‹ Á travers l'Empire britanniqueChapitre 52 sur 145 · A régné de 1627 à · texte numérisé non relu

A régné de 1627 à

2. Cette mosquée est aussi attribuée à Aurangzeb, qui a régné de 1658 à 1707.

3. Cette salle compte 90' de longueur sur 69' de largeur. Elle est haute de 25'. Les colonnes qui soutiennent le plafond ont 14' de circonférence.

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sol et les colonnes sont tous revêtus de marbre blanc enrichi de mosaïques en or ou enpietra dura, œuvre ravissante d'Antoine de Bordeaux, bijoutier et orfèvre français qui, pour des ventes frauduleuses, avait dû s'enfuir d'Europe.

Au centre on voit un bloc de marbre qui servait de socle au fameux trône des paons, ainsi appelé parce que le dossier du siège impérial était formé par les queues de deux paons qui faisaient la roue. Des pierres précieuses d'une valeur fabuleuse en composaient le plumage. C'est de là que sont partis les ordres des arbitres suprêmes de l'Inde. Nadir-Shah a enlevé cette merveille du monde1. Dans cette même salle on voyait encore trôner le dernier roi-fantôme de Delbi, destiné à mourir prisonnier d'État après avoir vu exposer sur une place publique de sa capitale les cadavres sanglants de deux de ses fils tués pendant une émeute par un officier anglais. Pris dans son ensemble, Divani-Kas est, à tous les points de vue, un monument magnifique du style indo-mauresque. Si j'avais une observation à faire, ce serait qu'il me semble manquer d'élévation. Le défaut, si défaut il y a, est corrigé par les arcades qui divisent l'espace en nefs, et font, dans une cer-

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laine mesure, disparaître la disproportion entre la hauteur et la largeur de la salle. Mais ce qui vous fascine, ce sont les perspectives changeant à chaque pas que vous faites, et l'effet pittoresque, le contraste de la blancheur éblouissante des arcades ouvertes sur les cours, également resplendissantes de lumière et de marbre, avec le clair-obscur des ombres diaphanes qui lèguent dans l'intérieur.

Une petite porte de la salle vous mène à un kiosque suspendu au-dessus de la rivière et regardant au nord. Vous voyez à vos pieds les eaux bourbeuses du Jumna. Au delà, devant vous la plaine de Delhi : du sable, quelques arbres, des rochers à fleur de terre; au-dessus de vous, l'immense voûte du ciel. Sans la moindre transition vous avez passé de la grande ville et des splendeurs des plus grands potentats de l'Asie à la solitude et au silence du steppe.

Divan-i-Am, salle des réceptions publiques, toute en grès rouge, montre le même style que Divan-i-Kas. Les ornements de stuc doré ont disparu, mais les belles mosaïques d'Antoine de Bordeaux sont restées. Divan-i-Am a changé de destination : il est devenu la buvette des soldats qui forment la garnison du fort !

Nous dirigeons nos pas vers la petite mos-

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quée des Perles, Moti-Mesjid1, située au fond d'une petite cour entourée de hautes murailles. Elle a trois coupoles; celle du milieu s'élève audessus de ses deux compagnes. Les trois portes qui percent la façade sont d'une grande beauté. Trois escaliers mènent de la cour à la plate-forme qui supporte la mosquée. L'intérieur est une salle divisée en nefs par deux rangées de piliers. Tout l'édifice, la porte de la cour, les escaliers, la plate-forme, les coupoles, est recouvert de marbre blanc. Je ne me rappelle pas avoir vu une construction d'aussi petites dimensions produire un aussi grand effet. Le secret en est dans la parfaite harmonie des proportions et du coloris. Il n'y a que trois couleurs : au dehors, la blancheur brillante de la neige fraîchement tombée et légèrement gelée ; dans l'intérieur, le noir, opaque au fond, transparent sous les arcades; au-dessus, le baldaquin azuré du ciel.

Nous quittons la citadelle par la porte de Cachemir, et nous approchons de la grande mosquée, Jama-Mesjid. Elle repose sur un socle colossal construit avec ce beau grès rouge foncé qui abonde dans le pays. Trois grands escaliers, que les indigènes ont transformés en bazars, mènent aux trois magnifiques portails de l'en-

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