‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme]Chapitre 95 sur 175 · LES DESCENDANTS DU BOUNTY · texte numérisé non relu

LES DESCENDANTS DU BOUNTY

Timor (Inde hollandaise) et porta lui-même en Angleterre la nouvelle de la révolte. Un cri d'indignation s'éleva de tous côtés. Une rébellion victorieuse à bord d'un bâtiment de guerre était chose inouïe et d’un dangereux exemple, Cependant les émeutiers retournèrent à Taïti, s'y pourvurent de femmes indigènes et reprirent la mer. Pendant une longue série d'années on n'en eut aucune nouvelle, et l'on pensait que l'Océan avait fait justice de ces criminels, lorsque, en 1808, un navigateur jeté sur la côte d'un rocher isolé, situé à 25 degrés de latitude sud, y trouva un vieux matelot du nom d'Adam avec plusieurs femmes et plusieurs enfants : les veuves et descendants des émeutiers du Bounty.Tous les autres avaient péri dans des luttes entre eux. Les premières nouvelles authentiques qu'on eut de ces insulaires sont dues au

capitaine Beaky, de la marine royale, qui visita l'ile de Pitcairn en 1825. Le matelot Adam vivait encore. Ce rebelle, tyran et homicide,

était devenu un patriarche et un saint. L'égalité et la fraternité, sinon la liberté, la paix et la prospérité, régnaient dans cette île, véritable Eden où le crime était inconnu. En Angleterre, ces récits si brillants enflammèrent les imaginalions ; les coteries philanthropiques organisèrent des collectes, et firent des insulaires leurs pension-

naires. Grâce à ces secours qui ne cessaient pas d’affluer, la population augmenta rapidement, si bien qu'en moins de vingt ans l’île n'offrait plus assez d'espace ni de terrain cultivable pour la nourrir. C’est alors que, cédant à la pression de ce courant de l'opinion, le gouvernement anglais assigna aux Pitcairniens l’île de Norfolk et les y transporta à ses frais. A celte époque, un homme remarquable se trouvait à la tête de la petite communauté. Ecossais de naissance, sorti des rangs du peuple, M. Nobbs dut aux hasards de la mer d'aborder à l’île de Pitcairn, où il devint, après la mort d'Adams, le principal personnage. Il existe encore très âgé, et, jusqu'à l'année dernière, il a exercé les fonctions de chapelain à la mission mélanésienne de lévèque anglican de l'ile de Norfolk.

L’exode eut lieu en 1856. Le gouvernement anglais, après avoir transporté toute la populalion, environ deux cents personnes, à leur nouvelle patrie, les installa dans l’île et leur donna les deux grands édifices de l'État, des troupeaux de moutons, quelques chevaux et les ustensiles nécessaires pour cultiver la terre. En même temps 1l leur fit nettement comprendre que dorénavant les subventions du gouvernement et les donations périodiques des particuliers se-

raient supprimées; et que, par conséquent, ils

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