De vingt-six mille livres sterling
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sur les hommes et sur les choses de ce pays. Mais c'est à cela que doit se borner ma tâche. Il ne m'appartient pas de donner une opinion personnelle. Tout ce que je me permettrai d'affirmer, c'est que l'Angleterre, en prenant possession des îles Fiji, a fait une bonne action et une bonne affaire.
SAMOA Du 17 au 29 juin.
Les îles Nina-Tobutava et Tafari. — Les traders. — Apia. — Le triumvirat des consuls. — Le roi Melietoa. — Les maisons allemandes. — Tutuila. — Pango-Pango. — Hubner-Bav. — Labour-lrade. — Les missionnaires. — La Cité de Sydney.
Samoa, du 17 au 29 juin. — Le 14, à midi, départ de Loma-Loma. Suivent trois jours de calme ou de vents contraires, et nous voilà en panne à quelques milles de Nina-Tobutava (Keppel-Island) et de Tafari ( Boscowen-Island). Tachons d'atterrir. La baleinière du capitaine s'engage dans un dédale de récifs à fleur d'eau. Heureusement, un indigène, accompagné d'un petit garçon, tous deux blottis dans un morceau de bois creux, vient à notre rencontre et sert de pilote.
L'air est brumeux, et le soleil, légèrement voilé, jette un tissu de fil d'or sur le bassin intérieur, qui ressemble à une immense vasque de vermeil incrustée de pierres précieuses. Au
dehors, la haute mer, vert foncé, inquiète, courroucée, moutonneuse, contraste, par son. agitation fébrile, avec l'immobilité métallique de la lagune. Nous approchons de basses collines toutes boisées1. C'est File Nina-Tobutava, qu'un chenal étroit sépare d'un de ces îlots, souvent annulaires, toujours couverts de cocotiers, qui dépassent à peine le niveau de la mer et forment un des traits caractéristiques des archipels océaniens.
A quelques milles au nord, Tafari s'élève tout d'une pièce, laissant à ses pieds à peine de la place pour les huttes d'une trentaine d'habitants. Malgré la proximité de ce cône colossal, à cause de l'état de l'atmosphère et de la position du soleil, nous n'en distinguons que la sombre silhouette, qui offre une ressemblance frappante avec Stromboli.
Tout près de l'endroit où nous débarquâmes, on trouve sur la plage même la cabane de l'un des trois blancs qui résident dans cette île. Ce sont des traders. On appelle ainsi des commerçants commandités par des maisons australiennes, anglaises, allemandes, qui leur cèdent, au prix double des marchés d'Europe, des canifs, des couteaux, des cotonnades, du tabac et d'au-