Environ 18 francs
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sur lequel est bâti le fort de Jamrud. Lei des che-
aux de selle nous attendent, et, sans perdre un instant, la caravane s'engage dans le défilé par lequel le Macédonien et, à sa suite, les conquérants mahométans ont pénétré dans l'Inde.
J'avoue que le célèbre Kaiïbar-pass, auquel s'attachent tant de souvenirs et qui dans les dernières guerres des Anglais a été le théâtre de Lant de faits glorieux et de tant de désastres, est. au point de vue pittoresque, resté au-dessous de mon attente, On me dit que plus à louest il se rétrécit et prend un aspect plus digne de sa renommée. Je ne vois qu'un dédale de quartiers de rochers coupés à pie, et çà et là sur des points culminants cinq ou six Afridis. Ne me demandez pas comment ils Y sont arrivés. C'est pour moi une énigme. Quand nous passons au-dessous d'un de ces petits groupes, messieurs nos défensoeurs présentent les armes avec le fameux fusil qu'ils ont su se procurer vous savez comment. Cette courtoisie militaire contraste smgulièrement avec leur accoutrement biblique et avec leur mine qui n'a rien de rassurant. Au reste, pas un arbre, rien que pierre et sable.
Au retour, un bon repas nous attendait au petit fort de Jamrud. La garnison se compose de cent quarante hommes, appartenant à deux régiments indigènes, sous les ordres du major Warburton.
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JAMRUD. 131
Le commandement du fort est confié à un autre
jeune officier. Ge sont les seuls Européens qui
montent la garde dans cet avant-poste perdu de la civilisation. Leur existence manque de variété. Môme les plaisirs de la chasse et les promenades dans les environs, peu attrayants d’ailleurs, leur sont interdits. Le fort est leur prison. Leur sûreté
personnelle est jusqu'à un certain point garantie
par les signaux qu'ils peuvent échanger avec le cantonnement de Peshawar. Ce sont deux charmants jeunes gens, qui paraissent enchantés de contempler, pendant une heure ou deux, d’autres visages blanes que les leurs.
Entouré d'un triple mur, et, comme on a vu, planté sur un monticule isolé", Jamrud commande le débouché oriental du défilé, Des bastions dominent un caravansérail situé au pied de la colline, On a eu soin de démolir une partie de l’enceinte murée de cette hôtellerie, celle qui est tournée vers le fort, et de la remplacer par une palissade peu élevée, De cette facon le commandant de Jamrud peut voir ce qui se passe dans la cour et foudroyer, si besoin est, les hommes qui ÿ prépareraient une attaque contre sa petite forleresse, Cette précaution caractérise la situation. A un demi-mille de distance, plus près des mon-
!, Haut d'environ 100 pieds,
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tagnes, se trouve le village de Jamrud : un groupe de maisons fortifiées et de tours isolées. Toutes ces tours et quelques maisons sont entourées d’un mur. Ce sont autant de petits châteaux forts. La vendetta est à l'ordre du jour. On se bat entre “voisins. Les femmes seules conservent des relations entre elles. Les hommes sont bien faits, mais la cruauté et la sauvagerie se peignent sur leurs physionomies et se retrouvent même sur les visages des tout jeunes gens. Du balcon où nous fumions notre cigare, nous pûmes voir que l’espace entre les maisons du village était parfaitement vide. Parfois des femmes s'y montraient, mais pas un homme n'était visible. C'est que, la semaine dernière, un vieillard de soixante-douze ans est tombé victime d’une de ces querelles héréditaires. Le surlendemain le père octogénaire du meurtrier eut le même sort. Ce matin son fils nous attendit à notre passage, près du village, pour nous offrir quelques chèvres. Il était accompagné de plusieurs notables et de ses fils et petitsfils, qui avaient l'air de petits diables, Ils portaient tous un costume biblique. Certes ils n'ont pas changé de mode depuis la nuit des temps.
Lahore. — Après un voyage de vingt-deux
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RANJIT-SING. 133
heures, arrivée dans la capitale du royaume des Sikhs.
Les Sikhs étaient une secte hindoue plutôt qu'une nation. Unis entre eux par le double lien des croyances religieuses et de la discipline militaire, ils surent sinon résister, du moins survivre aux cruelles persécutions des derniers empereurs mongols. Ranjit-Sing”, dans sa jeunesse gouverneur de Lahore pour le roi des Afghans, trouva dans le fanatisme des Sikhs le moyen de les réunir autour de sa personne. Il forma la célèbre armée des délivrés, des Khalsas, et c’est à l’aide de ces bandes organisées et fort bien commandées par des officiers européens, parmi lesquels se distinguait le terrible général Avitabile, que Ranjit-Sing devint le fondateur d'un royaume qui s'étendait du Sutledge à Peshawar et de Moultan au Cachemire. Ranjit eut la sagesse de baser sa politique étrangère sur l'amitié de son puissant voisin. Aussi, pendant un règne qui à duré quarante ans, a-t-1l toujours été le fidèle allié de l’Angleterre. Après sa mort, des dissensions sanglantes survenues dans sa famille et deux grandes guerres avec les Anglais amenèrent* l'annexion de ce qui avait été le royaume des
1. Né en 1750; roi des Sikhs en 1799; mort en 1839. 2, En 1849.
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Sikhs aux possessions de la Reine et de la Compagnie des Indes.
Telle est en résumé l’histoire de cet État éphémère, qui marquera néanmoins dans les annales de la péninsule : car ce sont les Sikhs qui, avec les Mahrattes, ont préparé la ruine finale de l’empire mongol.
La physionomie de Lahore vous dit son hisloir. les empereurs y ont laissé leurs traces. Vous recoi issez à son fort le grand Akbar, ce prince un peu latitudinaire qui bâtissait plus de forteresses que de mosquées; Jehanguir et le splendide Shah-Jeban, à leurs palais merveilleux: Aurangzeb, le bigot persécuteur de la foi brahmanique, à sa grande mosquée. Ce fut l'époque mahométane. Vint avec Ranjit le triomphe des Hindous. C'est une grande figure que ce Ranjit. Vous le voyez ici dans toute sa magnificence el vous pouvez le suivre jusqu'au riche et bizarre mausolée qui renferme ses cendres.
Les nouveaux maitres aussi, mais dans une proportion moindre, y ont misleur sceau. D'abord le chemin de fer avec la gare fortifiée, une grande porte de la ville en style italien moderne, le cantonnement avec ses églises et autres édifices publics et avec les maisons des Européens.
Le lieutenant-gouverneur du Penjab, Sir Charles Aitchison, qui veut bien me donner l’hos-
Com-
iphénales avec l’'em-
hisces, », ce s de { le >UX:
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