‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme]Chapitre 4 sur 175 · RS L · texte numérisé non relu

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par l’ancienne Compagnie des Indes. La partie inférieure de la nef forme le hall, la partie supérieure la grande salle de réception. L'étendue et la solidité de l'édifice seules rappellent les anciens propriétaires. C’est une magnifique construction, qui, malheureusement, est devenue malsaine pendant une partie de l'année. À cette époque les habitants se réfugient à Malabarpoint, situé dans un des quartiers les plus sains de la ville, où au Government-house près de Pouna. lei, comme à Madras, je suis frappé de la magnificence du service, du nombre des domestiques, des équipages, des chevaux, de la richesse des livrées, du luxe sobre, élégant et nullement théâtral de tout l'établissement. Envisagées à notre point de vue européen, ces somp- Luosités paraissent exagérées. Mais n'oublions pas que l'Inde n'est pas seulement habitée par des Anglais ; que ceux qui gouvernent cet empire ne peuvent guère, dans leur manière de vivre, rester trop au-dessous des maharajas et des grands nobles du pays, et que l'Oriental mesure

l'étendue du pouvoir à l'auréole matérielle qui l'entoure.

Bombay ‘ a été mille fois décrit et peint, mais ni peintres ni écrivains ne sont parvenus à en tracer une image ressemblante. C'est, à ce qu'il paraît, une tâche impossible. Je n'ai garde de m'y essayer. Je chercherai seulement à fixer mes souvenirs.

La ville oceupe la partie méridionale d'une île du méme nom, étroite et longue, qu'une digue relie à l’île de Salsette et au continent. Baignée à l’ouest par la mer Arabique, à l’est par les eaux calmes d'un golfe parsemé d'ilots qui, en forme de triangle, pénètre vers le nord assez loin dans l'intérieur des terres, l'île de Bombay projette au sud deux promontoires peu élevés, effilés et de longueur inégale. L'un, celui de l’ouest, Malabar-hill, domaine du pouvoir, de l'élégance et de la richesse, s’est couvert de jolies maisons, de cottages, de villas plus ou moins ensevelies sous la végétation exubérante des tropiques. Fonctionnaires, juges, consuls, notabilités de la haute finance y ont porté leurs pénates. Quiconque se respecte demeure à Malabar-hill, Le gouverneur ne vient-1l pas régulièrement tous les ans passer un ou deux mois à Malabar-point? Mais, pour bâtir et demeurer dans cette région privilégiée, le teint blanc est de rigueur. Même les Parsis, les

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