Mort en
2, A régné de 1530 à 1556, 3, 1556-1605,
lais et des mosquées, mais surtout des palais. Son fils Shah-Jehan” est le plus magnifique des princes de la dynastie. Il s'était révolté contre son père. Détrôné à son tour par son fils Aurangzeb, il mourut prisonnier d'État à Agra, sept ans après sa chute. Aurangzeb”, pendant un règne qui embrasse le demi-siècle de Louis XIV, poursuivit une seule idée, qu'il n'a jamais pu réaliser, celle de la conquête du Dekhan. Cest dans ces efforts stériles qu'il a épuisé les forces et préparé la ruine de l'empire.
A tout prendre, ces empereurs étaient de erandes figures. Leur vie se passait dans des euerres continuelles avec les Afghans, avec les Mahrattes, avec des membres de leur famille, avec des satrapes infidèles., On se demande comment ils trouvaient le temps et où ils prenaient le voût de faire créer les merveilles d'art qui les ont immortalisés.
Dans les dynasties orientales, le même fait se reproduit. Le fondateur en est un grand homme, son fils peut encore posséder des qualités, mais à latroisième génération, grâce à la vie du harem etdes jouissances précoces, grâce surtout au pouvoir illimité que l'homme supporte mal, à la troisième génération, au plus tard à la quatrième,
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commence la décadence. Ces fils de Timour le Khan des Tartares, faits d’une plus rude étoffe, se sont maintenus pendant deux siècles à la hauteur de leur situation.
Delhiet Agra étaient alternativement leur résidence et la capitale de l'empire. Akbar séjournait souvent et, comme il à été dit, mourut à Agra, C'est lui qui à fondé et bâti cette ville dix ans après Son avènement, Shah-Jehan y passa cinq ans de son règne el, comme roi dépossédé, les sept dernières années de sa vie. Aurangzeb rétablit le siège du gouvernement à Delhi.
Après lui le déluge. Un siècle d'anarchie et de décadence, En 1803 le général Loke s'empara de la ville et du territoire d'Agra, qui furent incor-
porés aux possessions anglaises.
AÆAgras — La nuit était avancée lorsque les portes d'un grand compound S'ouvrirent à ma voiture. Je me trouve dans le cantonnement, c'est-à-dire dans le quartier européen d'Agra, et cest le commissaire, M. Daniell, qui me recoit sous son toit hospitalier.
Suivirent deux jours d'enivrement, Un discours prononcé par un véritable maitre de la parole sur des intérêts de premier ordre, une IT — 11
symphonie d'un de nos grands compositeurs exécutée par des artistes dignes de lui, une conversation animée entre des hommes hors ligne sur des sujets élevés, produisent sur nous un effet qu'il m'est impossible et qu'il serait inutile de décrire, parce que vous tous l'avez éprouvé. Cest une sorte d'extase. Vous vous sentez ravi, transfiguré, enlevé dans les espaces. Vous secouez loin de vous la poussière et les éclaboussures de ce monde. Vous approchez.
vous êtes près de toucher le voile qui vous dérobe encore la contemplation de Finfini et du parfait.
C'est l’eflet que les merveilles d'Agra, plus encore que celles de Delhi, ont produit sur moi. J'ai éprouvé des sensations semblables en rte promenant dans l'Acropole d'Athènes, ou vers le soir à Saint-Pierre, quand les rayons du soleil à son déclin venaient caresser le baldaquin du tombeau des Apôtres, ou dans nos grands dômes gothiques, partout où je me sentais en présence du plus haut degré de perfection auquel il nous soit permis d'atteindre. Let il n°v à que des merveilles. Je n’essayerai pas de les peindre. J'ai vu l'Alhambra, Cordoue, l’Alcazar de Séville, Damas, quelques beaux spécimens de l'architecture persane à Érivan, mais dans mon opinion Agra surpasse tout.
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C'est Shah-Jehan qui à attaché son nom aux plus grandes créations de l'art indo-mauresque. Taj-Mahal, la mosquée des Perles et la grande mosquée sont dus à l'initiative et à la munificence de ce grand prince,
Les tombeaux, qui occupent une si large part dans la vie des grands personnages du monde mahométan, furent presque toujours construits de leur vivant et sous leur direction personnelle. C'était un jardin entouré d'une haute muraille, Au centre on érigeait le monument qui un jour devait renfermer la dépouille du maitre, mais qui, tant que celui-ci existait, était un lieu de plaisance où ses femmes, ses enfants, quelques amis intimes se réunissaient pour jouir de la fraicheur du soir.
Les éléments dont se composent ces construetions sont toujours les mêmes : Une haute enceinte percée d’un ou de quatre grands portails. Au milieu la plate-forme carrée qui supporte le mausolée, carré aussi mais tronqué aux angles et couvert d'une coupole qui ordinairement.
affecte les formes de plus de la moitié d'une sphère. Aux quatre coins, très souvent, pas toujours, des minarets qui se terminent en petites coupoles. Au rez-de-chaussée ou dans un souterrain, les restes mortels du maitre, renfermés dans
un simple cercueil de pierre. À un étage supé-
rieur, ordinairement le plus élevé, la salle mortuaire avec le tombeau d'apparat qui ne contient pas le corps. Les femmes ou parents reposent dans de petites pièces au-dessous des minarets. Cette disposition se répète dans tous ces monuments. Ils vous frappent surtout par le contraste entre la simplicité de la composition du dessin et la finesse, la variété et la richesse des détails. De là le mot connu : les empereurs mongols dessinaient comme des Titans et ciselaient comme des bijoutiers. Admirez l'incrustation de pietra dura aux cadres des portails, les écrans de marbre percés à jour et transformés en voiles de dentelles qui recouvrent les fenètres, les bas-reliefs des socles et surtout les décorations du faux sépulere.
Et quelle harmonie de couleurs : le blane du marbre, le rose du grès, l'azur pâle ou la couleur poussière d'or du ciel, le tout animé et varié par les jeux incessants des lumières et des ombres.
Le Taj-Mahal®, ce monument de la tendresse conjugale d'un empereur, érigé par Shah-Jehan à sa sultane Mumtaz-i-Mahal, est le dernier mot du style indo-mauresque. Il à été mille fois décrit et peint, mais aucune plume,