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LA LIGNE DU NORD-PACIFIOIT

Le matin nous trouve dans un pays plat et dépourvu de tout feuillage, sauf celui de quelques arbres à coton. Le Yellowstone River a disparu.

Le train s'engage dans les prairies du Dakota, traverse le « petit » Missouri, passe devant plusieurs villes composées de quelques huttes de bois et de toile, qui datent toutes de 1882, et fait halte enfin devant la station de Mandan, sauf Helena, la principale ville que touche le chemin de fer du Nord-Pacifique. Nous sommes ici dans le pays des Sioux, et dans une boutique on offre aux passagers des produits de l'industrie de ces sauvages.

Nous avons rejoint le Missouri. Il y a peu d'heures seulement que nous l'avions quitté enfant. Ici nous le retrouvons jeune homme, pour parler sans figure, devenu navigable pour des bâtiments de quelques centaines de tonneaux.

Le soleil se lève pour nous en plein Minnesota, c'est-à-dire au centre d'un des grands greniers du monde. Bientôt après, le train gagne les bords du Mississipi. A droite, à gauche, à perte de vue, des champs cultivés, des villages et des bourgades partout. Enfin, après un millier de milles à travers les solitudes, la vie civilisée. Quelle agréable sensation!

A midi trente, quatre jours et quatre nuits après avoir quitté Portland, le train entre dans la gare de Saint-Paul, terminus de la ligne du Nord-Pacifique.

Ce trajet se fait dans les meilleures conditions possibles, mais, au point de vue pittoresque, je donne la préférence au chemin de fer pacifique du Centre.

Nous voilà sortis des pays nouveaux et peu connus. Je revois le Mississipi avec extase, ce grand ruban, ou plutôt ce lac qui s'allonge entre deux lignes vertes d'un horizon à l'autre. Je traverse la ville allemande de Milwaukee ; je m'arrête à Chicago, sortie de ses cendres, plus grande, plus riche qu'avant l'incendie qui l'avait détruite, mais toujours ville d'affaires avant tout; je revois avec plaisir ce cher Niagara, quoiqu'il ait un peu vieilli. Le lit du fleuve a baissé, et le spectacle qu'offraient autrefois les chutes américaines est moins saisissant. Mais c'est toujours la même abondance d'eau et la même musique des ondes qui n'est pas le moindre des charmes de ces lieux privilégiés.

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