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que pourquoi il est entouré de hautes murailles. IL appartient à la longue époque de transition où les styles hindou et arabe commençaient à se confondre, Les murs des deux salles qui servent au colonel de salon et de chambre à coucher sont incrustés de bas-reliefs. Les tons chauds du grès rose donnent à l'appartement un air de gaieté et de confort tout particulier,
Le maharaja a envoyé un éléphant richement caparaconné, une grande voiture anglaise, un palanquin; et, ce qu'il y a de plus important, son juge. Hardyal-Sing exerçait dans le Panjab, son pays natal, les fonctions de juge. Le vice-roi de l'Inde l’a mis à la disposition du prince, ou, comme me disait Hardval, le lui a prêté. C'est un bon spécimen du gentleman indigène façonné dans les collèges indo-britanniques. Il parle anglais etsera mon guide. Son costume se compose d’une tunique et d'un pantalon brun jaune. Son compagnon porte un talare bleu de ciel. Des foulards artistement noués enveloppent leurs têtes.
Je monte sur l'éléphant; mes compagnons me suivent à cheval. De nombreux coulis nous entourent. [n'y a aucune raison pour que ces
derniers soient de la promenade, sinon les lois
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de l'étiquette qui veulent qu'un éléphant en habit de gala soit suivi d'un nombreux domestique.
Après vingt minutes de marche accélérée, nous avons gravi le rocher qui porte le fort sur son sommet. Cet édifice, œuvre d’une série de princes, est une agglomération de fortifications et de couloirs obscurs, d'escaliers hauts, raides et dépourvus de paliers, de cours intérieures et de palais qui représentent, avec la magnificence des princes dont ils sont l'œuvre, les progrès et le déclin de l'architecture indo-arabe. Cependant il va un élément de l'ancien style hindou qui a résisté aux envahissements de l’art mauresque. C'est un auvent ogival en pierre qui a pour but de protéger contre le soleil une ou plusieurs fenêtres d'un ou de plusieurs étages. Il part du haut de l'édifice, descend le iong de la façade et, avant de toucher le sol, souvent en s’arrètant à mi-chemin, se termine en deux pointes qui se dégagent du mur. Le motif me semble emprunté à l'image d’une ferme qui a un foulard sur la tête. Si elle en faisait un turban, elle exposerait son visage. La chaleur Pempéêche de nouer les deux bouts au-dessous de son menton. Elle les laisse done flotter, Le profil d'un palais ainsi encapuchonné produit un effet étrange. L'édifice perd le earactère arabe, qu'il reprend dès que
vous le regardez de face. Les dessins et les seul-
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ptures des plaques de marbre ou de grès qui couvrent Îles fenêtres varient de valeur selon l’époque à laquelle elles appartiennent. Les plus anciens sont évidemment les plus beaux.
Ces palais sont bâtis d’un grès rose tirant sur le brun, où d'un marbre gris et fort dur, que ‘on trouve dans le pays. Les parties en brique et les ornements en stuc sont blanchis à la chaux. Le contraste harmonieux de ces couleurs, les ombres nuancées qui parcourent toute l'échelle de Le teinte neutre du noir foncé au gris pâle, les effets produits par de doux reflets à côté des elartés éblouissantes de la lumière directe, tout cet ensemble, qui pourrait le déerire soit avec la plume, soit avec le pinceau? Comment donner à d'autres une idée claire de ce qui vous à laissé, à vous qui avez vu, le souvenir d'un rêve?
Dans l'intérieur on trouve les ornements habituels. Les murs sont divisés et subdivisés en niches où carrés, ou portent des nervures ogivales dentelées, Les appartements plus encore que l'extérieur témoignent d'un déclin graduel du goût, Comparez, par exemple, le luxe de miroirs el d'ornements que déploient les salles du palais bat par le père du prince régnant avec les décorations bien supérieures à tous égards qu'on admire dans les constructions du seizième et du
dix-septième sivele,
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Nous sortons sur un des balcons suspendus au-dessus de labime, Le regard, comme effrayé, s'accroche aux murs, glisse d'étage en étage, se heurte ici contre la toiture d'un petit temple doré, là contre le capuchon d’une fenêtre, pénètre, toujours de haut en bas, dans des cours, se perd entre des arcades, des murs erénelés, des rampes, des balustrades superposées les unes aux autres. Des soldats en costume du pays, des femmes portant sur la tête un ou deux vases de cuivre luisant, vont se rapetissant ? &esure qu'ils descendent. Sur la plateforme, devant l'entrée du fort, ma monture colossale sellée de son houda, les chevaux et coulis de ma petite caravane sont devenus des pygmées. Les flanes abrupts, en maints endroits perpendiculkures, du roc qui porte le château, se dérobent naturellement à notre vue, et le regard tombe à pie sur les pyramides des temples et les toits des maisons de Jodhpour. Un étroit ruban vert ceint la ville. Au delà, séparés par de grandes distances, des crêtes basses et du sable: enfin Pimmense horizon du désert. Les lois de loptique appliquées ici en sens perpendiculaire produisent des effets gro- Lesques qui nous paraissent impossibles parce que notre vue n'y est pas accoutumée.
Le commandant du fort, qui avait une belle figure anilitaire, nous faisait les honneurs. Sur
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une des plates-formes on voit des canons de gros calibre pris aux mahométans », disaitl, il y a cent ans, I semblait fier de ce trophée. Un joli petit garçon d'environ dix ans, vêtu d’un talare qui luidescendait jusqu'aux talons, nous suivait, en compagnie de son précepteur. C'était le fils du maharaja et d'une favorite; par conséquent, sans être prince, membre de la famille
rovale.
Le maharaja nous envoie chercher dans un orand carrosse de fabrication anglaise, Je me demande parquel miracle ces quatre € walers °» sont parvenus à descendre sans accident ces rues raides et étroites que nous traversons avant d’arriver à la porte des soldats, De Là une route carrossable fort bien entreienue mène au palais Rai-kabag, situé à deux milles au sud-est de Jodhpour.
Le mur d'enceinte ne laisse pas deviner lhabitation d'un prince, On se dirait dans une ferme. La cour est un grand carré irrégulier, Quelques bulles couchés dans le sable, à deux pas de la
porte du palais, jouissent de l'ombre projetée
1, Chevaux élevés dans la Nouvelle-Galles : de là le nom.
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par cet édifice qui n'a rien d’extraordinaire. En descendant de voiture, nous sommes reçus par maharaj Pertaie-Sing, frère et premier ministre du prince, par le pandit ou secrétaire intime Sheo Narain Prevali et par mon guide de ce malin, le juge Hardyal-Smg. Le maharaja nous attend sur le seuil de la porte, nous mène dans une salle et nous fait asseoir. Le pandit, debout, sert d'interprète. De notre conversation assez banale, un mot dù prince mérite d'être répété ici. Comme je lui parlais des beaux palais de la ville et du fort, il me dit : « C'est notre belle pierre, le grès, qui à éveillé chez nous le goût de larchitectuse el qui nous fournit le moyen de Île satisfaire ».
Jesvant-Sing, maharaja de Marvar, avec celui de Mevar (capitale Oudepour), le plus puissant des princes rajpouts, n’a pas encore cinquante ans accomplis et parait beaucoup plus jeune qu'il ne l'est. Ia la physionomie ouverte, les traits réguliers, les Yeux châtain foncé, la barbe et les cheveux d'un noir de jais. Quoiqu'il ne sourie jamais, ilest d'une politesse exquise, el son maintien calme et digne ne permet pas d'oublier un instant que vous êtes en présenee d'un véritable grand seigneur, Sa toilette est des plus simples : une tunique où chemise blanche qui descend jus-
qu'aux pieds; il ne se chausse que lorsqu'il quitte