LES MONUMENTS D'AGRA
(Vesl Shah-Jehan qui a attaché son nom aux plus grandes créations de l'art indo-mauresque. Taj-Mahal, la mosquée des Perles et la grande mosquée sont dus à l'initiative et à la munificence de ce grand prince.
Les tombeaux, qui occupent une si large part dans la vie des grands personnages du monde» mahométan, furent presque toujours construits de leur vivant et sous leur direction personnelle. C'était un jardin entouré d'une haute muraille. Au centre on érigeait le monument qui un jour devait renfermer la dépouille du maître, mais qui, tant que celui-ci existait, était un lieu de plaisance où ses femmes, ses enfants, quelques amis intimes se réunissaient pour jouir de la fraîcheur du soir.
Les éléments dont se composent ces constructions sont toujours les mêmes : Une haute enceinte percée d'un ou de quatre grands portails. Au milieu la plate-forme carrée qui supporte le mausolée, carré aussi mais tronqué aux angles et couvert d'une coupole qui ordinairement affecte les formes de plus de la moitié d'une sphère. Aux quatre coins, très souvent, pas toujours, des minarets qui se terminent en petites coupoles. Au rez-de-chaussée ou dans un souterrain, les restes mortels du maître, renfermés dans un simple cercueil de pierre. A un étage supé-
rieur, ordinairement le plus élevé, la salle mortuaire avec le tombeau d'apparat qui ne contient pas le corps. Les femmes ou parents reposent dans de petites pièces au-dessous des minarets. Cette disposition se répète dans tous ces monuments. Ils vous frappent surtout par le contraste entre la simplicité de la composition du dessin et la finesse, la variété et la richesse des détails. De là le mot connu : les empereurs mongols dessinaient comme des Titans et ciselaient comme des bijoutiers. Admirez l'incrustation de pietra dura aux cadres des portails, les écrans de marbre percés à jour et transformés en voiles de dentelles qui recouvrent les fenêtres, les bas-reliefs des socles et surtout les décorations du faux sépulcre.
Et quelle harmonie de couleurs : le blanc du marbre, le rose du grès, l'azur pâle ou la couleur poussière d'or du ciel, le tout animé et varié par les jeux incessants des lumières et des ombres.
Le Taj-Mahal ' , ce monument de la tendresse conjugale d'un empereur , érigé par Shah-Jehan à sa sultane Mumtaz-i-Mahal, est le dernier mot du style indo-mauresque. Il a été mille fois décrit et peint, mais aucune plume,