LE CHEMIN DE MONT-ABOU
petits chefs et payent, assez irrégulièrement, une sorte de tribut au prince de l'Etat.
La grande majorité des habitants professent les croyances brahmanes avec un mélange considérable de l'élément jaïnite. Quant aux chefs,
on les dit plus superstitieux que dévots.
Ce matin, départ d'Ahmedabad. Pendant quelques heures le train traverse une plaine fort bien cultivée. Vers le déclin du jour, de hautes montagnes rocheuses pointent au-dessus de l'horzon, Encore quelques heures, et nous sommes arrivés à leur pied. C’est Mont-Abou, le groupe le plus méridional de la grande chaine d’Aravalis. La station d'Abou-road, où je m'arrète, est située à cent quinze milles d’'Ahmedabad. Fy trouve des chevaux, des Jampans et des coulis que ïe capitaine Frazer, agent assistant à Mont- Abou, à bien voulu m'envoyer.
Les stations de ce chemin de fer, tout récemment ouvert, sont bâties dans le style du pays. Chaque salle est surmontée d'une coupole en pierre où en maçonnerie blanchie à la chaux.
Dans toutes leurs constructions les ingénieurs indo-anglais emploient autant que possible la pierre, la brique et le fer, parce que le bois est
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détruit en peu de temps par les fourmis rouges. On remise mon wagon, et j'y passe la nuit.
Le lendemain, les premières heures si précieuses de la matinée furent employées à rallier les membres épars de ma petite caravane.’ Un soleil impitoyable dardait ses rayons de feu lorsque enfin je pus me mettre en selle. Nous passèmes la rivière à gué, c'est-à-dire en nous .nfonçant dans le sable qui avait remplacé l'eau, et nous traversämes une petite plaine, écrasés par le soleil. A deux milles de la station commence l'ascension entre des rochers noirs taillés à pic, qui abritent dans leurs gorges, frangées d'arbres et de broussailles, un grand nombre de tigres, de léopards et d'ours. Nous n'avons aperçu qu'un singe énorme, assis à quelques pas de nous sur un bloe de granit; il se mit à changer continuellement de place en faisant des bonds prodigieux, mais sans jamais nous perdre de vue.
Plus on monte, plus le pays devient sauvage.
En regardant vers le nord, vous planez sur la vallée qui sépare les monts Abou de la chaîne principale des Aravalis, et débouche à l’ouest dans le grand désert des Rajpouts. Vues d'iei, les coupoles de la station ressemblent à des points blanes. Les pluies ont donné des formes bizarres aux rochers le long desquels serpente notre sen-
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