‹ A travers l'Atlantique [microforme]Chapitre 1 sur 30 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Ceci n'a pas la prétention d'être un livre de science, imême une étude approfondie des pays que j'ai Ycourus. C'est le journal, écrit jour par jour, du age que je viens de faire et des impressions que à ressenties. Je les donne, telles que je les ai jetees

le papier, sans essayer même d'en modifier la Me familière, de peur de leur ôler de leur sincé-

C'est par cette sincérité seulement qu’elles peuvent ir une valeur quelconque aux yeux du lecteur. 54 aussi par là qu'elles seront de quelque utilité touristes désireux, comme moi, d'entreprendre POUr leur plaisir cette longue traversée. Ils y trou- L Ont, je l'espère, bon nombre de renseignements Dieux, à côté d'enthousiasmes et de désenchante- Us qui, du moins, auront toujours, de ma part, write d'être l'expression naïve et sincère de la

Lundi, 9 juin 1884.

ous quittons Paris dans les meilleures

ositions du monde. C’est la veille que le

and Prix de Paris a été couru et gagné

« le petit canard » de M. de Castries.

M seulement notre chauvinisme est satis-

> mais encore deux ou trois d’entre nous Bréalisé par la victoire de Litile Duck des Méfices assez honorables. En outre, le

Mps, très orageux les jours précédents, ‘est de beaucoup amélioré et semble nous Piimettre une agréable traversée.

twÙ

Depuis qu'il est question de ce voyagk

chacun a pris ses dispositions et juré def trouver à la gare du chemin de fer de l'Oudi

lundi, 9 juin, à 6 heures précises, afin M

prendre en chœur le train du Havre qui palii

une demi-heure plus tard.

En effet, au jour et à l'heure dits, tou

monde est exact au rendez-vous et écha

des adieux déchirants avec les parents

amis qui ont voulu donner jusqu’au bout indifférents le spectacle de ce louable etc leureux attachement. |

Nous sommes six. D'abord M. Edmo

Blanc, propriétaire du yacht à bord dug

nous allons nous embarquer, et qui jé

dans tous les genres de sport d’une rép

tion à laquelle je ne pourrais rien ajout puis M. Clerc, directeur et propriétaire|

journal, Le Yacht, dont il a su faire une s0M | Le d'oracle en matière de navigation de pless à sance; puis M. Fonade, simple Bordelais, 4 ticulteur, et par conséquent un peu march

ce VOA Vins, enfin, moi, kumble passager, égalejuré de nt fortépris de la vie en pleinair, quitoute r de l'Ou vie ai eu des bateaux et qui possédais enses, afin 4 fe, il y a trois mois, le yacht Flamberge, vre qui pci

Les

dr lequel j'ai fait en Méditerranée quelques

élbisières et remporté trois ou quatre prix aux

Bates de Nice; — tous vrais loups de mer, me vous voyez.

Deux dames, deux courageuses volontai-

Mme M...et Mme À..., avaient consenti à

Mtager avec nous les périls de cette excur-

( h. Elles n’en étaient pas à leur premier

8e i, je dois le dire, mais elles n'avaient pas

bord dure accompli de longs trajets. I] leur fallait

LU qu Je une grande provision de courage pour

‘une TP Gnter les rigueurs d’une pareille traversée. jen ajout six heures et demie, nous prenons place priétaire ®s le compartiment qui nous avait été ré Seié et, sans plus tarder, nous nous instal-

à devant les deux tables du wagon-restau-

1 qui, d'avance, avaient été retenues

nous, C'est une manière de voyager

très agréable et très commode, que je rl saurais trop recommander aux gens inocc

D br

pés, à ceux qui n'aiment pas diner trop ti

de peur de contrarier leur estomac, ou (| ne veulent pas s’embarrasser d’un panier i provisions, ni le dévorer sur le pouce per dant le trajet.

En effet, lorsque nous avons bu la des À nière goutte de notre café, nous nous ape à cevons que nous avons assez gaiement et ti fructueusement assassiné deux grandes he

res! La moitié du parcours est donc à

faite, le reste passera comme une lettre à poste. Pendant cette seconde moitié de F route, il n’est question, bien entendu, due + l'expédition que nous allons entreprendre l nous nous promettons mutuellement un ten superbe, une mer d'huile, ainsi que d’im brables surprises.

Nous descendons au Havre, où nous at dait le capitaine de la N'ubienne, accomp:

d'une escouade de matelots. On nous déhié

que je 14 ns Inocc

er trop til ac, Ou (|, à panier ik

pouce per

bu la de nous ape nent etti andes he donc di lettre 11 oitié de di

Ldu, ue

prendre nt un ten

1e d’innoi

nous at

LCCO M pat

ous débil

sse de nos mailles et de nos colis, nous

ontons en voiture et nous nous dirigeons rs le bassin de la Forteresse, dans lequel g bateau est amarré.

À onze heures et demie, nous étions à bord.

:Nubienne est un navire mixte, gréé en trois- Ats-barque, qui vous a les allures d’un iso de guerre et qui est du reste armé de hit canons. Elle mesure 59", 60 de long r le pont, sur 8",29 de large et D", 90

creux au centre, Sa machine est de

20 chevaux. Son tonnage de yachting est 2 700 tonneaux ; sa jauge de constructeur

de 615 tonneaux.

ŒMe à été construite en Angleterre pour le mpte d’un riche particulier, qui avait en-

fepris de faire le tour du monde et qui est ort avant d'avoir réalisé ce hardi projet.

C'est dans ces conditions qu'elle a été hetée par M. Edmond Blanc — et, je n’ai Ës besoin d'ajouter — très luxueusement

énagée,

M. Blanc nous présente les uns après lei autres à son nouveau capitaine, M. Mulle 1

J'examine très attentivement l’homme :

qui nous allons confier notre destinée et suit lequel j'ai déjà pris quelques renseignement: 4m Je sais qu’il était second à bord de la Con:

pagnie des Messageries maritimes, qu'il fait déjà plus de quarante fois le trajet dl Havre à New-York, et cela me rassure ui peu.

Au physique, c’est un homme jeune et fo parfaitement élevé, d'excellente tenue, à voix douce, aux manières distinguées. Il n:

représente pas du tout au premier aborl l’homme d’action et d'énergie que l’on s’ims gine toujours rencontrer en pareil cas; ma .

je l'ai vu à l'œuvre depuis cette prsnnietis etje puis affirmer qu'à la science de son mél#

Le RL | \ el a

tier il joint l'expérience du marin, L'hai M

Fes î 4

tude du commandement et le talent difficil

de se faire obéir sans bruit. 4 Quant au second et au lieutenant, je 1

après le

. Muller

homme

née et sur “nement, > la Con:

, qu'il à trajet dk

issure un

on s’imts

CAS; ma sentatio Son mé 1, l’hab t difficil

it, je le

A TKAVERS L'ATLANTIQUE k

inais tous les deux. J’ai fait avec eux l’hidernier le voyage d'Algérie, de Tunisie

d'Italie, et je sais qu’ils ont tenu bon lors

in furieux coup de vent de N.-E. que nous ns essuyé par le travers de la Sicile, en ant à Naples.

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er

D ge er ES LRO ERA 1

Mardi, 10 juin 1884, k

Nous sommes levés de bonne heure etn apercevons les charpentiers en train de ser des brise-lames à l'arrière du nav* pour éviter que l’eau pénètre trop abondik

tions de la mer à bord? Vite, pendant « embarque les dernières provisions, 1 courons à travers le Havre, en quête de tes et de caoutchoucs, afin de nous prés des lames furieuses que cette précau semble nous prédire. Nous trouvons l#

des caoutchoucs, mais il n’y a chez les ci

onniers que des bottes de matelots, affreuément lourdes et encore plus disgracieuses, u des bottes de confection en cuir jaune lont la mer ne ferait qu'une bouchée. Nous les repoussons avec dédain. Le regrettejuin 88. ons-nous plus tard?... Peut-être. Pas de bottes! C’est navrant. Mais l'heure nous

Bresse, nous n'avons pas le loisir de chercher

lus longtemps. Nous revenons à bord, où ure €

6 Dus trouvons un mouton, un porc et une rain de;

éspectable quantité de volailles, que l’on a

du nav bportés pendant notre absence. On décharge p abonda :

jalement du pain en une si haute pyramide gros ten) 1

he je me demande où cela passera.

oil en]

Re. IL est vrai que nous avons à bord trente es indis

bmmes, quatre officiers, que nous sommes hit passagers, y compris le valet et la mme de chambre, et que ja pyramide a

ndant qu sions, 1 uête de |

ès chances de diminuer rapidement.

us présen

à) En attendant le départ, je me promène sur

pont et je fais connaissance avec Jacuette,

> préca

ouvons Î# hez les ci

Jacquette est une toute jeune guenon, qui 4 succédé à un autre singe, mort de phtisi vers le printemps de cette année et ave lequel je m'étais lié assez intimement lors de mon précédent voyage. La guenon ne li cède rien en fait de grâce et d’amabiliti, Elie est vive, agile, espiègle et càline comme un enfant. Quand on la prend dans se bras, elle se pelotonne et pousse des petit cris de joie tout à fait attendrissants. Eli a été pour nous et pour l'équipage « grand sujet de distraction, toutes les foi

qu’on a eu ie temps ou le loisir de s’occupe dit d'elle.

Le seul défaut qu'on puisse lui reproche:

est de manquer trop souvent de respect

ceux qui l’approchent et de s’oublier un pes plus souvent qu’il ne faudrait, sans aucu#iènor

souci des personnes ni de l’endroit où elle sw trouve. Mais ailez donc demander la perfec | tion à une guenon! Ce serait vraiment se m:

trer trop exigeant.

non, (ui à

le phtisié

ave

nt lors

nn ne lu amabilité ne comme dans se

les petits

S aucu où elle sk à perfec-W t se man

A TRAVERS L’AILANTIQUE 11

e suis arraché aux douceurs de cette liaih par la voix du capitaine. Nous allons

Brtir et quitter le bassin de la Forteresse r nous engager dans la passe.

En effet, une heure après, nous défilons ant la jetée du Havre et nous saluons les

rieux de deux coups de canon.

près l’horrible temps dont le commence-

gnt de juin nous avait gratifiés et les

rses épouvantables qui avaient égayé rant-veille le grand Prix de Paris, nous 8 attendions à trouver au Havre une pluie vienne.

as du tout. Il est une heure, le temps splendide et la mer tranquille. Pendant ite La journée la brise continue à souffler

ierètement du N. N.-O. et nous nous pronons sur le pont comme si nous étionssur

boulevard.

À 6 h. 15 nous apereevons Barfleur.

temps se couvre ; le soleil se couche

ms la brume. Cela n'est pas bon signe.

Cependant la lune se lève très pure,

9 heures, dans un ciel étoilé. Nous pass

devant la Hague à 10 heures, et après avé bavardé pendant une heure encore, nl gagnons notre cabine.

S pure, US passi après av core,

Mercredi, 11 juin.

A minuit, nous distinguons le feu d’Au- Pny, puis un bouchon de brume survient jut à coup, ce qui n’est pas gai dans la anche, où la navigation est si considérable Îles abordages si fréquents. La brise tourne POuest mais sans fraichir; la mer est toubrs très calme, mais le brouillard persiste ? point que la Nubienne siffle à plusieurs brises pour signaler sa présence.

e matin, le vent tourne un peu vers le | d et l'horizon reste toujours embrumé.

jus rencontrons une foule de bateaux, parmi Bquels un yawl de plaisance anglais, avec

quel nous échangeons les couleurs, mais

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