ENCORE DES SINGES
terrompus. Se“ont-ils repris? Heureusement c'est un architecte anglais, M. Home, mon compagnon de voyage, qui se trouve chargé de cette entre-
prise. Moins journalier que le prince et ses ar-
tistes hindous, il la mènera à bon terme. Cette nappe d'eau entourée de balustrades de grès réfléchissant de petits temples et de vieilles masures, et dominée par le roc, forme un joli tableau. C'est bien l'Inde véritable, l'Inde °ntique. Alexandre le Grand ne l’a pas vue autrement.
A peine rentré, le commandant de la force armée vient à la résidence, sur l’ordre de son frère le maharaja, pour me complimenter, Ce jeune homme avait beaucoup d’entrain, etla conversation, que je ne pouvais pas suivre, ne tarissait pas entre lui et mes compagnons. Je m'étais retiré dans une autre partie du jardin, lorsque soudainement un brouhaha infernal m'arracha à mes méditations. C'était une escouade de singes dont quelques-uns me semblaient être au moins de ma taille. Après avoir couru sur le haut du mur de l'enceinte, ils s'abattirent sur l'arbre sous lequel j'étais assis, et prirent terre, quelques-uns en me frôlant, à côté et autour de moi.
J'étais bien muni d'un gourdin. Mais m'en ser-
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vir ! Jamais. Le procédé aurait pu leur déplaire. Le rouge me monte au visage quand j'y pense : je me sauvai! Ce n’était pas la conduite d'ur. brave, je le sais, mais c'était celle d’un homme prudent. D'ailleurs, personne ne m'a vu, excepté des singes.
A sept heures du matin, accompagné de l'ingénieur et de Hardyal-Sing, en route pour Mondore, l’ancienne capitale du Marvar. Aujourd'hui c’est un village composé de quelques maisonnettes, ou plutôt un tüs de ruines, qui n'offre rien de particulier. Mais tout près se trouvent les tombeaux des rois.
La distance de la résidence est de quatre milles et la direction que nous suivons est exactement celle du nord. Vu le mauvais chemin, nous n’avons pas trop de nos six chevaux pour trainer le véhicule sur un sol où les rochers à fleur de terre et le sable alternent sans interruption. Bientôt le fort de Jodhpour, qui domine de si vastes horizons, se dérobe derrière des blocs de grès. Quelques beaux arbres rompent la monotonie du paysage. Les éléments dont il se compose autant que ceux qui lui manquent en font l’image de la plus parfaite solitude. Les animaux savent qu'ils n’ont rien à craindre des hommes.
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