‹ A travers l'Atlantique [microforme]Chapitre 23 sur 30 · D NE · texte numérisé non relu

D NE

tre Statut, Æ publiques, cet entrain de bon aloi, cette Canada. À h fièvre de plaisirs, ces démonstrations par uriez pas € Æ lesquelles débordent la gaieté et la vie d’une & froidement Æ hation, vous ne les trouverez ici nulle part. édestal leur Cette grande fête, à laquelle nous étions ouvé à ST & curieux de prendre part, n’est qu’un en- vôtre, des Licrrement de dernière classe. La ville est Français EUX déserte, plus triste encore que les jours ordias à se dé aires, puisqu'en l'honneur de l'indépentrépigner EE dince on ne travaille pas. Pas un cri de ce qui vien Et commeil Jeur apporte 1 souvenir À

ils nous ont

joie, pas un hurrah, pas un édifice pavoisé, pas un lampion, pas un feu d'artifice ! Rien, rien, absolument rien que, çà et là, quelques petits drapeaux américains en papier, grands comme a main, que de rares ouvriers eur appor tion flotter au Vel - de l'inaugi

hccrochent à leurs fenêtres, et quelques Ditards que les gamins vous lancent dans des jambes.

M En quoi donc consiste-t-elle, cette fète si ew-York qu

siasme, ni | dous nous représentions commeune manifes-

Bantée, dont on nous avait tant parlé, que

réjouissant

Er

ation nationale environnée de tant de luxe

— — “n ss

me,

et d'éclat? Elle consiste tout bonnement en ceci: On ne fait pas d’affaires. Pas d’affaires! C’est le comble de la joie pour les Américains ; ils n’éprouvent pas le besoin de la manifester autrement.

Les jours de fête à New-York ne troublent donc pas la tranquille sérénité des policemen. D'un œil impassible ils assistent aux pétarades des voyous, renfermés dans leur imperturbable dignité. Dans cette utile institution non plus les Américains n’ont rien inventé. Les policemen que vous rencontre là-bas sont les mêmes que vous avez vus en Angleterre, avec leur même costume, leur même casque, leur même bâton, indice de leur toute-puissance, Et de quel respect ik sont l’objet! Comme on leur obéit au moindre

signe ! Ils n’ont qu'à paraitre pour vaincre,

ces Césars.

Car il faut singulièrement rabattre de là

légende qu'on a faite en France aux Améri-

cains. On nous représente toujours un Jona-

on

ns

1ement en d’affaires!

es Amérisoin de la

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than féroce, querelleur, sans cesse armé d'un revolver et disposé à le tirer de sa poche plus souvent qu'il n’en tire son mouchoir. Cette légende peut marcher de pair avec l’'ogre du Petit Poucet. Jonathan est respectueux de la loi, partout où elle suffit

àle protéger et n’a pas la tête si près du

bonnet qu’on veut bien le dire.

Pendant les trois ou quatre cents lieues

que nous avons faites à travers les EKtats-

Unis, je n’ai jamais assisté à une querelle,

vu un rassemblement, ni un policeman

lobligé de recourir à la force pour faire resecter son autorité.

Sans doute il doit exister des contrées, éloignées des grands centres de population, bù le colon soit forcé de se défendre luihème contre les aventuriers et les voleurs

Qui se tiennent prudemment à distance de la

stice ; mais cela arrive dans tous les pays ù la colonisation ne conquiert que lentement bn terrain sur les hordes sauvages qui l'en-

vironnent. C’est dans ces cas-là que la loi de Lynch est appliquée, si l’on n’a pas pu se faire justice ; mais partout ailleurs, en pleine cité, l'Américain n’est à beaucoup près ni aussi batailleur, ni aussi violent, ni aussi injuste que le Français.

Ce n’est pas lui qui prendrait fait et cause pour le gredin contre l’agent, qui mettrait en lambeaux le policeman pour lui dispute son prisonnier, ni qui voudrait f.... à lea les pauvres sergots, coupables de trop bic remplir les fonctions qu'on leur confie. Et je ne sache pourtant pas qu'il existe à l'actif des policemen de Londres où de New-York plus d'actions d'éclat, plus de sauvetage, plus de dévouements obscurs, plus d’hroisme courant, qu'on en pourrait citer ik l'actif de nos sergents de ville.

Prenez-y garde, monsieur le préfet (à police! si vous ne faites pas acte d’énerg en soutenant vos agents, si vous ne le ; rendez pas, avec le courage que votre fi

RE

que Ja loi blesse menace de leur ôter, le prestige qui ’a pas pu S8 leur est nécessaire aux yeux de la foule, c'en rs, en pleine M est fait de notre sécurité, et, si Paris devient oup près nl définitivement un coupe-gorge, c’est que nt, ni aussi Î vous l'aurez bien voulu.

L’Américain que j'ai connu, partout où fait et cause Lie suis allé, n’a rien de commun avec la qui mettrai lréputation que lui ont faite certains ror Jui disputer manciers. Il est calme et a une manière de s'amuser toute spéciale les jours où il en est réduit à fermer boutique. Il s’as-

Ÿ es à l’ea

detrop bit confie. Et jseoit, grave et silencieux, même quand | n'est pas seul, regarde froidement ce qui e passe autour de lui, les jambes étendues,

a bouche crispée par des bâillements qu’il

xiste à laëtl de New-Yoril Le sauvelagti Feflorce vainement de retenir, et rentre chez hui le soir, persuadé qu'il s’est énormément imusé .

rs, plus d'héourrait citer!

. le préfet ( se d'éneré hé il s’agite, il se répand dans les envi- L vous ne lens, il à ses amusements propres, mais sa

à Quant au peuple, au vrai peuple, il se

‘Baicté n’est jamais turbulente et ne se tra-

qu e votre

duit que par ce besoin de mouvement perpttuel qui le caractérise.

J'en puis donner une preuve hien convaincante, en racontant l’excursion que j'ai faite un dimanche à Coney-lsland.

C’est une sorte de station balnéaire, dont je ne donnerai qu’une idée très imparfaite en la comparant à Asnières ou à La Greuouillère. C’est bien cela, si vous voule, mais c’est cela au bord de la mer, multiplié

par mille, avec une mise en scène de distractions, de guinguettes, d’hôtels, de resh taurants, dont nous n’avons pas l’équivalerk en France. | Figurez-vous, en face de la mer, qu l'entoure, un village assez grand, unique ment composé d’immenses hôtels, de jeu de toute espèce, et panaché d'originalité voulues, faites exprès pour attirer l’atter tion du promeneur. 1 En descendant du bateau qui nous avi amenés, nous mettons pied à terre sur 1à,

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ment perpé-

e hien consion que j'ai nd.

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qui nous avi

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énorme débarcadère, bâtisur pilotis, couvert, ayant vue sur la mer, autour duquel règne une galerie de bois, sur la rampe de laquelle les curieux sont appuyés. Ici, déjà, la fête commence par une infinité de petites boutiques volantes, de bars, de restaurants, devant lesquels nous ne faisons que passer. A de certains endroits, sont percés dans

| le plancher des bouches d’escaliers conduisant à l'étage inférieur — celui qui lest au niveau de l’eau. À l'entrée de ces

escaliers, se tiennent d''s aboyeurs, propo-

| sant au passant les billets de bains, qu’il | agite én criant, et qu’il vend toujours à meil-

leur marché que ses concurrents, — c’est du moins lui qui le prétend.

De la plate-forme du débarcadère, aussi loin que votre vue peut s'étendre, sous vous, devant vous, à gauche, à droite, quinze ou vingt mille hommes et femmes grouillent

êle-mêle dans la mer, sous les yeux de deux ent mille badauds, dont nous faisons partie,

AREA Ré.

etre

et qui ne sont venus là que pour les regarder. Vous le voyez, nous sommes loin, comme paysage et comme population, du spectacle et du chiffre que présente La Grenouillère, à Bougival, par les journées les plus animées,

En pénétrant dans le village, c’est-à-dire en posant le pied sur la terre ferme, je serais bien embarrassé de vous dire quel est le « great attraction » au milieu de tous les objets qui sollicitent le regard. C’est un tohu-bohu qui ressemble un peu à la fête Æ des Loges et à la foire de Neuilly, mais «1 n’est pas cela encore, car si vous y trouve:| le même mouvement, vous n’y rencontrere

pas la même animation, ni la même gaieté, Chemins de fer aériens, chevaux de bois, bateaux suspendus, boutiques de bijouterie, de coquillages, pâtissiers, jeux divers, exhibitions de phénomènes, tout y est, sail

les loteries qui ne sont sans doute pas auto

e b risées. Il y avait principalement trois op dé

quatre marchands de saucisses en plein ven

regarder. dont la marchandise exhalait un parfum délin, comme cieux et que nous aurions volontiers goûtées spectacle si nous l’avions osé. C’est que ce parfum enouillère, nous rappelait un des plus doux souvenirs

js animées. de notre jeunesse : l’époque où nous étions

’est-à-dire e ferme, je s dire quel . milieu de

au collège, où l’on nous conduisait aux bains du Pont-Royal ou Deligny, et où notre plus erande gourmandise consistait à manger, entre deux plongeons, une saucisse fourrée regard. C'est dans une miche de pain. Je parie bien, ami } lecteur, que vous en avez fait autant et que | l'eau vous vient à la bouche rien que d'y penser.

peu à la fête illy, mais ce us y trouvé] rencontrerez En dehors des tentations que ces jeux, mème gaieté, aux de bois, e bijouterie x divers, €* t y est, Sal oute pas auto ment trois s en plein vel

ces boutiques, ces cabarets, sont faits pour provoquer, je n'aurai garde d'oublier un hôtel d’un nouveau genre, que l’on construit en ce moment et qui (je ne sais pas s’il sera bien commode) ne manque pas d’une certaine originalité. C'est un éléphant monstrueux, plus haut qu'une maison ordinaire, que l’on découvre à deux ou trois milles au large et

dont les flancs sont percés de fenêtres. On pénétrera dans le mastodonte par les pattes, dans lesquelles seront placés les escaliers, avec faculté de pouvoir choisir dans quelle portion de l’animal on voudra loger. Soit, mais comment utilisera-t-on la trompe et la queue ? Cette idée phénoménale, et tout à fait américaine, n’est pas complètement réalisée; elle le sera certainement l'été prochain, car par ce qui en existe déjà et par les dimensions de la carcasse en fer qui «a indique les proportions, il est aisé de voir que ce monument colossal est déjà très avancé.

Un autre sujet de great attraction, c’est la vache artificielle. Sur un socle à hauteur d'appui, rempli de terre et semé d’herbe authentique, est debout une énorme vache empaillée, abritée de la pluie et du soleil par un toit rustique, et protégée contre les envahissements de la foule par une barrière ar-

rondie, le long de laquelle règne une tablette Bi circulaire. Comme disposition, cela rappelleF

êtres. On assez exactement les sources de nos villes

les pattes, d'eau. Dans cette vache, on a indroduit je escaliers, ne sais combien d’hectolitres de lait, et l’on ans quelle a habillé en baigneuses, pour le détailler, jger. Soit, LE quatre jeunes filles attachées chacune au ompe etla Æ service d’un des pis de la nourricière. Ces t tout à fait nt réalisée; ‘ochain, car les dimenindique les

que ce MO0-

pis sont en porcelaine et pourvus d’un res-

sort. En le faisant jouer, les jeunes filles Bremplissent les chopes qu’on leur tend de tous côtés. On pourrait se croire à Vichy, autour de la source de l'Hôpital, si les bai-

gneuses rinçaient quelquefois leurs verres ; ancé. mars elles perdraient trop de temps sans tion, c’est la à hauteur d'herbe auorme vache du soleil par tre les envabarrière af- , une tablette cela rappelle

doute, car elles ne prennent jamais ce soin, sachant bien que l’Américain ne se formalise pas pour si peu de chose.

Maintenant, en nous éloignant de cette oire permanente, au milieu de laquelle ne

esse de circuler une cohue compacte, nous

rrivons devant une suite d'immenses hôtels,

tonstruits en briques, et tous uniformément

tourés d’une galerie couverte, large de

12 à 15 mètres, le long de laquelle sont ali gnées des tables, s’asseoient les curieux et se promèneni les visiteurs.

En outre, devant chacun de ces établissements, s'étend un jardin dépourvu de toute espèce d'ombrage et, au fond de ce jardin, | dans un décor de paysage fantastique, est placé un orchestre de dizième ordre. C’est, moins le chant, une fort pâle imitation denos cafés-concerts des Champs-Elysées. Dans le jardin, comme sous la galerie, le public se à prélasse sur des rangées de chaises disposées à à cet effet, et prète une oreille recueilli à aux accords mélodieux qui se font entendre, Ceux-ci mangent, ceux-là boivent; les autres ne font rien : ils regardent et ils écoutent, ce qui est pour eux le comble de la jouissance!

Si je n'avais pas vu, de mes yeux vu, ce quek

je raconte, je n'aurais jamais supposé le

Américains si mélomanes, ni si conte platifs. :

Maintenant, à quel chiffre évaluer |R

le sont ali-

curieux et

, établisse-

u de toute , ce jardin, | istique, est rdre. C’est, ration denos ées. Dans le

le public se à es disposées k le recueilli

int entendre, nt; les autres

| écoutent, (th a jouissant} 1X vu, ce qi supposé li si conter

évaluer |

foule incalculable qui traverse et qui remplit l'hôtel Bringhton, l'hôtel Manhotiun, l'hôtel Oriental, etc. ? Je serais fort en peine de le dire. Quand je l'évaluais tout à l'heure à deux cent mille personnes, j£ crois que je restais au-dessous de la vérité.

C'est en circulant au milieu de cette cohue que je vis se lever dans un groupe de cinq ou six personnes un monsieur fort bien mis qui me salua d’un grand coup de chapeau, accompagné d’un large sourire. Je reconnus aussitôt certain marquis, que l’on m'avait jadis présenté à Nice, et qui s'était évanoui comme un météore, sans que l’on sût au juste ce qu’il était devenu.

Son histoire tenant un peu du roman, je vais la raconter en peu de mots: — c’est mon état.

J'ignore son nom véritable, mais je sais que s’il n’est pas Italien, il a longtemps habité Naples. Ce fut là qu'il fit la connaissance d’une dâme plus âgée que lui de vingt

ans pour le moins, et mère d’une] qui pouvaitalors avoir une quinzaine La pauvre femme se laissa séduire } sinvolture et le joli visage du hardi auquel nous donnerons le nom q plaire —- le nom d’Alphonse, si vot

Alphonse, :oyant que cette perst nait grand train, ne résista Pas AUX I avances et, s’'imaginant sans d c'était le meilleur moyen d’accapar sûrement sa fortune, l’épousa san devant la maturité de ce fruit d'

Elle ne rachetait pourtant cette ma

aucun autre avantage. Elle éta

grosse, boursouflée, et fort m

dessus le marché — mais myope à 4

contre un candélabre du boulevar

Sarcey, et lui faire des excuses !

Sous quel nom Alphonse épo

veuve? Acheta-t-il le titre de ma nom de plage bretonne sous leq

rencontra plus tard? Se décerna-

mère d’une jeune fille

ne quinzaine d'années.

duire par la dé-

ardi cavalier,

issa SÉ age du h ?

ns le nom qu roulez.

lphonse, Si VOUS voule

il vous

que cette personne me

ésista pas aux premières nant sans doute aparer le plus

que

oyen d’acc e, l'épousa de ce fruit d urtant cette maturité par age. Elle était petite, , et fort myope par ee” myope à SC heurter re du bo levard, comme

sans reculer

automne.

des excuses !

Alphonse épousa-t-il Sa

Le LA le titre de marquis € le

tonne sous lequel on le

? Se décerna-t-il à lui-

même, sans bourse délier, des parchemins

illusoires? C’est un mystère de peu d’impor-

tance. Toujours est-il qu’il y a cinq ans, on

vit arriver à Nice le marquis Alphonse et sa

femme, accompagnés d'une jeune fille blonde

et d'apparence chétive, presque aussi myope

que sa mère. ; | Ils louèrent un magnifique hôtel, à quelque

distance de la gare, ls meublèrent conforta-

blement et ouvrirent leurs salons, où tout le

ju

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