‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme]Chapitre 43 sur 175 · AMÉLIORATIONS DU DERNIER PRINCE · texte numérisé non relu

AMÉLIORATIONS DU DERNIER PRINCE

bleaux, des dessins au crayon, des bijoux et des incrustations en métal qui m'ont paru fort jolies. Les cloisonnés de Jeypour jouissent d'une grande célébrité. Les procédés qu'on emploie sont un secret,

Des fenêtres de cet établissement nous voyons le prince qui rentre. Sa voiture, attelée de chevaux fougueux, passe au grand trot. Des laquais en riches livrées suivent en courant à toutes jambes. Des nobles splendidement vêtus et bien montés entourent la voiture. Un détachement de cavalerie ferme la marche. La foule rouge et blanche s'écarte au passage du cortège et se referme aussitôt. Ce fut l'affaire d'un moment, une vision, une étoile qui file.

Il commençait à faire sombre lorsque, à ma grande stupéfaction, je vis qu'on allumait des becs de gaz. Du gaz au Rajistan ! C'est le comble du progrès.

En quittant la ville, nous renconträmes une escouade de galériens ou détenus. Ils se rangèrent en ligne, levèrent un bras en l'air et étendirent l'autre horizontalement, puis ils frappèrent leurs mains l’une contre l’autre en poussant un cri. C'est leur manière de saluer, Il y avait parmi eux, il faut bien le dire, des figures patibulaires, mais tout le monde avait l'air gai et bien nourri. Cela prouve que le défunt maharaja n'a pas

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oublié de porter la réforme dans les prisons.

Excursion à Amber, l'ancienne capitale, en voiture, en chaise à porteurs et à dos d'éléphant. C'est au prince que je dois ces divers moyens de locomotion.

Le pays est une plaine couverte de temples, de maisons en ruine, de palazetté abandonnés et de chattries. Ce grand palais à notre gauche, tout délabré et tout près de crouler, appartient au maharaja ; le vaste étang qui est à côté fourmille d'alligators. Nous approchons des coteaux qui bordent la plaine au nord de la ville, et nous entrons dans une vallée étroite qui serpente entre des hauteurs couronnées de forts. À notre gauche, le long d'un petit lae, sur des éminences complètement nues, s'élèvent des châteaux bâtis en grès rose, Quelques-uns ont conservé la couleur de cette pierre; d'autres sont devenus jaunes, quand on ne les a pas blanchis à la chaux. Devant nous la petite oasis où niche la vieille ville, qui n'est plus qu'une réunion de palais et de maisons délabrées dont quelques-unes n'ont pas cessé d'être habitées. L'enceinte escalade et redescend les crêtes de la montagne. Sur une

petite échelle, c’est le mur chinois. La ressem-

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