A travers l'Amérique [microforme]
répondis-je à mon éditeur qui me conseïllait cel avant-propos. Qu'il soit donc fait .selon votre désir, je vais essayer d’en écrire une.
Et voilà comment je me trouve encore devant le papier, plume en main. et tout disposé à dire quelque chose au lecteur.
Mais d’abord ferai-je une préface dans le Slyle propre à ces sortes d'avertissements ?
Saura-je, en de bons termes, réclamer l'indulgence du public, et, cela faisant, re rien perdre de ma dignité ? Oserai-je lui avouer que je ne suis devenu écrivain que par occasion, et que le livre qui suil cette préface, n'est que le résultat d'un voyage fait à vol d'oiseau en Amérique, de notes Jelées
négligemment sur un Pocket-Book, dans le | répit que me laissait l'organisalion de mes concerts ?
Mais si mon humilité n'allait rien me rapporter ? Si le ‘lecteur, peu attendri de ma posture suppliante, allait abuser de sa. supériorité, en demandant un comple sévère à chacune des lignes qui vont lui passer sous les yeux ? Je serais perdu, et regretterais vivement de n'avoir pas écouté l’axiôme de Locke, qui me disait : « Il est inutile que l'auteur défende dans sa préface le livre qui ne répond pas pour lui-même devant le puil blic. -»
Car, au fond, ces paroles sont justes! Pour- If. quoi chercher à influencer le public ?
Dans un cadre plus élendu, l’auteur dramatique ou le compositeur lyrique viennentils demander la bienveillance de la salle, | avant que le rideau se soit levé sur leurs pièces ?
La préface ne peut donc s'accepter qu'autant qu’elle explique l’ouvrage qu’elle précède. Et le mien ne s'explique pas !
Sais-je seulement pourquoi je l'ai écrit ?
Etait-ce dans le but de dégager mon cerveau de souvenirs qui l'obsédaient ?
dans le de mes
he rapde ma L. Supévère à er sous ellerais jme de ile que re qui
le pu- | Pour-
r drannentsalle, leurs
qu'aurécède.
ecril ?
n cer-
Voulais-je payer une detle aux peuples qui m'avaient donné l'hospitalité ?
Avais-je la pensée d'être utile à mon pays, en lui transmeltant de nouvelles idées pouvant perfectionner son système politique ou gouvernemental ?
La musique américaine m'avait-elle assez frappé pour que je voulusse en expliquer les procédés à mes collèques ?
Rien de tout cela, car, dans mon livre, aucune de ces questions n’est trailée assez profondément pour devenir un sujet d’études.
Il faut donc le dire : je n'ai cédé qu’à une séduction, sorte d'épidémie qui répand de plus en plus ses ravages dans la nouvelle généralion ; j'ai voulu étre l'auteur d’un livre, bon ou mauvais, quel qu'il soil !
Et j'irais, bénévolement, faire connaître au public ces faiblesses 1impardonnables ?
Décidément, j'y renonce et, dussé-je y perdre un nombre incalculable de lecteurs, je reconnais mon Impuissance à écrire une préface.
mor rios sites le s auss de f sur Le
Pari: