PREMIÈRE SÉANCE DU CONGRES
Aneuflieures du malin, a lieu la séance solennelle d'ouverture dans la grande salle de réunion de la Société Nationale d'Agriculiure de Hongrie, sous la présidence de M, le comte Alexandre Ivarolyi ; M. le comte Tisza, président du Conseil des Ministres de Hongrie, assiste a la séance.
Le Bureau du Congrès est formé comme suit :
Président : Son Excellence le Comte Alexandre Karolyi,
Vice-Président : M. le Comte Joseph Mail.vth, Président de PUnion des Sociétés Coopératives de Crédit de la Contrée de la Tisza.
Secrétaire : M. le Docteur Etienne Bernât, Directeur de la Ligue des Agriculteurs de Hongrie.
M, le comte Alexandre Ivarolyi, président du Congrès, prononce ensuite un très beau discours dont voici quelques extraits ;
Messieurs,
Je vous souhaite la bienvenue au nom de mes compatriotes qui se réjouissent de vous recevoir chez eux, et qui désirent tous (pie vous vous trouviez bien parmi nous.
Coopérateurs comme vous, nous vous devons d’avoir frayé la voie de la Coopération,
dans laquelle nous tâchons de vous suivre, espérant faire profiter nos populations des
leçons que vous leur donnez par votre exemple.
C’est une fête pour nous de vous accueillir parmi nous. Nous sommes bien heureux de pouvoir discuter, avec vous, les thèses que le programme du Congrès précise, et qui, bien élucidées par vous, coniribueront pour beaucoup, j’en al la conviction, au développement si désirable de la Coopération dans les pays de l’Europe orientale.
L’éloge de la Coopération n’est plus à faire; tous, nous en connaissons les effets sociaux, économiques et humanitaires. Son action bienfaisante s est fait sentir dans rOuest de l’Europe, où elle a pris un développement considérable ; mais là, où l’ère démocratique est de date plus récente, ou bien là où elle ne se développe encore qu’avec peine, ainsi dans certaines parties de l’Europe Orientale, la Coopération aura des conséquences bien plus importantes; elle mènera plus rapidement vers le progrès là où il est encore trop attardé.
Un de nos grands hommes de Hongrie, le Comte Etienne Széchényi, illustre par rinfluence immense qu’il eut sur son pays, et si grand par le cœur et le savoir, écrivit un livre qu’il intitula : « Kelet Nèpe » {peuple d'Orient). Dans ce livre, il considère les Hongrois, tout Orientaux qu’ils sont, comme très capables de suivre le progrès venant de rOccident. parce que notre culture intellectuelle s’est toujours appuyée sur l’Italie, la France et rAllemagne.
Mais nous avions, en plus, nos lois qui, des siècles avant le parlementarisme moderne, avaient déjà formé cette nation au a Selfgovernment » tandis que notre proximité de Byzance, et après les Grecs, celle des Turcs, nous ramenait toujours à notre origine orientale dont nous avons conservé les vices et les vertus.
Le Comte Széchényi, en nous indiquant les voies du progrès, nous engageait à parcourir le chemin qu’il traçait,
La transformation qu’il désirait, a pu être plus rapide en Hongrie que dans quelques autres pays de notre Orient, car nos antécédents historiques nous avaient étroitement unis à l’Occident, et, en effet, la Coopération, elle aussi, y progresse très bien.
Il ne faut pas se dissimuler que le Irait caractéristique qui doit le plus attirer notre attention, c’est l’usure qui sévit sous toutes les formes, et alors il est clair que la Coopération sera désirée vivement et tout autant qu’elle l’a été en Hongrie, quand on saura ce dont elle est capable.
C’est dans le manque de classes moyennes suffisantes et dans la distance sociale qu’il y a entre dirigeants et dirigés que vous remarquerez une grande différence entre rOrient et l’Occident.
La Coopération mène vers un état social dans lequel tous les groupes de co-intéressés cherchent à contrebalancer leurs intérêts pour approcher de l’état de tranquillité où tout
s'équilibre, tandis que l’équité sera là pour faire durer plus longtemps cet état de choses.
Que vos âmes planent plus haut, vous qui êtes venus ici; ce n’est pas de profit matériel seulement qu’il s’agira, dans nos discussions, mais de choses qui sont plus élevées. La Coopération est un des moyens les plus efficaces qui mènent vers le progrès que cherche l’humanité.
Elle donnera des forces à la démocratie, en donnant aux citoyens le moyen d’être indépendants.
C’est dans ce but qu’en Hongrie nous avons déjà créé, depuis quelques années, «n centre spécial pour propager les connaissances qui doivent relever le niveau intellectuel : c"estle€ Gazdaszoëvelség » et nous pensons obtenir de bons résultats. Ce sera, nous l’espérons du moins, ce centre intellectuel de propagande du progrès d’où il faudra propager, parla littérature et parles conférences, ces connaissances usuelles si nécessaires aux populations rurales qui, pour la plupart, brûlent du désir de s’instruire. Ce savoir sera apprécié par ces populations qui craignent ces hommes d’affaires venus de l’Est ou de rOuest pour faire des affaires et les exploiter.
Je désirerais, comme vous le voyez, que l’Etat secondât l’initiative privée, là où c’est encore indispensable pour réussir; mais alors, examinons quelles senties conditions qu’il devrait observer.
Le secours de VEtat doit être proportionné à Veffet utile que pourra produire la coopération .
L’effet de la coopération est de deux sortes : il y a des résultats économiques, et il y en a qui relèvent la valeur sociale et morale des coopérateurs.
L’Etat doit donner son aide d’abord aux Coopératives qui font participer leurs membres à tous les avantages qu’elle sait donner. Puis en second lieu, l’Etat doit protéger les coopératives qui donnent à leurs membres l’un ou l’autre de ces avantages.
Que tous ceux qui dirigent la coopération aient toujours devant les yeux que, quand, une fois, l’on aura formé des coopérateurs, il faudra qu’ils deviennent les soutiens de la démocratie rurale qui prend son essor.
Ils ne doivent pas oublier que tous les partis politiques, religieux ou sociaux, se sont servis avec fruit de la coopération, comme celui qui travaille, se sert d'un instrument bien construit; mais, en fin de compte, c’est presque toujours la démocratie qui en profitera, car, dans son essence et par sa nature, la coopération est l’instrument de la démocratie, c’est d’elle qu’elle relève.
Dans l’Ouest, ce fait existe aussi bien que dans l’Orient, seulement tout le monde ne s’en rend pas compte là où la démocratie est de date ancienne, tandis que, là où elle est neuve encore, la coopération, si on l’y propage, lui vient en aide en la fortifiant, et l’observateur sagace remarquera bien vite les progrès des idées démocratiques.
M. Henry Wol(T, président du Comilé Central de TAlliance Coopérative inlernalionale, présente ensuite au nom du Bureau-Directeur divers rapports et le bilan de TAIliance.
Il résulte de ces rapports que l’Alliance a un encaisse de 12.551 fr. 50 centimes et qu’elle se compose de 493 membres dont 485 Sociétés ou Fédérations de Sociétés, savoir :
A. DE FONTGALLAND
Prèsylenf du Syndicat agricole de Die {Drôme) et de l l.nion des Syndicats agricoles de la Drômc^ i^resident de Section à la Société des Agriculteurs de France.
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La Coopération est le moyen terme entre le capitalisme et le socialisme, entre le trop de liberté économique, que cherche le capitalisme, et le trop de ré/jlementarisme et de manque de liberté qui provient du socialisme.
La coopération s’oppose aux excès de l’égoïsme du premier et aux exagérations dans le sens inverse du second ; elle tâche d’accorder ces deux antithèses qui, unies, aboutissent à la paix sociale, tandis que, livrées à elles-mêmes, elles mènent à la discorde, en menaçant l’avenir de la démocratie.
La Coopération est, en même temps, un instrument de conservation et de progrès ; elle rattache la propriété et l’outil au propriétaire et à l’artisan, et elle aide, par ces avantages économiques, au développement des intérêts de l’ouvrier et des faibles.
Merci donc, Messieurs, d’être venus de si loin discuter nos thèses, propager vos idées dans l’Orient de l’Europe, pour le plus grand bien de l’humanité, et spécialement de la coopération en Hongrie, qui trouvera, j'en ai la conviction intime, un soutien bien précieux dans le développement de la coopération dans les pays voisins.
Merci d’être venus nous donner vos conseils et nous indiquer ce qu’il y a à faire pour aboutir heureusement.
En venant, vous avez fait œuvre méritoire, et nous vous en garderons une éternelle gratitude.
(Longue salve d’applaudissements)
LaCoopéraûon est le moyen terme entre le capitalisme et le socialisme, entre le trop de liberté économique, que cherche le capitalisme, et le trop de ré/^lementarisme et de manque de liberté qui provient du socialisme.
La coopération s’oppose aux excès de l’égoïsme du premier et aux exagérations dans le sens inverse du second : elle tàclie d’accorder ces deux anlillièses qui, unies, aboutissent à la paix sociale, tandis que, livrées à elles-mêmes, elles mènent à la discorde, en menaçant l’avenir de la démocratie.
La Coopération est, en même temps, un instrument de conservation et de progrès ; elle rattache la propriété et routil au propriétaire et à Tartisan, et elle aide, par ces avantages économiques, au développement des intérêts de l’ouvrier et des faibles.
Merci donc, Messieurs, d'être venus de si loin discuter nos tlièses, propager vos idées dans l’Orient de l’Europe, pour le plus grand bien de riiumanité, et spécialement de la coopération en Hongrie, qui trouvera, j'en ai la conviction intime, un soutien bien précieux dans le développement de la coopération dans les pays voisins.
Merci d’être venus nous donner vos conseils et nous indiquer ce qu’il y a à faire pour aboutir heureusement.
En venant, vous avez fait œuvre méritoire, et nous vous en garderons une éternelle gratitude.
[Longue salve (V applaudissements)
M. Henry Wolff, président du Comité Central de TAIliance Coopérative internationale, présente ensuite au nom du Bureau -Directeur divers rapports et le bilan de l’Alliance.
11 résulte de ces rapports que l’Alliance a un encaisse de 12.551 fr. 50 centimes et qu'elle se compose de 49d membres dont 485 Sociétés ou Fédérations de Sociétés, savoir ;
A. DE FOXTGALLAXD
Pf'f‘sulefit du Sfjndicaf a/jricole de Ide {Drôme) et de ( f nion des Si/niDcats (itfriroles de (a Drôme^ /^résident de Serf ion à ta Soriêfe de,' Af/riailteurs de lu-ancr.