‹ A travers l'Atlantique [microforme]Chapitre 24 sur 30 · HAS PS · texte numérisé non relu

HAS PS

onde se précipita d’un bond enthousiaste.

Par tout le monde, j'entends ceux qui n’ont d'autre souci que le plaisir et la boustifaille et s'inquiètent peu d’où viennent les princes, ducs, marquis ou comtes, dont le littoral méditerranéen est inondé. Les autres se tinrent prudemment à l'écart, mais je reconnais que le nombre en était fort restreint.

En même temps, Alphonse installait des écuries et des remises. Il y avait calèche et [landau pour ces dames, tilbury et phaéton pour monsieur. Sur la promenade des Anglais

on ne voyait que leurs équipages bleus à trains rouges, leurs laquais, à culottes de panne, étalant leurs superbes mollets blancs. Les jours de course, le fringant marquis conduisait en four in hand un mail-coach étourdissant. :

Le bruit courait bien qu'il trouait son con-

trat de coups de canif assez nombreux; mais

il se gardait bien de le faire assez ouverte-

ment pour provoquer un scandale d’où pourrait

naître un procès en séparation. Il se montrait

avec sa femme et sa belle-fille dans tous les

bals de souscription, des cercles Masséna et

de la Méditerranée; on le rencontrait dans les avant-scènes de tous les théâtres. Il est

vrai qu'on ne le voyait guère dans le vra

monde, celui qui se renseigne, se respecte, et

ne recrute ses invités qu’à bon escient.

N'importe. Le marquis Alphonse tenait le haut du pavé et menait grand train, lorsqu'un événement inattendu‘ renversa ce luxueux édifice. La fille de sa femme, qui avait tout

es bleus à doucement atteint l’âge d’entrer en ménage, culottes de À se maria et il fallut lui rendre des comptes. lets blancs. # Or toute la fortune dont jouissait la mère lui

revenant en propre, elle l’emporta dans sa nouvelle famille et s’éloigna.

nt marquis

mail-coach Alphonse l’ignorait-il? Sa moitié lui avaitelle caché ce léger détail? C'est possible.

Dans tous les cas, les bruits les plus alarmants circulèrent, à dater de ce moment, sur la solvabilité de ce couple mal assorti,

qait son con- 1breux; mas ssez ouverted’où pourrait Il se montrait dans tous les g Masséna et contrait dans éâtres. IL est dans le vra

se respecte, et

dont les relations se refroidirent sensiblement. Quand le marquis et sa femme quittèrent Nice, à la fin de l'hiver de 1883, ils oublièrent, paraît-il, de payer une notable hartie de leurs créanciers.

Or, un jour de septembre de l’année der-

bire que je fânais, vers six heures, sur le escient. oulevard des Italiens, je vis descendre d’une onse tenait le rain, lorsqu'un

sa ce luxueui

itoria, à sa livrée, le bel Alphonse, qui

ntra dans le bureau des tabacs étrangers, itué dans la maison de l’hôtel de Bade.

qui avait toi | Presque aussitôt, une seconde victeria,

nero À

très élégante, attelée de deux jolis chevaux alezans, vint ranger le trottoir au même endroitet j'en vis descendre une femme blonde, un peu mûre aussi, mais belle encore, que je reconnus pour une Américaine dont on avait parlé beaucoup à Paris, à Dieppe, à Trouville et. dans mille autres lieux.

Evidemment cet homme et cette femme s'étaient donné rendez-vous là. Pourquoi se / cachaient-ils? Je me le demande, car je nel crois pas que ni l’un ni l’autre eussent grand chose à ménager. Mais je pus me convaincre que je ne m'étais pas trompé, puisque au bout de quelques minutes je les vis ressortir # remonter chacun dans la voiture qui les ava

amenés,

L'idée me vint aussitôt que le marquis

songeait à se refaire des déceptions que si mariage lui avait causées, puis j’oubliai « incident. Mais, en arrivant à Nice, l’hii dernier, j'appris que M. et Mme Alphon avaient 21lement disparu du monde, (là

is chevaux

u même enmme blonde,

ncore, que Je dont on avait e, à Trouv ille

. cette femme . Pourquoi St} nde, car je n°} eussent gran me convaincre buisque au bot is ressortir & re qui les avi

ue le marq

eptions que 5 uis j'oubliai à Nice, l'hii Ame Alphot du monde, {

luadame n'avait plus rien, que monsieur l'avait plantée là, et qu’on ne savait pas ce ils étaient devenus.

En effet, j'apprenais encore un peu plus ard, par les affiches, qu’on allait vendre tous des meubles de l'hôtel qu’ils avaient habité. n m'a raconté qu'il y avait foule et qu’on se hisputait leurs épaves. Ces sortes d'accidents pnt si fréquents à Nice, que l’on n’y fait pas lention. Aussi je ne pensais plus du tout au arquis Alphonse, lorsque je le retrouvai

os, graset bien portant à Coney-Island, en

jupagnie de l’Américaine avec laquelle je vais rencontré à Paris.

Parbleu ! Il y avait longtemps que j'avais

iré la chose. Entre sa légitime qui n'avait

s le sou, et son illégitime, qui passe pour

or deux cent mille francs de rentes,

phonse n’avait pas hésité : il avait choisi

légitime. Eh bien! je serai charitable

ers lui, bien que j'aie répondu à peine au hp de chapeau dont il m’honorait et évité

la poignée de... main dont il me menac.

S'il ne l’a pas trouvé déjà (ce qui m'’ét:

nerait bien) je vais lui indiquer un dénoûm aussi simple que moral à la comédie q joue depuis quelques années. Qu'il reste Amérique le temps nécessaire pour se f:

naturaliser — un an ou deux tout au plus qu’il demande le divorce contre la légitime quand il l’aura obtenu, qu’il épouse li gitime.

Seulement qu’ilse méfie! Son América déjà pratique de naissance, a une gra expérience de la vie et ne se laissera pe être pas faire. Jene puis donc pas termi

mon récit et, pour continuer jusqu’au

mon métier de romancier, je suis forcé

finir par ces mots : « La suite au prod

numéro. »

En continuant à visiter cetteréuniondi

sur lesquels ont été conquis les bains de de Coney-Island et se sont élevés les hi

dont je parlais tout à l'heure, je constate

pe

jme menacait.

(ce qui m’étoner un dénoùment la comédie qui es. Qu'il reste en aire pour se fai ux tout au plus ntre la légitime & qu'il épouse Yi

fois de plus l’âpreté infatigable avec laquelle Jonathan chasse le dollar.

En effet, pas un des hôtels n’est en communication directe avec les autres. Toujours ils sont séparés par un obstacle quelconque Let, toujours, il y a un chemin de fer pour le franchir. Celui qui est construit sur pilotis, à travers un petit bras de mer, est assurément le plus original. Le trajet ne coûte, il est vrai, que 29 centimes, mais quand on songe

e! Son AmérieuE a quantité de gogos qui en alimentent la nce, à une gra Le se laissera P donc pas ternil nuer jusqu at ll er, je Suis forct , suite au proti

rceulation, on peut se figurer le chiffre autuel doit se monter la recette à la fin de la

ournée | Naturellement, nous étions de ces gogos. (ous avions pris place dans un wagon, avec

brees fenêtres toutes grandes ouvertes, et

u, au moment où le train s’arrêta, se trou-

cetteréuniondi uis les bains del ont élevés les li bure, je constait

aient juste à la hauteur du quai de débar-

tement. Comme il y avait foule dans le

agon, et comme tout le monde se précipi-

Ut vers les issues, nous trouvâmes plus

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