LES MONUMENTS D'AGRA
commence la décadence1. Ces fils de Timour le Khan des Tartares, faits d'une plus rude étoffe, se sont maintenus pendant deux siècles à la hauteur de leur situation.
Delhi et Agra étaient alternativement leur résidence et la capitale de l'empire. Akbar séjournait souvent et, .comme il a été dit, mourut à Agra. C'est lui qui a fondé et bâti cette ville dix ans après son avènement. Shah-Jehan y passa cinq ans de son règne et, comme roi dépossédé, les sept dernières années de sa vie. Aurangzeb rétablit le siège du gouvernement à Delhi.
Après lui le déluge. Un siècle d'anarchie et de décadence. En 1803 le général Loke s'empara de la ville et du territoire d'Agra, qui furent incorporés aux possessions anglaises.
Agra. — La nuit était avancée lorsque les portes d'un grand compound s'ouvrirent à ma voiture. Je me trouve dans le cantonnement, c'est-à-dire dans le quartier européen d'Agra, et c'est le commissaire, M. Daniel l, qui me reçoit sous son toit hospitalier.
Suivirent deux jours d'enivrement. Un discours prononcé par un véritable maître de la parole sur des intérêts de premier ordre, une
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symphonie d'un de nos grands compositeurs exécutée par des artistes dignes de lui, une conversation animée entre des hommes hors ligne sur des sujets élevés, produisent sur nous un effet qu'il m'est impossible et qu'il serai! inutile de décrire, parce que vous tous l'avez éprouvé. C'est une sorte d'extase. Vous vous sentez ravi, transfiguré, enlevé dans les espaces. Vous secouez loin de vous la poussière et les éclaboussures de ce monde. Vous approchez, vous êtes près de toucher le voile qui vous dérobe encore la contemplation de l'infini <it du parfait.
C'est l'effet que les merveilles d'Agra, plus encore que celles de Delhi, ont produit sur moi. J'ai éprouvé des sensations semblables en me promenant dans l'Acropole d'Athènes, ou vers ïe soir à Saint-Pierre, quand les rayons du soleil a son déclin venaient caresser le baldaquin du tombeau des Apôtres, ou dans nos grands dômes gothiques, partout où je me sentais eu présence du plus haut degré de perfection auquel il nous soit permis d'atteindre. Ici il n'y a que des merveilles. Je n'essayerai pas de les peindre. J'ai vu l'Alhambra, Cordoue, l'Alcazar •de Séville, Damas, quelques beaux spécimens de l'architecture persane à Érivan, mais dans mon opinion Agra surpasse tout.