SITUATION DES FU
sommes pas populaires, nous préférerions des
jaquettes rouges. »
A cela les défenseurs du gouvernement répondent : « Les résidents de Suva et Levuka ne goûtent pas plus le programme : Æiji pour les Fijiens, que les Anglo-Indiens n'aiment le mot dernièrement prononcé à Calcutta et à Simla : L'Inde pour les Indiens. Va plupart des blancs venus iei dans les commencements, mais pas tous, étaient d'affreux aventuriers, des banqueroutiers australiens, des criminels échappés aux prisons de Sydney et de Melbourne, des gens de sac et de corde, la lie du genre humain. Is étaient l’épouvantail des gens honnêtes, qui, même pendant cette première période, ne manquaient pas absolument, et ils faisaient de ces îles le centre d'une véritable traite d'esclaves. C'est de Levuka que le malfamé Cr est parti deux fois pour porter la désolation, le rapt, le meurtre dans plusieurs groupes du Pacifique. Sans notre intervention, on aurait, à l'heure qu'ilest, exterminé lindigène, C'est principalement, sinon exelasivement, par raison d'humanité et pour protéger les insulaires, que cet archipel a été annexé et que des bâtiments de guerre anglais le visitent régulièrement., Les immigrants européens qui sont venus depuis que le pavillon britannique à été
arboré ici savaient ce qu'ils faisaient. Is sa-
vaient quelles chances ïils avaient à courir. Is n'ont pas le droit de se plaindre. D'ailleurs nous répudions l'accusation de partialité que lon porte contre les tribunaux. »
L'autre doléance se rapporte à la faveur témoionée et à lappui accordé aux grands chefs el aux chefs en général pour maintenir le prestige et l'influence de chacun d'eux dans sa tribu. Tandis que dans beaucoup d'auires iles de FOcéanie Pautorité des chefs à presque disparu, dans ee groupe elle est mieux et plus solidement établie que jamais. Elle est si bien que, lorsqu'un roko, ce qui arrive parfois, se permet d'ajourner l'application d'une loi nouvelle, impopulaire dans son district où contraire à ses idées, le gouvernement ferme les veux plutôt que de lhumilier devant sa tribu. Il est aisé de eomprendre cette politique. Les autorités coloniales savent qu'il est plus facile de se faire écouter et obéir par les chefs naturels, que de gouverner directement une multitude réduite à Pétat d'atomes.
Mais cette manière d'agir est particulièrement odieuse aux planteurs. Is allèguent de nombreux arguments: je n'en citerai qu'un seul. Hs rappellent qu'autrefois les pouvoirs du chef, quelque arbitrairement qu'il les exerçàt, n'étaient pas
illimités. Quand ses exactions ou ses cruautés
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