SET
LES GHATS, 191
lendemain il m'envoya son fils ainé, qui sera son successeur. C'est un joli garçon, auquel son riche et élégant costume de raja sied à merveille. I m'apporta le portrait de son père et des vues de Bénarès prises par le photographe attaché au service du vieux prince.
Il faut voir les ghats de grand matin, quand les fidèles descendent pour se baigner. Le maharaja a gracieusement mis son embarcation à notre disposition, et, jouissant encore de la fraicheur de la première heure qui suit le lever du soleil,
nous voguons doucement le long de la falaise.
vés, L'aspect qu'elle présente est des plus fantasti- Des ques. Sauf le palais du prince de Népal, qui est de aux style chinois-siamois, sauf l'imposante mosquée peu de l'empereur Aurangzeb, ce persécuteur de la aire secte brahmanique, le style hindou règne ici en rée maître absolu. Quoique ces édifices couvrent le
ne | haut de la berge, ils ne forment pas une rangée no- continue de constructions, mais des groupes irréien guliers qui, selon les plis du terrain, reculent ou ou- avancent, et, vus d'une barque en mouvement, pa- présentent alternativement leurs façades et leurs hez flancs. Les ghats, escaliers irréguliers très larges,
en partie taillés dans le roc, avec des marches
très hautes, serpentent entre les corps de bâtiments, s'engagent dans les crevasses du rivage, aboutissent enfin au bord du fleuve. A l'heure qu'il est, les ghats et la plage grouillent d'êtres humains : hommes, femmes, enfants. Les baigneurs se plongent dans le Gange. Vètues de blanc et de rose, le front ceint d’un voile dont les bouts flottent dans l'air, des femmes et des jeunes filles au teint basané descendent les gradins pour puiser de l’eau. La provision faite, d'un mouvement gracieux elles posent sur leur tête le vase qui contient le précieux liquide, un vase aux formes classiques, luisunt au soleil ; puis, fièrement dressées sur leurs hanches, ces canéphores remontent d’un pas léger les raides escaliers, gagnent les hauteurs, s’effacent comme des ombres dans le clair-obscur des rues.
Cependant les baigneurs se lavent le corps avec leurs mains, plongent plusieurs fois et laissent sécher leurs vêtements au soleil. Aucun d'eux ne s’en dépouille complètement, et tout se passe avec la plus grande décence. Ici toutes les castes se rencontrent. Sortis du fleuve, les hommes des classes élevées s’assoient à des places réservées sous d'immenses parasols qui forment un des nombreux éléments caractéristiques de cette scène si essentiellement hindoue. Sur un des ghats, au bord de l'eau, à côté même
des
a vor semi qui proi calie trois ficele coud busti sées qui, pieu:
poin
tour de sc chas:
bec
évidé
mor
reste deux M:
baig
ont €
lence
me
LES GHATS. 193
des baigneurs, on brûle des cadavres. Nous en avons vu un presque réduit en cendres. Un autre semblait encore intact après que les langes qui l'avaient enveloppé étaient déjà devenus la proie des flammes. Des coulies, descendant l’escalier au pas gymnastique, en apportèrent un troisième, enveloppé d’un drap blane, fortement ficelé et attaché à la bière. La mort et la vie se coudoient et se confondent à ce ghat dit des combustions. De nombreuses plaques de pierre posées le long de l'escalier rappellent les veuves qui, avant l'abolition de cette coutume trop pieuse, ont accompli ici le sat.
M. Lumsden appelle mon attention sur un point noir qui approche. C’est un énorme vautour posé sur un corps flottant. D'autres oiseaux de son espèce lui disputent sa proie. Mais il les chasse avec ses ailes, donne plusieurs coups de bec au cadavre, renverse sa tète en arrière et a évidemment grand'peine à engloutir les gros morceaux. C’est avec méthode qu'il dévore les restes enflés du pauvre Hindou. Ce groupe hideux passe tout près de notre bateau.
Mais le soleil commence à se faire sentir. Les baigneurs sont rentrés chez eux, les canéphores ont disparu, les bûchers se sont éteints, le silence et la solitude règnent sur les ghats.
Du 21 au 28 mars.
Les chemins de fer. — De Calcutta à Darjeeling. — Sikkim. — Népal. — Boutan. — Physionomie de Darjeeling. — Excursion à Ranjit-bazar. — Csoma de Kürôs.
De Bénarès à Calcutta. — Dans l'Inde britannique, les chemins de fer et les wagons laissent peu à désirer. Ce serait la perfection si l’on pouvait remplacer par des Européens le personnel, composé en grande partie d’eurasiens. Je ne veux pas dire de mal de ces métis ; au contraire, je reconnais leur mérite. Mais on m'assure qu’abandonnés à eux seuls ils perdent facilement la tête. Tout va à merveille aussi longtemps qu'il n’y a pas d'accident. Mais le moindre obstacle peut entraîner des conséquences graves. En voici un exemple. A peine parti de la gare de Bénarès dans la direction de Calcutta, on s'arrêta brusquement entre deux stations. Le train qui nous devançait avait chaviré:
ds ,
rsion
briaisl'on son- > ne ire, sure ‘ilengoin= ces barti Cal-
stair'é: