‹ A travers l'Atlantique [microforme]Chapitre 20 sur 30 · partie de New-York et que, n'ayant aucun · texte numérisé non relu

partie de New-York et que, n'ayant aucun

point de comparaison en France, nous ne

es=uns pen-Mpouvons que difficilement nous faire une

a rivière un idée de cette animation et de la vitalité toute

hez-nous et particulière qu’elle imprime à la cité. r qu'à celui Je n’en ai pas fini d’ailleurs avec les il est de bon singularités de toute espèce qui m'ont frappé

pendant, mon séjour. Encore me borné-je à

rniers jours raconter ce qu j'ai vu, car si je répétais,

, AS" A ,» 9 + = en compa-Bôans l'avoir contrôlé, tout ce que j'aientendu

dire, un autre volurue n’y suffirait pas!

J'aurais pu être plus explicite, si nous

n'étions pas arrivés ici pendant la morte.

saison, et aussi dans une période de crise financière, dont les premiers effets se sont déjà fait sentir et qui menace de se prolonger, si ce n’est de s’aggraver. Je pourrais cite” les noms qu’on m’a donnés de personna- | ges, forts riches ilestvrai, ayant perdu récemment jusqu’à vingt millions, sans que cela ait à nui en rien à leur crédit ou à leur considération. Tous n’ontmalheureusement pasles reins aussi forts, et je puis affirmer qu'il circule à New-York de bruits de krach alarmants.

Les usines et les ateliers, sans chômer précisément, n'ont pas la mème activité qu'à l'ordinaire, et le chiffre des affaires se ralentit beaucoup pendant l’été. Tandis que les gros bonnets désertent la ville pour aller en

voyage ou peupler les bains de mer de

Longbranch et de New-Port, le petit bourgeols, à qui ce luxe est interdit, reste chez lui, ou du moins se crée des distractions moins coûteuses.

mt

t la morte- C’est pour lui que chaque jour, du matin

ausoir, lesrivieres sont sillonnées de bateaux,

ode de crise

fets se sont R et par lui que les chemins de fer sont pris

le se prolon- Æ d'assaut. Suivant ses goûts, chacun se dirige

vers le point qu'il a choisi.

Je pourrais

le personna- | Ceux que le yachting intéresse, par exemple,

s’en vont à Larchmont. Ce genre de sport,

erdu récem-

que cela ait @ auquel nous n'avions jamais assisté en Amé-

rique, était naturellement bien fait pour nous tenter. En effet, c'était les premières

1r considéra-

,pasles reins

vil circule à Æ régates de l’année et nous tenions à y assis- (A

| ter dans les meilleures conditions possi- j| bles. | À cet effet, notre ami Clerc, qui dirige à

larmants.

chômer pré-

ictivité qu'à es se ralen- D Paris le journal Le Yacht, s'était rendu au dis que les Yacht-club de New-York et y avait exprimé | our aller en Æ le désir que nous éprouvions. S'il n'avait pas | de mer de été reçu avec enthousiasme, on lui avait pro-

petit bour- mis néanmoins d'envoyer pour nous à l'hôtel

, reste chez des cartes d'invitation, afin que nous puis-

distractions E sions prendre place sur la Belle Horton, le

bateau qui transportait les invités à Larch-

be

se RE DRRRES. Le RTE

mont et qui partait le lendemain matin, à 8 h. 1/2.

Le soir, nous n’avions pas reçu la moindre invitation. C'était étrange, eu égard aux relations courtoises qui existent chez nous entre membres de cercles différents; mais nous n'avions pas perdu courage etnous avions résolu de prendre, à l'heure convenue, le bateau à bord duquel on nous avait promis passage.

Au dernier moment, nos deux amis, qui avaient renoncé d’abord à cette partie de plaisir, se ravisèrent et nous prièrent de les attendre. Il en résulta que, le premier déjeuner terminé, nous avions manqué l’heure du départ. À la hâte, nous sautâmes en voiture pour prendre au moins en temps utile le chemin de fer qui conduit à Larchmont, où nous avions la satisfaction d'arriver une heure plus tard.

De la station à la baie de Larchmont, il y a trois kilomètres environ, que l’on franchit sur

malin, à

a moindre égard aux chez nous onts; MAIS nous avions nvenue, le

vait promis

ç amis, qui > partie de rent de les mier déjeul'heure du en voiture itile le chet, Où nous une heure

mont, il y a

ranchit sur

Est-River, au milieu duquel Staient mouillés

un tramway, jeté un peu à la diable sur le ga} | sable et les pierres d’un bois que nous traversions. Tout à coup, notre tramway s’arrète et incline brusquement sur la gauche. Les lvoyageurs mettent pied à terre pour la pluart... c'était tout bonnement une roue qui s'était échappéede l’essieu. L’Américain nese éconcerte pas pour si peu. Il soulève la voiure, ramasse la roue, la remet en place, et

jous repartons aussitôt, quoique le tramway bortât trois fois plus de monde qu'il n’en au- dau | Fait dû contenir.

Quelques minutes après, nous atteignions

àbaie sans encombre et nous cheminions à | avers un parc verdoyant, semé de chalets | t de kiosques rustiques, qu'aucune limite sible ne séparait les uns des autres. De la | dre, nous distinguons un coin délicieux de |

jus voiles des goëlettes, des schooners, des oops, des clippers et un seul cû.re anglais, va, qui ne pouvait pas manquer d'attirer no-

; tre attention par ses formes élégantes et élan- 4 cées, tant il tranchait vigoureusement sur les

à larges et massives embarcations américaines. É « Si vous manquiez le bateau à New-' à avait-on dit à Clerc, vous le retrouverez à l Larchmont vers dix heures et demie.» Ori]

était près de 11 heures et nous n’arerce-W | vions pas de bateau. À force de le chercher, Æ } nous parvinmes à le découvrir derrière ds } rochers, déjà chargé de monde et embarquanth c ! de nouveaux passagers.

En tète du pont qui y donnait acc s tenait debout précisément le membre € Yacht-club à qui Clerc s'était adressé h veille. Il va le trouver et lui fait observerk que nous n’avons pas reçu nos cartes d’in-

vitation. Ce personnage s'excuse très sommairement, tire de sa poche quatre cartes et " nous montons à bord, les derniers, ou à pe 4 près. Aussi ne trouvons-nous que très dificilement à nous mal caser sur un pont trà

envahi. Isi

tes et élan- En France, dans tous les clubs nautiques

ent sur les

sans exception, quand un membre d’un cer-

néricaines. D cle quelconque de yachting étranger se pré-

New-" sente, on lui fait l'honneur de la plus large

trouverez à

hospitalité ; on s’empresse autour de lui, on

nie.» Or ll le présente aux président et vice-présidents

s warerce-Æ du cercle, on lui donne la meilleure place, on

le chercher, Æ prévient ses désirs, on pourvoit à ses

lerrière des D besoins. Nous nous figurions naïvement que

embarquattÆ c'était aussi l'usage en Amérique.

Nous nous trompions désastreusement!

Pas un seul des membres du Club, très

membre dif faciles à reconnaitre à leur casquette et à

t adressé

leur costume, ne prit garde que nous étions ait observe là. Or, remarquez que tous les journaux de

cartes d'in-W New-York avaient signalé notre arrivée, que

nous étions le premier Yacht francais ayant

fait la traversée de France en Amérique, que,

rs, où à palsans prétendre à des honneurs immérités, ue très difi-

‘à quelques égards, à une marque de politesse,

Inous étions bien en droit de nous attendre

si mince fût-elle. Nous étions de simples

jobards. Personne ne bougea. Et nous étions partis avec une beurrée et une tasse de thé dans l’estomac! À midi et demi, nous mourions littéralement de faim. Nulle part il n’était question de déjeuner ni de luncher.

Pourtant, il devait y avoir un buffet sur ce bateau... Ma foi! la faim chasse le loup du bois. Pendant que la Belle Horton nous promenait sur la rivière, pour suivre de plus près des règates qui ne nous intéressalent personnellement pas, nous nous mettons en campagne, nous passons en revue tous les coins avec desyeux de cannibales, et nous réussissons à découvrir des assiettes remplies de sandwichs, dressées sans luxe sur une table de bois blanc qu’on n'avait même pas rabotée. Nous mordons à belles dents dans cette manne, cherchant quelque chose de plus sérieux, et nous finissons par distinguer, dans un tonneau, une sorte de mayonnaise, dont on veut bien nous servir une portion.

C'était un composé bizarre de jambon, de

nent cmt mr mme

nous étions isse de thé nous moulle part il le luncher.

affet sur ce le loup du \ nous prore de plus ntéressaient mettons en ousles coins us réussisemplies de ir une table e pas rabo-

dans cette se de plus distinguer, nayonnaise, ne portion.

jambon, de

Icoté du bateau, de sorte qu'il nous

Aoudrait vainement

L ;jande, de poisson, de salade, que pas un de

nous n’a pu analyser, mais duquel il fallut bien se contenter. Pour comble d’infortune,

D le buffet sur lequel on buvait, tout aussi peu

luxueux que le premier, se trouvait de l’autre

fallut

transporter noire assiettée de mayonnaise de

tibord à bàbord, afin de !la faire couler.

Voilà de quoi nous avons vécu pendant cette

Emémorable journée. Je n’ai pas besoin d’a-

houter que celanous à coûté quelques dollars. Eh bien! franchement, comment trouvez-vous l'hospitalité de ces gens-là? Pour nous, elle

mous a paru froide et peu substantielle.

ous verrez pourtant que nous aurons la

sottise de ne pas leur rendre la pareille le jour où ils viendront chez nous.

L'Américain est pourvu du reste d’un fonds

de sans-gêne et de grossièreté que l’on

nous faire prendre

pour de l'indépendance, mais qu’on ne sau-— bait lui contester. S'il a besoin de se diriger

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