LA CITÉ DE HYDERABAD
escorte. Ce règlement s'explique et se justifie par les dispositions peu amicales de la population, surtout de nombreux aventuriers de toute espèce qui infestent la capitale, et par les tracas qu'un. incident fâcheux pourrait causer au gouvernement de l'Inde. C'était la veille de notre départ de Bolaram, et un de mes nouveaux amis et moi nous brülions de visiter cette ville si peu acces-
sible, dont nous ne connaissions que le palais et : les rues avoisinantes. N'ayant pas eu le temps de 1 demander un permis et un éléphant, nous nous À | passämes de l’un et de l’autre et, pilotés par un Eurasien, nous franchimes dans une petite voiture et sans escorte l'enceinte de la cité. Pendant cette promenade, qui dura deux heures, personne ne nous molesta.
L'ensemble de Hyderabad frappe par son caractère moderne indo-mauresque et rappelle, comme le palais du prince, certains quartiers du Caire. Rien de gracieux et d’imposant à la fois comme les quatre tours du Char-Minar, reliées par. une voûte magnifique qui couvre une plate- li forme entourée de balustrades à l'endroit où les deux grandes artères de la ville se croisent. Dans ces rues, le long de maisons à deux étages, avec | leurs murs badigeonnés en rouge, leurs fenêtres | il à persiennes vertes, toutes bâties sur le même | modèle, se suit, se presse, se bouscule une foule
doit a sirtsinint
d'Hindous, de Musulmans, d’Afghans, d’Abyssiniens, de soldats à l'air débraillé, de dervis et de fakirs dont le fanatisme, viai ou simulé, se peint sur leurs hideuses physionomies. Fort loin, au-dessus de la cohue, un point noir suivi d’autres points semblables pique notre curiosité. On dirait, dans des proportions colossales, le crâne branlant d’un mandarin coiffé de sa calotte noire à bouton rose. Ou bien serait-ce la capote d’une gondole vénitienne, ornée d'un panache rouge au mépris des lois de la Sérénissime Seigneurie, ou bien la coque d'un bateau lourdement ballotté par la houle humaine ? Non, ce sont des éléphants montés par des nabobs qui se rendent au palais. De longues files de chameaux attachés un par un à la même corde, le cou allongé et le nez en l'air, se heurtent contre des charrettes attelées de bœufs, ou plutôt contre des kiosques posés sur deux grandes roues et occupés par des dames mahométanes en tournée de visites. Les rideaux, de couleurs voyantes, hermétiquement clos en apparence, ne les empêchent pas de voir tout, en les dérobant aux regards indiserets des passants. Des messieurs habillés avec soin se font porter en palanquin, nonchalamment étendus ou assis sur leurs talons. Ils semblent absorbés dans ta contemplation des spirales blanches qui se a gagent de leurs chibouques. Tout le monde est