‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme] (volume 2)Chapitre 80 sur 97 · ASSAUT D’ARMES AU CAMP · texte numérisé non relu

ASSAUT D’ARMES AU CAMP

Le camp est dissous. Les régiments commencent à s’ébranler pour retourner dans leurs cantonnements. Pour la bonne bouche, il y a assaut d'armes cet après-midi. Des lanciers, officiers et soldats, fort bien montés et excellents cavaliers, exécutent un carrousel. Faire l’école espagnole avec des chevaux de troupe et des troupiers n’est pas chose facile. Suivent des combats singuliers à cheval entre Anglais et indigènes. Un cavalier sikh emporte les suffrages des spectateurs. De toutes les rencontres il sort victorieux. Le châle qui forme son turban s’est déroulé ; ses longs cheveux flcttent librement; il les ramasse, les renoue, ajuste son turban, tout en courant ventre à terre. Les hommes de cette nation tiennent beaucoup à leur chevelure, Un général me raconte qu'il a vu un ‘1kh blessé, à qui on avait dù raser la tête, refuser les soins du médecin en disant : « Laissez-moi mourir, j'ai perdu mes cheveux ».

Le public indien assistait à ce spectaele avec un intérêt visible, mais en silence et sans applaudir. On me dit que cela n’est pas dans leur mæurs et qu'ils sont de leur nature peu démonstratifs. La plaine était remplie de tuniques blanches et roses. Les vieux tamarindes se montraient tachetés de ces deux couleurs : des grappes d'hommes suspendues aux rameaux. Les sol-

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dats anglais se mèlaient à la foule des indigènes. Le soleil couchant et le crépuscule lumineux qu'ici, comme dans l'hémisphère eustral, on observe cette année-ci pour la première fois, mélaient leurs tons pourprés et jaune violecé au rouge et blanc de la foule, au vert foncé des

arbres, à la couleur de poussière de la plaine. :

C'était comme la dernière scène d’un ballet exécuté à l’éclairage changeant de la lumière électrique.

Conjeveram, 29 janvier. — C'est une forte journée de chemin de fer, aller et retour, mais, puisque le choléra qui dévaste en ce moment la pointe méridionale de la péninsule rend inaccessibles les grands temples de Madoura, je me contente d’une visite aux sanctuaires de Conjeveram, moins vastes, mais plus anciens et tout aussi vénérés par les fidèles, C'est du moins ce qu'un brahme de la localité m'a assuré. Mais peut-être a-t-il prèché your son saint, Accompagné de deux domestiques hindous, je quitte Guindy- Park avant le jour. Le pays est plat. Les innombrables étangs, en grande partie artificiels, four-nissent l’eau nécessaire aux rizières qui s’étendent à perte de vue des deux côtés du chemin

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