‹ Á travers l'Empire britanniqueChapitre 43 sur 145 · Environ 18 francs · texte numérisé non relu

Environ 18 francs

130 LE PENJAB.

sur lequel est bâti le fort de Jamrud. Ici des chevaux de selle nous attendent, et, sans perdre un instant, la caravane s'engage dans le défilé par lequel le Macédonien et, à sa suite, les conquérants mahométans ont pénétré dans l'Inde.

J'avoue que le célèbre Kaibar-pass, auquel s'attachent tant de souvenirs et qui dans les dernières guerres des Anglais a été le théâtre de tant de faits glorieux et de tant de désastres, est, au point de vue pittoresque, resté au-dessous de mon attente. On me dit que plus à l'ouest il se rétrécit et prend un aspect plus digne de sa renommée. Je ne vois qu'un dédale de quartiers de rochers coupés à pic, et çà et là sur des points culminants cinq ou six Afridis. Ne me demandez pas comment ils y sont arrivés. C'est pour moi une énigme. Quand nous passons au-dessous d'un de ces petits groupes, messieurs nos défenseurs présentent les armes avec le fameux fusil qu'ils ont su se procurer vous savez comment. Cette courtoisie militaire contraste singulièrement avec leur accoutrement biblique et avec leur mine qui n'a rien de rassurant. Au reste, pas un arbre, rien que pierre et sable.

Au retour, un bon repas nous attendait au petit fort de Jamrud. La garnison se compose de cent quarante hommes, appartenant à deux régiments indigènes, sous les ordres du major Warburton.

JAMRUD. 131

Le commandement du fort est confié à un autre jeune officier. Ce sont les seuls Européens qui montent la garde dans cet avant-poste perdu de la civilisation. Leur existence manque de variété. Même les plaisirs de la chasse et les promenades dans les environs, peu attrayants d'ailleurs, leur sont interdits. Le fort est leur prison. Leur sûreté personnelle est jusqu'à un certain point garantie par les signaux qu'ils peuvent échanger avec le cantonnement de Peshawar. Ce sont deux charmants jeunes gens, qui paraissent enchantés de contempler, pendant une heure ou deux, d'autres visages blancs que les leurs.

Entouré d'un triple mur, et, comme on a vu, planté sur un monticule isolé ' , Jamrud commande le débouché oriental du défilé. Des bastions dominent un caravansérail situé au pied de la colline. On a eu soin de démolir une partie de l'enceinte murée de cette hôtellerie, celle qui est tournée vers le fort, et de la remplacer par une palissade peu élevée. De cette façon le commandant de Jamrud peut voir ce qui se passe dans la cour et foudroyer, si besoin est, les hommes qui y prépareraient une attaque contre sa petite forteresse. Cette précaution caractérise la situation. A un demi-mille de distance, plus près des mon-

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