UN PRINCE AFGHAN
repas. À l'étage supérieur se réunit la jeunesse dorée, Il va sans dire qu'à ces parties fines, comme dans tous les lieux publics des villes musulmanes, la femme brille par son absence,
Une foule hétérogène anime les rues et les ruelles. On sait que de toutes les capitales de l'Europe c'est Paris qui possède la plus nombreuse population flottante. C'est le cas de Peshawar par rapport à l'Asie, Les étrangers venus de Bokhara, du Turkestan, de Kokan, de Kaskar et surtout de l'Afghanistan se bousculent dans ses rues. La transition de ce que je vois avec ce que j'ai vu avant de passer l’Indus est si brusque el le contraste si frappant que je crois rêver. Cest un autre monde, dont j'ai vu des spécimens au Caucase et à Pékin, mais qui n'a rien de com-
mun avec l'Inde.
Deux princes afghans, dont Fun à joué un rôle considérable, vivent ici comme pensionnaires du gouvernement de l'Inde.
Le Sirdar Vali Mohammed Khan est frère du dernier émir d'Afghanistan, Sher-Ali, Sa carrière fort accidentée et remarquable par des péripéles étranges répond à l'histoire et à la situation
de son pays. C'est pour cette raison que j'en ai
122 LE PENJAB.
pris note dans mon journal. Le prince entra dans la vie publique après la mort de son père, Dost Mohammed". Dans la lutte de succession qui s'ensuivit, il se déclarait tantôt pour l'un, tantôt
pour l'autre des compétiteurs. Pendant quelque temps gouverneur d'une province du Turkestan, il se sauva au delà de lOxus, en Bokhara, Réconcilié plus tard avec son frère Sher-Ali, celuici lui confia le gouvernement de Caboul; mais, soupeonné, à tort où à raison, de trahison et des- Litué peu après, Vali se déelara pour le compéliteur de son frère, Azim, qui lui rendit le gouvernement de Caboul., 1 nv fut pas plus tôt arrivé qu'il se rapprocha de Sher-Ali. Azim, informé de ces intrigues, Île fit saisir et enfermer dans la citadelle de Candahar, Mais la garnison qui tenait cette forteresse pour Azim se révolta et délivra Vali, qui rentra dans les bonnes grâces de Sher-Ali et fut nommé gouverneur de Couran. I y sut faire une fortune, et ses opérations excitèrent, comme de raison, l'admiration, l'envie et l’émulation des autres gouverneurs de province, Vali à laissé au Couran un nom d’impérissable mémoire, Dès lors il se portait candidat au trône chancelant de son frère. En 1877, pendant l'occupation anglaise de Caboul, il était
à dans Dost n qui tantôt clque ‘stan, . Récelui- Mais, desmpégou- S tôt ZiM, mer 1ison volta ces ‘an.
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