LA CITÉ DE HYDERABAND
armé, même les boutiquiers. On nous arrête sur le seuil de la gracieuse mosquée Mekka. Impossible de pénétrer dans l’intérieur et de prier aux tombeaux des nizams.
Dans les quartiers éloignés du centre, la physionomie de la ville change d’aspect. L'animation a fait place au silence et à la solitude; les habitants sont en haillons, les habitations sales et pauvres, les boutiques semblables à des antres, les palais de quelques grands, plus ou moins délabrés. Au milieu des ruines et des immondices, nous apercevons une grande maison toute neuve, bâtie en style mauresque dégénéré. D’après ce qu'on me dit et d'après ce que j'ai pu voir, dans toute l'Inde le goût et l’art hindou et musulman sont en pleine décadence.
Le soleil disparaissait derrière les hauteurs de Golconde, lorsque nous battimes en retraite, irès pressés de rentrer à Bolaram à temps pour le banquet du résident. C'était le moment des adieux et pour moi aussi celui des remerciements aux personnes qui m'ont témoigné tant de bonté. Demain matin, départ général. Après-demain, toutes ces belles tentes auront disparu. Rien ne
restera de cette cohue brillante, de toutes ces
fêtes, que les souvenirs d’un conte de fées et, comme réalité, le nizam avec son Premier, le
résident avec la force subsidiaire et le contin- I — 32
sent de Hyderabad. Mais non, il restera encore autre chose, il restera le fait gravé dans les annales de cet immense empire et qui marquera aussi dans l'histoire du gouvernement de Lord Ripon, le fait, sans précédent et si significatif, de l'investiture octroyée au plus puissant prince indigène par les mains du représentant de l'impératrice de l'Inde.