VISITE A UNE PLANTATION DE THÉ
Héros et martyr de la science, Csoma de Kürüs portait sur son front l'empreinte du feu sacré qui le consumait. Mais cette tête puissamment modelée reposait sur un corps petit et chétif ordinairement enveloppé de pauvres vêtements, Son nom est encore vénéré dans le monde littéaire de Calcutta. Il est moins connu du grand public européen, et bon nombre de ses compatriotes ignorent peut-être que les flancs de l'Himalaya renferment les dépouilles mortelles d'une des gloires de la Hongrie ".
Le soleil est à peine levé, et déjà les porteurs de mon dandy escaladent les hauteurs de Jallapor. De là un dernier regard aux neiges, qui se présentent en ce moment comme un ruban blanc flottant à mi-hauteur sur la voûte du ciel. Peu après, nous gagnons la station du chemin de ler. M. Stevenson, directeur de cette ligne, m'y recoit. Nous allons descendre en trolly à la stalion de Karseong, où je trouverai mes gens et mes bagages. Notre poids fournit la force loco-
1, Après mon retour en Europe, j'ai vu une biographie de ee savant, qui a paru à Londres, chez Trübner, 1885.
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motrice, et, quand le léger véhicule fait mine de s'emporter, surtout aux courbes, mon guide en sait tempérer l’ardeur. Une vitesse de seize milles à l'heure est jugée suffisante. C'est la course d'un cheval lancé au grand galop. Rien de plus agréable dans ces premières heures de la maünée et dans l'atmosphère fraîche et élastique des hautes montagnes. Devant nous se déroule la plaine, ce matin tout inondée de lumière, Le Maharvada et le Titsa tracent des bandes, bleu de ciel cette fois-ci, à travers le rideau fauve qui avec nous Ss’abaisse graduellement.
A quelques pas de la station, M. Daniell et son partner nous attendent en plein soleil pour nous conduire à leur grande plantation de thé, appelée Singell. Le « jardin » descend les pentes d’une gorge au fond de laquelle se voit le Hit, complètement desséché dans cette saison, de la rivière Balasou. À l'euest, tout près de nous, s'élèvent les gigantesques montagnes de Népal. D'ici à la frontière on ne compte que dix-neuf milles.
Malgré la loi qui interdit à tout Népalais de quitter son pays, c'est Népal qui fournit aux planteurs anglais le plus grand nombre des bras dont ils ont besoin. Le travailleur recoiticile triple des gages qu'il gagne chez lui, ce qui explique l'immigration périodique très considérable de Ghour-
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