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vers un point quelconque, soyez persuadé qu'il ne s’écartera pour rien au monde de là
ligne droite, qu'il vous dérangera, vous
bousculera même, sans demander pardon ni
porter la main à son char au.
En cela ïl diffère essentir ‘ment du
Canadien, qui a conservé les traditions fran-
çaises et qui est d’une politesse excessive.
La journée que nous avons passée À
Larchmont ne nous a pas laissé trop de re-
grets, malgré les déconvenues que nous y
avons éprouvées, car, grâce aux observations
que nous avions déjà faites et à celles que
nous avons recueillies, nous avons pu cons-5 € tater qu'il en était du yachting en Amérique: comme des hôtels, et comme d’une foulel d d’autres prétendues merveilles, que certains® p voyageurs et les journaux américains (chez& l eux c’est bien naturel) nous montrent tou- d jours à travers un prisme extraordinairement ct grossissant. li
Non, le yachting n’a pas alteint en Amc-k
z persuadé monde de là gera, VOUS r pardon ni
“ament du aitions franexcessive.
1s passée à trop de reque nous } observations à celles qu à ons pu COnSon Amérique d'une foule que certains ricains (chez À ontrent tourdinairementk
int en Amt-
rique les pronortions que nous nous attendions à y rencontrer ; non, il n’a pas fait, depuis trente ans que nous commençons à le connaître, le moindre progrès ; non, il n'a pas pris relativement les développements que l'on observe aujourd’hui en Angleterre, et mème en France.
Sans doute, il y a beaucoup de yachts en Amérique ; mais les États-Unis étant à eux seuls beaucoup plus grands que l'Europe entière, nous pouvons affirmer que, toute proportion gardée, il y a moins de yachts en An.érique qu’en France. Si maintenant nous étudions la configuration des deux pays, nous remarquerons que celle des États-Unis, en
dehors des contrées que baigne la mer,
{pousse bien plus que celle de la France à
l'extension de ce genre de sport, en raison du nombre des lacs et des rivières, de leur étendue et de leur navigabilité — toutes facilités que nous n’avons pas:
Ce qu'il y a de plus beau en Amérique, ce
n’est pas la terre, en effet, c’est l'eau — je ne parle que des régions que j'ai parcourues, bien entendu. Le paysage, par lui-même, n’a jamais rien de remarquable, ni de comparable même à celui qu’offrent à nos yeux la plupart de nos départements. Cela tient à plusieurs causes : d’abord à la configuration du sol, mais surtout, selon moi, au nombre proportionnellement restreint des habitants.
Les plus séduisants points de vue, dans tous les endroits où il n’y a pas d'agglomération humaine, sont toujours tristes, déserts, et manquent de vie. C’est la remarque que j'ai déjà faite lorsque, en descendant l'Hudson et en le comparant à la Normandie, je déplorais qu'il n y eût sur les coteaux ni château ni maisonnette pour égayer ct animer le paysage.
Au contraire, l’eau, partout où je l’ai vue, coule avec une abondance que nous ne soupçonnons pas. Encore n’ai-je navigué que sur le lac Erié, sur le lac Ontario, sur le Saint-
arcourues, lui-même, de compaos yeux la ela tient à nfiguration au nombre s habitants.
, dans tous rlomération déserts, et ue que jai t l’Hudson e, je déploni château
animer le
je l’ai vue, \$ ne SoUpPrué que Sur r le Saint-
ce que j'ai lu, ces fleuves ne sont rien à côté du Mississipi et de l’Amazone. Et quoique je commence à me méfier des vantardises américaines, ainsi que des récits de certains voyageurs, que je soupçonne fortement de s'emballer et de se monter le cou à eux-mêmes, j'en ai assez vu pour certifier que la Seine et le Rhône, qui sont nos principaux fleuves, ne sont qu'un très mince filet d’eau à côté du Saint-Laurent, de l’Iludson, ct même de l'Est-River.
L'eau est donc pour les Américains un moyen de locomotion tout naturel, auquel ils ont dù recourir bien avant que les chemins de fer fussent connus et atteignissent le déve-
loppement qu'ils ont pris depuis quelques
| années,
Dans ces conditions topographiques, le
yachting semblait appelé chez eux à un bien
autre avenir que chez nous. Par les modèles
qu'ils nous avaient fournis d’abord et qui servent encore de types aux clippers que nous
voyons à Argenteuil et sur nos rivières, par l'impression que nous avaient laissée deux de leurs plus belles goëlettes, l’Enchantress et la Dauntless, lorsqu'elles vinrenten France, nous nous figurions trouver là-bas tout un monde de constructions élégantes, soignées, — une sorte d'école, en un mot, qui allait nous révéler des secrets absolument inconnus.
Sous ce rapport-là encore, grande à été notre déception. Sans doute, leurs goëlettes sont toujours jolies et gracieuses, mais nous les avions étudiées déjà d’assez près pour constater qu'elles n’ont fait aucun progrès comme construction, et moins encore comme aménagement intérieur.
Leurs yachts à vapeur sont grands, coque en est bien coupée, la ligne d’eau es assez pure, et pourtant ils sont disgracieur à l'œil, Non seulement aucun liston d’or n relève la nudité de leurs murailles et n tranche par sa gaieté sur leur hauteur exx
te.
vières, par issée deux Enchantress ten France, bas tout un sg, Soignces, +, qui allait
ment incon-
rrande à ét urs goëlettes s, Mais NOUS bz près pour cun progrès ncore Comme
grands, Ni ne d’eau es disgracieu ston d’or ni
railles et n°
hauteur ex4
gérée, mais encore leurs accessoires de cuivre, leurs tuyaux de prise d’air avec leurs pavillons coupés droit, la couleur noire de leur cheminée, donnent à l’ensemble une raideur et une monotonie qui ne permettront jamais de les confondre avec un steam-yacht anglais ou français.
Je crois aussi qu’ils ont un mode de jau-
à veage fort américain, je veux dire fort exagéré, car on nous a montré comme Jaugeant trois, quatre, cinq et six cents tonneaux des bateaux qui étaient loin d’avoir cette importance pour nous qui étions à mème de l’ap-
précier à sa juste valeur.
Ceux que nous avons visités, à voile ou à
vapeur, ont été pour nous la source de bien
d'autres étonnements et nous ont permis de recueillir précieusement les aveux que nous avons arrachés à leurs propriétaires.
D'abord ils ne connaissent pas le bois de teck, ou du moins ils n'en font pas usage.
Lorsque certains yachtmen et les reporters
… mm,
des journaux de New-York nous ont fuit
l'honneur de visiter la Nubienne, ils ont été
littéralement stupéfaits de voir avec quelle
profusion, depuis le roufle jusqu'aux pa-
vois, cette essence de bois y était répan-
due ! Pas davantage ils n’emploient l’orme,
qui nous vient cependant d'Amérique, n
dans les courbes, ni dans les poulies, ni dans
les lisses. Partout ils le remplacent par l
chène, qui est bien plus lourd, bien moin
blanc et bien moins gai.
Ce qui paraiïtra plus extraordinaire encore, avec les facilités qu’ils ont de se procurer ll
bois d’origan, c’est qu'ils ne s’en server
pas pour la mâture de leurs bateaux. Certes
personne mieux qu'eux ne devrait en ètn
pourvu, puisque ce sont eux qui l’exportent
mais ils en conservent si peu qu’ils en soi réduits à faire venir du Canada des sapi blancs, ce qui leur fournit des mâts beaï coup moins solides et beaucoup plus massiif Les quelques yachts qui désirent avoir dé
ous ont fait Æ mûts en origan — c'est de leur bouche “Ml | e, ils ont été JE même que nous tenons cet aveu — sont obli- . avec quelle Æ gés de les commander d'avance et d’attensqu'aux Par dre quelquefois dix-huit mois pour se les était répan- | procurer — si bien qu'il est plus court de les loient l'orme,Æ faire venir d'Angleterre .
Amérique, nf Dans la décoration intérieure, même pénusulies, ni dan rie de bois : toujours du chêne et de l’acajou placent par kB deux couleurs de bois qui se marient fort
pc à
d, bien moismal. D'autant plus mal, que l’acajou qu'ils D
Bemploient est de l’acajou d’un rouge jaune, ulgairement appelé acajou femelle, et qui
dinaire encor, se procurer le s’en Servel
M'a pas le moindre ramage.
Quant à leur voilure, à part celle des goë-
eaux. Certes evrait en Cl ui l’exportent qu'ils en S0l da des sapilhises et anglaises.
4 mâts beaïÿ J'avais donc bien raison de le dire : depuis |
ttes, qui est généralement assez réussie, :} n peut affirmer que celles du sloop et du | | f
tre sont fort mal taillées et de beaucoup férieures à celles des embarcations fran- (|
p plus massiNRol leur construction n’a fait aucun progrès |
rent avoir A leurs fameuses goëlettes, après avoir servi
à Âl
Sa
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nes d'en non ep ane
———— ———— CT ET eng
de types, commes formes de l’avant principalement, aux constructeurs anglais euxmêmes, n’ont pas subi la moindre amélioration.
Pourtant, depuis deux ans qu'Harvey, le célèbre constructeur de Vivenhoë, est allt | s’établir à New-York, il a apporté quelques & modifications dans les gabarits et la voilure des nouveaux yachts, mais l'Amérique n'està,
pour rien dans ces changements. Tout, depuis le bois et les accessoires, arrive d’Angleterre ; les voiles elles-mêmes, c'est Lapthoril qui les fournit. Il en résulte que le prix d'uilé yacht, dan” ce pays de forêts par excellence, est le double de ce qu’il se paye en Europe.
Il n'existe en outre à New-York aucui magasin de quincaillerie, spécialement affect au yachting. Tout ce qu'ils emploient &« affreusement défectueux, primitif et peu cui fortable. Dans leur visite à bord de la M
bienne, dans les comptes rendus qu’ils en oïf | publiés dans leurs journaux, ils se sont exige,
pant princiaglais eux-
re améliora-
w’Harvey, le hoë, est allé
prté quelques
et la voilure mérique n'est ts. Tout, derrive d’Angleest Lapthon ue Le prix d'un ar excellence, e en Europ:
York aucil alement affect emploient 6 jtif et peu Cul Lord de la M 18 qu’ils en 0!
ils se sont exi
Le
siés avec une puérilité vraiment incroyable devant certains détails qui sont chez nous d'une application si usuelle que nous n’y prenons pas garde.
Certainement ïils continuent à exceller dans la construction des embarcations à dérive, qui pullulent surtout à Boston, où l'on en voit quelquefois deux cents en ligne
un jour de régates ; mais ce genre de modèle est si disgracieux et si peu stable qu’il tend aque jour à disparaitre, et que son bon marché contribue bien plus à en propager le Dombre que les avantages dont il est doué.
ux-mêmes ne semblent pas en faire grand as, puisqu'ils les appellent des « sandags» ce qui signifie: sacs à sable. Et
ertes, même pour ceux qui n’entendent rien
u yachting, si ce mot-là n’est pas une
jure, il n’est pas un compliment.
Ajoutons, pour en finir, que la navigation
plaisance en Amérique n’est pas préciséentl’objet dela sollicitude dugouvernement.
Aucune loi d'exception n'ayant été votée en sa faveur, il en résulte que les propriétaires de yachts sont soumis aux mêmes exigences qu’un navire de commerce — ce dont ils se plaignent d’ailleurs amèrement. Un navire de six mètres, par exemple, est tenu d'avoir à bord un capitaine, un mécanicien, des feux de position, des bouées de sauvetage, des seaux d'incendie et jusqu'à des hache spéciales, de forme et de dimensions déter-] minées.
Donc, si leurs goëlettes continuent à ètre le plus gracieux modèle de leurs embarcitions, leurs sloops continuent aussi à êtr horriblement mastocs et, quant à leurs yachk à vapeur, avec leur sévérité apparente, leu horrible cheminée noire, leur arrière larg et aplati, ils ressemblent bien plus à de « charbonniers » qu’à des cons ruc faites pour le charme de la pi rade et} plaisir des yeux.
Malgré leur peu d'importance, les régat O = ;
nes
sé votée en WE de Larchmont nous ont confirmés dans nos "I |
ropriétaires appréciations. Aussi, dès qu’elles ont été es exigences RHeten Sao sl Fee en vente , dont ils se @ hâte à New-York, sur le même bateau qui
. Un navire tenu d’avor k
nous avait offert une si large hospitalité.
Disons aussi que c'était le 4 juillet, l’an-
onicien, des niversaire de cette fameuse fète de l’Indépen-
le sauvetage, dance, que, de temps immémorial, les récits |
x des hach des journaux américains nous avaient
insions déter- dépeinte comme une solennité sans égale. C'est positivement pour y assister que nous tinuent à ét avons précipité notre voyage.
urs embarcr- Depuis longtemps déjà il en était question
dans les journaux que nous parcourions tous
t aussi à êlr
à leurs yacli les jours pour nous tenir au courant de ce [e Ë 4
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Î sai ‘ € es fs Ç 1
pparente, lui se passait en France. C'est par eux que | Î
arrière largr0ts parvenaient les événements importants,
on plus à gdepuis les ravages du choléra jusqu’au
arl Oo « In® av adine — il consrucuuirariage de Koning avec Jane Hading
leux noms qui rimaient trop bien pour ne
rade etls as s’accoupler.
Il était également beaucoup question de A 14. |
ce, les régat
la fameuse statue de la Liberté, que, ce jour-là même, Bartholdi devait livrer à M. Morton, le ministre des États-Unis à Paris,et, je dois l’avouer, la lecture des arti- Æ cles qui lui étaient consacrés nous avait sin- } gulièrement désillusionnés.
Ne nous imaginions-nous pas en France Æc que nous faisions à nos frères d’Amé- El:
rique un cadeau splendide, et que ce cadeau É causait un plaisir immense à ceux auxquels Bsa il était destiné? Quelle veste, mes en- Bt:
fants! Encore un mirage auquel il ne faut se pas se laisser prendre plus longtemps. Assu- Mn: rément les Américains auraient accepté avec Mo plaisir cette œuvre colossale, mais à la con- ar
dition que nous aurions fait aussi les frais du
socle sur lequel cette statue doit être élevée,
Or, ces frais se monteront, parait-il, à deux
millions. Aussi un journal du cru, que je
ne veux pasnommer, afin de ne pas le dési-
gner trop clairement à la haine et au mépris
de mes concitoyens, après avoir fait ressor- Los
, que, ce livrer à ts-Unis à e des arti-
“avait sin-
en France
8 d'Amée ce cadeau 1x auxquels >, mes entel il ne faut mps. ASSuccepté avec his à la coni les frais du être élevée.
it-il, à deux cru, que je pas le désiet au mépris fait ressor-
ir les charges que notre inutle et sotte
| générosité allait coûter, finissait en ces
propres termes son article sur ia malheu-
reuse statue : « C’est terrible, mais nous ne
| pouvons pas faire autrement que de l’accepter.…..» Ah! mon pauvre Bartholdi, vous jugez par
| cette phrase de l'enthousiasme qu'a provoqué ila-bas cette œuvre à laquelle vous avez consacré tant de peines et tant de temps ! Et qui dsait? si on ne la leu: apportait pas, cette statue, 11s seraient capables de vous la lais-
ser pour compte, comme on dit dans les
Bnagasins qui ne sont pas au coin du quai.
Mous voyez bien que j'avais raison quand avançais que le goût des arts n'existe pas Lx États-Unis.
Non, 11 n'existe pas. Croyez bien que si telques-uns de ces trafiquants d'outre-mer, Mches à plusieurs millions de dollars, couent d’or les toiles de nos peintres les plus h renom, ce n’est pas par amour de l'art, est par ostentation et par vanité.