‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme]Chapitre 30 sur 175 · Population, 70 000 âmes · texte numérisé non relu

Population, 70 000 âmes

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lumière électrique du soleil couchant. Dans les rues tortueuses et étroites, même dans les rues larges des bazars, nos chevaux ont grand'peine à s'ouvrir un passage. Tout le monde crie, geslicule, se range cependant comme il peut. De temps à autre on nous salue, C'est bien aimable, puisque nous dérangeons iel une noce composée d’une bande de femmes qui chantent, 1 des processions qui se rendent à quelque temple. Des brahmes ouvrent la marche, les hommes qui suivent portent des torches, les femmes et les enfants des lanternes. Mais, en dehors de ces dévotes et des amies de la mariée, je n'ai pas vu de femmes, excepté à travers Les persiennes de fenêtres. La coutume musulmane de tenir le beau sexe sous clef, autrefois inconnue parmi les Hindous, à aussi pénétré dans le Rajpoutana, Plus nous nous engageons dans la partie haute de la ville, plus le tumulte augmente. Les exclamations, les chants, la musique des joueurs de flûte, le tam-tam, produisent un vacarme assourdissant, I fait nuit elose lorsque, débouchant par la porte du Nord, après avoir contourné une partie du roc qui porte le fort, nous retrouvons le silence et la solitude des champs

Reste encore un mille et demi à parcourir.

Mais à la fin on arrive à bon port. Le maitre d'hôtel hindou du colonel Poullet, personnage

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74 RAJPOUTANA.

de vénérable apparence, nous ouvre la porte du palais Sour-Sagar, assigné au résident par le maharaja, nous donne à souper et me couche dans le lit de son maitre.

Quoique réveillé plusieurs fois par le bruit des singes, j'ai dormi du sommeil du juste. Les singes, je l'ai déjà dit, ont le privilège de vous rendre la vie dure, On a le droit de les battre, on commettrait un crime si on les tuait. En général, l’Hindou orthodoxe ne verse le sang d’aueun être ayant vie. Les gens qui joignent la richesse à la haute dévotion ont à leurs gages des hommes dont la spécialité consiste à coucher pendant le jour dans les lits des maîtres. Ce sont les pères nourriciers des insectes qui, parfaitement repus, sont supposés ne pas troubler le sommeil des propriétaires pendant la nuit. Les Anglais appellent ces hommes bog feeders. En ce qui concerne les singes, j'étudie leur position sociale dans l'Inde.

Le palais porte le nom du maharaja Sour-Sing", qui l'a construit. C'était autrefois la Zenana, le gynécée des princes de Marvar, ce qui expli-

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