armes destinées au même usage qui sont moins répandues parmi les chasseurs : ce sont les fusils automatiques tels que le Browning et le Winchester, qui tirent consécutivement, sans être rechargés, cinq cartouches à plombs ou à ballettes par une simple pression du doigt sur la gâchette. Ce sont des armes utiles pour abattre les oiseaux de marais qui se lèvent souvent l'un après l'autre, par petits groupes, ou qui volent par

bandes autour de vous. Ces armes sont difficiles à charger et à décharger et présentent, par ce fait, un sérieux inconvénient, quand il faut changer prestement de cartouches pour un gibier surgissant à l'improviste. Comme une telle arme ne possède qu'un canon, réchauffement en est considérable après un tir soutenu et pourrait pro\-oquer des accidents ou empêcher le fonctionnement normal de l'arme par ces élévations de température. Posséder une paire de fusils semblables vous permettra de faire de beaux tableaux au canard, à la bécassine, à la pintade... et pendant que vous viderez le magasin de l'un d'eux, l'autre sera rechargé par un boj^ expérimenté, ce qui vous permettra de tirer presque sans relâche. A cinquante mètres et chargés à ballettes, j'estime qu'en cas de défense contre les indigènes, avec vos deux fusils et votre boy, vous feriez presque le même travail que si vous possédiez une mitrailleuse.

Avant de traiter des carabines, il est utile de parler des projectiles qu'elles lancent, afin que le lecteur comprenne plus aisément le but exact de ces armes et leur effet sur les différents animaux.

Balles lisses et expansives. — Actuellement, deux balles sont courantes pour la chasse : la lisse ou pleine et l'expansive. (Ce sont des qualificatifs assez usités, mais qui, cependant, varient souvent d'un chasseur à l'autre, dont certains emploient même les mots anglais : sohd et soft-nose.)

La lisse est une balle en plomb entourée d'une pellicule de maillechort ou d'un autre alliage de nickel qui, quoique déformable — puisqu'il se prête aux rajoires du canon, — ne change pas ou peu de forme en pénétrant dans le corps des animaux. Elle conserve sa forme première et ne fait, dans les tissus, qu'un trou ne dépassant pas son propre diamètre. Frappant les os, elle les brise quelquefois ou les traverse (i).

(i) Voir tableau des projectiles.

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