VISITE A UNE PLANTATION DE THE
kas vers le Sikkim anglais. La récolte faite, ces hommes rentrent dans leurs foyers en emportant leurs économies. Le difficile, c'est de passer la frontière près d'un petit fort commandé par un officier népalais. Heureusement il y a des accommodements avec le ciel, Ce militaire est bon enfant, [sait fermer les veux, mais pas assez pour ne pas s'être aperçu des profits que ses voisins anglais tirent de leurs jardins. Lui aussi plante du thé, et chaque Ghourka qui rentre, avant de continuer son chemin, se prête de bonne grâce à donner un coup d'épaule à M. le commandant pendant un certain nombre de Jours.
M. Daniell me fait voir et m'explique les procédés fort simples et fort pratiques qu'on emploie soit pour la récolte, soit pour la préparation et l'emballage des feuilles.
La culture du thé au Sikkim anglais a pris un grand développement. Ce qui fait défaut, c'est un marché plus considérable, Jusqu'ici l'exportation au Thibet par les hauts défilés du Sikkim chinois rencontre des obstacles insurmontables dans l'opposition des lamas et des autorités de Lhassa. Le thé thibétain ou plutôt chinois qu'on v importe est inférieur à celui du Sikkim, et il est plus cher. Le gouvernement anglais a essayé plusieurs fois, par les voies diplomatiques, de
faire disparaitre ces entraves. Mais jusqu’à présent les négociations avec le Tsung-li-Yamen à Pékin n'ont abouti à aucun résultat. En gtnéral, du côté du Sikkim, le Thibet est strictement fermé aux voyageurs européens. Quelques aventuriers ont essayé d'y pénétrer; mais « lambassadeur » du raja à Darjeeling, informé en temps utile de ces projets, n’a jamais omis d’en prévenir l'officier qui commande le poste le plus avancé des défilés. Ce personnage a toujours reçu les voyageurs avec une exquise politesse, exprimant ses regrets de devoir mettre obstacle à leur entrée et, comme pièce justificative, produisant un placard qui lui défend de laisser passer des barbares blancs. En cas de contravention, il aura la tête tranchée. « Vous ne voudrez pas, j'en suis sûr, dit l’aimable officier, m'exposer à ce triste sort. » C'est une manière polie de faire comprendre aux voyageurs ce qui leur arriverait s'ils faisaient mine de passer outre. Aussi ont-ils toujours rebroussé chemin, et l'accès de Lhassa reste interdit aux Européens.
Sur les frontières occidentales, l'isolement du Thibet est moins complet. Il y a un échange de produits assez important entre la province de Ladak et le Punjab à travers le Cachemire. Mais ce trafic se fait par des caravanes indigènes. Des Européens qui voudraient pénétrer au Thibet
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