‹ A travers l'Atlantique [microforme]Chapitre 10 sur 30 · DRE PE SRE PTS EDEN RIN ER · texte numérisé non relu

DRE PE SRE PTS EDEN RIN ER

parc et, par une allée assez bien inénagée, qui tourne derrière des massifs d’arbres, nous débouchons juste en face de la chute.

Elle estlarge de 45 à 50 mètres et se jette, d’une hauteur de 60 ou 70 mètres, au fond d’un vallon dénudé, pour aller se perdre dans le Saint-Laurent. La nappe d’eau est abondante et se détache bien sur le vert sombre du paysage qui l'entoure, ainsi que sur le gris foncé des rochers qu’elle surplombe, et le long desquels elle se précipite en écumant au milieu d’un nuage de poussière d’eau.

Le spectacle est réellement imposant, sinon srandiose. Il est pour nous un avant-goût de celui qui nous attend au Niagara et auquel il nous tarde fiévreusement d'assister.

Au retour, le temps s’est un peu nettoyé.

Nous en protitons pour faire dans Québec, que nous connaissons pourtant déjà sur le bout du doigt, une nouvelle promenade. Certainement ce n’est point une belle ville que Québec, mais elle a un cachet tout particu-

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lier, qui lui a fait donner le surnom de « la ville aux toits d’or ».

En effet, les toits des principales maisons et des clochers d’églises, les gargouilles, les tuyaux de cheminée même, sont faits d’une

espèce de fer-blanc recouvert d’un vernis

jaune ou blanc, très solide, très résistant, puisque ni le froid ni la chaleur n’ex altèrent l'éclat, Lorsque le soleil donne sur ces toits ou sur ces clochers, il les fait briller de rayons si lumineux qu’on pourrait les croire recouverts d’or ou d’argent, comme la coupole des Invalides de Paris.

Nous parcourons les rues. Plus que jamais on nous regarde. On nous arrête, on nous fnterroge. Tous les journaux français retentissent aujou#d’hui des exploitsde «laFrégate Française » ou du « Yacht Transatlantique ».

C’est qu’il est rare, pour les Canadiens, de voir flotter ce pavillon tricolore que nous avons arboré et qu’ils aiment tant! La vue de noscouleurs nationales les émeut et leur épa-

br

nouit le cœur. Ils sont restés Français et chauvins — plus Français et plus chauvins que nous. Ils se vantent bien haut de leur origine et ne veulent être Anglais à aucun prix.

Leurs journaux ne craignent pas d’afficher leurs sympathies pour la France. Le Nouvelliste de Québec, annonçant dans son numéro de ce matin la mise en vente prochaine des terrains et des ruines ayant appartenu jadis au marquis de Montcalm, engage « les bons français » à les acheter et fait appel à leur patriotisme, « de peur, ajoutet-il, que ces biens ne tombent entre les mains de nos compatriotes étrangers ». Que ditesvous de l’accouplement de ces deux mots?

Ne peint-il pas admirablement le caractère et l'esprit de notre ancienne colonie?

Le soir, à 7 heures, en rentrant à bord, nous essuyons notre premier orage. C’est un déluge d'eau chaude, dans lequel les éclairs et le tonnerre n’ont pas manqué de jouer

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