LOMA-LOMA
debout à quelque distance. Eux aussi suivent avec attention les mouvements des pêcheurs. C’est qu'ici on voit rarement un si grand nombre d'Européens, et l'apparition d’un bâtiment de guerre fait événement. Nous nous approchons de ces élégants vêtus seulement d'un pagne en écorce. Ils se rangent pour nous laisser passer et saluent avec une politesse froide, sans témoigner aucune envie de lier conversation avec les deux étrangers.
A quelques pas plus loin, la forêt envahit la plage. C'est un chaos de feuillage, de troncs et de branches tourmentés, de racines enchevètrées : on dirait des enroulements de serpents. La nature y a percé un tunnel, qui, à son extrémité, laisse entrevoir un petit bout de la lagune, immobile comme une glace, où se reflète le ciel, en ce moment couleur de lait. Des orangers gigantesques dorent de leurs fruits la sombre voûte des mangroviers. Deux jeunes femmes, qui nous ont suivis, demandent à voir mon lorgnon. L'une, en le portant à ses yeux, pousse des cris d'étonnement accompagnés d’un paroxysme de rires. L'autre, saisie de terreur, le rejette et s'enfuit.
La supériorité de la race polynésienne sur les Fijiens saute aux yeux. On la retrouve dans la construction des cabanes, qui ressemblent à de
nt |
Er