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dans la vie des officiers cantonnés ici. La chasse est leur grand passe-temps.
Le tigre de ces régions alpestres attaque rarement l’homme. Mais il fait de grands ravages parmi le bétail. Quand un de ces animaux a dévoré une vache, trop lourd pour quitter le théàtre de ses méfaits, il se retire sous des buissons voisins. Les indigènes qui l’ont vu à l’œuvre en avertissent les officiers. On assemble une vingtaine de Bhils pour faire une battue. Les chasseurs, postés dans des arbres ou sur des rochers, attendent l'animal, qu'ils tuent sans courir aucun danger. Mais suivre un tigre blessé dans le fourré serait de la dernière imprudence.
Trop souvent des accidents troublent les plaisirs de la chasse. Dernièrement un jeune officier succomba à une blessure à la jambe, causée par la morsure d’un tigre. Le colonel Bradford, l'agent général, à perdu un bras dans une rencontre avec un de ces animaux. C'était au milieu de la jungle, à quatre-vingts milles de son camp. I se trouvait seul avec son sergent, qui, montant sur un des chevaux de la voiture, rentra ventre à terre, Chemin faisant il'eut soin de commander des relais dans les localités où il y avait des cheaux. Grâce à ce brave homme, le médecin put arriver à temps pour sauver le hardi chasseur, qui en fut quitte pour la perte d'un bras.
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Dans une longue promenade à pied, toujours avec les trois jeunes officiers qui tiennent dans leurs mains les destinées de Mont-Abou, j'ai remarqué qu'ils menaient leurs chiens en laisse. Is me dirent que cette précaution était nécessaire dans une ville où les léopards se promènent en plein jour dans les petits chemins soigneusement macadamisés qui tiennent iei lieu de rues. Tout dernièrement un joli dogue fut saisi par un de ces fauves à quelques pas de son maitre.
Nous contournons par un sentier fort bien entretenu un des pics qui encadrent la ville. Bientôt les promeneurs ont atteint le bord d’un plan incliné qui approche de la perpendiculaire. Devant nous, à l’ouest, s'élèvent, au delà d’un steppe large d'environ vingt milles, des groupes isolés de montagnes rocheuses. Quarante milles plus loin, dans la même direction, d'autres rochers se dessinent sur le ciel. Plus à notre gauche, vers le sud-ouest, se déroule, sombre et sévère, semblable à l'Océan, le grand désert de Rajpouana, Le soleil disparait lentement derrière ce qui parait être l'horizon de la mer et qui n’est en réalité que l'horizon du désert. L'illusion est complète, la description impossible. Au fait, le
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désert est partout : là-bas, devant nous, à quatre mille pieds au-dessous de nous. Les ombres de la nuit envahissent déjà la vallée. Sur ce fond presque noir se découpent, à peine perceptibles, des taches vertes : les champs cultivés. Çà et là de petites plaques argentées reflètent le ciel rosé du soir, C’est l’eau qui fertilise ce sol avide de boire. En levant doucement les veux, vous parcourez, à travers des nuances infinies, toute la gamme des couleurs de l’are-en-ciel. Les rochers lointains disséminés dans le désert ne sont plus bleus, mais d'un rouge pâle; des teintes violacées inondent la plaine. Autour de nous, un chaos de rochers et de talus verts. Quel tableau! Mais ce qui me fascine, ce sont les petits étangs de la vallée, le nombre de petits yeux clairs et limpides avec lesquels le ciel semble vous regarder du fond de l’abime.
Nous avons admiré ce spectacle sublime assis sur un banc de granit, Cet endroit est une sorte de salon en plein air. Tous les soirs à pareille heure on se réunit ici. Par oz j'entends le résident, les trois officiers, les trois ou quatre ladies, le médecin et sa famille, en somme la très petite mais très élégante colonie de Mont-Abou. Pendant la saison chaude, les femmes des officiers et des attachés aux résidents auprès des divers maharajas rajpouts viennent jeter quelque variété
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