livre à la main et cherche à tuer le temps
Cap udit soleil ! Quei fichu caractère! À me-
e qu'on vient le chercher il se cache. Je im'étonne plus qu'il fasse si mauvais mé-
ge avec la lune. Eh bien! non. Il tient Fc « ; 4. 1. .
üs doute à se réhabiliter, car le voilà qui hit, qui grandit, qui luit même! Enfin !.…
e vent monte avec lui et la mer aussi.
déjeuner de midi est agrémenté de toutes
les d'accidents. La table à roulis ne suffit ba maintenir les bouteilles ni les plats
core cet effrayant langage. Tout dégrinpnsolct |f beurre tem
à grand fracas, tandis que nous cou-
après notre beefteack, qui monte ou
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AIRE RE 9 Sul ge
descend tour à tour suivant les mouvemer du navire.
Jusqu’à 4 heures, ce remue-ménage co tinue; à O heures, le vent tourne au NS et faiblit. La mer tombe également, Il fs encore carguer les voiles ! Tout à coup, k houle recommence, les lames sont plus lol gues et nous prennent maintenant par!
travers de l'avant. Tangage et roulis, ri
n’y manque ! Si nous n’étions pas contents Certainement non, nous ne le sommes pl Heureusement que cela finit par se caln un peu vers minuit. Enfin on va pour dormir ! Bonsoir !
veme!l
ge Co:
Lu NN.
. IS Sumedi, 44 juin.
coup,
lus lo1i
t par
ilis, ri | Le temps est presque calme à 7 heures du ntents atin, ce qui nous change un peu des semes P'ÉSBusses que nous avons ressenties les jours se calBécédents.
POWSSLe vent est franchement au S.-0. Cela
jus permet de déployer les voiles latines et M nous appuyer sur tribord. Vainement us interrogeons cette immensité, au milieu } laquelle nous semblons perdus, nous ne bcontrons pas un navire. Et cela dure de-
is que nous avons quitté le voisinage de lande. C'est à peine croyable. Eh quoi!
S un navire? Il n’y a donc que nous qui Mons au Canada ? Les pauvres diables qui
: rene rm rare mtens nero eerranetenlir ententes Ent rm - sue Pre en orne e
y sont allés n’en reviennent donc pas? Cet singularité, dont nous n'avons eu l'explic:
tion que lors de notre arrivée à Québ« nous intriguait fort à ce moment.
D'ailleurs, bien d’autres préoccupation
nous assiégeaient. Allions-nous enfin avi
du beau temps ? Cette traversée qu’on na avait fait entrevoir calme et belle, au mil d’un ciel pur, par une chaleur souvent étou fante, allait-elle entrer dans la voie de l’apa sement? Et sans cesse nous interrogions | vent et l’espace.
À 10 h. 1/2 la brise nous arrive pi
l'arrière; ce n'est pas dommage ! On établ alors les voiles carrées ; le yacht navigil sous toutes ses voiles. C’est 11 première ff
que je le vois sous cette aliuie. Aussi, deboi sur la dunette, je ne me lasse pas de c
templer ce ravissant coup d’œil. Voilà bi le navire mixte en possession de toutes #
facultés. Il file avec rapidité, en roulant i
peu, quoiqu'il n’y ait pas beaucoup de mé
D Néanm houle «
s ? Cett
’explice Québe:
ANéanmoins il y a toujours de la grosse Bhoule d'Ouest. Évidemment il y a eu devant nous du gros temps ces jours derniers, car Scette houle ne nous a quittés par aucun vent depuis que nous sommes entrés dans
upatiol ü 10 , RAR céan.
ro) Vers 2 heures, un navire est enfin signalé u miidper le bâbord d'avant. Le fait est devenu si Lt ét are ct cela nous cause un tel plaisir de voir Le l’api ivre à notre portée autre chose que des pa .. piscaux ou des poissons, que nous nous em— S1OnS !
barons tous d’une lorgnette et que nous grimpons d'un commun élan à l'assaut de la
rive pi n établ
navigl
basserelle. Le bateau n’est pas beau, il est Mme laid; sa cheminée dégage une fumée oire, au milieu de laquelle il disparaît presue en entier.
À l'instant où il nous croise, nous hissons > pavillon français et les quatre lettres sous èsquelles la Nubienne est enregistrée dans le vre du Yacht-Club de France. À notre rande surprise, rien ne répond à bord du
we
ll navire mystérieux, qui ne nous fait pas | même l'honneur d’un « aperçu » ! En pré-
sence d’une si grossière impolitesse, nous le
suivons des yeux avec les longues-vues, |
nous l’étudions attentivement, nous exami-
nons sa cheminée et, grâce au recueil Flags,
contenant le dessin en couleur des pavillons
Hiravers.
Cela lle ciel se Ja brise
déplora vient le :
lequel 1
qu ou des cheminées appartenant à toutes les BBbottes et (l'E compagnies de navigation en activité, nous Was moi | découvrons que cet affreux navire appar-[Ssommes | tent à la compagnie Wülkie and Turnbull cartes, « | de N. Sluelds. Pas polis, messieurs les
| | Cette
| Anglais ! :
| DE MMS M | La mer grossit légèrement, mais le soleil Fa : : climaté se montre avec assez de régularité pour nous AE $ 4 oscillat
réjouir et nous réchauffer. Comme c’est he . … un peu, première fois que nous sommes à pareille Lun d | ités de
fète depuis que nous voguons en pleins Océan, nous en profitons largement et nous À | Com exposons à ses bienfaisants rayons toutes les MS voyage pièces de notre garde-robe que l'humiditt #8 croire, avait pénétrées. A ce qui
t pas | prépus le vues, KXamilags, illons es les
nous;
pparrnbull
Ss les
soleil nous est la reille
Cela ne dure guère, hélas! A trois heures Ile ciel se couvre à nouveau, le temps est gris,
la brise fraichit, la mer nous prend en plein Bltravers. Plus la soirée s'avance, plus ce
déplorable état de choses s’accentue. Quand vient le soir, les lames balayent le pont, sur
Bequel il est impossible de s’aventurer sans
bottes et sans caoutchoucs. Comme il n’est
Boas moins difficile de se tenir debout, nous
sommes prisonniers dans la chambre des Ecartes, où règne un silence glacial.
Cette fois, nous sommes au complet.
M" M... et À... se sont complètement ac- Iclimatées et, saul aux heures des repas où les oscillations de la table à roulis les troublent Run peu, supportent héroïquement les inégalités de la mer.
plein ls
nous DS
es les!
Comme il est convenu que nous faisons un
+) voyage d'agrément, nous nous eflorçons de
nidité M$ croire, avec le capitaine, qui fait du reste tout
dy ce qu'il peut pour nous le persuader, que si
ce n’est pas du beau temps, ce n’est pas non plus du mauvais temps.
Sur cette pensée consolante, et en nous cramponnant à tout ce qui nous tombe sous
la main, nous allons nous enfermer dans À
notre cabine et nous coucher.
Jen dépens
toujou les pas entran res, d’ route i leurs :
que pt
Seu dormi pas el quelq
sa CA
dans À
Dimanche, 15 juin.
Je ne voudrais pas me faire valoir aux dépens de mes amis, mais, en général, c'est toujours moi qui suis le premier levé parmi les passagers. Je suis donc très étonné, en entrant dans la chambre des cartes, à 7 heu-— res, d'y trouver tous mes compagnons de route installés. Je las regarde et je vois à leurs yeux battus, à leur air triste et penché, que personne n'a formé l'œil de la nuit.
Seul, notre ami Clerc a la spécialité de dormir quand même. Bien qu'il ne veuille pas en convenir, ila donné depuis deux jours quelques sisies de faiblesse; il ne sort de sa cabine qu':x houres des repas. Encore
| | | | | | | | | fe || |
ne s’assied-il jamais à table et emporte-t-il son assiette pour aller manger dehors. C'est qu’il est né en Angleterre, c’est qu'il y a été élevé et que son amour-propre d’Anglais souffrirait de ce que l’on supposât qu’il puisse être malade à la mer. Nous ne le contrarions pas pour si peu, °'s nous le plaisantons agréablement et aos : mpagnes de voyage ne sont pas les dernières à lui détacher quelques quolibets anodins.
Le fait est qu’elles sont admirables, Mme M... jure bien qu'on ne l’y reprendra plus, Mme A... déclare bien de son côté que si clle avait su...; mais, # part cette révolte bien naturelle et pas mal de malédictions à l'adresse de ceux qui les ont entrainées dans celte partie de plaisir (il faut entendre l’accent de reproche avec lequel elles prononcent ces quatre mots), elles sont merveilleuses de résignation et de courage.
Quant à Blanc, tout heureux de voir la facon dont se comporte son bateau — et
j'avoud
il se chouc préca Et j0y l'eau il ne ce c'est parait dans s4 tes au | Le | némen voit b Diable indiqi princi nous :
le 30° Diabl Po rable
———— mm —
j'avoue qu'il y a de quoi s’en montrer fier — ilse promène sur le pont, vètu de caoutchouc de la tête aux pieds. Car il a pris des précautions, lui. Il a des bottes, le sournois! Et joyeux de braver les embruns, de sentir l’eau ruisseler sur son dos sans le mouiller, il ne cesse de s’écrier : « C’est du beau temps! c'est du beau temps! » Cependant il disparait de temps à autre pour aller chercher dans sa chambre un refuge contre les caiaractes auxquelles il s'est volontairement exposé. Le fait est que la mer nous assiège obstinément et que nous bourlinguons ferme. On voit bien que nous entrons dans Le Trou du Diable. Cette désignation peu rassurante indique assez que les mauvais temps hantent principalement les parages dans lesquels
nous nous trouvons et qui sont situés entre es D le 30° et le 50° degré dr longitude. O trou du Diable, svis-nous clément!
la | Pour le moment il ne l’est pas, le miséet rable ! Notre déjeuner estun véritable steeple-
5 TT Penn renNenyent
chase, dans lequel chacun choisit une place à son gré. MM... s’assied dans son fauteuil de prédilection et mange sur ses genoux; M"° À... se réfugie dans un coin du divan et, pour s’y maintenir, passe son bras gauche dans une courroie attachée à la barre d’écartement d’un hublot. Quant à nous, glissant de droite à gauche, nous entourons la table à ronlis, courant du tapis au plafond après notre assiette, s:18 rarvenir à l’attraper. Le valet de chambre et le maitre d'hôtel accomplissent pour nous servir des prodiges d’équilibre et de gymnastique.
Pour dessert, une lame gigantesque se mâte sur l'arrière de la Nubienne, s’abat sur la dunette, tombe sur la claire-voie, se glisse par des fentes inperceptibles et tombe en rigoles glacées dans le salon, dans les chambres, partout enfin où elle trouve une issue, tandis que les chaïises, les fauteuils et tous les accessoires se livrent à une sarabande fantastique.
Vers calme cargue six he quilles Ma fo rement dernier et nou mer à baisse
goûter
Tou, démen somme sans 0 de res tait — plus | 10 he et l’hc et2h
Vers I h. 1/2 le vent saute à l'O. et se calme un peu. Il était temps! Bientôt il faut carguer les voiles et se résigner au roulis. A six heures, nous sommes un peu plus tranquilles, mais le baromètre a beaucoup baissé. Ma foi dans cet instrument est singulièrement ébranlée, j'en conviens. Ces jours derniers, il nous avait promis du beau temps et nous n’avons eu que brume, tempête et mer atroce. Peut-être, maintenant qu’il baisse, allons-nous enfin voir du soleil et goûter quelque repos.
Toujours pas de navires à l’horizon. Décidément ce n’est pas sur l'Océan que nous sommes, c’est en plein désert — un désert sans oasis malheureusement. Il ferait si bon de rester sur le pont, si le temps le permettait — car plui nous avançons ver le nord, plus les nuits sont courtes. Aujourd’hui à 10 heures du soir, il fait grand jour encore
et l'horizon s’éclaire le matin entre 2 heures et2h. 1/2.
Fe CMD DS FLN KR one sa licae JR
Je demeure assez longtemps appuyé sur la lisse, pour contempler ce curieux spectacle; mais je suis seul.
Tout le monde tombait de sommeil et avait
regagné son lit. J’imite cet exemple, mais
avec la conscience que ce diable de vent debout va fraichir et que la danse va recommencer. Ce n’est pas que cela me gène beaucoup, car je n'ai jamais été malade en mer et je n’y dors guère, mais c’est égal... j’espérais mieux du mois de juin.
travers que ja gaillar le pon:
ne son et nou traver
Aut foule :
en bot nous | d’émo
Lundi, 16 juin.
La brise est fraiche; il ne fait pas chaud, bien que le soleil se montre timidement à travers les nuages. La houle est plus forte que jamais; les lames montent jusque sur le gaillard d'avant et tombent en cascades sur le pont, qu’elles ne cessent de balayer. Nous ne sommes décidément pas les élus de Dieu et nous ne pourrons pas nous vanter d’avoir traversé l'Océan à pied sec.
Autour du navire, la mer, que l’avant re-
foule avec force, mugit avec rage et s’écarte en bouillonnant, comme si elle regrettait de
nous livrer passage. Pour les gens avides d'émotions, voilà certainement un commen-
cement de traversée qui peut compter! Les dames sont un peu inquiètes et contemplent d’un œil morne l'Océan désert. Elles se disent assurément qu’en cas d'accident, pas un navire ne viendrait à notre secours. Elles ont raison, mais iln”y a pas de quoi s’effrayer: la Nubienne se comporte admirablement, sa machine fonctionne à merveille; nous n’en avons pas même été réduits jusqu’à présent à ralentir notre vitesse. Nous avons été un peu mouillés, voilà tout.
Depuis que nous sommes partis, l'heure a naturellement changé; elle recule à peu près de vingt minutes par jour, de sorte que nous nous mettons à table aujourd’hui à midi, heure du soleil, tandis que notre chronomètre, réglé sur la longitude de Paris, marque 2 h. 29.
Loin de s’embellir, le temps donne cette fois cruellement raison au baromètre. Le ciel se couvre de nuages menaçants, le vent grandit, la mer monte et nous harcèle de tous
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côtés. Les lames sont frangées d’une écume que le vent balaie; elles se mâtent sur les flancs du navire qu'elles inondent. Les paquets de mer se succèdent et roulent sur le pont, entrainant les paillassons inoffensifs.
Nous sommes toujours dans la chambre des cartes, où règne une demi-obscurité peu réjouissante, car il a fallu mettre les persiennes aux fenêtres pour protéger les glaces contre les fureurs de la mer. Nous lisons, nous fumons, mais nous causons peu. Ce temps maudit ne dispose guère à la gaieté. Il est écrit que nous n’aurons pas une belle journée pendant notre traversée. Encore si nous avions vent arrière, cela ne serait que demi-mal, mais il persiste à souffler debout, ce qui nous arrête et nous retarde.
Chacun se regarde et se demande : — Allons-nous dormir cette nuit? Cela n’en prend guère la tournure. Il n’estque 4 heures et la mer démontée gronde autour de nou” d’une façon terrible. Le capitaine convient pour la
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