NEW-PLYMOUTH
dans ses destinées. Ces dispositions de l’âme, on
les trouve un peu partout dans les colonies, mais
elles m'ont singulièrement frappé ici.
Au centre de la ville, près d’une école publique, le cortège s'arrêta. Sir William, pour se faire mieux entendre, monta sur le siège du phaéton, et, se tenant debout, prononça un discours en règle. J’ai pu suivre l'impression qu’il produisait sur son auditoire qui remplissait les rues, les fenêtres, les toits. Malgré un soleil ardent, les hommes étaient tous chapeau bas.
Le nouveau gouverneur commença par faire une motion. Il proposa de se couvrir. C’était une heureuse entrée en matière. Suivirent des compliments et des conseils, des éloges et de ces promesses vagues qui n'engagent à rien.
Mais l'effet produit par cette harangue était prodigieux, et la ville garda son air de fête pendant toute la journée et fort avant dans la nuit.
Le pays, assez accidenté autour de New-Plymouth, offre aux regards des prairies ver-
doyantes, sur lesquelles l’ajonc et la fougère ont répandu des teintes jaunes et rougeûtres. Le mont Egmont', l'Etna des Antipodes, de pied en cap tapissé de blanc, domine la ville.
Il était près de minuit lorsque je me séparai