‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme]Chapitre 44 sur 175 · AMBER · texte numérisé non relu

AMBER

blance m'a vivement frappé. Derrière ces masures d'un brun foncé, entre les coteaux de la vallée qui s'écartent, se dévoile le désert jaune, pointillé de noir : sable et buissons, et au fond, au nord, à une grande distance, une chaîne de montagnes dont le gris pâle se confond avec les tons ambrés du ciel. La composition du tableau est fantastique, le coloris sévère, l’ensemble saisissant, Mais je doute qu'un peintre osàt imiter ces teintes. S'il les trouvait sur sa palette, ce dont je doute, il serait taxé d’exagération et condamné comme maniéré,

Un sentier excessivement raide mène aux palais et aux temples dont se compose le château d'Amber,

Les palais appartiennent à différentes époques. Les veux les moins exercés à distinguer les différentes phases que l'architecture rajpoutane a parcourues dans le cours des siècles sont frappés par l'individualité de chacun des édifices qui se coudoient sur la plate-forme des rochers. Cependant les mêmes éléments se retrouvent partout : de hautes murailles crénelées, des kiosques à petites coupoles appuyées sur de gracieuses colonnettes ; des balcons superposés les uns aux autres, protégés par un auvent qui repose également sur de minces colonnettes; de vastes salles qui présentent l'aspect de quinconces dont

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les tiges s'élancent vers le plafond; des balustrades qui encadrent les plates-formes et bordent les escaliers. Un charme particulier résulte du contraste entre les pans de murs massifs, dont la partie supérieure seule est percée de quelques fenêtres, et les arcades et kiosques, où les murs font complètement défaut : des forteresses du moyen âge soudées à des colonnades ouvertes de l'antiquité. Au point de vue de la critique, qui exige que toute construction annonce par son extérieur sa destination particulière, c'est une énigme où plutôt un contresens. Mas, comme tableau, c'est ravissant. Les artistes rajpouts

semblent avoir été peintres avant de devenir architectes.

Dervan-i-Arn, la salle d'audience, est une imilation des salles qu'on voit à Delhi et à Agra. L'empereur fut piqué de la présomption du maharaja qui osait prendre ses palais pour modèles. Aussi le prince rajpout s'empressa-t-il de faire empèter de stue les belles sculptures des tiges et des chapiteaux. Les belles dalles de grès rose ‘4 furent blanchies à la chaux.

Des vues prises à vol d'oiseau de la cité sainte de Bénarès et de deux autres villes donnent son nom à la salle des peintures.

Jey-Mandir, tout en marbre, a été bâti par le grand Jey-Sing. On y reconnait le goût du dix-

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