‹ A travers l'Espagne [microforme]Chapitre 50 sur 85 · LO · texte numérisé non relu

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Aux quatrième et cinquième siècles, l'Eglise d’Espa- î gne est déjà florissante, et les conciles se succèdent à : Tolède avec un grand éclat. 1

Saint Augustin fait l'éloge de ses évêques, qui entretenaient des relations constantes avec Rome, et avec l'Eglise d'Afrique, laquelle comptait alors plus de trois 11 cents évêques. | | Quand les Visigoths envahirent l'Espagne, ils trouvèrent l'Eglise toute préparée à les convertir, et ils ne se montrèrent pas trop récalcitrants. (C’est cette influence puissante de l'Eglise, en Espagne, qui explique la large part du latin dans la formation de la langue espagnole.

Sous la domination des Goths paraissent saint Hildephonse, dont la mémoire est encore vénérée à Tolède, et

qui composa un grand poème en l'honneur de la virgi- | nité de Marie, puis saint Eugène qui écrivit un savant ouvrage sur la Sainte Trinité.

À cette époque on écrivait encore en latin. Mais un 3 double courant se manifestait, et la littérature s’enga- à geait graduellement dans une voie originale, nationale,

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espagnole enfin. Elle entrait dans ce travail d’assimi-

lation des éléments barbares, d'où devait sortir la langue

moderne.

Cette transformation fut cependant bien lente, et

exigea des siècles. Car après le latin, dont l'influence

survécut même à la domination des Maures, l'arabe,

importé par ces derniers, se répandit dans les classes

éclairées, qui, tout en restant chrétiennes, se prirent à

admirer Ja science et la poésie orientales. :

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Enfin, c’est vers le onzième siècle que l’idiome national prévaut, et c'est vers le même temps que le Cid accomplit ses merveilleux exploits, et remplit de sa gloire toute l'histoire de cette époque.

Deux siècles après, la légende et la poésie s'emparèrent de cette gloire et firent du fameux paladin un héros beaucoup plus grand que nature.

Alors règnait le roi castillan, qui est resté fameux sous le nom d’Alphonse le Sage, et qui prétendait avoir trouvé la pierre philosophale.

Sous son règne, la langue nationale progresse, et dans les siècles suivants paraissent toutes ces romances ou chansons de geste, qui ont formé le romancero espagnol. Il va sans dire qu’une grande partie de ces chants est

. consacrée à célébrer les exploits du Cid.

Cette poésie primitive de l'Espagne révèle toujours une inspiration élevée. Elle ne se dégrade jamais à peindre sous des couleurs chatoyantes les infirmités morales de la société. Comme toute poésie véritable, elle plane entre ciel et terre, et n’aspire qu'à établir des communications entre l'humanité et Dieu.

Comme li littérature de tous les peuples enfants, elle est d’abord légendaire, et il ne faudrait pas confondre la légende es romances avec l’histoire. Mais il ne faut pas non plus s'imaginer que tout soit fabuleux dans ces romances. Le fond est vrai, et, beaucoup de ses personnages sont historiques. Mais pour célébrer dignement leurs hauts faits, les romances les enveloppent de voiles mystérieux et de merveilles ; car le merveilleux

est l'élément essentiel de toute poésie

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