‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme]Chapitre 151 sur 175 · CONSTRUCTIONS EN FER · texte numérisé non relu

CONSTRUCTIONS EN FER

L'art de l'architecture a fait de grands progrès et semble entrer dans une phase de transformation digne d'être notée. En Californie les tremblements de terre se reproduisent fréquemment et constituent une sorte de calamité locale. San- Francisco n’en est pas exempt. Pour écarter les dangers qui en résultent, on commence à avoir recours à la construction en fer, Palace-hotel, où je suis descendu, occupe un « block » entier, c'est-à-dire un terrain carré placé entre quatre rues qui se croisent à angle droit. Afin de donner à cet immense caravansérail la solidité nécessaire pour résister à des chocs souterrains, et pour le garantir en mème temps contre les incendies, on l’a construit entièrement en fer. C'est une cage dont les tiges verticales, profondément enfoncées en terre, sont réunies entre elles par des bandes également en fer, formant ainsi un grillage dont les interstices sont remplis avec des briques. Le bois est proscrit. Cet édifice, d'une élévation prodigieuse, contient sept cents chambres et presque autant de cabinets de bain. Le style est adapté aux matériaux. C'est la plus grande construction en fer qui existe. Peut-être servira-t-elle de modèle aux architectes du vingtième siècle. Il y a plusieurs élévateurs, qui sont en mouvement pendant dix-huit heures sur les

vingt-quatre, et font dans cet espace de temps

cinq cents voyages. Quand on rencontre des femmes dans le lift, on est obligé de faire l’ascension chapeau bas. Cet acte de politesse envers le beau sexe est, dit-on, de rigueur dans toute l'Amérique du Nord : ce qui semble expliquer la fréquence des rhumes de cerveau parmi les citoyens des États-Unis.

Les élévateurs se rencontrent aussi dans quelques maisons particulières et dans les grands établissements de commerce. Je sonne à la porte d’un photographe, on ouvre, et je tombe d’'emblée dans le cabinet mouvant du /ift, qui m'élève aussitôt aux combles.

Le célèbre Cliff-house, séparé de la ville, il y a treize ans, par un véritable désert composé de dunes de sable, me faisait alors l'effet d’un des recoins les plus solitaires du monde. A part le « pavillon » qui servait de trait d'union avec le monde civilisé, rien que des falaises, des écueils habités par des veaux marins et des oiseaux aquatiques; puis l'infini, l'Océan et les rochers qui, le long de la côte, s’enfuient vers le nord,

Aujourd'hui, un chemin de fer qui relie cette plage avec San-Francisco, et un grand hôtelrestaurant dépouillent ce site de ses charmes

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