‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme]Chapitre 74 sur 175 · PHYSIONOMIE D’ALLAHABAD · texte numérisé non relu

PHYSIONOMIE D’ALLAHABAD

journée, qui touche à sa fin, m'a fait comprendre ce que c'est que l'Inde à cette époque de l’année. Le ciel couleur de plomb. Le soleil, quoique ardent, à peine perceptible à travers un voile de poussière jaune. Le sol desséché, d'un jaune sale. La chaleur à peine tolérable.

Le fort d'Akbar', à cause des fortifications ajoutées par les Anglais, à perdu en partie son charme pittoresque. A ses pieds le Jumna roule lentement ses eaux couleur de boue, cu'à l'extrémité de cette petite langue de terre il versera dans le Gange.

La cité indienne est fort animée. La grande lète dont, depuis Lahore, j'ai trouvé la trace parout est terminée, mais tout le monde est encore saupoudré de rose. Les gens qui se respectent, les notables, afin de se présenter convenablement devant leurs dieux, portent pour cette occasion des tuniques blanches d’un tissu imitant la poudre rose, Ces vêtements se fabriquent à Birmingham !

Quand trois Anglo-Indiens sont réunis, S'ils ne parlent pas de chasse, ils parlent de Finde, rare.

ment du «vieux pays », à moins qu'il ne s'agisse

L,. Bâti en 1575.

d'avancements, de mutations ou de mises à la retraite. [ei nous parlons Inde.

Quelqu'un dit : « Les jeunes gens hindous de familles aisées qui ont été élevés dans nos collèges quittent souvent leur costume et endessent des vétements européens. Les babous mahométans en font autant. Seulement ils gardent le fez, car ils ont toujours un œil au moins fixé sur Constantinople. Mais les uns et les autres, en changeant d'habits, désirent être admis dans la société anglaise. Malheureusement nous sommes exelusifs de notre nature et nous ne les admettons pas. Comme conséquence, ils passent dans les rangs des mécontents. »

Pauvres jeunes gens! Leur transformation n'a guère pu plaire dans leur monde et ne les a pas fort avancés dans celui des maitres. Ils se trouvent donc par terre entre deux chaises. Je les plains, mais 1] m'est impossible de jeter la pierre ni à ceux qui ne veulent plus d'eux ni à ceux qui n'en veulent pas encore. La vérité est que lhabit noir et la cravate blanche ne suffisent pas pour combler l’abime qui sépare les deux races.

La plupart des Anglo-Indiens sont de cet avis, mais tout le monde n'en est pas. Sir Alfred pense qu'on devrait tächer d’habituer les notables indigènes aux formes et habitudes de la vie sociale anglaise. Ce serait un moyen de préparer un rap-

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