QUE
; les blagueurs
ière.
de toutes les dans tous les s grande partis d'y découvri ui mérite d'être ns qu’il devait}
comme il}
;, Nous n’avol ré. Les orfèvres on par lhabilei
nt les pièces ‘4 plus petites jus
de toutes, à
s grande et
de cette mail le nom de chel t cinquante ci lé sous nos y ne confiance {
ww
nous ont surpris, des richesses innombrables
| en bijoux et en pierreries. Il nous a montré, entre autres objets, un diamant jaune, gros 1 comme une grosse noisette, très épais, très
finement monté sur quatre grifles, et d'une valeur de 500.000 francs.
Enfin, il nous a promenés dans ses magasins, qui occupent la maison tout entière et qui sont un véritable bazar. On y trouve de out, en effet, jusqu’à des parapluies! En France, nos grands orfèvres dédaigneraient d'adjoindre à un commerce dont ils ont fait nart des objets si disparates ; en Amérique, u ne se croit pas déshonoré pour si peu, on herche à gagner de l'argent par tous les oyens.
Je m'empresse d'ajouter, du reste, que
ez Tiffany, comme partout, à part les
èces d’orfèvrerie que j’ai signalées et dont us avons fait emplette, tout le reste est assez mauvais goût; les imitations d'or et argent, principalement, sont loin d'atteindre
la perfection, le dessin et le cachet artistique que nous avons su leur donner.
J'en conclus que les Américains auront beau remuer des millions de dellars, être un! peuple actif, ingénieux, avancé, bien plus avancé que nous dans ce qui constitue Je côté pratique de la vie et le mouvmeent des affaires, ils ne seront jamais que des trafquants, tant qu’ils n'auront pas créé l'art, Qu'il soit original, qu'il ne ressemble « rien aux traditions que suivent tous les pay depuis quinze cents ans, tant mieux! Sik trouvent quelque chose de neuf, qui réunir le goût à la pureté de la matière ou de ligne, nous serons les premiers à le leur en prunter. Jusque-là, ils n’ont rien à nous 4} prendre, sous aucun rapport. Le fame grand peuple, dont on nous a si souvent 1 sourdi les oreilles, n’estet ne sera longten| qu'un manieur d’affaires et un brasstl d'argent.
J’aurais bien voulu parler des Américaint
à A TRAVERS L'ATLANTIQUE 277
ne
mais, je l'avoue en toute humilité, je ne les ai pas fréquentées — chez elles du moins.
et artistique çains auront ]lars, être un} cé, bien plus ; constitue le
Le peu que j'en puis dire — et il ne s’agit que de leur extérieur — n'est pas à leur avantage. Elles s’habillent mal, affreusement
mal, presque aussi mal que les Anglaises, En général elles se fourrent sur la tête une
jouvmeent des que des trafpas créé l'art, , ressemble «yck ou mousquetaire » mais quia sin-
large tourte, surchagée de plumes, qui oudrait ressembler au chapeau dit « Van-
ilièrement changé de forme en travernt l'Océan! Une Française, établie à New— ork, m’affirrne même que « la tentation du panache perd la plus grande partie des ouvrières et qu'elles sont sans défense ||
at tous les paï t mieux! Sik euf, qui réunir atière ou del rs à le leur et rien à nous à rt. Le famil a si souvent ; sera longtelil ot un brasil
contre lui pourvu que cela ne se sache
as »,
Quant à leurs robes, ce sont des espèces jsarreaux, à pièce et à larges plis, à la Île écourtée, qui semblent avoir pris à he de dissimuler ce qu’ils devraient mettre relief, Leurs mains et leurs pieds n’ont
des Américailf
D RÉ a RE ENTER ETS + * à 4 a TT RE nd TS enr
SE Lu mi AE UT RP ER
rien d’extraordinaire, ni dans un sens ni dans l’autre.
A voir ces malheureuses ainsi fagotées,
on ne trouvera donc pas extraordinaire que, très peu d’entre elles, infiniment peu, m’aient paru jolies.
Je ne parle pas, bien entendu, des quelques
Américaines qui sont en relations fréquente avec Paris, qui s’y font habiller et chausser
qui sont en un mot absolument francisées On sait que la femme, dans tous l4
pays, possède, bien plus développé que ch
l’homme, le talent d’assimilation. Joigne
ce don particulier la coquetterie qui lui «
naturelle, et vous ne serez pas étonnés (|
l’'Américaine s’identifie si aisément avecu
mœurs, nos habitudes, notre costume — vous calculez surtout que cela lui coûte!
France beaucoup moins cher qu'aux Éta Unis.
Mais l’Américaine de Paris et des vi d’eau est une exception. Ce n’est pas d'aÿ
con
sens ni dans @ elle qu'on doit juger ses compatriotes. 1l | Lhut les voir chez elles, bourgeoises et ounsi fagotées, wières, telles que je les ai vues par cent ‘ D
ordinaire que nille, avec le costume qui est le leur, ou du
1 peu m'aientBuoins qu’elles ont adopté !TEh bien! celles-là,
jose à peine le risquer, ressemblent à des
| des quelques biens savants bien plus qu’à des femmes, et ü,
ons fréquentes ler et chaussel œur, elles renoncent ainsi à faire valoir
ene peux pas comprendre que, de gaieté de
ent francisées jutes les grâces dont elles sont certainement À
dans tous jouées.
eloppé que chi Voilà le résultat de mes observations. ation. Joignez Wuant à leur manière d’être et à leur caracterie qui lui (ie, je n’en sais pas le premier mot. On pas étonnés (ii bien dit, et j'ai pu le constater, que la
:sément avecripe fille jouit ici d'une liberté excessive, re costume — elle se promène et voyage seule, à toute cela lui coûte Qure de jour et de nuit. Lorsque je suis er qu'aux Étulivé en Amérique, on m’a bien recommandé
tre prudent et de ne pas m'emballer, parce aris et des vi cela pourrait me coûter gros!
, n’est pas d'alffe n'en ai pas fait l'expérience et ne répète
que ce que j'ai entendu. On m'a dit encore — et cela je ne le crois guère — qu'il y avait quatre femmes pour un homme en Amérique
et qu’on dressait les jeunes miss à se cher-
cher un mari. Aussi, quand je les voyais aller
et venir avec une si grande liberté d’allures,
causer, sans présentation préalable, avec des
gens qu'elles ne connaissaient pas, voyager
avec le patilo de leur choix, je me demandais
avec inquiétude ce qu’il arrivait deleur « ca-
pital » en pareil cas. Je ne m’imagine encore
que très difficilement qu'il ne soit pas un pal
ébréché, le jour où elles parviennent enfni
trouver le mari sur lequel elles ont jeté leu
dévolu.
Sur tout ce qui m'a été raconté à ce sujé
tant au Canada qu'aux Etats-Unis, il y aur une série de romans à faire; mais je suisi
ceux qui ont le respect de la vérité en mati
de voyage, et qui ne parlent que de ce qu
ont vu ou expérimenté. Je ne donne di
tous ces racontars que pour ce qu'ils val
ER à $ .
et je confesse, à mon grand regret, que je n'ai pas vécu dans l'intimité de Américaine
d'Amérique.
jt encore — qu'il y avait en Amérique
ie. die Je me figure d'ailleurs qu’étant femme ss à Se ÿ
elle défie toute analyse, comme celle de tous
| les autres pays, et qu’elle n'échappe jamais si bien qu’au moment où l’on croit la mieux tenir.
2S voyais aller
erté d’allures,
able, avec des Ç pas, VOYAEN me demandais jt deleur (CC ’imagine encor |
Maintenant voulez-vous que je vous dise
franchement quelle impression vous laisse un mreil voyage? C’est qu'on revient chez soi
n L] ’ , " : LU , ? 4 | soit pas un pl plus Français qu’on n’est parti, c’est qu’il n’y
14 enfin qu UN PAYS : la France — et qu’une femme :
nenne!
là Française.
nt jeté lei ke RAR Len Aussi, je le déclare hautement, je quitterai
New-York avec le plus grand plaisir et, si
conté à Ce sut Unis, il y A , mais je Suis’ vérité en mali que de ce qu ne donne il r ce qu'ils vak
y revenais un jour, le plus étonné de 1°; oir, ce serait assurément moi.
En attendant, puisque c’est sur notre hemin, partons pour New-Port,.
Mardi, 8 juillet.
C'est décidé. Voilà trois jours que la
Nubrienne est arrivée de Montréal et que
nous avons repris à bord nos habitudes. La
traversée de New=—Port nous sourit assez
On nous a dit que c'était le Deauville des
Etats-Unis et que nous y trouverions la
crème du gratin américain. Le pilote que
nous avons fait demander est arrivé depui
la veihe. 11 se prétend pilote de l’État &
montre les certificats les plus flatteurs. Celi
nous semble bien étonnant, car ce jeun
homme ne parait guère avoir plus de ving ans et, par conséquent, ne peut pas avolli beaucoup navigué. Cependant, comme il por&
un uniforme de midshipman et que ses brevets sont en règle, il faut bien admettre la précocité de ce jeune phénomène et nous levons l'ancre.
Muis voilà qu’au moment de s'éloigner, à ‘cet don s'aperçoit que le second cuisinier, qui est allé chercher de la glace à terre, n’est pas encore revenu, bien qu’il soit parti
que la depuis plus de trois heuics! On attend, on jours
atréal et que habitudes. La sourit assez.
Deauville des
æst obligé de stopper, on fouille les quais du regard avec impatience, car le pilote a décaré qu'il ne pouvait franchir que de jour es passes dans lesquelles nous devons nous
trouverions la ugager. Enfin nous finissons par apercevoir ro
Le pilote qui
L arrivé depui de L'État ele, ce qui nous prend encore un bon quart
otre maudit cuisinier, mais il faut mettre à eau une embarcation pour l'envoyer cher-
flatteurs- Cehlheure.
çar ce jeul plus de vingl ludson, nous franchissons le pont de Brook-
Nous partons à 4 heures, nous descendons
peut pas aval, sans effleurer même le tablier de l’ex-
comme il por“ imité de notre grand mât, et nous voilà ?
dans l’Est-River. Nous longeons les îlots sur
lesquels ont été bâties, en dehors de la ville, les prisons d'hommes, de femmes, et les mai- {
sons de fous. Nous nous engageons alors dans :
les méandres sans fin de la rivière. Une pre-;
mière fois, notre jeune pilote nous dirige vers
une passe dont l’étroitesse nous fait frémir,
d'autant plus que nous voyons deux goëlettes
suivre devant nous la passe voisine. Cehy
nous fait ouvrir l'œil, mais ce jeune hommel
commande avec tant d’aplomb que nou
n'osons pas croire à une erreur.
Nous sommes tous sur le pont, examinanii
le paysage ensoleillé, commentant les diff cultés de cette navigation, lorsque le piloté
nous engage brusquement dans un bras À
rivière très resserré, au bout duquel,
300 mètres environ, on voit l’eau bouillon
ner avec des frémissements alarmants.
Le capitaine le fait remarquer au piloté Celui-ci consulte sa carte et s'aperçoit qu s’est trompé une seconde fois. On stoppe,
né ARE EC nom has een tes cott me D nette pr
s les îlots sur WE fait machine en arrière, trop tard, hélas! rs de la ville, | Nous échouons en plein dans les Portes es,et les mai- & l'Enfer (Hell-Gate). Fort heureusement le ons alors dans EE havire avait déjà beaucoup perdu de sa ère. Une pre-%} vitesse et la secousse n’a pas été trop rude, us dirige VQIST mais la moitié de la Nubienne est engagée us fait frémir,Æ jar l’avant et nous prenons sur bâbord une deux goëleti&Æ inclinaison fâcheuse.
» voisine. Cela Les journaux de New-York ont raconté,
e jeune homn]
omb que nou Ye
ont, examinanl ntant les dill lorsque le piloté ans un bras À
du reste, notre accident à peu près tel qu’il est arrivé. Seul le New-York Hérald l’a de
beaucoup amplifié et a prétendu que « la lecousse avait été si forte que nos vergues le mâts avaient touché l’eau ». Le trop zélé reporter, qui a transmis cette nouvelle au journl de M. Gordon-Bennett, ne s’est pas rendu bout duquel, onpte évidemment que, si nos vergues
l'eau boul ient touché l’eau dans un échouage, nous alarmantis: 1e nous serions jamais relevés. D'ailleurs il arquer au pis ke peut pas affirmer un fait dont il n’a pas
s'aperçoit US témoin, puisque nous étions seuls sur la s, On stoppe, Wirière au moment de l’accident.
rnb re ré,
Ce qui est vrai, c’est que nous étions consternés. Encore une fois M"° M... se croyait perdue. — Partons, partons! s’écriait-elle. Il fallut la rassurer et lui faire remarquer que le bateau ne pouvait pas couler puisqu'il touchait le fond. À
Nous étions néanmoins fort embarrassés, quand deux remorqueurs, véritables mouches de rivière, voyant notre situation critique, accourent pour essayer de nous dégager.
Après avoir demandé d’abord 100 dollars, ils finissent par en accepter 50 et par prendre les deux haussières qu’on leur envoie. La première, grosse pourtant comme le poing,
casse au premier effort; on la remplace, les deux remorqueurs s’attellent, pendant que nous continuons à faire machine en arrière,
Au bout d’une heure enfin, grâce au flot qui nous vient en aide, nous parvenons à nous déhâler, mais nous n’osons pas continuer notre route et nous sommes obligés de, chercher un mouillage.
2 —— ——"—————— ne mm
Le pilote a complètement perdu la tête.
Il crie et se démène comme un fou. Il connait si peu les parages du Sund qu'il ne
sait où nous conduire. Notre capitaine s’a-
ions CONSse croyaii criait-elle.
remarquer er puisqu'il
dresse à l’un des remorqueurs qui, moyennant 10 dollars de plus, consent à prendre les devants pour nous indiquer le chenal et se charge de nous mener à bon port.
A 8h. 1/2, nous jetons enfin l’ancre dans Flushing-Bay et nous pouvons nous mettre àtable, après avoir congédié notre misérable pilote avec tous les égards dus à son ignorance et à sa maladresse.
mbarrassés, les mouches ion critique.
us dégager:
100 dollars, t par prendre
r envoie. La hme le poing remplace, les pendant qi ne en arrière
Le diner nous remet un peu des émotions que ce « naufrage » nous avait fait éprouver ; mais notre excursion à New-Port est bien ompromise ! Il ne nous est pas possible d'afronter la traversée de l'Océan sans faire Hisiter la coque du navire. Il faudra le mettre mcale sèche, à New-York, et y perdre les eux ou trois jours que nous comptions asser à New-Port.
grâce au flot Ls parvenons * sons pas contimes obligés de
Voilà donc à quelle contrariété et à quelle dépense, pour ne pas dire à quel danger, nous a exposés la déplorable légèreté du capitaine de port! Voilà entre les mains de quels gamins ignares on confie la vie des passagers,
de l'équipage, et le salut d’un navire! C’est
tellement inconcevable qu’on ne sait plus en
quels termes signaler cette coupable négli-
gence; il est bon, dans tous les cas, de la
dénoncer aux commandants de navire, qui,
comme nous, iraient demander à l'Amérique
la même protection et les mêmes sécurités
qu'ils n’ont jamais manqué de trouver en
France.
Ainsi, les deux seuls accidents que nou
ayons eus, à Québec et à New-York, c’esti
l’inexpérience de deux pilotes que nous l
devons ! Je livre donc à la publicité le nom di celui qui s’est présenté à bord, revêtu de l’un
forme de la marine américaine. Il se nomm Boulanger. La lettre du capitaine de po qui le recommandait est signée « Boyton:
UE
| té et à quelle |
danger, nous | du capitaine | ins de quels Æ
les Deer Mercredi, 9 juillet.
, navire! C'est
e sait plus en upable négliles cas, de la le navire, qui, r à l'Amérique èmes sécurités de trouver e1
En nous Quittant, ] D ormellement promis 8 heures frères.
à veille, le pilote av de revenir ce m et de ramener un de ses c
ait atin
on—
NOUS étions menacés dents que nous
v-York, c’est s que nous là licité le nom i revêtu de l’un " Il se nomni pitaine de po née « Boyton:
é un temps | mme, aux cheveux et ise, mis comme
récieux, lorsqu'un ho k barbe gr
un bourgeois nous dans son bate manda Comment un n
Isé, vint à
au et nous
avire ice était mouillé dans Fushing-Bays Le Bnitaine Muller lui aYantraconts
it arrivé, cet homme donna 50
prit qu’il était Pilote du Sund de
de notre impor-
ce qui nous n nom, Jui
Puis trente-
quatre ans et offrit, au cas fort vraisemblable où le pilote que nous attendions ne viendrait pas, de nous ramener à New-York.
Le capitaine accepte, le fait monter à bord
et l’interroge plus longuement. Ce brave
homme lui apprend alors qu’il demeure à
Flushing-Bay, juste en face de l’endroit où
nous avions passé la nuit. Le matin, en se
réveillant, il avait été très étonné d’aperce-
voir un navire de notre tonnage dans une
baie où ne mouillent ordinairement que des
sloops ou des goëlettes au cabotage et, trislk
judicieusement, il en avait conclu qu’un acc
dent quelconque nous avait arrêtés en route
À 9 heures, personne n'ayant paru, now
acceptons les propositions de cet intell gent bonhomme et nous levons l'ancre pus,
revenir à New-York, très inquiets sur k
suites de notre mésaventure. !
Trouverons-nous une cale libre? De quelle,
importance seront nos avaries? L’officier mi P |
canicien affirme qu’au moment de l’échou:@
M eme . a — ———— ——————————— .—————— ———— — — —————————————————
semblable se viendrait chine. Cela n’a rien de rassurant. Peut-être rk. onter à bord L Ce brave | demeure À , J’endroït où matin, en $e nné d’aperceage dans uit ement que des potage et, très lu qu'un accirrètés en roue
serons-nous retenus pendant plusieurs jours.
La gaieté n'est donc pas à l’ordre du jour au moment où le pilote monte sur le banc de quart. Comment celui-ci va-t-il s’en tirer ? A cet égard nous sommes promptement rassu-
rés. À voir l’aisance avec laquelle il évolue au milieu des voiliers et des vapeurs dont la rivière est couverte, il est facile de juger que, cette fois, nous avons mis la main sur [un hormme qui connait son métier... Quel malheur que nous ne l’ayons pas rencontré
au moment où nous nous mettions en route!
ru, noi pant parte ns l'ancre pt
nauiets Sur L
En effet, par un tour autre chemin que la veille, nous arrivons sans encombre devant
le Pavillon de la Presse, où mouillent les na-
rires de guerre. La matinée et la journée se passent en démarches au consulat et chez libre? De AS'agent de la Compagnie « Le Lloyd », à la- 8? L'officier Buelle la Mubienne est assurée. Pendant ce int de l'échoui
emps. on se met en quête pour nous d’une
il a senti se soulever le plancher de la ma-
cale sèche. Il n’y en a pas de libre! C'était
bien ce que nous craignions.
Cependant, à 8 heures du soir, on vient nous avertir qu’on en mettra une à notre disposition pour le lendemain, mais que nous ne pourrons pas y passer plus de vingt-quatre heures. Tant mieux si ce délai peut nous suffire. Dans tous les cas, une fois que nous serons là, personne ne viendra nous en déloger.
Comme nous sommes à peu près sûrs que nous n'avons pas d’avaries sérieuses, puisque, après une inspection minutieuse du navire, on a constaté qu'il ne faisait pas une goutte d’eau, nous acceptons le délai qu’on now, impose et nous nous endormons tranquilles, sinon contents.
mettent
à C'était
, on vient notre dis- ORNE Jeudi, 10 juillet.
ngt-quaire
ut nous suls que nous nous en dé- Notre affaire de pilotage n’est pas claire.
rès sûrs que ses, puisque, Le du navire,
Personne ne veut connaitre, parait-il, le jeune Boulanger, et le bureau des pilotes affirme qu'il ne figure pas sur son livre. Cela ne
15 une goutt EE m'étonne aucunement. Il est si simple de
j qu'on nous s tranquilles,
désavouer quelqu'un en pareil cas ! Non, je k crois aussi, Boulanger n’est pas inscrit sur le livre des pilotes, mais il fait partie des apprentis pilotes de l’État, dont il porte | l'uniforme et la casquette à tresse dorée.
L'agent du Lloyd, qui y est le plusintéressé, promet de tirer cette affaire au clair. Cela le regarde, mais que nous importe à nous ? Le
mal est fait. Pouvons-nous regagner le temps perdu ?
À 9 h. 1/2, deux remorqueurs viennent
nous chercher pour nous conduire à la cale
sèche, car il est défendu d'y entrer avec
ses feux allumés. L'un nous hale par
l'avant, l’autre nous accoste par tribord ar-
rière, et nous voilà partis, ainsi qu'un mal-
faiteur centre deux gendarmes. Nous repas-
sons pour la troisième fois sous le pont de
Brooklyn, auquel nous croyions bien avoir
dit adieu pour toujours et nous arrivons de-
vant la cale qui nous est destinée.
Trois ou quatre caboteurs en masquaient
l'entrée et voyaient bien qu'ils nous gè-
naient. Vous croyez peut-être qu’ils se sont
dérangés, qu'un employé du port quelconque |
est venu leur donner l’ordre de quitter la
place ? Pas du tout. Ils n’ont pas bougé etil
nous à fallu nous frayer passage. Ce n’est
qu'en se voyant serrés d’un peu trop près
qu'ils se sont décidés à faire un léger mou-
de vement en avant. C’est cependant un empla- | ragner ! . , "0 cement quise paye assez cher pour que l'on
onnent fasse respecter le droit de celui qui l’achète. s vienne
e àla cale ntrer avec hale par tribord ar-
Non, personne ne s’émeut ici pour le compte des autres. « Chacun pour soi », telle devrait être la devise de Jonathan.
Nous finissons par nous glisser sur le plan-
: ] cher et, aussitôt, de chaque côté du navire, qu'un mal-
Nous Tepasle pont de s bien avoir
arrivons de-
les pompes d’épuisement commencent à fonctionner. Au bout d’une heure nous étions hors de l’eau et nous pouvions constater de
vist les avaries que nous avions subies. Elles
sont heureusement insignifiantes, grâce à ic. |
Squaient notre quille d’'échouage de tribord, qui a prémasque
Mscrvé la coque du navire. Elle a si rudement 1s nous gE-
orté d’ailleurs au’elle est faussée et cassée. qu'ils se Sont q à
À l'avant, quelques rivets ont cédé et, sous k machine, le gabord de bâbord est un peu
ossué. On nous fait espérer que demain les ! 2 ® , | réparations seront terminées et que nous
pourrons repartir samedi matin. | Ainsi soit-il! En attendant, nous voilà
parcourant de nouveau les rues de New-York par une chaleur accablante, ou recevant les reporters de Journaux, qui ont appris notre échouage et qui viennent chercher des renseignements.
Fort heureusement on nous a permis d’al-
lumer le fourneau de la cuisine et nous pou-
vons diner à bord. Le soir,le temps est horriblement lourd. Nous prenons le café sur la dunette... Un peu de brise nous ferait grand bien... Mon Dieu! qu’elle est triste cette prison de bois dans laquelle nous sommes enfermés! — et comme 1l nous tarde de revenir en France !
UE
de New-York u recevant les t appris notre cher des ren-
a permis d’al- > et nous pouemps est hors le café sur la LS ferait grand st triste cette
nous sommes ous tarde de
A eià poser Les riv
Vendredi, 11 juillet,
Non, cela ne sera p L'agent du Lloyd ne y partir sans faire visiter lice. On va s'y mettre dronniers ont trav
28 fini aujourd'hui.
eut pas nous laisser le manchon de l'héà l'instant. Les chauaillé toute la nuit à forger ciS que l'ingénieur leur à Nous en voilà débarr C'est le tour des peintres. Ils toque du navire av légion de barbouille
| fait remplacer. assés,
Srattent la ant de la peindre. Une urs l’entoureet fonctionne ‘ssez rapidement, sans que nous en s top incommodés.
En revanche, nous a drague,
oyons
VOns à notre droite une qui nettoie le dock voisin du nôtre,
ns
et qui déverse à flots dans un bateau de service une boue noire et puante, dont le vent n’emporte pas assez vite les infectes émanations.
Nous voilà condamnés, pour éviter ces bouflées nauséabondes, à une journée de ce New-York monotone, que nous avons tant vu et que nous commençons à prendre en
horreur.
Quand nous rentrons à bord, on y em-
barque les provisions. Il pleut de tout sur le
pont, depuis des choux jusqu'à des ananas,
EE een
Ce mouvement nous occupe et nous distrait,
mais ne calme pas notre impatience. À chaque
rer
instant nous allons consulter le capitaine
Muller, ear les deux couches de peinture
sont déjà sèches, nous nous en sommes as-
surés.
— Est-ce pour aujourd'hui, capitaine ?
— Non, messieurs, ce ne sera que pour
demain matin, vers onze heures, à cause du flot. Ilélas !...
au de SeTontle vent
tes émana-
éviter ces urnée qe ce g avons {tant
prendre en
d, ony € de tout sur le \ des ananas:
nous distrait, nce. À chaque
le capitaine 4 de peinture
h sommes aÿ-
capitaine ?
sera que pour es, à cause du
Samedi, 12 juillet.
Que le ciel vous préserve de deux jours de cale sèche à New-York! Certainement, si nous avions pu prévoir qre les réparations auraient duré si longtemps, nous ne serions pas restés à bord; mais on nous avait affirmé que tout serait terminé dans les vingt-quatre heures : pour si peu nous n’avons pas voulu lâcher pied.
À peine sommes-nous descendus à terre, pendant ces deux derniers jours, pour faire quelques achats indispensables. Aujourd’hui, nous avons tellement peur que la Nubienne
parte sans nous, que nous ne sortons pas.
Nous sommes Îlà, appuyés sur la lisse,
arm
attendant avec une véritable fièvre le moment de nous remettre à flot et de fuir cette horrible dragueuse (en France, les mariniers appellent cela une Marie-Salope, et je vous jure que c’est bien nommé) qui con-
tinue à fonctionner et à nous empester. C’est
qu'avec la théorie des vibrions un voisinage
comme celui-là n’a rien de rassurant !
Allons, bon! Voilà la marée qui retarde de
45 minutes encore l’heure qu’on avait fixée,
Elle sonne enfin! À midi nous reprenons
possession de « l'élément perfide », nous
rerepassons le pont de Brooklyn — pour la
dernière fois, espérons-le — et nous allons
mouiller devant la Batterie, à l'entrée de la
grande passe, tout prêts à reprendre la mer. We
C’en est fait maintenant de notre excursion à New-Port. Deux d’entre nous ont absolu-
ment besoin d’être à Paris pour la fin du mois
et il faut compter avec les hasards du retour.
Si j'avais cru que le lecteur tint beaucoup
à avoir une description de New-Port, je l'au:
A TRAVERS L’ATL:-NTIQUE NA.
yre le mole fuir cette
rais copiée dans un livre de voyages, j'y
aurais Joint quelques apereus nouveaux, et je
, les mari- lui aurais facilement persuadé que j’en arri- Salope, et 16) qui con-
pester. C'est
vais directement, mais je pousse à l’extrème le culte de la vérité et j'avoue humblement que je n’ai pas mis les pieds à New-Port.
un voisinage Je le regrette assez, du reste. J'ai maudit urant ! de toute la puissance de mes poumons ce qui retarde de méchant pilote de contrebande, qui nous a infligé trois jours de New-York de plus que
nous n'avions mérité, et nous a privés d'un
n avait fixée.
us reprenons
rfide », nous yn — pour la
des plus grands plaisirs que nous nous étions
promis : voir une station de &ains de mer & nous allons Efréquentée par l’Elégance américaine. l'entrée de la endre la mer.
otre excursion ,s ont absolu-
]a fin du mois ds du retour.
tint beaucou)
Port, je l'air
Ce serait plus regrettable encore, s’il était vrai, comme nous l'ont affirmé deux yacht-
[men, qu’une foule de yachts, en villégiature àNew-Port, y attendaient la Nubienne, dont
l'arrivée était annoncée, pour lui faire une
réception enthousiaste. Vrai, je n aurais pas
té fâché de voir ça; mais j'en doute un peu,
ene le cache pas, après la façon dont nous
avons été accueillis à bord de la Belle Horton, le jour des régates de Larchmont.
Maugréant contre cette déconvenue, nous arpentons la dunette, interrogeant du regard le quai désert, d’où doit venir la note formidable des frais à payer, en attendant qu'il plaise à la compagnie d'assurances de les rembourser. Entin nn canot se détache, portant le chapeau gris du Ship-chandler que nous guettions depuis deux heures. Hurrah pour Paterson!
Ce n’est pas fini. Il faut que le capitaine
vérifie les comptes qu’on lui présente. Cela
dure encore une bonne heure. Notre nouveau piloteestsur la passerelle,examinant l'horizon qui se rembrunit, redoutant la brume, cette ennemie acharnée de la navigation dans ces parages.
Je l'aurais parié. Tant que nous sommes restés à terre, nous avons eu un temps superbe. Nous allons reprendre la mer : il va faire un temps atroce.
elle Horton,
venue, nous
1t du regard note formiendant qùw’il nces de les détache, por- -chandler que
ures. Iurrah
le capitaine présente. Cela otre nouveai inantl’horizon brume, cetie tion dans ces
nous sommes un temps Slla mer :ilv
A 4 heures enfin, exit Paterson avec son argent; nous levons l'ancre et nous partons.
Dans la baie, nous rencontrons successivement trois goélettes .et un grand sloop de
D yhisance qui saluent notre pavillon d’un coup
de canon, politesse à laquelle nous répondons de la même manière.
A Gh. 1/4 notre pilote nous quitte pour remonter à bord de sa goélette qui l’attendait. Nous sommes en pleine mer!
Devant nous, le ciel se couvre affreusement; la mer est noire comme de l’encre. Je crois que nous allons être vigoureusement ipoussetés. Hum! Nous sommes environnés léclairs aveuglants; vingt fois nous voyons k tonnerre tomber autour de nous. Très heureusement, l'orage se résout en une pluie liluvienne et nous finissons par nous endornr au bruit de l’épouvantable concert qui la pas cessé pour cela de mugir à nos reilles.
Dimanche, 13 juillet
Le temps est couvert, mais la mer est :
calme, quoique le baromètre ait un baissé. Cependant il se forme insensible une forte houle, qui nous prend par le tre et nous fait rouler d’une manière atr sans que le vent soit assez fort pour appuyer et gonfler nos voiles. La journi passe dans des alternatives de brume, dant lesquelles la machine ne cesse de si
et d’éclaircies à peine suffisantes pour
mettre de faire le point.
Pendant une de ces éclaircies, nous son assaillis par une troupe de marsouins, les sauts et les évolutions rapides nous d
tissent beaucoup. Aussitôt, digne fils d’un héros, un de nos amis, que nous avions surnommé OEil-de-Faucon, pour sacrifier à la couleur locale, se précipite sur sa carabine, juillet qu'il brandit d’un b iompl él manche, 13 juillet. quil brandit d'un bras triomphant, s'élance sur la dunette.
« Pousse au monstre et, d'un plomb lancé d'une main ar [sûre, ‘4 la mer est assez + ais la me « I lui fait dans le flanc une large blessure. » mètre ait un pet rme insensiblementE L'infortuné marsouin perd des flots de prend par le travers sang et nous montre son ventre blanc. Quatre ° . e . . Ÿ , e. e manière atroce, is de suite, OEil-de-Faucon essaie vainesez fort pour DOS 1 de renouveler ce brillant exploit. Aussi,
oiles. La journee $e pour justifier son surnom, voudrait-il hisser
es de brume, PRE bord sa première victime et repaître de sa e ne cesse de siffler,
iffisantes pour per
ue ses regards sanguinaires.. On stoppe, on met une embarcation à la mer, on cher-
che... plus rien! Les pauvres bètes ont-
Q N $ , , , ircies, nous SOMIÉ ES été mangées par leurs camarades? Ont-
ao \ | T s de marsouins, doi, simplement coulé à fond? Mystère. Ce
. 1 OT" à a ; rapides noûs dive vil y a de certain, c’est qu’on n’en retrouve
pas la trace. OEil-de-Faucon est désolé. Il
comptait se repaître de cette horrible cuisine et se berçait même du fallacieux espoir de nous en faire goûter. (Pas à moi, juste ciel! On m'a joué ce tour-là une fois à Saint-Nazaire, on ne m’y repincera plus!) Il faut y renoncer. La brume devient plus épaisse, les matelots sont forcés de rentrer à bord. La journée s'achève sans autre incident — c'està-dire que nous roulons toujours abomirablement.
. désolé. Il rible cuisine 1X espoir de ji, juste ciel!
à Saint-Nas!) I faut y 18 épaisse, les
Lundi, 14 juiliet.
r à bord. La ?
urs apomira-
Naturellement nous avons passé une nuit | litestable — moi surtout qui ai le roulis en
brreur. Aussi suis-je levé de très bonne heure.
À 4 heures, nous rencontrons un paquebot lkmand qui se dirige vers New-York. Il hnsporte sans doute des émigrants, car
kstincalculable ce qu’on trouve d’Allemands ix Etats-Unis!
À 6 heures, nouvel événement. Un poisson
ant se jette dans la figure du matelot qui
nait la barre et manque de lui crever l’œil. | ressemble à la fois à un mulet par les | alles et à un maquereau par la couleur, |
FRA AD 7 PA mo» 2
Connu"
mais pas du tout à ce qu'on m'a fait voir jadis, quand j'étais au collège, dans la classe d'histoire naturelle. J’en conclus, pour ne pas renier les bienfaits de l’Université, qu’il y a plusieurs espèces de poisson volant et j'attends, pour me livrer à des études plus approfondies à cet égard.
Le vent de Sud-Est, que nous avions par l'avant de tribord, saute tout à coup ax Nord-Ouest. Nous en sommes ravis d’abord, car cela nous permet pour la première fois d'établir notre voilure entière, y compris les perroquets; mais la mer grossit lentement et devient un peu dure.
Néanmoins, nous marchons si bien quels
mécanicien demande à resserrer les cylindre
de sa machine qui ont un peu joué. De 2:
4 heures, nous voilà donc exclusiveme navire à voiles et filant sept ou huit nœud Quant à nous, assis sur la dunette, adni rant le spectacle que nous avions sous yeux, nous songions à nos parents, à nl
à A TRAVERS L'ATLANTIQUE 309
n'a fait voir M amis, à Paris qui célébrait ce jour-là sa ans la classe srande fête nationale, tandis que nous étions lus, pour ne seuls au milieu de l’immensité. Elle n’a pas versité, qu'il @ été gaie pour nous, cette fête du 14 juillet, son volant etff pas saie non plus pour l'équipage, qui avait s études plus@ pourtant reçu en son honneur double ration de vin, de rhum et de café!
jus avions par À présent que la machine avait repris sa ur à coup auQuarche, nous nous consolions un peu du gros ravis d’abord, Rtemps, en songeant que nous filions douze ou | première foisMueize nœuds à l'heure et que, si cela durait, y compris lespnous pourrions peut-être gagner un jour ou Lit lentement elfleux sur la durée du trajet. C'est singulier, mais depuis que nous $ si bien quelrons mis le cap sur le Havre, nous sommes er les cylindre ossédés d’un désir de revoir la France que
rot 2 @Mous n'avons jamais ressenti. Les heures exclusivemel ou huit nœuds dunetie, adni
avions Sous k
ous paraissent des siècles et les jours des Hernités. Nous les comptons sur nos doigts, omme font les écoliers lorsque le moment es vacances approche.
parents, à nf Le diner a été assez gai. Nous l’avions ar-
rosé de champagne, bien qu’il fallütsaisir son assiette au passage, tant le roulis était fort, Au dessert, on nous apporte un second poisson volant, exactement semblable au premier, qui s'était jeté dans les bras de la femme de chambre. Encore? Oui. Parbleu! cela n’esi pas étonnant. L'eau, qui n’avait pas jusqu'ici plus de 16 degrés, en marquait 22 à quatre heures. C’est un commencement de court bouillon. Voilà pourquoi les poissons ne
veulent pas y rester et éprouvent le besoin d
prendre l'air.
« Et la mer grossissait toujours... » Etc satané roulis grandissait aussi... Quant l'heure de se coucher est arrivée, c’est dan tout le bateau un vacarme assourdissani Dans le salon et les cabines, les meubles « bntent les uns par-dessus les autres; dal l'office les porcelaines et cristaux se livre à une sarabande infernale.
Au-dessus de nos têtes, sur la dunette, bayes se promènent, les poulies grinca
les barres d’anspect dégringolent, avec des bruits sourds qui font tressaillir. Allez donc dormir au son d’une musique semblable!
Personne ne peut fermer l’œil. C’est un désarroi général.
Aûtsaisir son Jis était fort.
second pois-
le au premier, a femme de eu! cela n’est & pas jusqu'ici ait 22 à quaire ent de court $ poissons 16 ent le besoin di
On nous avait pourtant promis pour le retour une traversée magnifique... Je crois que j'étais Je seul à en douter ; pourquoi ne me Suis-je pas trompé ?
jours... » Et ci aussi. Quant ivée, c’est da assourdissan les meubles til ss autres; dal «taux 8e vit
r la dunette, @ oulies grinctil
Mardi, 45 juillet,
C’est généralement le matin, quand ce n’est pas sur l'heure, que je prends les notes à l’aide desquelles j'ai pu refaire ce petit | livre. Or il fallait qu'il fit bien mauvais temps ce matin-là, car, bien que ces notes fussent écrites au crayon, elles forment un gribouil- | lage si compliqué que je puis à peine lesl déchiffrer.
À 7 heures, on signale un navire. A ki
mer, un navire est toujours un événement.
Je grimpe sur la passerelle et j’aperçois uns pauvre petite goëlette qui se rend en Ami rique et qui, ne pouvant lutter contre le ve et la mer, s'est mise à la cape.
Quant à nous, comme rien ne s’est modifié, nous roulons toujours autant, mais nous Ü marchons. Nous sommes en plein Gulf-
Stream ; l’eau à maintenant 28 degrés.
Vers 9 heures, tout le monde se retrouve
di, 45 juillet.
dans la salle des cartes, les yeux gonflés, ks paupières rougies. Personne n’a pu dormir.
quand &Ù — Il faut pourtant vous y habituer, dit le n, re J
ands les notes faire ce petit jauvais temps notes fussent un gribouil- |
capitaine.
En voilà une phrase qui promet!
— Esi-ce que cela va durer longtemps?
demanda Mme M... un peu effrayée, car elle ime beaucoup le sommeil.
sa peine ls — Peut-être... répond évasivement M. luller.
En même temps, il se déturne et je vois
navire. À hi
nn n L] U " 0 1 A n événement} rer sur ses lèvres un sourire Lui me donne
1perçois um penser. Bien sûr, nous sommes tombés sur J ° |
end en Amine série de vents d'Ouest et condamnés au " |
contre le vel oulis à perpétuité. Ce n’est pas plus gai, car clinomètre, que je consulie, marque pour
ue ne PRE 7 2
la nuit dernière une jaclinaison de bande de 81 degrés! Décidément cela devient un supplice.
Les poissons volants continuent à pleuvoir, Nous avons mangé la veille ceux que l’on & avait recueillis et j'avoue que je n’en ai pas été enchanté. La chair en est coriace, sèche, et a un goût d'huile assez prononcé. Néan-| moins, je conçois très bien que le poisson volant ait été si vanté, et qu’il soit un régal pour les matelots qui voyagent à bord des bâtiments de commerce et qui sont soumis pendant des mois entiers au régime des salaisons et du biscuit.
À midi, nous apercevons dans le Sud un
grand navire à voiles qui semble se d'rigel vers les Antilles; mais nous le laissons passe: N
n'ayant aucun intérêt à contrôler la rout qu'il fait.
A2 heures, le vent se met à l'Ouest 4 mollit un peu. Néanmoins nous g*"dons totifé notre toile et nous marchons assez bon tra
de bande de # ne en roulant, bi ent un SUp- À at de cl t, bien entendu. Cet e choses se maintient pendant le reste de la journée . 3 et nos repe ( it à pleuvoir. pas sont toujours des
prodiges de gymnasti ux que l'on À gymnastique. Quant à notre
$ ARS je n’en ai pas ponmmeil, Je n'en parle plus.
riace, sèche, joncé. Néan-| e le poisson soit un régal nt à bord des | : sont Soumis]
égime des Sr
ans le Sud nl nbhle 5° dirige ; aissons passe:
trôler la rot
et à l'Ouest di Ls g1"dons touif
asqez bon WA
Mercredi, 16 juillet,
Malgré tout, j'étais tellement accablé de fatigue, depuis deux jours, que j’ai dormi.
Relativement, la nuit a été d’ailleurs assez tranquille. À 6 heures, je me lève, que vais
je faire? C’est le problème quel'on se pos
à toute heure du jour pendant les grandx traversées, et c’est la presque impossibilik de le résoudre qui les rend si fastidieuses.
Au bout de quelques jours, en effet, « n’est plus la mer qui vous occupe. Qu'’e soit bonne ou mauvaise, on finit par ne pl y faire attention; mais empioyer quinze dix-huit heures sur vingt-quatre, voilà qu'il y a de plus difficile. Ce ne serait ri
si le temps nous permettait d’aller et venir, de dépenser un tant soit peu de l’activité qui nous dévore, mais il est rare que la mer nous en donne le loisir. En général, il faut s'estimer heureux quand on peut, en fait redi, 16 juillet. : : re ; FREE d'exercice hygiénique, aller d'un endroit à | l'autre sans se cramponner à tous les objets qui vous tombent sous la main. Ne songez | LL pas davantage à écrire tant que le navire est 7 »: dormi © marche, c'est encore une distraction irréaque j'ai dormi.
d’ailleurs assti lève, que vais que-l'on Se pos ant les grandi e impossibilih astidieuses. { rs, en eflet,(
lisable. Il ne reste donc guère d’autre ressource que de lire : mais lire sans cesse est une fatigue pour le corps aussi bien que pour l'esprit. L'immobilité à laquelle on est asteint conduit à l’énervement et alors on bandonne son livre, on se lève, on interroge k ciel, la mer; on fait quelque pas, au |
occupe. Qu'ê risque d'attraper un horion de première
finit par ne | ioyer quinze !
quatre, voilà | : , . à & ride finisse par s'épuiser — même quand les
lasse. Quand on est réuni, on cause et on it, c’est encore ce qu’il y a de mieux à faire; hais y a-t-il un sujet de conversation qui |
e ne seral
318 A TRAVERS L'ATLANIIQUE femmes y prennent part? Je ne le connais pas.
Je comptais agrémenter la traversée de distractions infiniment plus variées. Sur cette route si fréquentée de New-York je m'imaginais rencontrer presque autant de navires qu’on croise de voitures sur un grand cheinin. Aussi ma stupéfaction est extrême, quand j'interroge l’horizon, dene pas y voir, comme sœur Anne, le moindre pavillon qui flamboie. Et, devant ce vide immense, au milieu duquel nous flottons ainsi qu’une
épave, ces mots célèbres : « Que d’eau! que
d’eau! » me reviennent à chaque instant sur les lèvres avec un sourire.
Encore ne pouvons-nous pas trop nous# plaindre aujourd’hui. Le vent est toujours à l'Ouest et nous pousse doucement vers h France; la mer n’est pas trop rude, ni k brume trop épaisse.
Cependant il faut bien croire que ceit
brume n’est guère favorable à la navigation,
le connais
raversée de ariées. Pur ew-York je e autant de sur un grand est extrèimne, 1e pas y voir, , pavillon qui
immense, ai
ainsi qu'une 1e d’eau! que ue instant Sur
as trop nous él est toujours à ment vers ha
)D rude, ni là
ÿ A1 ii oire que Cebi
nalité ? Craignait-il, en nous la révélant plus
la navigation:
car, vers S heures, nous voyons courir iF |
sur nous, du plus loin qu'il nous aperçoit, un trois-mâts-barque. Que nous veut-1l? Quoiqu'il n'ait pas hissé son pavillon, le capitaine le suppose allemand. Arrivé à 200 mètres de nous par tribord, il nous demande par signaux à quels degrés de longitude et de htitude il se trouve. On le lui indique, en
arborant le pavillon français. Il se décide |
alors, après avoir ‘mené ses signaux, à
hisser son pavillon national et à nous saluer à
àson tour. Le capitaine ne s’était pas trompé: |
cest bien un navire prussien. Pourquoi ne nus a-t-1l fait connaitre que si tard sa natlo-
it, qu'on ne lui envoyàt pas la réponse qu'il
tenaait? Est-ce donc ainsi qu'il agirait en te)
areil cas? Sur mer, la question d'humanité
1e prime donc pas en Allemagne la question li nationalité? Triste pays alors !.….
À midi, le capitaine relève le point. Nous vons fait 270 milles! C’est notre plus belle
| l; Â f Es :
lF
MS
Journée de route depuis notre départ du Havre.
Nous dépassons en ce moment un troismûts quise dirige vers l’Europe. À 4 heures, nous en rencontrons un autre. Pourquoi cela nous fait-il plaisir? Quel singulier sentiment! Il nous semble que nous sommes moins seuls. fl Et, en effet, c'était cette solitude, je m'en | souviens, qui nous avait le plus attristés, lorsque nous nous dirigions vers le Canada. |
La soirée se passe bien. La brise est bonne et nous sommes bien appuyés par nos voiles latines. Nous filons douze ou treize nœuds ei] nous ne bougeons presque pas. Allons, la nuit sera bonne, si cela continue.
départ du
nt un trois- A 4 heures, pourquoi cela PURE | er sentiment:
, moins seuls. fs ude, je m'en lus attristés, rs le Canada. | brise est bonne à
par nos voiles
Le temps s’est maintenu. Il est seule- | ment un peu brumeux. La nuit a été excellente à tous égards, car nous étions à l’ex-
trémité du banc de Terre-Neuve, à l'endroit eize nœuds et
as. Allons, là
où le courant polaire se rencontre avec le
Gulf-Stream, et, bien que nous eussions lé-
gèrement incliné vers le Sud, nous avions
peur de trouver sur notre route les mêmes
monstrueux icebergs que nous avions évités
en approchant du détroit de Belle-Ile. Ieu- |
reusement nous n’en avons pas aperçu un |
seul. | Le commandant du Canada qui, du reste, |
avait traversé ces parages, quelques jours
avant nous, et qui avait passé bien plus au Nord, avait dit à M. Muller, au moment où nous allions quitter New-York, qu'il n'avait pas vu la moindre montagne de glace.
A tout hasard, notre commandant avait placé deux vigies sur la passerelle. Maintenant qu'il fait grand jour et que le danger a disparu, nous pouvons nous redresser un peu versle N.-E. etsuivre directement notre chemin vers l’île Scilly, c’est-à-dire vers la Manche.
Oui, mais on ne peut pas tout avoir. Voilà notre jolie brise de S.-0. qui se met à fraichir en diable et la mer quisuitle mouvement. Et la danse recommence de plus belle! Plus moyen de se tenir sur le pont, sous peine d'être jeté sur les pavois ou de tomber par terre — danger auquel nos compagnes de voyage n'ont même pas échappé. La mer ne respecte rien.
De nouveau on se réfugie dans cette fa:
veuse chambre des cartes, qui nous a été si
UE bien plus au u moment où , qu'il n'avait glace.
aandant avait erelle. Mainque le danger redresser un ctement notre 1-dire vers la
it avoir. Voilà met à fraichir iouvement. Et s belle! Plus it, Sous peine le tomber par compagnes de pé. La mer ne
dans cette fa:
i nous a été si
A TRAVERS L'ATLANTIQUE 322 Re TN
utile et si salutaire pendant la traversée qu Canada. A table, chacun mange comme ;i] peut et où il peut. Les plats glissent, emportant dans le Corridor un Poulet rôti que DOUS allions écarteler : Suivant ce «
gene DO ne
angereux exemple, les verres et les bouteilles roulent
où se brisent sur le tapis. Nous-mêmes, nous aVONS beau nous arc-bouter des Pieds et des
mains, nous sommes projetés en avant à plusieurs reprises.
La nuit arrive. Le vent persiste
Natin.
Vendredi, 18 juillet.
Ça n'a pas manqué. Les coups de roulis
me retournaient dans mon cadre comme une
crèpe dans la po:le. Pen nt toute la nuit,|
LA
j'ai dû me raccrocher à 1. lanche de salut
pour ne point passer par-dessus. Deux fois,
je me suis endormi, vaincu par le sommeil
deux fois j'ai été réveillé par de telles se
cousses que j'en ailes bras meurtris. Décidé
ment il ne fait jamais beau dans cet aboni
nable Trou du Diable que nous traverson
pour la seconde fois et quitient à justifie
son nom.
Je me lève, je cours en décrivant
courbes insensées vers la chambre des carte
een nd cl ÿ je me laisse, ahuri, tomber d
ans un fauteuil, | Je m’endor
S — 0 bonheur !
Je rêve
de calme Plat, de ciel pur et sans auage, de nuits étoilées, de tout ce qu'on m'avait promis enfin... V'lan! Une douleur Du 4 atroce me réveille et me rappelle à la réalité, | C'est une table ui me tombe sur le genou!
Et cela ne cessera pas d'aujourd'hui! car, en OL heures, il vente tout autant et 1 de une outonne à faire pâlir les t toute la nuit. Müignes de la croix du Mé anche de salut est pis encore, Le sus. Deux fois, ar le sommeil : de telles se eurtris. Décidé ans cet aboni
a mer
Mmérinos les plus | rite agricole, À midi, | $ Paquets de mer } k pont dans tous les sens.
Pour essayer de nous consoler, PUS apprend que nous lns nos vingt-quatre
alayent
le capitaine aVOnS fait 297 milles heures c’e
St la français.
Avec un Je le crois bien. Et, ce
hyenne des Paquebots ent parcil, parbleu!
lui est assez bizarre, les dec ide latitude Par lesquels nou décrivant di moment où M. Muller sut des cartafactement les
ous traversoin
dd us rés de longitude tient à justifie °
S NOUS trou vons, relève le Point, sont mêmes (44036),
Pendant le déjeuner, deux paquets de mer énormes s’abattent sur nous. La Nubienne en tremble ; on pourrait nager sur le pont. Enfin la pluie se met à tomber avec abondance. Le vent et la mer se calment légèrement, mais le temps reste maussade et pluvieux.
Quand vient le soir, le vent n’a pas augmenté et le navire est suffisamment appuyé pour se maintenir, À 10 h. 1/2, tombant de
sommeil, chacun de nous regagne son lit,
Mettant à profit ces rares et excellente dispositions, je fais comme les autres et j4 m'endors. Enfin!
TE \ quets de mer à , MNubienne en le pont. Enfin \bondance. Le
Fm
Srement, Mais eren ? Samedi, 19 juillet, LVIeUX.
n'a pas ang” ment appuyt mbant de Fa 0 ; 2, to L | J'airattrapé de mon mieux le temps perdu. gagne Sn
D 21% à e F s,. à : ET | excellente Dès que j'ouvre les yeux, j'interroge par mon e 2C
. Mhublot je ciel et la mer, qui sont horriblement les autrém es J bris. Le tempsn’a pas changé et pourtantle baromètreasensiblement monté. Pendantqueje im’habille, j'entends le sifflet de la machine. ele connaisce bruit lugubre!il veutdire que pous avons encore de la brume. En cïet, je egarde, on n’y voit pas à cinquante mètres.
ecri monctoneetattristant continue done à ibrerdans l'air. Bientôt la brume s’abat en ne petite pluie fine, humide et lourde, qui énètre tout et partout. Les habits, le linge, fe. h sont imprégrés. La peau du visage et des
328 A TRAVER L’ATLANTIQUE
mains, s’enduitelle-mème d’une couche d’humidité poisseuseet affreusementdésagréable.
O baromètre! Tu n’es donc qu’un instrument de pa”:doxe et de confusion. Est-ce là ce que tu nous av : annoncé?
Depuis hier, nous n'avons pas rencontré un seul navire. C’est bien surprenant, car nous suivons maintenant une route directe et très fréquentée, surtout dans cette saison. 1] est vrai qu'avec le brouillard dont nous sommes environnés, nous ne tenons :à rencontrer personne. Au contraire. D'ailleurs ce brouillard se dissipe, ou plutôt il tombe, carilne cesse de pleuvoir. Joli temps!
Vers onze heures, un événement inattendu se produit à bord. C’est notre chef, qui étaith sans doute un peu é tu, et qui apostrophait
par trop vertement le lieutenant du bord.
Comme on était très mécontent déjà de & tenue et de sa cuisine, le capitaine le fai mettre aux fers,
— Ce sont ces animaux de maîtres d’hôtel
A TRAVERS L’ATLANTIQUE 329 uched’hu- # qui me font étrenner la broche ! s’écria-t-il sagréable. À d'un air navré.
‘un instru— D Il parait, en effet, qu'ilavait essayé plua. Est-ce là sieurs fois de s’introduire dans l'office —
probablement pour y recueillir quelque \s rencontré bouteille égarée — et que les maitres d'hôtel prenant, ca À l'enavaient empêché. Il s’en vengeait sur eux nte directe et À ou plutôt sur nous, en faisant attendre indéfitte saison. 1 Æ niment les plats qu’ils allaient chercher. A dont nous Pour cela, et plus encore pour certains faits Lenons à ren- Æ que je ne puis pas rapporter, nous profitons re. D'ailleurs Æ de l’occasion qui se présente et nous Le faisons utot il tombe, remplacer par le second chef jusqu’à la fin de li temps! la traversée. Je ne sais pas si nous y gagneent inattendu rons, mais, à coup sûr, nous ne pouvons pas chef, qui était y perdre.
i apostrophait n À midi, le relevé du point donne un parnant du bord ours de 268 milles — ce qui est bien joli pour ant déjà de Sun navire mixte tel que la Mubienne. Il faut
pitanê le fallkemarquer, en effet, à ce propos, que chaque jour qui nous rapproche de Paris diminue de
94. À , s ‘ . , mââtres d'hôt@O minutesh environ (puisqu'il y a 5 heures
dé différence entre Paris et New-York) et que nos journées ne sont par conséquent que de 23 h. 40 m. Par le fait, nous avons donc parcouru hier 302 milles et 278 aujourd’hui. Pourvu que cela continue et que nous n’attrapions pas quelque gros coup de vent...
Trois heures. Le temps se maintient, gris et monotone. Le vent qui, ce matin, semblait vouloir incliner vers le N., continue àsouffler du S.-0. avec une forte houle et des embruns que ma concierge ne craindrait pas de qualifier de « très conséquents ».
Notre refrain ne varie pas davantage : — Il ne fera donc jamais beau?se demande-t-on.
Cependant personne n’est malade et personne ne se plaint. Nous faisons du chemin, c'es] tout ce que nous voulons.
Lajournéecst égayée par quelques grains, Le soir, on court encore après les plats pen dant le diner. Quand le nuit arrive, on dimi
nue quelque peu la voilure pour tâcher di #
bourlinguer un peu moins.
D ee
ork) etque ent que de avons donc ajourd'hui.
ous n'atirapnte..e intient, gris ün, semblait tinue à soufhoule et des raindrait pas ts > avantage :
lemande-t-0n:
le et personne
chemin, C'esl]
elques grains.
les plats pe rive, on dimi our tâcher di
Dimanche, 20 juilet.
Assurément, nous ne serions pas fàchés de faire comme les l’arisiens et de fermer notre magasin, pour aller à la campagne dans un pays où il y ait un peu moins d’eau. Par malheur, nous ne pouvons pas nous offrir ce pauvre petit délassement.
D'ailleurs le temps est exécrable : pluie, brume, brume, pluie, nous ne sortons pas le là.
À 7 heures, on signale un trois-mâtsarque. Il yavait deux jours que nous n'avions as aperçu le moindre navire. Il suit la même oute que nous, mais nous le distançons apidements Un peu plus tard, nous en
hé sans
Ph Be mA
rencontrons un autre. Celui-là nous croise et disparaît encore plus vite.
Il pleut toujours, le vent et la mer s’apaisent, sauf à reprendre ce soir, ainsi que cela arrive depuis quatre jours. Et toujours aussi nous sommes condamnés à la même immobilité désespérante. Je n’aurais jamais cru que le caractère püt se ressentir aussi vivement de l’inaction à laquelle nous semblons voués. I en résulte une sorte de surexcitation qui, À jointe à l’horrible temps qui nous poursuit, irrite les nerfs et prédispose l’esprit le plus enjoué à une insurmontable mélancolie.
Cette vague tristesse s’augmente encore de l’ignorance absolue dans laquelle nous sommes de tout ce qui se passe en France.
Où en est le choléra? Est-il toujours à Toulon? A-t-il gagné Paris? Va-t-on nous mettre en quarantaine à notre arrivée? Et nos parents, et nos amis? Que sont-ils devenus!
Tout cela n’est pas gai.
Vers 4 heures, nous croisons/un troisième
mer S’apainsi que cela jours aussi me immobinais cru que si vivement blons voués.
citation qui, | JUS poursuit, sprit le plus lancolie.
nente encore aquelle nous e en France.
1jours à Toun nous mettre ? Et nos pa- -ils devenus:
un troisième
navire. C’est encore un trois-mâts prussien, qui nous télégraphie son numéro, afin que nous signalions son passage à la première occasion. Celui-là, dû moins, avait arboré son pavillon en mème temps que son numéro.
Nous lui répondons en hissant le signal « aperçu » et nous lui rendons le salut qu’il nous adresse en signe de remerciement.
Décidément c’est une amère dérision. Le baromètre a encore monté depuis ce matin :
il marque beau temps en plein et nous restons toujours dans le brouillard et la pluie. S'iln’y avait qu'un baromètre à bord, on pourrait croire que celui de la chambre des cartes est optimiste et a été construit par le docteur Pangloss, mais les autres, les misérables, exécutent tous le même mouvement ascensionnel et je ne puis pourtant pas admettre qu’ils se soient donné le mot pour nous tromper.
La nuit s’annonce mieux et promet d’être tranquille. Pour la première fois, depuis que
| | nous sommes à la mer, il nous est permis F1 d'organiser une petite partie. Nous nous dévorons entre nous. C’est épouvantable! La soirée se termine par une perte de vingt-cinq francs. Tout le monde est consterné!
st permis Nous nous ntable! La vinet-cinq Lundi, 21 juillet.
né!
Baromètre et vent de $S.-0. sont à couteaux ürés et s’inifligent les plus éclatants déments, sans qu'il y ait heureusement à craindre une collision dont nous serions à la | fois les témoins et les victimes. Je sors de ma cabine : il pleut encore! C’est bien le cas | de dire : plus ça va, plus c’estla même chose.
Je jette les yeux sur la carte que le capitaine pointe tous les jours et qui marque, depuis que nous sommes partis du Havre, tout le chemin que nous avons parcouru. Le serpent s'allonge et prend des proportions gigantesques, La Nubienne a déjà fait plus de 6,500 milles. Si notre marche se soutient, nous comptons arriver jeudi soir ou vendredi matin en vue de l'ile Scilly. Espérons qu'au-
cun fâcheux contre-temps ne dérangera nos prévisions!
Cependant une chose nous préoccupe : la fuite, qui s'était déclarée déjà dans le tuyau qui couduit la vapeur de la chaudière dans les cylindres, augmente de jour en Jour et, comme cette fuite est dans la soute, il n’est pas possible de l’aveugler, même provisoirement. Ce qui nous rassure, c’est que le chef mécanicien n’a pas l'air de s’en préoccuper beaucoup et affirme même que nous irons jusqu’au bout sans difficulté.
Confiance ! confiance! Nous attendons tou-
jours vainement le beau temps promis par le
»aromètre. Loin qu'il arrive, le brume s’épaissit et nous sommes forcés encore de faire fonctionner le sifflet réglementaire, ce qui n’est amusant pour personne. La nuit dissipe le brouillard; le vent tombe à plat, on en est réduit à carguer les voiles; la mer est tranquille comme un lac, on roule à peine.
Cela nous rend un peu de gaieté..Nous bavardons comme des pies jusqu &# 11 heures.
ngera n0S
occupe : la ns le tuyau re dans les Mardi, 22 juillet.
n jour et, ute, il n’est provisoireque le chef | préoccuper » nous irons
Ni vent, ni mer. Mon Dieu! que cela semblerait bon sans cette petite pluie fine qui ne cesse de tomber.
À 9h. 1/2, nous rencontrons à tribord u- Re sr Ex tendons to un trois-mâts-barque qui se dirige comme nous vers la Manche. Il a toutes ses voiles
dehors, mais il n’avance guère. Comme il
bromis par Île le brume
fe ee de : ‘ à s encore doit envier notre sort au moment où nous le
glementaure, E'iépassons!
nne. La nuit be à plat, on s: la mer esi
Cette pensée nous rend tout notre courage, bien que nous ayons probablement fait 90 milles de moins aujourd’hui qu'hier.
À 10 heures, le vent s'élève et semble vouloir soufflementre le N. et l'O. On lui tend
le à peine.