‹ A travers l'Atlantique [microforme]Chapitre 28 sur 30 · RAR · texte numérisé non relu

RAR

RE na DE

complaisamment tout ce qu’on peut lui don-

ner. Bientôt la brume se dissipe suffisamment

pour que l'oñ puisse apercevoir le soleil. Cet astre capricieux devient si rare que nous poussons des cris de joie. Ils sont de courte durée: la ‘pluie retombe à torrents. C’est à grand’peine que nous distinguons un grand navireà vapeur,quinous croise, vers 4heures.

Il ne passe pourtant guère à plus de 500 mètres; mais le grain dans lequel il entre au mème instant le dérobe même à l’indiscrétion de nos lorgnettes et lunettes. Le capitaine croit que c’est un bateau qui fait le service des Antilles et affirme qu'il n’est pas| français. Tant mieux! car il est horriblement laid.

Pendant une bonne partie de la Journée, les marsouins arrivent sur nous de tous les côtés, en bataillons si serres qu'on dirait une véritable charge issonnerie. On pourrait facilement en harponne: ou en tuer quelques

uns, mais il a été décidé d’un avis unanime

qu'on ne s’arrêterait plus pour les chercher, afin de ne pas perdre de temps.

sut lui donuffisamment le soleil. Cet re que nous nt de courte ents. C’est à

C’est que nous commençons à compter les heures ! Une heure de retard peut nous faire manquer la marée et nous empêcher d'entrer

à Trouville, ainsi que nous en avons l’intention.

ons un grand vers 4heures.

15 de 500 mèel il entre au , à l’'indiscrétes. Le capiqui fait le serqu'il n’est pas | est horrible-

Le soir, la brise fraichit quelque peu, juste

assez pour aider la machine, qui commence à

se fatiguer et fonctionne jour et nuit depuis

sept semaines, presque sans interruption.

de la journée, us de tous les Won dirait une

Mercredi, 23 juillet.

Le vent s’est mis décidément au N.-O. et souffle assez gentiment. Pendant la nuit, laf mer s’est faite et nous roulons sur une forte li houle, dont notre vitesse n’atténue malheureusement pas les inconvénients. En eftet,l quoique favorisés par la brise, nous ne fai-

sons guère plus de dix nœuds, ce qui nous

parait pitoyable après les superbes résultats

que nous avons obtenus ces jours derniers,

À 8 heures, nous sommes au milieu de trois navires à voiles, dont deux se di gent comme nous vers la Manche, et le troisième vers le Sud. Cela nous prouve à

moins que nous sommes en bon chemin c

ot oo

que nous approchons. Tous les visages

s'épancuissent, tous les yeux sont fixés sur

| la carte et dévorent ou mesurent le court

A espace que le capitaine n’a pas encore pointé.

, 23 juillet.

Demain, très probablement nous aurons fini

| la longue courbe que nous décrivons à tra-

t au N.-0. et

nt la nuit, af sur une forteÿ énue malheu-| its. En eflet,| , nous ne fais, ce Qui ROUS rbes résultats] ars derniers.

au milieu de deux se dir [anche, et le

US prouve Al

on chemin «|

vers l'Atlantique.

Voici maintenant deux grands navires à

vapeur : l’un à quatre-mâts, ayant le cap sur

[lAmcrique et venant probablement de Li-

verpool, l’autre faisant la même route que nous, mais paraissant se diriger vers l'Ouest

jde l'Angleterre.

Aujourd’hui il fait du soleil. Je ne manque pas d'en prendre note : il y avait quatre jours que cela ne s'était présenté! Et si nous n’étions pas transis de froid, nous ne suffoquions pas non plus de chaleur.

La brise se soutient, la mer grossit. Une seconde fois, le mécanicien profite du vent favorable pour stopper et tâächer d’aveugler, avec du blanc de céruse et du mastic, la

fuite de vapeur qui s’est déclarée dans la chambre mème de la machine. Le fait est que la place n'est plus tenable. Le mécanicien, que j'interroge, croit que ce petit dérangement provient de la secousse que la machine a éprouvée lors de notre échouage sur les rochers des Portes-du-Diable.

Au bout d’une heure, il parvient tant bien que mal à remédier au mal et nous nous remettons en marche. Il était temps, car la mer devient plus dure à mesure que nous approchons de la Grande-$Sole et des Sorlingues. |

Soit que cette journée passable nous eût bien disposés, soit que nous éprouvassions une joie secrète à approcher du but, nous dinons gaiement et nous finissons la soirée par une partie, dont les résultats ne sont î guère moins désastreux qu’avant-hier.

DE ds A OR EME os aura he À Ve

-larée dans , Le fait est Le mécaniue ce petit ousse que la re échouage Diable.

ent tant bien

Jeudi, 24 juillet.

et nous POS EE Nous nous étions couchés dans des conditemps, car la tions relativement bonnes, puisque nous are que 00 avions eu une journée presque calme; mais, et des Sole ESS houres du matin, nous avons été

| arrachés aux douceurs du sommeil par des à us eût 4 nl , able no secousses violentes. En présence des nou

‘prouvasSIOPS Elles brutalités dont la mer nous rendait

OI « M ( " TER" La

du but, no victimes, nous avons renoncé à dormir. \ € ] ré (] ’,;*° A ,

sons la SOITée LE A4 fond nous n’en étions pas fâchés, car

nous tardait d’apercevoir la terre. À G heu-

res, nous étions en vue de l'ile Scilly et

itats ne sont

hous dépassions deux bateaux à vapeur de ommerce, qui se disposaient également à ntrer en Manche.

À 8 heures, nous passions par le travers du phare. Un instant après, le sémaphore de Saint-Agnes nous demandait notre nom.

Nous nous empressons de lui répondre et nous poursulvons notre route.

La mer est atroce, mais tout le monde est sur le pont pour voir la terre. C’est une joie sans égale; pour un peu l’on s’embrasserait,

Dès que nous avons dépassé la pointe, la lame tombe et nous naviguons à des allures plus raisonnables. Le vent, qui tourne à l'O., continue à nous favoriser au point que nous espérons être demain matin en vue de Trouville.

Nous sommes environnés de bateaux del] toute espèce et de toute dimension. À une heure, nous sommes par le travers du capke Lizard. Il nous demande également notre, nom que nous lui envoyons aussitôt; mail] cela nelui suffit pas : il veut savoir aussi d’où

nous venons et où nousallons. n'ya aucui

inconvénientà lesatisfaire— etnous passonsk:;

” ——— = mem

ar le travers ! Le temps est beau, le soleil très chaud, Ia

émaphore de mer n’est pas mauvaise, quoique nous ayons

notre nom. des coups de roulis renversants — c'est bien

| répondre et Éle mot. Et il se justifie d'autant plus que le

vent souffle de plus en plus fort et que la mer,

. le monde est C’est une joie ’embrasserait.

trop docile, se creusedésagréablement. Beau-

coup de navires sont à la cape et ne peu-

vent pas gagner la pleine mer.

, Ja pointe, la ; à des allures

Quant à nous, nous roulons comme un

bouchon, mais hâtons-nous de le dire, c’est

qui tourne àfun peu parce que nous le voulons bien. De-

iser au pOlNiEpuis que nous avons quitté New-York, le

matin en VUéEcharbon que nous avons brûlé nous a délestés

de quarante centimètres. Pour en remplacer

le bateaux de nsion. À une ravers du Cap ralement notre ussitôt; mais

. + Q] \ voir aussi d’où

le poids il aurait été facile de remplir un ou

deux des water-balast, mais nous ne cher-

chons, au contraire, qu’à être le plus léger

possible, afin d'aller plus vite et d’entrer

directement à Trouville, au lieu d'aller au

Havre.

Iln’y a aucui

tnous passons

Or il faut caler aussi le moins d’eau pos-

sible pour entrer dans les jetées étroites et

péu profondes de Trouville, de même qu'il importe d’y arriver à la pleine mer, afin def pouvoir se ranger dans le bassin à flot. Mais pourquoi plutôt Trouville que le Havre, me direz-vous? Parce quela semaine des courses approche — courses de yachts et courses def

chevaux — et que notre ami Blanc est per-h

sonnellement intéressé à les suivre de très près.

Aussi refusons-nous les pilotes du Havre que nous rencontrons le soir, quoiqu’ils nous fassent des signaux et brülent des torches pour attirer notre attention.

même qu'il mer, afin de fi , à flot. Mais

le Havre, me e des courses et courses def lanc est Fer-} uivre de très

Vendredi, 25 juillet.

Mêmeaffluencede pilotes, qui arborent leur

tes du Havre pavillon, nous courent dessus et qui, voyant uoiqu’ils nous

t des torches

que nous ne leur répondons pas, s’éloignent,

persuadés que nous en avons un à bord.

A 3 heures du matin, nous sommes

par le travers du phare de Barfleur. Il est

donc très probable que nous arriverons de-

vant Trouville vers 9 heures.

En effet, à 8 h. 1/2, nous apercevons

la Hève et nous obliquons sur Trouville,

par un brouillard qui nous force à ralen-

ir singulieérement notre allure. Nous avons hissé le pavillon réglementaire pour de-

nander un pilote, mais il nous faut arri-

ver en vue des jetées pour être aperçus — et Dieu sait avec quelle lenteur nous avançons! Un matelotestlà, sondant sans cesse, à mesure que nous faisons un pas.

Enfin, on nous aperçoit et on nous envoie un bateau-pilote. Seulement il a le vent debout pour sortir des jetées et il est obligé de courir bords sur bords avant de prendre le large. Là encore, 1l ne peut nous approcher qu’en louvoyant.

l'est 11 h. 1/2. Depuis une demi-heure la mer est étale et notre pilote n'arrive pas! Enfin le capitaine envoie une embarcation à sa rencontre et 1l accoste.

Selon lui, il est trop tard pour entrer à Trouville. Il faut mouiller ou aller au Havre, Nous nous résignions à gagner le Havre et nous avions déjà viré de bord, lorsque le bateau-pilote, qui nous avait rejoints, nous hèle, nous affirme qu’il est temps encore el

qu’on ne fermera pas les portes du bassi avant que nous soyons arrivés.

sci

à aperçus — nous avan-

t sans cesse,

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